RETOUR RELIGION
Bien qu’on ait toujours conservé la certitude que la tombe se situait sous l’autel de la Confession, il n’était déjà plus visible dès le 7ème siècle.
En 1823, la basilique fut quasi détruite lors d’un incendie. Lors des travaux de reconstruction débutés en 1829 on mit à jour, sous l’autel de la Confession, une plaque de marbre portant l’inscription PAULO APOSTOLO MART, composée de plusieurs morceaux; elle mesure 2m 12 x 1m 27. L'orifice rond, qui n'abîme pas l'inscription, est sans doute contemporain; il est relié à un petit conduit qui rejoint la tombe, et évoque l'usage romain, puis chrétien, de verser des parfums dans les tombeaux. Cette plaque, du 4ème - 5ème siècle, est vraisemblablement le témoin d'un culte antérieur à la grande construction de 386.
Le martyre de saint Paul
Saint Paul Apôtre,  dit Paul de Tarse  (v. 10/15 – entre juillet 67 et juin  68)
Basilique St-Paul-hors-les-Murs de Rome (Italie)
Paul fut le premier à annoncer que le message du Christ et les conversions n’étaient pas réservés aux Juifs mais s’adressaient aussi aux Gentils. Cette vision lui valut l’animosité de certains apôtres qui eux avaient connu Jésus et qui considéraient que la révélation chrétienne ne pouvait se faire qu’au sein du judaïsme et des circoncis.
 
Dans ce courant de pensée on peut imaginer que, sans l’intervention de Saü, devenu  Paul, le christianisme, confiné, se serait réduit à une secte dissidente du judaïsme traditionnel dont on ne sait si elle aurait survécu avec les siècles.
 
Mais le convertisseur génial que fut Paul fit que l’histoire s’écrivit autrement.
« L’homme est immense. Fou du Christ. Bouleversant par sa foi brasier. D’abord persécuteur impitoyable des chrétiens…il reconnaît le Fils de Dieu quand sur le chemin de Damas, Jésus s’adresse à lui : il m’est apparu à moi, l’avorton, car je suis le plus petit des apôtres… »
 
Architecte ou fondateur du christianisme selon les opinions, une chose est certaine : il est le premier « à comprendre que le christianisme n’avait d’avenir que s’il s’adressait aux
païens. »
Accusé d’avoir fait entrer un non circoncis dans le temple de Jérusalem, Paul, conduit à Césarée pour y être jugé, avait demandé à être mené devant le tribunal de Rome où il resta deux ans en liberté surveillée.
Il repartit pour un périple missionnaire puis revint à Rome où il trouva une communauté chrétienne humiliée et décimée par Néron. Dans ce contexte, il ne dut pas enseigner longtemps sans être dénoncé et arrêté ; une certitude, les Actes des Apôtres s’achèvent abruptement et L’Écriture reste muette sur son procès annoncé (act 25, 11-12) devant l’empereur et les conditions de sa mort.
Il fallut se rattacher à la tradition la plus sûre, remontant au 2ème siècle, qui soutient qu’il fut décapité « ad Aquas Salvias », supplice « plus noble » réservé aux citoyens romains.
 
Laissons de côté la légende du triple rebond de sa tête faisant jaillir trois sources (Tre Fontane actuelles) qui fut adoptée par saint Grégoire plus de cinq siècles plus tard.
Le tombeau de saint Paul : la basilique St-Paul-hors-les-Murs
L’ensemble de Saint-Paul-hors-les-Murs comprend la grande Basilique, l'abbaye bénédictine depuis treize siècles au service de la Basilique, ainsi que plusieurs institutions et musées.
Il est la propriété du Saint-Siège et relève de sa gestion, sur un domaine qui jouit des immunités essentielles garanties par le droit international aux sièges diplomatiques (Pactes du Latran de 1929 et Accords qui ont suivi entre l'Italie et le Saint-Siège).
(*) commentaire(s)
Les décapitations se faisant en général le long des fleuves, celle de saint Paul eut probablement lieu près du Tibre comme l’atteste, entre autres, une représentation sur un sarcophage de la fin du IVe siècle.
Comme pour saint Pierre il est attesté que sa sépulture fut près du lieu de son supplice dans la nécropole qui bordait la Via Ostiensis à deux kilomètres des murs d'Aurélien. Vers l’an 200, on érigea sur sa tombe un petit édicule ou cella memoria.
A la demande des pèlerins, voulant venir vénérer le tombeau, comme pour saint Pierre, l’empereur Constantin fit ériger une basilique sur la sépulture de l’Apôtre des Gentils qui aurait été consacrée en 324 par le pape Sylvestre Ier.
 
Plus modeste que celle dédiée à saint Pierre, cette basilique avait sa façade tournée vers la Via Ostiensis et l’abside entourait le tombeau de Paul à hauteur du maître autel actuel de St-Paul-hors-les-Murs.
En 386, pour faire face à l’afflux considérable des pèlerins, les empereurs Valentinien II, Théodose et son fils Arcadius agrandirent l’édifice dite « basilica trium Dominorum » (basilique des trois empereurs) qui fut consacrée par le pape Sirice le 18 novembre 390.
 
Une petite colline gênant l’extension au-delà de la Via Ostiensis et le tombeau devant être respecté, l’orientation de la basilique fut inversée : la façade fut tournée vers le Tibre, l’abside longea la Via Ostiensis et le tombeau se retrouva au sommet et au centre de la nef principale.
Le magnifique édifice fut terminée en 395 et ses dimension dépassaient alors celles de la basilique primitive Saint-Pierre. Ravagée au 8ème siècle par les Lombards puis par les Sarrasins au siècle suivant, immédiatement remise en état, c’est sur leurs vestiges que fut élevée la basilique Saint-Paul-hors-les-Mur qui n’a jamais cessé d’être l’objet des plus grands soins.
A la demande croissante des pèlerins et des visiteurs de vérifier la présence du tombeau de l’Apôtre, deux sondages, basés sur des relevés topographiques et des croquis réalisés lors de la reconstruction de 1829, furent effectués par les archéologues du Vatican.
 
Le premier sondage de 2002/2003 permit de découvrir sous les marches de l’autel dédié à saint Timothée, collé au maître-autel, des traces de l’abside de l’ancienne basilique construite au début du 4ème siècle.
 
Le second, effectué en 2006 sous l’autel principal de la basilique, à l’intérieur de la Confession, a permis d’accéder au sarcophage, au niveau du sol de la basilique construite par l’empereur Théodose à la fin du 4ème siècle : la plaque de marbre, toujours visibles sous le maître-autel furent retrouvées.
D’autres fouilles ont confirmé la présence d’un cimetière sous la Basilique et tout autour (loculi et fosses) pour les pauvres et les esclaves affranchis.
 
Mesurant 2,55m de longueur, 1,25m de largeur et haut de 0,97m le sarcophage de marbre possédant un couvercle de 30 cm d’épaisseur est aujourd’hui en partie visible par le public par une ouverture de
50 cm.
Toutefois, on ignore ce qu’il contient. Les radiographies effectuées n’ayant rien révélé, avec l’autorisation du pape, les archéologues envisagent de percer un trou dans la matière qui colmate le couvercle, et de faire passer une sonde endoscopique susceptible d’offrir des images de l’intérieur.
 
Depuis ces découvertes corroborant la tradition, le tombeau est officiellement déclaré comme celui de l’Apôtre des Gentils rejoignant ainsi les propos du prêtre Gaïus qui vivait sous Zéphyrin, évêque des Romains de 199 à 217 cité par Eusèbe au 3ème siècle et qui fut le premier à rapporter avoir visité les memoria des deux Apôtres :
« Je puis te montrer, écrit-il à Proclus, les trophées [monuments funéraires] des Apôtres. Que tu ailles au Vatican ou sur la route d'Ostie, tu y trouveras les trophées de ceux qui ont établi l'Église romaine ».
 
L'édifice saisit par sa taille : cinq nefs, séparées par quatre-vingt colonnes, mènent respectivement en enfilade vers l'arc triomphal, la Confession, le ciborium et l'abside.
© MCP
Le cardinal Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, archiprêtre de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, montrant le sarcophage de l'Apôtre Paul sous l'autel.
Deux petits escaliers mènent à la Confession du saint © MCP
© MCP
© MCP
Protégées par une vitre, on peut aussi  voir les chaînes supposées être celles que portaient Paul pendant sa détention.
© MCP
La nef centrale © MCP
L'arc triomphal avec une mosaïque représentant Jésus bénissant les vieillards de l'Apocalypse © MCP
Le ciborium, oeuvre datant de  1285, abrite le maître-autel et la fameuse plaque gravée du 4ème siècle (montrée plus haut). Derrière, se trouve la Confession  © MCP
L'abside ornée d'une mosaïque du 13ème siècle et remaniée lors d'une reconstruction au 19ème siècle. © MCP
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par Marie-Christine Pénin
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au 19 février 2017
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