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► Peintre, créateur de tapisseries et céramiste français
LURÇAT Jean (1892 - 6 janvier 1966)
Cimetière de Saint-Laurent-les-Tours (Lot)
Le meilleur pilote de tapis-volant du monde "...Rien de ce qui est arrivé à Lurçat et rien de ce qui est arrivé à son pays n’a été absent de son œuvre. Elle dit magnifiquement les jours de l’Histoire et les jours sans histoire..." disait de lui son ami Claude Roy.
Installé à Paris en 1912, Lurçat étudia la peinture et la gravure. Il y rencontra Rainer Maria Rilke, Bourdelle et Elie Faure avec lesquels il fonda les Feuilles de Mai, une revue d'art à laquelle participaient ces célébrités et d’autres.
 
Influencé en peinture par les fauves, les cubistes puis par les surréalistes, il réalisa des fresques murales, des paysages sobres mettant en scène des personnages isolés. Il exposa deux fois à  Zurich (1916, 1919).
Entre temps, il commença à s’intéresser sérieusement à la tapisserie en créant ses premiers cartons. En 1917, il fit réaliser  son premier canevas par sa mère. Ce fut la révélation.
Tout en  travaillant pour des décors et des costumes de théâtre de compagnies prestigieuses, Jean continuait à peindre et à dessiner avec une notoriété grandissante. Ses voyages en Italie, en Espagne, en Afrique du Nord et autres contrées furent autant d’extraordinaires sources d’inspiration.  
 
Le rendez-vous avec la gloire date des années 1930. Ses cartons de tapisserie comportaient  des symboles, souvent répétés (le coq, annonciateur de l'aurore, le soleil, symbole de vie), parfois originaux et sophistiqués. Ils étaient servis par un dessin stylisé, clair et dense où l'utilisation de l'élément végétal comme remplissage des motifs était déjà très fréquente.
Il créa un style très personnel laissant libre cours à son lyrisme, sur des échelles parfois monumentales, sans pour autant abandonner la peinture. Passionné par la vie, les hommes, leurs souffrances et leurs joies, son œuvre tissée célèbre les héros de la résistance, la liberté, le ciel, les astres, les animaux et ceux de son propre bestiaire. Ces innovations rénovèrent  en profondeur le langage de la tapisserie.
 
En 1936, il sortit  sa première tapisserie exécutée à la manufacture des Gobelins : Les Illusions d'Icare (3,30 × 3,50 m).
 
Vers 1937, il eut un véritable choc esthétique en découvrant L'Apocalypse à Angers, la plus grande tapisserie du monde tissée au 15ème siècle, qu'il considérait comme l'un des plus grands chefs-d'œuvre de l'art occidental.  Enthousiasmé par l’extraordinaire puissance lyrique de l’œuvre et par l’économie de moyens employée pour sa réalisation (une vingtaine de nuances de couleurs seulement), elle le confirma dans l’idée que la tapisserie était un art monumental, qui doit voir et vivre grand, comme la fresque. Il en adopta la technique.
 
Les expositions se succédaient avec toujours le même succès. En 1939, il s'installa à Aubusson pour essayer de redonner vie à la tapisserie qui subissait une grave crise. Il mit au point un nouveau langage technique : carton numéroté, palette réduite, tissage robuste à large point. Les ateliers d’Aubusson tissèrent d’ailleurs une vingtaine de ses œuvres.
Liberté (1943) Atelier Picaud, Aubusson, 283 x 364
Musée d'Art moderne de Paris
Avec la Seconde Guerre mondiale, Lurçat s’orienta vers des sujets engagés : Es la verdad (1942) et Liberté (1943) d'après le poème de Paul Eluard, tissées clandestinement à Aubusson. On a souvent souligné les liens très forts qui unissaient Lurçat à l’écriture, dont témoigne son ouvrage Mes Domaines, et surtout à celle de ses amis poètes dont il utilisait les textes dans ses tapisseries : La Liberté est sans doute l’exemple le plus célèbre.
 
En 1944, il s'associa aux combats de la résistance communiste et fut  nommé au Comité de Libération puis dirigea l'hebdomadaire Liberté.
 
Puis il travailla à des oeuvres monumentales aussi bien pour les églises (Assy, 1947/1948, Tapisserie de l'Apocalypse ) que pour des édifices publics (musée du vin à Beaune, 1947).
 
Mondialement reconnu, Lurçat ne cessa de créer, d’exposer  et de donner des conférences autant en Europe qu’aux Etats-Unis.
A partir des années 1950, il se concentra aussi sur le travail de la céramique, allant du simple pichet à l’œuvre monumentale comme La création du monde qui habille la façade de la maison de la radio de Strasbourg (1961).
Il fut élu à l'Académie des beaux-arts en 1964.
La Femme et le Dragon - Tapisserie dite de l'Apocalypse selon Saint Jean (1947/1948), 4.50m x 12.40m
Eglise Église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d'Assy à Passy (Hte-Savoie). Photo René JV
Le Chant du monde: série de dix tapisseries mesurant au total 80 x 4.50 m
Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine d'Angers
Malgré une santé devenue fragile, cet insatiable travailleur, découvreur, innovateur et voyageur, continua à assumer les commandes officielles et à poursuivre la réalisation de séries monumentales comme Le Chant du monde, (réplique moderne de l'Apocalypse d’Angers), série de dix tentures, commencée vers 1957, dont la dernière fut terminée après sa mort, et qui constitue le plus grand ensemble contemporain de tapisseries (80 m de long sur 4,50m de haut). Elle est exposée dans l'ancien hôpital Saint-Jean d’Angers (Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine).
Le Chant du monde: L'homme d'Hiroshima (1957)
Le Chant du monde : La grande menace (1957)
Le soleil, symbole de vie: Solaria
(1963) atelier Pinton frères, Aubusson, 1,63 x 1,21 m
MCP
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3 novembre 2011
Si son œuvre prolifique (huit cents pièces ont été tissées de 1940 à 1962) paraît aujourd’hui un peu académique, son enthousiasme a permis le sauvetage inespéré de l’art textile monumental.
Il avait connu deux guerres, fut un militant et un résistant. Son œuvre dénonçait la violence et la bêtise humaine alors qu’il croyait encore en l’homme; on ne peut que saluer cette folle espérance.
 
Jean Lurçat mourut brusquement à Saint-Paul-de-Vence. Il fut inhumé dans le petit cimetière de Saint-Laurent-les-Tours où il avait acheté, en 1945, les vestiges d'une forteresse du 11ème  siècle qui domine Saint-Céré.
 
Avec lui repose sa femme, Simone Selves (1915 – 2009) qu’il avait rencontrée dans la Résistance.
Sur sa tombe, très sobre,  un soleil (symbole de vie) est gravé dans la pierre avec une devise : "C'est l'aube", devise qu'il avait fait graver sur son épée d'académicien et qui forment  le début d'une phrase écrite par l’artiste : "C'est l'aube d'un temps nouveau où l'homme ne sera plus un loup pour l'homme…"
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par Marie-Christine Pénin
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