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A l’origine, le prieuré renfermait une communauté de religieuses chargée de l'encadrement des malades lépreux. Il ne reste rien de ces premiers édifices et son organisation reste inconnue. À la fin de l'Ancien régime, il ne servait plus que pour les sœurs malades ou convalescentes. Devenu résidence hôtelière haut de gamme depuis 2014, sa physionomie actuelle date du 18e siècle.
Petit-fils d’Henry II d’Angleterre par sa mère, Jeanne d’Angleterre, sa vie se confondit avec la Croisades des Albigeois, contre l’hérésie cathare, qui valut à son père, Raymond VI de Toulouse, d’être dépossédé de ses terres. Après avoir lutté auprès de son père et assisté à sa déchéance, il fut l’acteur de la reconquête toulousaine des années 1220-1224, reconquête brisée par la Croisade royale de 1226-1229. Il continua vainement à guerroyer contre les armées croisées d’Amaury de Montfort, afin de récupérer son héritage et demanda à Philippe Auguste de lui en accorder la légitimité. D’autres batailles et une excommunication plus tard, en 1229, la signature du traité de Paris marqua sa  réconciliation avec le jeune Louis IX. Cet évènement représentait aussi une première étape vers la fin de l’autonomie occitane.
ABBAYE ROYALE DE FONTEVRAUD, commune de Fontevraud-l'Abbaye, (Maine-et-Loire)
Les impératifs sanitaires dus à la Covid 19, et ce jusqu’à une date indéterminée, entravant tout déplacement sur le terrain pour  l’explorer dans les meilleures conditions possibles, pour la première fois en dix ans, cet article, témoignant d’un lieu de sépultures, est uniquement illustré par des photos empruntées à Internet (ce qui est mieux que de reprendre mes photos argentiques).
En 1096, le moine et ermite Robert d'Arbrissel reçut du pape Urbain II, en visite à Angers, une mission de prédication apostolique. Devenu prédicateur itinérant, il se vit bientôt suivi par une foule nombreuse, d'hommes et de femmes de différentes classes sociales. Entre 1099 et 1101, il s’installa dans un vallon nommé Fons Ebraldi , où il fonda l’abbaye en 1101. Dès 1106, l’ordre, qui à l’origine obéissait à la règle Bénédictine, fut reconnu par l'évêque de Poitiers Pierre II et par le pape Pascal II.
Rompant avec les règles du monachisme ordinaire, la communauté était mixte, mais dirigée par une femme, abbesse ou prieure, à laquelle les moines devaient se soumettre. Cette proximité entre les sexes, voulue par Robert et qui scandalisa, s'explique par la pratique par l'ermite du syneisaktisme, pratique ascétique qui consiste en la cohabitation chaste de personnes de sexe différent afin de surmonter les tentations charnelles.
Pendant qu’il poursuivit lui-même ses courses apostoliques, Robert confia à deux femmes, les plus fidèles de ses disciples, Hersende de Montsoreau et Pétronille de Chemillé, le soin de veiller à la construction et à l’organisation du monastère.
Exempté d’impôts, enrichi par les dons, par les revenus de ses bois, champs, élevages, moulins et péages, par les dîmes, les aides royale et seigneuriales, les pensions et dots des jeunes femmes et jeunes hommes qui y entraient, l’ordre Fontevriste qui, par ailleurs, percevait des revenus de l’ensemble de ses prieurés, fut l’un des ordres les plus riches de France. De très nombreux monastères, tant en France qu’en Angleterre, dépendaient directement de l’abbaye mère.
Mais, pour de multiples raisons, l’âge d’or se termina : L'influence et la puissance des Plantagenêts -, en Normandie, Anjou, Touraine, Poitou et Guyenne-, inquiétait la dynastie capétienne française qui ouvrit une très longue période de conflits qui mit l’abbaye dans une situation délicate qui s’ajoutait à une pauvreté croissante de l’ordre de Fontevraud. La guerre de Cent Ans finit de la ruiner. A la fin de celle-ci, on s’aperçut de l’état lamentable dans lequel se trouvaient la discipline régulière et l’administration temporelle. Une réforme s’avérant nécessaire, l’abbesse Marie de Bretagne s’y attaqua avec fermeté, suivie dans son œuvre par ses successeuses Anne d’Orléans et Renée de Bourbon. Mais le protestantisme et la guerre civile qu’il déchaîna compromirent cette restauration, sans compter les obstacles posés par les moines.
Par un arrêt de 1641, Louis XIII mit un terme à ces désordres, et l’on put enfin remettre en vigueur les statuts de l’ordre, approuvés par le pape Sixte IV (1471-1484) et Clément VII . La règle comportait deux parties, l’une de 74 chapitres* pour les religieuses, suivant la règle de saint Benoît, et l’autre de 16 chapitres pour les religieux suivant celle de saint Augustin. Accompagnée par le rayonnement de cinq abbesses issues de la famille royale, cette réforme assura une nouvelle période de paix et prospérité à l’abbaye.
*Pauvreté, chasteté, obéissance, silence, manière de se coucher, de s’habiller, etc.
Jeanne Baptiste de Bourbon. Peinture murale de la salle capitulaire © GO69
Sa démolition en 1815
Prieuré Saint-Jean de l’Habit (2)
Abbaye Notre-Dame de Fontevraud ou Couvent du Grand-Moûtier (1)
Son nom, un peu étrange, renvoie expressément à la dernière scène de la vie terrestre du Christ [Evangile selon saint Jean (19, 25-27)] : Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Dans d’autres traductions, on lit « et elle habita avec lui » ; ce serait la raison qui fait que tous les prieurés masculins de l’Ordre de Fontevraud aient pour nom « Saint Jean de l’Habit ».
Situé au nord-est de l’enceinte abbatiale proprement dite, il était relié à elle par une allée d’ormeaux. A l’imitation des dispositions initialement prévues pour l’ensemble des implantations fontevristes, il constituait le prieuré masculin de l’abbaye royale de Fontevraud. Les moines prêtres qui y résidaient, dispensateurs des sacrements aux moniales de l’ensemble du site fontevriste, étaient, depuis la réforme, soumis à la règle de saint Augustin.
Totalement abandonné à l'expulsion des derniers religieux pendant la Révolution, transformé en carrière de pierre, il finit par être intégralement détruit. L’actuel cimetière du bourg occupe son emplacement.
Coll. Gaignières
L'ancien prieuré Saint-Jean de l'Habit remplacé par le cimetièree du bourg (2)  Google Earth © MCP
Etablie sur 13 hectares, l’abbaye royale de Fontevraud est la plus vaste cité monastique héritée du Moyen Âge.
 
A l’origine, quatre monastères s’élevaient sur le site :
https://www.centmillionsdepixels.com/
1. Monastère du Grand-Moûtier (Abbaye Sainte-Marie ou Notre-Dame) : réservé aux femmes
2. Prieuré Saint-Jean de l’Habit : réservé aux hommes (frères convers et prêtres)
3. Prieuré  Sainte-Marie-Madeleine : réservé aux pécheresses repenties
4. Prieuré  Saint-Lazare : réservé aux Lépreux
Prieuré Sainte-Marie-Madeleine (3)
Plan du prieuré Sainte-Marie Madeleine (Plan dit de 1762)
Refuge des « filles repenties », en dépit de nombreuses études archéologiques conduites dans l’abbaye, l’histoire de ce prieuré médiéval, contemporain de la fondation de l’ensemble monastique, était restée méconnue jusqu’à une campagne de fouilles en 2013.
© Hervé Paitier, Inrap
Cette campagne de recherche préventive a permis de lever le mystère sur cet ensemble architectural que l’on croyait entièrement détruit par les aménagements pénitentiaires. Sans rentrer dans les détails, ces fouilles ont montré à la fois une architecture complexe et plusieurs fois remaniée et un état de conservation impressionnant des vestiges jusqu’ici masqués par les aménagements de la période carcérale de l’abbaye.
Vue générale de l'opération © Hervé Paitier, Inrap
Cinq sépultures mises au jour dans la nef (ou le chœur ?) de l’église sont également préservées mais semblent appartenir aux phases les plus récentes. Bien que très perturbées, ces tombes amènent des pistes de réflexion sur la gestion de l’espace funéraire à travers le temps au sein du champ monastique.
Fouille de l’une des cinq sépultures mises à jour © Hervé Paitier, Inrap
Prieuré Saint-Lazare (4)
© Romain Bréget
La Nef © Jean-Christophe Benoist
Façade ouest © Jean-Christophe Benoist
Chevet et bâtiments de la cour Saint-Benoît © Jean-Etienne Minh-Duy Poirrier
L'édification de l'abbatiale fut ébutée peu après la fondation de l’ordre. Après un premier projet avorté, les parties inférieures du chœur et du transept furent consacrées en 1119. Les parties hautes suivirent rapidement.
Sous le vocable de Notre-Dame, construite en tuffeau, elle est constituée d'une nef couverte par quatre coupoles (emprunt architectural à l'Aquitaine), d'un transept saillant avec deux chapelles orientées et d'un chœur avec déambulatoire et trois absidioles. Elle se prolonge au sud par deux cloîtres, un hôpital et de nombreux communs. De 1491 à 1670, des réaménagements majeurs influencèrent  profondément le monument, le cloître, le grand dortoir et les infirmeries. Deux sculpteurs travaillèrent particulièrement à son ornementation :  Gervais I Delabarre (1593-1644)  et Pierre Biardeau (1608-1671) qui lui succéda dans cette entreprise. Dès 1840, grâce à l'action de Prosper Mérimée, l'abbaye de Fontevraud figura sur la première liste nationale de classement des monuments historiques.
La crypte
Entre les années 1980 et 1990, dix ans de fouilles du sol de l’abbatiale mirent à jour des indices exceptionnels sur les premières années de construction, notamment l’existence d’une monumentale clôture en pierre représentant le Jugement dernier, datant d’avant 1199.
« Cette clôture séparait la nef en deux avec d’un côté les religieuses, et de l’autre les laïcs, qui étaient autorisés à pénétrer dans l’Abbaye à l’occasion d’événements exceptionnels. La face représentant le Jugement dernier, savamment sculptée dans le tuffeau, n’était visible que des laïcs, et le mur était si haut que moniales et laïcs ne pouvaient pas se voir. » Cette clôture, au sein même de celle qui séparait l’Abbaye Royale du monde extérieur, témoigne du degré d’enfermement que connaissaient alors les religieuses.
Elles révélèrent aussi le chevet de la première église, les fondations de l'autel majeur, ainsi que l’emplacement d’origine des tombes de Robert d'Arbrissel et Pierre II de Poitiers.
Même en tenant compte d’une déperdition d’informations après les fouilles complètes de l’abbatiale, le plan ci-dessus montre clairement que le nombre d’inhumations médiévales dans l’église est très faible.
Mais bien évidemment, l’abbaye est surtout célèbre pour avoir été la nécropole, même un temps très court, de la dynastie Plantagenêt qui relâcha ses liens avec Fontevraud quand elle perdit la majeure partie de ses possessions françaises (1204).
Parmi les inscriptions retrouvées on notera celles de Foulques V d’Anjou,roi de Jérusalem et de Sybille de Constantinople. Mais il ne peut s’agir de leurs dépouilles : Foulques fut inhumé en l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Puissant soutien du monastère à ses débuts, il était le père de l’abbesse Mathilde d’Anjou et le grand-père de Mathilde II de Flandre. Quant à Sybille, il pourrait s’agir de sa fille
(† 1165) qui mourut au monastère de Béthanie (Saint-Lazare de Jérusalem) où elle avait pris le voile. Elle était la sœur de Mathilde d’Anjou et la mère de Mathilde II de Flandre. L’évocation de leur mémoire pourrait être possible à moins qu’il ne s’agisse de leurs cœurs. Je n'ai pas trouvé trace d'un éventuel transfert vers Fontevraud.
 
Sur les trente-six abbesses qui se succédèrent à direction de l’abbaye, on peut raisonnablement penser que la grande majorité fut inhumée dans l’enclos de l’abbaye. Malheureusement, à ce jour, je n’ai trouvé la confirmation de l’inhumation que de vingt d’entre elles à Fontevraud, sachant que la dernière, Julie d’Antin, petite fille de Madame de Montespan, mourut à l’Hôtel-Dieu de Paris en 1797.
Vers 1638, Jeanne-Baptiste de Bourbon créa « la crypte des abbesses » qui accueillit par la suite  leurs sépultures.  Sa destruction, commencée à la fin du 18ème siècle, fut achevée au début du 20ème quand l’architecte L. Magne, voulant retrouver le niveau du sol de 12ème siècle, fit effondrer la voûte de la crypte. Celle-ci fut alors comblée par divers matériaux dont de nombreux fragments lapidaires provenant, pour certains, du mausolée des Plantagenêts.
 
Les fouilles des années 1980, ont montré des sépultures parfois réutilisées. Plusieurs cercueils trapézoïdaux en bois furent également retrouvés ainsi que quelques inhumations en pleine terre. Il s’agit d’ecclésiastiques d’époque moderne. Excepté la présence de chaussures en cuir, et de fragments de textile, le matériel était peu important. De même, furent mises à jours des sépultures accompagnées d’une plaque de plomb gravée ainsi que d’un denier tournois de Philippe V qui régna de 1316 à 1322 .
 
Avant d’entamer la liste des personnalités inhumées à Fontevraud, honneur au promoteur de cette histoire.
Chœur, déambulatoire et chapelles © Aurore Defferriere
Fouilles du chœur : vue d'ensemble (en 1993), avec chevet de la première église, fondations de l'autel majeur, tombes de Robert d'Arbrissel et Pierre II de Poitiers. © Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
Le cloître
Reconstruit au 16e siècle, le cloître a gardé ses dimensions médiévales exceptionnelles qui font de lui un des plus grands cloîtres d’Europe.Un second niveau de galeries a été ajouté au 19e siècle, alors que le monastère était converti en prison.
http://architecture.relig.free.fr/fontevraud4.htm
https://www.fontevraud.fr/abbaye-royale/a-voir-a-faire/
La salle capitulaire ou du chapitre
Reconstruite au 16e siècle, elle est le lieu le plus richement orné de Fontevraud. Peintes vers 1563 par le peintre angevin Thomas Pot, les fresques résument l’esprit fontevriste avec le thème de la Passion : la liturgie emplie de mémoire du sacrifice du Christ, dans une iconographie dite doloriste. Pendant la période carcérale, la salle fut utilisée comme magasin puis de prétoire pour le jugement des prisonniers qui avaient commis des fautes pendant leur détention.
Sur le dallage, on trouve les initiales de Renée et de Louise II de Bourbon, ainsi que la salamandre de François Ier.
https://www.fontevraud.fr/abbaye-royale/a-voir-a-faire/
http://architecture.relig.free.fr/fontevraud4.htm
Les cuisines
Construites entièrement en pierre vers 1160, elles constituent un édifice tout à fait particulier accolé au fond fu réfectoire, et,  de nos jours, l’un des mieux conservés de la première campagne de construction de l’abbaye. Néanmoins, identifier leur fonction première et leur restauration prirent beaucoup de temps. Comme, au 19e siècle, on avait oublié son usage originel, on y entreposa les corps des Plantagenêts, puis on l’abandonna jusqu'au classement de l'abbaye au titre des Monuments Historiques.
Très reconnaissables grâce à leurs hottes coniques couvertes d'ardoises en écaille de tortue, elles sont cantonnées de cinq d’absidioles éclairées chacune par trois étroites baies et voûtées en cul-de-four. La partie centrale des cuisines est surmontée d’une hotte octogonale.
A l’extérieur, l'architecte Lucien Magne (1849-1916) redessina les lanternons en se basant sur des représentations de cuisines similaires et leur donna l'aspect qu'on leur connait aujourd'hui. Cette politique de restauration, très interventionniste, suscita de nombreuses controverses. Une étude archéologique, menée simultanément aux travaux de restauration, devrait permettre de comprendre le bâtiment lors de sa construction au Moyen-Âge, ses usages successifs, en différenciant quels sont les éléments qui datent de la construction primaire du bâtiment de ceux restitués par Lucien Magne. La fin de cette ambitieuse campagne de restauration est prévue pour fin 2020.
https://www.accr-europe.org/fr/
Fumoirs (?) de la cuisine © Kerdouane
Le logis Bourbon et les filles de Louis XV
Le Logis Bourbon https://gertrude.paysdelaloire.fr/
© www.all.free.photos.com
En 1578, l’abbesse Eléonore de Bourbon décida d'intégrer à la grande clôture le clos de vigne qui bordait l'abbaye à l'ouest pour s'y réfugier lors de  l‘épidémie de peste noire, et y fit rapidement ériger  une maison.
En 1738, l'état des finances royales était tel que le Louis XV se vit proposer par son administration des Finances de placer ses cinq plus jeunes filles hors de Versailles pour alléger les dépenses liées au train de sa Maison. Du fait de son prestige, le choix de Fontevraud s'imposa et quatre Filles de France y furent accueillies : Victoire de France, Sophie de France, Thérèse-Félicité de France et Louise de France.
 
Amputé et très remanié, le bâtiment conserve une partie de son allure, mais n'est plus réduit qu'à un tronçon de ce qu'était l'ancienne aile du palais abbatial érigée vers 1739 pour accueillir Mesdames et construit à l’économie par l’architecte Jean Aubert (v. 1680-1741).  
 
Les jardins du Clos-Bourbon et ceux de l'abbaye étaient reliés, par-dessus la rue qui les séparait, par une voûte construite en 1739 et détruite en 1797.
Plan dit de 1762
De nos jours : à gauche le Logis Bourbon, à droite le palais abbatial derrière le mur. Il faut imaginer la voûte reliant les deux bâtiments au-dessus la rue © Google Earth
Au départ de Mesdames en 1750, le bâtiment, sans affectation spécifique, devint un simple prolongement des appartements abbatiaux.Saisi comme bien national durant la Révolution, dégradé et nécessitant d'importants travaux, il fut acheté par un cultivateur en 1796, puis concédé l’administration militaire. Restauré, il est de nouveau rattaché à l’abbaye.
Cimetières des religieuses et des religieux
A l’origine, conformément aux statuts de Robert d'Arbrissel, il n’y eut qu’un cimetière pour l’ensemble de la communauté fontevriste. En 1112, le pape Pascal II permit aux religieuses d’inhumer  ceux des  bienfaiteurs  qui le  souhaitaient, à l’intérieur de l’abbaye. Par la suite  fut fondé un second  cimetière  
« entre » le sud-ouest du couvent de la Madeleine et le nord-ouest de l’église abbatiale, pour les sœurs  désireuses d’être ensevelies à l’intérieur de la clôture. A partir de l’abbatiat  d’Eléonore de Bourbon, les abbesses  furent inhumées sous le chœur de l’église abbatiale.
Quant au cimetière des religieux,  il était  classiquement  situé à côté de l’église Saint-Jean de l’Habit.
Emplacement du cimetière des religieuses d’après le plan dit de 1762
L’emplacement de nos jours. Merci à Stéphane Thomas pour cette photo
La prison : la centrale pénitentiaire la plus dure de France : « Plutôt partir au bagne que de crever à Fontevraud »...
Après le départ des religieuses en 1792, l’abbaye subit le saccage des habitants : pierres, bois, et carreaux des toitures disparurent. La commune parvint malgré tout à faire cesser le pillage en fermant les portes de la clôture. Néanmoins, un constat s’imposait : il était urgent de trouver une vocation à l’édifice, sérieusement menacé. Après plusieurs propositions, le projet d’une maison de détention fut adopté, ce qui sauva l’abbaye d’une probable disparition.
 
En 1801-1802, Chaptal (1756-1832), ministre de l’Intérieur, organisa le système pénitentiaire : le budget des prisons étant réduit, les détenus devaient améliorer leur sort par le travail. La conversion de l’abbaye en prison répondait à un triple objectif : rendre effective la réforme pénitentiaire de 1791, enfermer le surplus de prisonniers, et tenter de résoudre en partie les difficultés économiques. Facilitée par la disponibilité de grands biens nationaux comme les abbayes et les châteaux,  cette politique  transforma Fontevraud en manufacture carcérale la plus importante de France après celle de Clairvaux.
 
A partir de 1804, dix ans de travaux furent nécessaires pour transformer l’abbaye en prison. A l’enceinte s’ajoutèrent alors de nouveaux murs et cloisonnements qui adaptèrent le lieu à sa nouvelle fonction : une prison-manufacture, où l’on surveillait 24 heures sur 24, où les prisonniers travaillaient dans les divers ateliers (menuiseries, foulon, tissage…), l’ensemble constituant une véritable cité pouvant quasiment vivre en autarcie.
L’abbaye transformée en centre pénitentiaire
https://www.fontevraud.fr/prison-de-fontevraud
Le 3 août 1814, la maison-centrale de Fontevraud ouvrait, prête à recevoir ses 500 premiers
condamnés : hommes, femmes et enfants. Au fil des ans, la prison accueillit des détenus au statut pénal divers, droit commun ou politique.
Avec sa fermeture en 1963, et surtout après la création du Centre Culturel de l’Ouest en 1975, les travaux de restauration s’accélèrent : on chercha à redonner au monument son aspect « d’origine » en détruisant bien souvent les ajouts de l’époque pénitentiaire et en effaçant les marques du temps. Cependant, pour des raisons esthétiques ou pragmatiques des bâtiments furent conservés.
Eléments architecturaux de la période pénitentiaire conservés dans l’actuelle abbaye
Cartographie © conservation départementale du patrimoine du Maine-et-Loire  https://criminocorpus.org/
 
En rouge : bâtiments, murs ou éléments de l’époque pénitentiaire
En orange : bâtiments de l’abbaye à superstructure d’époque pénitentiaire
 
1 Grande porte
2 Cour du dehors puis place d’armes
3 Caserne et porte de la deuxième enceinte
4 Porte de la troisième enceinte
5 Grand-Moûtier et son cloître
6 Eglise abbatiale
7 Cuisines
8 Cour Saint-Benoît
9 Prieuré Saint-Lazare
10 Prieuré de la Madeleine
Y furent inhumés, entre autres…
Emplacement des sépultures à l’intérieur et autour de l’abbatiale
-En gris foncé (coffrages, sarcophages ou simples fosses) : 12e et 13e siècles (en haut à gauche le cimetière des religieuses)
-En gris clair : maçonneries de différentes époques
En 1523, le pape Clément VII renforça les pouvoirs de l’abbesse qui devint perpétuelle. Inhumée au milieu du chœur sous un tombeau en cuivre avec Louise II de Bourbon et Eléonore de Bourbon.
►ROBERT D'ARBRISSEL (v. 1047 – 25 février 1116)
Natif d’Arbrissel en Bretagne, alors qu’il poursuivait ses études à Paris en pleine réforme grégorienne, celle-ci constitua un tournant décisif dans sa vie : il commença à combattre le nicolaïsme et la simonie. De retour dans son diocèse de Rennes, qu’il réforma avec un zèle intempestif, il dut de nouveau le quitter devant l’incompréhension et l’hostilité du clergé local.
Après deux ans d’exil et avoir repris des études, attiré par l’érémitisme, il se retira dans la forêt de Craon où il mena une vie de prières tout en s’infligeant de dures mortifications. Prêchant aux alentours, ce bon orateur s’acquit vite une renommée. Sollicité, il comprit que son rôle était de recueillir les pauvres qui le suivaient, et fonda une communauté religieuse exclusivement masculine.
Coll. Gaignières (1699) BnF/Gallica
Gravure évoquant le gisant disparu. BnF
Brisé à la Révolution, il ne reste de son tombeau que la tête du gisant et l’arcade qui entourait le mausolée, conservées à Fontevraud, ainsi que la plaque de marbre noir qui sert de plaque de cheminée dans un château à Chouzé-sur-Loire.
Cependant, quelques reliques échappèrent au pillage : le bâton pastoral, le reliquaire contenant la moitié du cœur et la capse de plomb contenant les cendres. En 1847 les religieuses de Chemillé, qui se considéraient comme les héritières légitimes de Fontevraud, obtinrent de Louis-Philippe ces reliques conservées au prieuré des bénédictines à Martigné-Briand (Maine-et Loire).
Tête du gisant © Abbaye de Fontevraud
Capse, reliquaire et bâton sacerdotal https://www.diocese49.org/histoire-de-la-communaute
De nos jours, l’intérieur du sarcophage d'origine de Robert d’Arbrissel est visible, sous une vitre au ras du sol, près du maître-autel.
https://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.
Merci à S. Thomas pour cette photo
►ALIÉNOR D’AQUITAINE
 
►ALSACE Mathilde d’ (ou de Flandre) († 1194)
5ème abbesse. Fille de Sybille d’Anjou et de Thierry III d’Alsace et donc nièce de Mathilde d’Anjou, elle prit le voile à l’âge de quarante ans alors que l’abbaye était plongée dans une grande misère et famine due à une guerre franco-anglaise qui dévastait l’Anjou. Pour y faire face, elle fit fondre le peu d’objets précieux qu’elle possédait. Henry II d’Angleterre y fut inhumé sous son abbatiat. A partir de ce moment l’abbaye devint un temps la nécropole des Plantagenêts.
 
►ANJOU Mathilde d' (1106- 1155)
2ème abbesse. Fille de Foulques V, comte d’Anjou et roi de Jérusalem, elle était la tante d’Henry II. Veuve à quatorze ans d’Adelin, fils et héritier du roi d’Henri Ier Beauclerc d’Angleterre, Mathilde retourna à Fontevraud dont elle était sortie pour se marier. Elle prit le voile et fut élu abbesse en 1149. Grâce aux dons de sa famille, dont les filles venaient faire profession à Fontevraud, telle sa nièce Mathilde II de Flandre, elle augmenta le temporel de l’ordre qu’elle administra avec sagesse jusqu’à sa mort en fonction. Point important à porter à son crédit : sous son abbatiat s’installa le bourg de Fontevraud autour de l’Abbaye, dont elle se préoccupa et qui prospéra.
 
►AVOIR Isabeau d’ († 1284)
14ème abbesse. Issue de la très renommée maison d’Avoir, son abbatiat fut notamment marqué par les revendications des moines réclamant toujours et encore leur indépendance. Après avoir du pape l’autorisation de limiter le nombre des moines, elle répartit le insoumis dans les prieurés de l’ouest. Morte en fonction et Inhumée dans le chœur
 
►BERLAND Marie († 1533)
Abbesse de Sainte-Croix de Poitiers, elle décéda décédé à Fontevraud et fut ensevelie devant l’autel de sainte Radegonde. J’imagine que ce choix honorait le fait que Radegonde avait fondé le monastère dont elle était issue.
 
►BLOIS (de Bourgogne ou de Champagne) Marie de (v. 1140 - ?)
7ème abbesse. Fille de Thibaud IV, comte de Champagne, veuve d’Eudes II de Bourgogne, elle prit le voile en 1172. Par humilité, elle décida de n’exercer ses fonctions que pendant un an (1207-1208). Pendant son abbatiat, elle obtint du pape Innocent III une bulle contre les religieuses indisciplinées. Sa fille, Alix de Bourgogne, lui succéda. Inhumée chœur des religieuses. Problème ! Marie serait morte en 1190, alors que la liste des abbesses affichée à l'intérieur de l'abbaye indique qu'elle fut abbesse de 1207 à 1208, ce qui correspond à la chronologie avec sa fille lui succédant. Peut-il y avoir une confusion avec sa sœur Marguerite, également religieuse à Fontevraud et dont on ignore les dates ?
 
►BOUCHERON Jean (+ 1489)
Prieur de Saint-Lazare, il fut inhumé entre les degrés du maître-autel et la porte du chœur.
►BOURBON Eléonore de (1532 – 1611)
29e Abbesse. Fille de Charles IV de Bourbon, grand-tante d’Henri IV, et nièce de Louise II de Bourbon, celle-ci la fit venir à Fontevraud afin d’en faire sa coadjutrice et à laquelle elle succéda. D’une bonté aussi grande que sa piété , elle eut à cœur d’envoyer son médecin personnel soigner les malheureux auxquels elle faisait également distribuer quotidiennement du pain et des repas. aux pauvres. A son exemple, chaque religieuse prit sous sa responsabilité une famille de nécessiteux. En 1579, Eléonore ayant reçu la visite de son neveu Henri de Navarre, fonda une adoration perpétuelle pour obtenir la conversion de ce dernier.
Devenu le roi de France, Henri exempta l’Ordre des décimes, taxes perçues exceptionnellement par le roi sur les revenus du clergé. Ferme sur le respect des règles de l’Ordre, elle obligea les religieuses à la stricte observance. Par ailleurs, la mixité de l’Ordre étant critiqué, elle le défendit par la publication en de plusieurs ouvrages dont « Baston de deffence d’y Magister » (1586). On lui doit la poursuite et la fin de construction des grandes infirmeries de l’abbaye. Inhumée sous un tombeau en cuivre au milieu du chœur avec Renée de Bourbon et Louise II de Bourbon.
Louis Boudan-Coll. Gaignières BnF/Gallica
►BOURBON Jeanne-Baptiste de (1608-1670)
Fille légitimée d’Henri IV et de sa maîtresse Charlotte des Essarts, elle fut la dernière abbesse de la famille de Bourbon à régner sur Fontevraud. Devenue abbesse en 1639, elle qui avait reçu son éducation religieuse de Saint François de Salles lui-même, très attachée aux Mystères, au Saint-Sacrement, elle porta à l’abbaye l’idéal de perfection à son apogée . Sous son abbatiat, l’Ordre connut un essor considérable avec, à la Maison-Mère 230 religieuses, tant de chœur que novices et converses, plus 50 moines sans omettre une centaine d’officiers et de serviteurs. Confirmée en 1641 dans son autorité contestée par les frères, et tout changement de la règle interdit, elle fut la première à prendre le titre de  « Chef et générale  de l’Ordre  de Fontevrault » et en fit imprimer la règle.
Tout au long de son abbatiat, elle essaya vainement d’obtenir la canonisation de Robert d’Arbrissel par de multiples moyens et, en 1648, fit ramener à Fontevraud une partie du cœur conservé à Orsan. Elle fit aussi réaménager l’église abbatiale où elle regroupa les tombeaux des Plantagenêts en un imposant mausolée : le Cimetière des Rois.
Jeanne -Baptiste de Bourbon, dite « La conservation de l’Ordre de Fontevrault », mourut des suites d’un accident survenu alors qu’elle revenait en carrosse de La Flèche. A l’attention de sa communauté, elle avait écrit deux ouvrages : « Voyage de la Passion de Notre-Seigneur » et une « Vie de saint Jerôme ».
►BOURBON Louise II de (1495 – 1575)
28ème abbesse. Fille de François de Bourbon, comte de Vendôme, elle succéda à sa tante, Renée de Bourbon dont elle poursuivit l’œuvre de réforme. Mais outre les problèmes dus au protestantisme, elle se trouva confrontée au schisme anglican d’Henry VIII qui ferma les prieurés fontevristes anglais. D’autre part, nombre de moniales adhérèrent au protestantisme.
Devant cette montée  de la religion réformée au sein de la communauté fontevriste, notamment au prieuré de la Madeleine-les-Orléans, Louise réagit fermement  en contraignant  les sœurs dissidentes à se rétracter ou à quitter l’Ordre.Bien qu’assaillie par les huguenots commandés par Antoine de Bourbon, qui n’était  autre  que le neveu de l’abbesse, l’abbaye se sortit indemne de la tourmente.
Louis Boudan-Coll. Gaignières BnF/Gallica
►BOURBON Renée de (1468 – 1534)
27ème abbesse. Fille de Jean II de Bourbon-Vendôme, dite « la perle des abbesses » selon son épitaphe, elle fut la première des grandes abbesses de la famille de Bourbon qui dirigèrent l’ordre jusqu’en 1670. Religieuse de Saintes en 1476, alors qu’elle n’avait que huit ans, elle fut élue abbesse de la Trinité de Caen en 1491, puis de Fontevraud la même année à la mort d’Anne d’Orléans.Cette petite femme, dont la croissance s’était arrêtée à l’âge de dix ans, était d’une grande intelligence et d’une grande volonté, elle s’entoura de plusieurs membres de sa famille. Elle éleva notamment sa nièceLouise qui lui succéda.
Aussitôt élue, elle fit fermement appliquer la réforme initiée par Marie de Bretagne, et entreprit une importante rénovation architecturale : construction d’une clôture longue d’un kilomètre  trois cents, d’une galerie accolée au transept nord, réaménagement d’une partie du cloître pour y loger des moniales, etc. . D’ailleurs, on  retrouve son chiffre, « RB »,  dans la décoration architecturale: clé de  voûte, carrelage (salle capitulaire)
Grâce à de nombreux bienfaiteurs, dont Catherine de Médicis, la campagne de travaux commencée sous Renée put continuer : achèvement du grand dortoir et reconstruction du Grand Moutier, le cloître, la salle capitulaire. Inhumée au milieu du chœur sous un tombeau en cuivre avec Renée de Bourbon et Eléonore de Bourbon.
Louis Boudan-Coll. Gaignières BnF/Gallica
►BOURBON-VENDÔME Charlotte de (1474-1520) (Fontevraud ou église des Blancs-Manteaux à Paris ?)
Sœur de Renée de Bourbon, après la mort de son mari, Engilbert de Clèves (1462-1506), elle prit le voile à l’abbaye de Malnoue (Seine-et-Marne), puis à Fontevraud où elle mourut et où elle aussi aussi réputée avoir été inhumée.
On se demande donc comment pouvait exister une tombe en cuivre dans l’église des Blancs-Manteaux, qui la représentait en habit de cour et non en religieuse, peut lui être attribuée. Bien que non lisible dans sa totalité, l’inscription semble pourtant l’identifier avec certitude. Des recherches plus approfondies pourraient apporter une explication.
 
►BOURGOGNE Alix de (1146 - 1209)
8ème abbesse. Fille d’Eudes II de Bourgogne et de Marie de Blois, à laquelle elle succéda comme abbesse, elle avait pris le voile à la suite de son second veuvage. Toutefois, morte moins d’un an après avoir été désignée abbesse sans avoir été intronisée officiellement, certains doutèrent parfois qu’elle ait bien été abbesse.
 
►BOURGOGNE (ou de Nevers) Mathilde de (1150-1192)
Affiliée à la dynastie capétienne, deux fois veuve, elle convola avec Pierre de Flandre, fils de Thierry d’Alsace et de Sybille d’Anjou. Elle était donc la nièce par alliance de Mathilde d’Anjou. De nouveau veuve, de nouveau mariée, elle se sépara de son quatrième époux. Retirée à Fontevraud, elle y mourut.
 
►BRETAGNE Adèle ou Alix de (†1244)
11ème abbesse. Fille puînée de Jean Ier le Roux, duc de Bretagne, élevée à la cour d’Angleterre jusqu’à l’âge de vingt ans, elle prit le voile à Fontevraud, après avoir, selon certaines sources, effectué son noviciat au prieuré fontevriste d’Amesbury avant d’en devenir Grande-Prieure et enfin Abbesse de l’Ordre. Inhumée dans le chœur.
 
►BRETAGNE Aliénor de (1275-1342)
16ème abbesse. Fille de Jean II, duc de Bretagne et de Béatrix d’Angleterre, elle prit le voile à six ans au prieuré fontevriste d’Amesbury où s’était retirée sa grand-mère, Eléonore de Provence. Dix ans plus tard, obligée par son père de quitter l’Angleterre, elle n’y consentit que si on lui permettait de faire ses derniers vœux. Après s’être occupée d’un pensionnat pendant deux ans, avoir été nommée prieure du Prieuré fontevriste des Loges, elle fut désignée abbesse de Fontevraud (1304). Son abbatiat fut marqué par le début de la guerre de Cent Ans en 1337, ainsi que par la persécution d’ordres religieux par Philippe le Bel.
►BRETAGNE Marie de (1424 - 1477)
25ème abbesse. Fille de Richard, comte d’Etampes, et de Marguerite d’Orléans, elle était cousine de Louis XII et sœur du duc de Bretagne, François II. Veuve du maréchal de Rieux l’année de son mariage, elle rejoignit sa mère à l’abbaye de Longchamp où elle se fit remarquer par sa grande piété et par son dévouement envers les pauvres et les lépreux qu’elle soignait elle-même. Son oncle, Arthur III de Bretagne, désireux de la faire abbesse de Fontevraud, obtint la résignation de Marie de Montmorency, occupante du siège abbatial. Confrontée à la ruine des prieurés, due en partie à la guerre de Cent Ans et au relâchement des principes, Marie amorça en 1459 sa réforme qui était un retour à la stricte observance de la Règle.
Mais face à diverses résistances elle se retira avec quelques religieuses au prieuré de la Madeleine d’Orléans où elle inaugura en 1475 sa réforme.  En 1476, le pape promulgua une bulle déclarant les nouveaux statuts obligatoires pour tout l’Ordre à partir de l’année suivante. Ainsi amorcé, le mouvement de réforme s’étendit sur deux siècles et redonna à l’Ordre spiritualité et prospérité. A sa mort,malgré les réclamations des moniales de Fontevraud, elle fut inhumée dans le prieuré de la Madeleine d’Orléans.
Ses restes, réinhumés au 17ème siècle dans un cercueil de plomb, furent découverts lors de fouilles archéologiques en 1998, dans ce qui subsistait d’un reliquaire armorié.
 
►BRIE Giraud de
Religieux de l’Ordre de Fontevraud,  cité à quatre reprises  dans le cartulaire, très proche de l’entourage de l'évêque Pierre II, il fut  inhumé près  de ce dernier.  
 
►CHAMBON Théopheine ou Théophanie de († 1353)
18ème abbesse. A la mort d’Isabeau de Valois, de nombreux débats se tinrent sur le choix d’une nouvelle abbesse. En raison de nombreuses intrigues au sein de l’abbaye, il fut décidé de s’en remettre au sort : les trois prétendantes misèrent sur le temps qu’une bougie mettrait à se consumer. C’est ainsi  que fut élue Théopheine à l’extinction de la chandelle ! Dans le cadre d’une politique de défense des privilèges de l’Ordre et de l’abbesse et dans un contexte où son autorité s’était étiolée, elle défendit  courageusement  l’Ordre contre  les  prétentions du Sénéchal du Poitou. Morte dans ses fonctions, elle  avait  à peine rendu le dernier soupir que les luttes reprirent pour sa succession. Il fallut l’intervention du pape pour faire reconnaître Jeanne de Maugey.
 
►CHEMILLÉ Pierre de
Fils de la  première abbesse de Fontevraud, Pétronille de Chamillé dont on ignore le lieu de décès et d’inhumation (recherches en cours).
 
►DREUX  ou de BRAINE Jeanne de ( 1198 ou 1199 - 1276)    
13ème abbesse.   Fille  de Robert II, comte de Dreux et de Braine, son abbatiat fut notamment marqué par une épouvantable famine qui dura  deux ans, et dont elle ne garantit Fontevraud qu’avec des peines infinies. Comme bien d’autres abbesses, elle connut aussi des  problèmes avec les moines toujours désireux d’indépendance, et avec les moniales lui reprochant une trop grande rigidité.     Peut-être sur les instance d'Edouard Ier d'Angleterre, elle dut quitter l’abbaye pour se retirer   au prieuré anglais d’Amesbury d’où elle  continua  à diriger l’ordre de Fontevraud. Bien que décédée en Angleterre, sa dépouille fut ramenée à Fontevraud où elle fut inhumée sous une pierre plate à l’entrée de la salle capitulaire.
Louis Boudan. Coll. Gaignières-BnF/Gallica
►FLANDRE Mathilde II de (†1194)
5ème abbesse. Fille de Thierry d’Alsace et de Sibylle d’Anjou, nièce de Mathilde d’Anjou, élue abbesse en 1189, alors que l’abbaye était plongée dans une grande misère et famine due à une guerre franco-anglaise qui dévastait l’Anjou, elle fit fondre le peu d’objets précieux qu’elle possédait pour y faire face.
 
►GUILLAUME Ier (Guillaume Gilbert) († 1123)
Evêque de Poitiers et successeur de Pierre II à cet l’évêché, il fut inhumé à proximité immédiate du fondateur de Robert d’Arbrissel et de Pierre II. En 1623, l’abbesse Louise de Bourbon-Lavedan ménagea, dans la maçonnerie au nord de l’autel, une petite fosse contenant les ossements d’un individu masculin. En 1809, ces reliques furent mises en relation avec la découverte d’une crosse limousine du premier tiers du 12ème siècle qui se trouvait le sarcophage de l’évêque.
 
►HAUTES-BRUYÈRES Audeburge de († 1180)
3ème abbesse. Originaire du Maine voisin, elle entra à l’abbaye à quinze ans et en gravit tous les degrés avant d’en abbesse en 1155. Sous son abbatiat, la richesse de l’Ordre de Fontevraud atteignit son apogée. Elle fonda notamment le prieuré fontevriste d’Amesbury en Angleterre.Entrée en conflit avec l’évêque de Poitiers, elle reçut l’appui du pape Alexandre III qui promulgua huit bulles confirmant les privilèges ecclésiastiques de Fontevraud.
 
►HENRY II D’ANGLETERRE
 
►ISABELLE D’ANGOULÊME
 
►JEANNE D'ANGLETERRE
 
►MONCIGNY Jean de (+ 1467)
Seigneur de Chantelou. Sépulture située en face le crucifix de la chaire.
 
►MONCIGNY Jeanne de (+ 1470)
Religieuse à Fontevraud, elle fut inhumée trois ans plus tard près du tombeau de son fils.
 
►MONTMORENCY (Beaussault) Marie de (v. 1391 - 1457)
24ème abbesse. Fille de Hugues de Montmorency, seigneur de Beaussault, après la mort de Marie d’Harcourt, afin de prévenir de nouvelles disputes liées à l’élection de l’abbesse, les fontevristes profitèrent de la présence de personnalités pour obtenir du roi de procéder sans délai à l’élection : Marie de Montmorency fut élue à l’unanimité en 1451. Elle connut la fin de la guerre de Cent Ans en 1453.Quatre ans plus tard, Arthur III de Bretagne allant en Touraine rendre l’hommage qu’il devait à Charles VII pour son duché de Bretagne, décida de faire abbesse de Fontevraud sa nièce, Marie de Bretagne. Moyennant une pension de 240 livres, à prendre sur les revenus de l’abbaye, Marie de Montmorency consentit à se démettre de ses fonctions. La sagesse de sa gouvernance fit regretter à tout son Ordre un départ si rapide. Comme elle craignait de laisser après elle des semences de division, elle composa cette prière : « Dieu de paix, bannisse à jamais la discorde de cette maison. C’est ici votre famille, Seigneur, faites-y fleurir la paix et qu’elle y demeure à jamais. » Inhumée dans le chœur
 
►MONTSOREAU Gautier de (1060 – v. 1134)
Premier protecteur de l'abbaye, pour laquelle il avait céder les terres qui permirent de la fonder, il s’y retira à la fin de sa vie. Son père, Guillaume II de Montsoreau, s’était remarié avec Hersende de Montsoreau. Les chroniques parlent d’une
« magnifique statue en bronze » ornant sa sépulture.
 
►MONTSOREAU (ou de Champagne) Hersende de (1060 – 1114)
Première grande prieure. Fille et sœur des seigneurs de Champagne, veuve en secondes noces du seigneur de Montsoreau, particulièrement chère à Robert d’Arbrissel et d’une efficacité que l’on qualifierait aujourd’hui de managériale, elle savait multiplier adhésions et donations . Ainsi fut-elle la force motrice des nouvelles constructions au sein du nouveau monastère dont l’abbatiale. En tant que première grande prieure, elle organisa aussi l'initiation des converties et des religieuses. Qu’elle puisse être considérée comme avoir été égale à Robert d’Arbrissel, et par conséquent comme co-fondatrice de l’Ordre de de Fontevraud, deux documents contemporains paraissent le prouver : « Domination hersendis ecclesiae Fontis Ebraldis fondateur sur – la maîtresse Hersendis, qui a fondé l’église de Fontevraud » et «Orate par piissimo patre nostro Roberto et pro nostra matre Karissima -. Priez pour notre très saint père, Robert, et notre Mère très chère Hersendis ».
Il se raconte aussi que d'une union scandaleuse avec le Grand bouteiller de France Gilbert de Garlande, elle aurait donné naissance  à une fille : Héloïse
Bien après sa mort, ses cendres auraient été déposées dans une chapelle dédiée à Sainte-Catherine d’Alexandrie sise au milieu du cimetière primitif des religieux de l’abbaye. Probablement érigée au début du 13e siècle, s'il s'agit assurément d'une chapelle funéraire, l'affirmation souvent répétée qui établirait qu'elle ait été érigée par Alix de Bourgogne, en l'honneur de la première prieure, ne repose sur aucun élément tangible, comme aucune autre hypothèse la concernant. A défaut, on peut raisonnablement penser qu’Hersende fut inhumée à Fontevraud et pourquoi pas dans le cimetière primitif des religieuses.
La chapelle Ste-Catherine surmontée d’une lanterne des morts depuis le 15ème siècle
© http://www.chantony.fr/patrimoine_et_histoire
►ORLÉANS Anne d’ (1464-1491)
26ème Abbesse. Fille de Charles de Valois, et sœur du futur Louis XII, elle entra à Fontevraud à l’âge de douze ans et succéda à Marie de Bretagne (1477) dont elle poursuivit l’œuvre réformatrice avec l’appui de Louis XI et Charles VIII. En 1479, la réforme fut déclarée applicable à tout l’Ordre par le pape Sixte IV. Elle gagna à l’Ordre de nouveaux prieurés dont, outre-Manche, celui d’Amesbury. A sa mort, elle fut inhumée en l’abbaye de Sainte-Croix de Poitiers dont elle avait été abbesse, léguant à Fontevraud des joyaux, des vases d’or et d’argent et, pour le Grand-Moûtier, ses tapisseries et ses livres aux riches reliures. Cependant, un transfert de dépouille a probablement dû avoir lieu puisqu’en 1498, Renée de Bourbon lui fit ériger, au milieu du chœur des religieuses, une magnifique tombe en cuivre sur laquelle était gravée son effigie et l’épitaphe suivante :
►PIERRE II (Pierre de Châtellerault) († 1115)
Confesseur et évêque de Poitiers, ami de Robert d’Arbrissel, il sut résister aux grands de ce monde dont la conduite était scandaleuse.Philippe Ier, tout autant que le comte de Poitiers, avaient abandonné et répudié leur femme pour en épouser une autre.Pierre condamna l'adultère en public. Le comte fit envahir l'église par ses soldats et, ne pouvant faire rétracter sa condamnation, il fit enfermer l'évêque au château de Chauvigny qui y mourut au bout de deux années, ayant donné le témoignage de sa sainteté.
Inhumé dans le chœur de l’abbatiale, à la droite du maître-autel l’évêque était représenté couché sur une sorte de lit drapé, entouré de quatorze figurines de religieux assistant aux funérailles. Parmi ces religieux, on distinguait l’abbesse de Fontevraud (angle droit) et un abbé, tous deux tenant la crosse, signe de leur dignité. Les autres personnages portaient des croix et des cierges. L’arcade qui couvrait le sarcophage avait déjà disparu du temps de la gravure qui suit.
Tombeau de Pierre II - Coll. Gaignières (1699)
►ROCHECHOUART Marie-Madeleine-Gabrielle Adélaïde de (1645 – 1704)
32ème abbesse.Religieuse à l’abbaye-aux-bois, où elle avait pris le voile (1664), elle n’appartenait pas à l’Ordre, elle n’avait pas l’âge requis de trente ans pour être abbesse, mais elle était la sœur de Mme de Montespan, la favorite de Louis XIV qui la nomma abbesse (1670) sans prendre l’avis des fontevristes qui firent d’abord grise mine. Mais la jeune abbesse était jolie, intelligente, très cultivée, sensible et fine. Elle avait le don du gouvernement sans les défauts de l’autoritarisme sans que jamais sa parenté avec Mme de Montespan n’entachât sa réputation. Sous son abbatiat, Fontevraud connut une période prestigieuse et très richement ornementée de tapisseries, statues, d’orfèvrerie. Elle fit également aménager somptueusement la palais abbatial construit et de merveilleux jardins qui s’étageaient  jusqu’à Saint-Lazare. Tout cela ne lui évita pas la lutte  récurrente contre les empiétements des prélats, l’insubordination des prieurés et l’indiscipline des religieuses.
Après vingt années de combats, la Croisade contre les Albigeois touchait à sa fin laissant le Midi toulousain dévasté. Raymond VII fit pénitence devant Notre-Dame de Paris, se soumit à la couronne, rejoignit le giron de l’Église puis fut contraint de se déclarer contre l’hérésie cathare. En 1242, il tenta d'empêcher l'absorption finale de ses domaines par les Capétiens en s'alliant à Henry III d'Angleterre.Mais, à la suite de la retraite des Anglais, il dut s'incliner et signer le traité de Lorris (1243), qui marqua la fin de l'indépendance du comté. En 1248, alors qu’il devait accompagner Louis IX en Terre sainte, il retarda sans cesse son départ pour, finalement, ne s’occuper que de ses terres et de ses vassaux.
Pris de fièvre alors qu’il allait régler des affaires en Rouergue et en Quercy, il s’alita et mourut à Millau après avoir reçu le viatique. Selon son vœu, il fut inhumé auprès de ses mère, oncle et grand-père.
Son gisant d’origine disparut en 1635 et fut remplacé par un autre en marbre blanc que l’on crut longtemps détruit à la Révolution. Retrouvé lors de fouilles, il est conservé dans les collections lapidaires de l’abbaye. Des traces de fresque représentant le comte sont encore visibles là où le sarcophage fut retrouvé.
https://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.
Son sarcophage fut retrouvé au pied de cette fresque http://www.architectureanecdotes.com/
►VALENCE Marie-Louise Timbrune de (1681-1765)
35ème abbesse. Entrée chez les fontevristes à dix ans, d’abord moniale au prieuré du Paravis (Lot-et-Garonne), elle fut ensuite appelée à l’abbaye -mère en 1750, et en fut nommée abbesse (1753).
D’une grande bonté, elle améliora les offices, les conditions d’existence des moniales, permit au malade de manger de la viande, et fit en sorte de choisir de bons confesseurs. Elle donna l’ordre de restaurer les bâtiments défectueux, de réaménager l’infirmerie, et de construire un noviciat. Dans le but de faire respecter les privilèges de l’Ordre, elle commanda un ouvrage instruisant les moniales et les frères de leurs droits spirituels afin de répondre aux éventuelles attaques. Energique, après de nombreux procès, notamment contre le seigneur de Montsoreau, obtint en 1755 la mainlevée de toutes les amendes et confiscations. Hélas, la bonne abbesse connut une fin tourmentée. Agonisante, en pleurs, elle prophétisa les malheurs qui allaient s’abattre sur les couvents au moment de la Révolution. Elle était la dernière abbesse à reposer dans l’abbaye.
►VALOIS Isabeau de (v. 1305- 1349)
17ème abbesse. Née de Charles de France et de Catherine de Courtenay, impératrice de Constantinople, elle était nièce de Philippe le Bel.
D’abord religieuse et prieure au prieuré des dominicaines de Poissy, elle fut élue abbesse de Fontevraud en 1342. Au cours de son abbatiat, elle obtint de Philippe VI un nouveau droit de marché pour le bourg de Fontevraud. Elle mourut dans ses fonctions.
 
►VENTADOUR Adélaïde de (+1375)
20ème abbesse. Adélaïde connut l’abbatiat le plus court de toute l’histoire de l’Ordre puisqu’élue en 1373, elle mourut l’année. Son nom figure dans l’obituaire de l’Abbaye.
 

Mais aussi les cœurs de :
 
-Henry III d’Angleterre
-Béatrix (1242-1277), fille d’Henry III d’Angleterre
-Une princesse de Bretagne non identifiée
 



Sources principales :
 
-Revue des questions historiques- Nouvelle série-Tome XXII (1899) pp.216 et 217.
-Les rois angevins à Fontevrault par Joseph Joubert (extrait de la revue d’Anjou) 1903
-Société des lettres, sciences et arts du Saumurois (1914)
-Bibliothèque historique et critique du Poitou concernant la vie des savans de cette province […]par M. Dreux du Pradier Avocat au Parlement Tome cinquième (1754)
-Patrimoine -Inventaire de région Pays de la Loire Maine-et-Loire Fontevraud-l'Abbaye : https://gertrude.paysdelaloire.fr/dossier/
-Fontevraud (Maine-et-Loire). Abbaye. [compte-rendu] par Daniel Pringent Archéologie médiévale  Année 1990   pp. 377-378
-Fontevraud (Maine-et-Loire). Abbaye. [compte-rendu] par Daniel Pringent Archéologie médiévale  Année 1988   pp. 320-321
-Les nouvelles de l’archéologie Fontevraud : une maison de force et de correction (1804-1963) dans une abbaye par Daniel Pringent -Article en ligne dans Journal Open Editions (2017)
-Robert d’Arbrissel, fondateur de Fontevraud par Jacques Dalarun-Ed. Albin Michel (2012)
-Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest : De l'élection des abbesses de Fontevraud à leur nomination par le Roi par S. Tunc (1992) pp. 205-213
-Inhumations et édifices religieux au Moyen Âge entre Loire et Seine-Actes publiés sous la direction d’Armelle Alduc-Le Bagousse -Publication CRAHM (2004)
-Alain Erlande-Brandenburg, Les rois à Fontevrault  [compte-rendu] par Marcel Durliat Bulletin Monumental  Année 1979   pp. 271-272
-Images d’archéologie-Inrap -Prieuré de la Madeleine- publication du 3 juillet 2013dernière modification 19 février 2016
-Encyclopédie généalogique des maisons souveraines du monde-Branches cadettes XIII :les Bretagne. Collection dirigée par Hubert Cuny – Ed. du Palais Royal (1972)
-Crimino corpus : La maison centrale de Fontevraud, entre disparition et patrimonialisation ? article en ligne du 1er septembre  2017 par Clémentine Mathurin et Florian Stalder
-https://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.wordpress.com/lordre-monastique-de-fontevraud/
-file:///C:/Users/marie/Downloads/Parc%20du%20Clos-Bourbon,%20Fontevraud-l'Abbaye.pdf
(*) commentaire(s)
►TOULOUSE Raymond VII de (1197 – 27 septembre 1249)
►SOLEMAN Denis (†1628)
Secrétaire de l’abbesse Louise de Bourbon-Lavedan. Inhumé devant l’autel de la chapelle Saint-Benoît
 
►THÉRÈSE-FÉLICITÉ DE FRANCE, dite Madame Sixième (1736 -1744)
Fille de Louis XV, âgée de deux ans à peine, elle fut amenée avec trois de ses sœurs à Fontevraud (voir Logis Bourbon). Déjà de santé fragile, elle succomba de la variole, le lendemain de son baptême, ordonné in-extrémis par l’abbesse Louise de Montmorin de Saint-Hérem, et gouvernante des Mesdames de France. Elle avait huit ans et n'avait jamais revu ses parents depuis son arrivée à l’abbaye. Elle fut inhumée dans le caveau des Plantagenêts.
 
►TOULOUSE Philippe (Philippa) de (1073-1117)
Fille de Guillaume IV de Toulouse, grand-mère paternelle d’Aliénor d’Aquitaine, épouse bafouée du duc troubadour Guillaume IX d’Aquitaine, avait de bonne heure honorer Fontevraud avant de fonder le prieuré fontevriste de Lespinasse (Haute-Garonne) où elle serait morte après y avoir pris le voile avec sa fille, Audéarde. Y eut-il un transfert de dépouille par la suite ? En tous cas, elle est citée comme inhumée à Fontevraud.
Sa sœur lui confia l’éducation de sa fille, Mademoiselle de Blois, fille légitimée de Louis XIV. A sa mort, « la reine des abbesses » fut fort regrettée du roi, qui l’admirait et lui conserva toujours son estime, il ne crut mieux faire que de nommer pour la remplacer sa nièce, Louise de Rochechouart. On était bien loin du principe des élections…
 
►SAINTE -MARTHE Gaucher de (+1551)
Seigneur du Villedan et du Chapeau, préférant les sciences à l’armée, il fut successivement médecin du connétable Charles de Bourbon, de Renée de Bourbon et médecin ordinaire de François Ier. Comblé des faveurs royales, attaché à la poésie, nombreux furent ceux qui, de son vivant, lui témoignaient leur estime. Inhumé sous un monument en cuivre sur lequel on pouvait lire l’épitaphe suivante :
En 1096, le pape Urbain II, venu prêcher la première Croisade à Angers, le nomma prédicateur apostolique, l’honora du titre de « Semeur du Verbe divin », et l’exhorta à prêcher en tous lieux. Se consacrant dorénavant exclusivement à la prédication, il connut un immense succès et fut rapidement suivi par une foule de gens de toute condition, des hommes, mais surtout des femmes. Devant l’afflux et les conséquences de la vie errante, il lui fallut se résoudre à fixer cette communauté. C’est alors qu’il se fixa à Fontevraud (voir début d’article). Il installa sa communauté et reprit son rôle de prédicateur itinérant, laissant la gestion du temporel de l’ordre à une prieure, Hersende de Montsoreau (1104). En 1115, après avoir prié les frères de renouveler leurs vœux de soumission aux moniales, il créa des statuts visant à renforcer la sévérité de l’observance bénédictine. A la fin de cette même année, il désigna Pétronille de Chemillé à la charge d’abbesse, puis il reprit la route. Il parcourut encore des centaines de kilomètres à visiter des prieurés fontevristes. Epuisé et malade, il mourut au prieuré d’Orsan (Cher). La population eut beau vouloir conserver sa précieuse dépouille, dont elle espérait des miracles, Pétronille de Chemillé obtint gain de cause et Orsan dut se contenter du cœur.
 
Une foule considérable de seigneurs se joignit aux habitants de Fontevraud qui, tête et pieds nus malgré le froid, allèrent au-devant du cercueil déposé dans l’église de Candes (Indre-et-Loire). Et ce fut au milieu d’un immense concours de populations en deuil que le corps fut transporté au Grand-Moûtier, puis exposé un jour dans chaque prieuré de l’abbaye.
Ignorant ses dernières volontés d’être enterré à même la boue « dans le cimetière auprès de ses premiers compagnons et compagnes » , il fut inhumé dans le chœur de l’abbatiale sous un modeste mausolée le représentant en gisant, revêtu des habits sacerdotaux avec le bâton pastoral et l’anneau au doigt.
En 1621, l’installation d’un nouveau tabernacle empiétant sur la sépulture du 12e siècle, Louise de Bourbon en fit retirer les cendres et ossements qu’on plaça dans un coffret en plomb sous un nouveau tombeau monumental, achevé en 1624, et œuvre des sculpteurs Gervais I Delabarre (1593-1644) et Pierre Biardeau (1608-1671). Dans la démarche de revaloriser la personnalité de Robert d’Arbrissel, le gisant en marbre blanc, reposant sur une dalle de marbre noir, le représentait revêtu d’une simple coule et les pieds nus.
Malgré les suppliques de la communauté et les appuis de puissants, ses audaces ayant trop dérangé, il ne fut jamais canonisé. Il est tout de même fêté avec le titre de «bienheureux» le 25 février.
10 novembre 2020
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-Cathédrale Notre-Dame (75)
 
-Chapelle Royale de Dreux (28)
-Chapelle de la Sorbonne (75)
-Chapelle des Incurables (75)
-Chapelle St-Aignan (75)
-Chapelle St Peter-ad-Vincula, (Tour de Londres)
 
-Chartreuse de Gaillon-lez-Bourbon (27) (disparue)
 
-Cimetière de Bonsecours (76)
-Cimetière du Calvaire (75)
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-Cimetière des Errancis (75)
-Cimetière "des fous" d'Evreux (27)
-Cimetière des Innocents (75) (disparu)
-Cimetière des Invalides (Invalidenfriedhof) Berlin
-Cimetière de la Madeleine
(ancien cimetière révolutionnaire)
-Cimetière du Mont Herzl à Jérusalem (Israël)
-Cimetières parisiens (subtilités)
-Cimetière parisien d'Ivry (94)
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-Cimetière de Picpus (75)
-Cimetières protestants
-Cimetière St-André-des-Arts (75) (disparu)
-Cimetières St-Benoît (75) (disparus)
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-Cimetière St-Etienne-du-Mont (75) (disparu)
-Cimetières de St-Eustache (75) (disparus)
-Cimetière St-Germain-l'Auxerrois (75) (disparu)
-Cimetière St-Gervais (75)
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-Cimetière St-Jean-en-Grève (75) (disparu)
-Cimetière St-Landry (75) (disparu)
-Cimetière St-Laurent (75) (disparu)
-Cimetière St-Marcel (75)
(disparu)
-Cimetière St-Médard (75)
(disparu)
-Cimetière St-Nicolas-des-Champs (75) (disparu)
-Cimetière St-Nicolas-du-Chardonnet (75) (disparu)
-Cimetière St-Paul-des-Champs (75) (disparu)
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-Cimetière St-Sulpice (75)
(disparu)
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-Cimetière de Sapanta (Roumanie)
-Cimetière St-Sauveur (75) (disparu)
Cimetière et charniers St-Séverin (75)
Cimetière Ste-Catherine (75)
(disparu)
-Cimetière Ste-Marguerite (75)
 
-Collège de Beauvais ou de Dormans (75)
 
-Collégiale St-Georges de Vendôme (41) (disparue)
-Collégiale St-Laurent de Joinville (52) (disparue)
-Collégiale St-Martin de Montmorency  (95)
 
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Dernière mise à jour
au 2 décembre 2020
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