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► ARNAULD D’ANDILLY Angélique (1624 - 1684)
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ABBAYE DE NOTRE-DAME DE PORT-ROYAL-DES-CHAMPS
Commune de Magny-les-Hameaux (Yvelines)
Surtout connue pour avoir été le fief du jansénisme en France, l’abbaye existait depuis des siècles avant de devenir la forteresse des partisans de la pensée de Cornélius Jansen.
Il est vrai que de sa fondation à sa réforme au début du 17ème siècle, elle ne fut qu’une abbaye obscure que son appartenance à l’ordre de Cîteaux vouait au silence et au refus de paraitre.
 
Fondée en 1204, dans la vallée de Chevreuse, par Mathilde de Garlande à la suite du départ en croisade de son époux , Mathieu de Montmorency, qui lui laissa de fortes sommes d'argent pour des œuvres pieuses, soutenue par Philippe Auguste, Louis VIII et Louis IX, la petite communauté de moniales fut si discrète qu’elle n’a guère laissé de traces aux 14ème et 15ème siècles.
 
Au 16ème siècle, bien que sans  scandale véritable, la maison, qui ne comptait qu’une douzaine de religieuses, menait une vie monastique tiède et passablement relâchée.
En 1599, l’arrivée d’une fillette âgée de sept ans, qui pourtant n’éprouvait aucun attrait pour la vie cloîtrée, allait par la suite tout bouleverser : elle se nommait Jacqueline-Marie Arnauld, future mère Angélique qui, après une conversion radicale en 1608, décida de ramener son abbaye à une pratique stricte de la vie cistercienne. Afin d’éviter une redite de la biographie de la Mère Angélique dans cette page, merci de vous reporter à son article.
Néanmoins, je rappellerai qu’elle réussit sa réforme entre 1609 et 1614 et qu’elle obtint de Louis XIII que la charge d’abbesse devienne élective et triennale.
D'après Louise-Madeleine Hortemels (1686-1767).
Musée de Port-Royal-des-Champs
Sa réforme et son exigence spirituelle, encouragée par François de Sales, fit affluer les vocations et l’on compta bientôt quatre-vingt religieuses.
 
Mais, construite au fond d’un vallon humide et insalubre propice au paludisme, et les locaux étant devenus trop exigus, en 1626, les moniales s’établirent dans un second monastère à Paris à l’extrémité du faubourg Saint-Jacques  qui devint l’abbaye de Port-Royal de Paris soumise à la juridiction de l'archevêque de Paris et non plus à celle de l'abbaye de Cîteaux.
 
A partir de 1638, le site inoccupé accueillit des hommes décidés à se retirer du monde : les fameux Solitaires de Port-Royal. Grâce à leur travail, les zones humides furent assainies par drainage permettant à une partie des religieuses de Paris, devenues trop nombreuses, de se réinstaller dans leur abbaye assainie.
Jusqu’en 1665, les deux abbayes furent sous la direction d’une seule abbesse.
 
Renouvelant le geste de saint Bernard, entré à Cîteaux en entraînant de nombreux membres de sa parenté, la seule famille Arnauld –en deux générations- fournit à l’abbaye douze religieuses (dont trois abbesses) ; quatre Solitaires, ces "Messieurs" ; Le Maistre de Sacy, un des directeurs spirituels les plus écoutés et le puissant théologien Antoine Arnauld.
Toute une constellation de parents et d’amis gravitèrent autour des moniales comme Jacqueline Pascal qui fit de son illustre frère, Blaise Pascal, un des défenseurs de l’abbaye  dans sa campagne des Lettres provinciales. On peut aussi noter le chevalier Renaud de Sévigné, oncle de Mme de Sévigné et beau-père de Mme de Lafayette qui, d’abord Solitaire à Paris, se retira aux Champs, ou encore le peintre Philippe de Champaigne, dont la fille prit le voile à Port-Royal, qui laissa de remarquables tableaux du lieu et de ses personnalités, etc.La qualité de sa pédagogie, dans les Petites Ecoles,  lui suscita nombre d’admirateurs.
Expulsion des religieuses
Le 29 octobre, le marquis d’Argenson, lieutenant général de police recevait de l’archevêque de Paris l’autorisation de pénétrer à l’intérieur de l’abbaye pour exécuter l’expulsion. De quatre-vingt-douze en 1679, les moniales n’étaient alors plus que vingt-deux qui furent emmenées en carrosse vers leurs divers lieux d’exil sans résistance, sans protestation.
 

Les miracles et les convulsionnaires
 
On ne peut évoquer Port-Royal-des-Champs et le jansénisme sans convier le lecteur à une page étonnante de leur histoire qui laisse perplexe.
 
En 1656, Catherine Périer, nièce de Blaise Pascal,  fut guérie d’une fistule lacrymale par l’attouchement d’une épine de la Sainte Couronne conservée à Port-Royal de Paris. Le miracle, authentifié par les autorités diocésaines, fit grande impression sur le public parisien. Ce fait surnaturel réalisé par l’intermédiaire d’une des nombreuses reliques (dont celles de Saint-Cyran!) conservées à Port-Royal, fut considéré comme une approbation de la cause défendue autour du  monastère.
Dès lors, des “appels au miracle”, en vue de guérisons, arrivèrent souvent à Port-Royal, le saint monastère.
Certains jansénistes avaient même acquis une réputation de thaumaturges tel l’abbé de Pontchâteau (“jardinier” à Port-Royal) dont le cercueil fut forcé après la guérison d’une fillette, au cours de ses obsèques en 1690. D’autres miracles se succédèrent jusqu’à l’affaire du diacre François de Pâris, de la paroisse Saint-Médard, à Paris.
La fermeture du cimetière Saint-Médard (1732) ne calma pas les ardeurs. Dans des lieux privés, les candidats à l’extase continuèrent à se réunir donnant un spectacle de plus en plus affligeant et de plus en plus violent.  
Bien après la disparition de Port-Royal-des-Champs, ces excentricités convulsionnaires finirent par nuire aux partisans du jansénisme qu’elles ridiculisaient.
L’abbaye de nos jours
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Le colombier © MCP
De nos jours, des panneaux clairsemés parmi les vestiges aident l’imagination, et il en faut, à reconstruire le site en se repérant.
Mais les bâtiments eux, comme un rappel emblématique de résistance aux autorités royales et spirituelles étaient encore debout. Un symbole fort qui ne pouvait perdurer.   En janvier 1710, le Conseil d’Etat ordonna la démolition des bâtiments qui furent mis en adjudication.
 
Voué à la profanation, il fallait s’occuper de vider les deux cimetières ce qui ne manqua pas de susciter des récits indignés.
Entre le mois d’août et la fin 1711 plusieurs familles effectuèrent le transfert des corps inhumés dans l’église. Tandis que ceux des Arnauld, reposant dans l’église,  partaient pour Palaiseau, et d’autres vers l’église de Magny-les-Hameaux, les restes de  trois mille corps de religieuses, de prêtres et de fidèles inhumés dans ses deux cimetières depuis sa fondation furent  exhumés et déplacés tant bien que mal  sur des tombereaux et déposés dans une fosse commune au cimetière de Saint-Lambert.  Quelques illustres, Jean Racine,  Antoine Le Maistre et Isaac Le Maistre, rejoignirent l’église Saint-Etienne-du-Mont (Paris).
 
L’entrepreneur propriétaire entama alors le démantèlement de l’abbaye et de son enceinte avant que ce qu’il en restât ne soit définitivement rasé à la poudre en 1713.
 
A la Révolution, les ruines, déclarées biens nationaux, furent vendues par adjudication.
Après avoir vécu les affres communes aux abbayes à travers les siècles, avec les Arnauld et le courant janséniste Port-Royal-des-Champs avait connu un destin exceptionnel la transformant en un haut lieu spirituel, intellectuel et politique. Son destin radical et tragique la propulsa dans les grands lieux mythiques de notre histoire.  
 
De l’ensemble monacal situé au creux du vallon, seul le colombier est resté intact à côté des fondations de l’église remises à jour en 1845 par le duc de Luynes.
L'avant-choeur d'après Louise-Madeleine Hortemels (1686-1767)
Musée de Port-Royal-des-Champs
Les sépultures après les exhumations et les pierres tombales
 

Comme déjà évoqué, il existait donc trois lieux de sépultures dans l’enceinte de l’abbaye, l’église et deux cimetières : celui du cloître et celui du dehors.  
Si des familles reprirent leurs défunts pour les inhumer ailleurs, trois mille furent transférés dans une fosse commune au cimetière de Saint-Lambert où une pierre en granit rappelle cet événement :
« Ici furent enfouis après avoir été transportés par des tombereaux les restes des religieuses et des Solitaires qui reposaient à Port-Royal des Champs. Janvier 1712. Pater dimitte illis », Père, pardonnez-leur.
Le choeur des religieuses d'après Louise-Madeleine Hortemels
Musée de Port-Royal-des-Champs
Le chœur des religieuses était séparé de l’autel par une clôture. Les stalles, commandées en 1555, furent vendues aux Bernardins de Paris en 1711.
L'église du dehors d'après Louise-Madeleine Hortemels
Musée de Port-Royal-des-Champs
La Cène de Philippe de Champaigne. Musée du Louvre
Ph. H. Josse © Archives Larbor
Le cloître et le cimetière principal
 
A peu près carré, soutenu d’arcades revêtues de briques, le cloître, qui accueillait le cimetière des religieuses,  fut reconstruit, entre 1670 et 1671, par Renaud de Sévigné.
L’église
 
Le vaisseau de l’église abbatiale faisait environ 70 mètres de long et 25 mètres de haut. Par son décor, elle appartenait au gothique d’Île de France (chapiteaux à crochets, bases baguées, etc.). Lors des travaux d’assainissement menés par les Solitaires, son sol fut relevé d’environ 2.50 mètres.
1 Eglise
2 Grand dortoir
3 Cloître et cimetière
8 Cimetière du dehors
17 Colombier
21 Cour du dehors
22 Logement des hôtes
27 Cour du dedans l'abbaye
29 Jardin de l'abbesse
35 Canal
36 Potager
38 La Solitude
Dans l’avant chœur se trouvaient deux chapelles adossées à la cloison du chœur des religieuses. Les autels furent construits en 1670 lorsqu’un prêtre, Pierre le Roy de la Potherie, légua sa collection de reliques à l’abbaye où il voulut être inhumé. La gravure indique d’ailleurs l’emplacement de sa tombe (A).
1 Avant-choeur
2 Choeur des religieuses
3 Eglise du dehors
Un oratoire de style néo-gothique fut construit en 1891 à l’emplacement du chevet de l’ancienne église. A l’origine, il accueillait le premier musée.
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Vestiges vus de l'oratoire © MCP
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Bustes de Pascal et de Racine le long du mur de l'oratoire © MCP
Le cloître et le cimetière principal  d'après Louise-Madeleine Hortemels
Musée de Port-Royal-des-Champs
De nos jours avec une croix au centre © MCP
Le cimetière du dehors
 
Situé le long de la nef (8 sur le plan), il reçut les dépouilles des fidèles, de la domesticité mais aussi de prêtres ou de quelques personnalités souhaitant ainsi marqué leur humilité. Ainsi Racine qui voulut être inhumé auprès de son ancien professeur, Jean Hamon, qui y reposait.
Entre les fondations de l'église et la clôture, un talus qui correspond au cimetière du dehors  © MCP
Un monument à Racine rappelle que l'écrivain y fut enterré © MCP
La Solitude
 
Situé à proximité de l’abbaye (38 sur le plan) , mais hors les clôtures, ce lieu de rassemblement permettait aux moniales une heure de récréation une fois par jour  lors d’une « conférence » seul moment où elles pouvaient s’exprimer.
Au 19ème siècle, une « Solitude » fut aménagée dans les fondations d’une ancienne tour de défense pour évoquer l’ancienne cour des conférences à proximité du véritable lieu non défini avec certitude,  
La Solitude d'après Louise-Madeleine Hortemels
Musée de Port-Royal-des-Champs
Reconstitution du 19ème siècle © MCP
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Le canal et l'ancien potager © MCP
L’église du dehors accueillait les fidèles qui entraient par une porte située au fond du transept nord. Au dessus du maître-autel figurait la Cène de Philippe de Champaigne, réplique à quelques variantes de la Cène à Port-Royal de Paris.
On remarquera à gauche la grille du chœur des religieuses et, au sol, l’emplacement de plusieurs sépultures dont certaines pierres tombales sont conservées dans l’église de Magny-les-Hameaux.  
Quelques œuvres d’art
 
Parmi les œuvres d’art qui ornèrent l’abbaye on notera surtout des tableaux dont les plus connus  furent réalisés par Philippe de Champaigne. Outre la Cène dans l‘église du dehors, un Christ aux outrages ou aux liens se trouvait dans la salle du chapitre,  Le bon pasteur était encadré par deux portraits d’abbesse dans le réfectoire. On ne saurait non plus oublier le célèbre portrait de la Mère Angélique et de sa sœur Jeanne Arnauld, la Mère Agnès conservé dans l’actuel musée de l’abbaye, etc.
Mère Angélique et  sa sœur Jeanne Arnauld,  Mère Agnès. Musée de Port-Royal
Christ aux outrages
Musée de Port-Royal
Le Bon Pasteur.
Palais des Beaux-Arts de Lille
Topic Topos
Quelques uns furent déposés en l’église Saint-Germain-de-Paris de Magny-les-Hameaux qui conserve encore quatre cercueils et onze cœurs de plomb lesquels, redécouverts lors de travaux en 1860, furent ré-inhumés (1862) dans un caveau à droite de l’autel de la Vierge.
 
Mais c’est surtout l’importante collection de pierres tombales entreposée dans ses murs, l’une des plus notables d’Île-de-France, qui fait la réputation de l’église. Entières ou en fragments, vingt-huit proviennent de Port-Royal et douze de l’église elle-même.
A droite, le caveau de Port-Royal © MCP
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Une importante collection de pierres tombales © MCP
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Dans le petit cimetière jouxtant l’église, des stèles témoignent de la tradition spirituelle de Port-Royal et du jansénisme encore présente bien après sa disparition.
On notera surtout la présence de :
 
JUGLAR Clément  (1819 – 1905)
Médecin et économiste, savant éminent, membre de l'Institut international de statistique et de l'Académie des sciences morales et politiques, il fut l'un des premiers économistes à s'intéresser de façon précise aux cycles économiques. En étudiant l'évolution des affaires dans plusieurs pays, il remarqua certaines régularités dans l'alternance des périodes de contraction et d'expansion. Il mit ainsi en relief l'existence d'un cycle économique d'une durée d'environ 8 à 10 ans, appelé
« cycle des affaires » ou cycle Juglar.
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Le site des Granges et les Petites Ecoles
 
Les Solitaires partageaient leur vie entre des travaux manuels, -agriculture, jardinage, drainage, etc.-, et des travaux intellectuels, -théologique, patristique, littérature, etc.-, et surtout en pédagogie très novatrice en fondant les Petites Ecoles où, les premiers d’entre eux, prirent en charge l’éducation de jeunes enfants souvent issus de familles amies.
De 1637 à 1660, les Petites Ecoles formèrent environ cent vingt élèves parmi lesquels, et pas des moindres, figurèrent Racine, dont la tante fut abbesse (1690-1699), l’historien Le Nain de Tillemont, l’économiste Boisguilbert, etc. La qualité de sa pédagogie lui suscita nombre d’admirateurs, et la célèbre Logique de Port-Royal (1662) est encore publiée de nos jours.
 
S’il ne reste que de maigres vestiges de l’abbatiale, situé sur la colline qui les domine et joignable par un escalier dit les Cent marches, le site dit des Granges est quasi intact. Composé des bâtiments des Solitaires et des Petites Ecoles, de la grange à blé, du verger des Solitaires et des jardins, il devint la propriété de Port-Royal de Paris avant de passer entre différentes mains au 19ème siècle. Conservé, le domaine a été restauré.
 
La construction en 1895/1896, par l’architecte Ruprich Robert, d’une maison imposante, en faux style Louis XIII pour s'accorder au style du bâtiment des Petites Ecoles,   dite « le château neuf », modifia  la physionomie des Petites Ecoles. Transformée en musée, elle  complète l’ensemble avec des présentations de portraits, dessins, gravures, objets et livres évoquant les principaux protagonistes de l’histoire de l’abbaye et de son activité religieuse, intellectuelle et pédagogique.
Le musée © MCP
La construction du "château neuf" entraîna une modification du bâtiment des Petites Ecoles aux façades de style Louis XIII © MCP
Dans la cour de la ferme des Granges, le puits de Pascal  nommé ainsi en raison du mécanisme créé par Pascal pour les élèves des "Petites écoles" qui permettait de puiser à l'aide de deux grands seaux une quantité d'eau très importante. © MCP
© MCP
Entrée à Port-Royal sous le nom de Catherine Agnès de Saint-Paul Arnauld, sœur de Mère Angélique dont elle fut inséparable durant toutes les années où elle fut coadjutrice de l’abbaye, sa personnalité, son rayonnement et son rôle furent eux aussi essentiels à Port-Royal. Succédant à sa sœur comme abbesse, sous le nom de Mère Agnès,  elle fut en butte aux tracasseries exercées par l'archevêque de Paris pour obtenir des moniales la signature du Formulaire. Femme d’action face aux persécutions, voulant se réserver un espace de liberté intérieure, n'obéir que d'une obéissance éclairée, tout en restant fidèle à sa foi de « disciple d'Augustin », elle résista aux pressions. Inhumée dans le chœur de l’abbatiale, ses restes furent transférés en 1710 à Palaiseau.
Fille de Robert Arnauld d’Andilly, et nièce de Mère Angélique, entrée en 1641 à Port-Royal, elle prononça ses vœux en 1644. Devenue sous-prieure (1653 ?) Angélique de Saint-Jean Arnauld d'Andilly fut, comme ses quatre sœurs, très opposée au Formulaire. Arrêtée en août 1664, retenue au couvent des Annonciades jusqu’en 1665, privée de sacrements jusqu'à la paix clémentine en 1669, elle fut nommée abbesse en 1678. Intelligente et capable d’appréhender le monde, elle publia un récit de sa captivité, des Conférences, des Réflexions, des Relations et collabora au Nécrologe de l’Abbaye de Notre-Dame de Port-Royal des Champs.
Inhumée dans le chœur de l’église, ses cendres furent transférées à Palaiseau en décembre 1710. Sa pierre tombale est conservée en l'église de Magny-les-Hameaux mais je n'ai pas encore réussi à l'identifier.
► ARNAULD D’ANDILLY Robert
 

► ARNAUD DE POMPONNE  Anne Constance († 1695)  
Fille  de Nicolas Simon de Pomponne décédée  à l’âge de cinq mois. Transférée à Palaiseau en 1710.
 

► ARNAUD DE POMPONNE Catherine Angélique († 1676)
Fille du ministre  Simon de Pomponne, décédée à l’âge de trois mois. Transférée à Palaiseau en 1710.
 

► ARNAUD DE POMPONNE  Emmanuelle († 1686)
Fille du ministre  Simon de Pomponne, décédée à l’âge de vingt-trois ans. Transférée à Palaiseau en 1710.
 

► ASSON Antoine de Baudry de Saint-Gilles d’ (1617 – 1668)
Cœur
Gentilhomme Poitevin, il se retira à Port-Royal peut-être inspirés par les grands modèles qui s’y trouvaient et qu’il imita dans l’humilité en devenant métayer et menuisier. Après la dispersion de 1662, il se retira dans une maison du faubourg Saint-Antoine. Inhumé à Sainte-Marguerite, sa paroisse, son cœur fut déposé aux Champs. Sa plaque, conservée à l’église de Magny-les-Hameaux est hélas totalement illisible.
Plaque de droite © MCP
►BAGNOLS Guillaume du Gué de (†1657)
Maître des Requêtes au Parlement de Paris, très riche, orgueilleux, très éloigné de l’humilité évangélique, la piété de sa femme, Gabrielle Feideau († 1648), et les sermons de Singlin, l’amenèrent à être touché par Dieu. Retiré aux Champs,  ce magistrat pénitent participa fortement au rétablissement de l’abbaye
Inhumé dans l’église, son cœur fut déposé à Port-Royal de Paris. Lors des exhumations, son corps , et celui de Mlle du Gué, sa fille,  furent transférés au village des Troux (Boullay-les-Troux dans l'Essonne) où il possédait un château et où il reçut de nombreux jansénistes.  Sa pierre tombale est conservée en l'église de Magny-les-Hameaux.
BERNIÈRES Charles Maignart de († 1659)
Issu d’une famille amie des jansénistes comptant trois présidents du parlement de Rouen, ami de Blaise Pascal, il se démit de sa charge de Président pour se consacrer aux pauvres et aux malades aux cotés des Jansénistes. Surnommé le Procureur des Pauvres, il fit construire Hôtel Dieu à Rouen  (actuelle préfecture).  Inhumé dans l’église près de son fils, Jacques Maignart de La Rivière († 1656) , mort à l’âge de seize ans.
 

► COISLIN Charles César du Combout, chevalier de  (1641 - 1699)
Chevalier de Malte, Après avoir brillé à Versailles et porté les armes sous Turenne, touché par la vie exemplaire et pénitente de son oncle, M . de Pontchâteau, il renonça  à sa carrière militaire pour s’adonner à tous les exercices de la piété chrétienne. L’attachement qu’il avait autant pour son parent que pour Port-Royal lui fit demander d’y reposer.  Inhumé près du chœur des religieuses, il fut exhumé en 1711 et transféré en l’église de Magny-les-Hameaux.
 

► CONTI Anne-Marie Martinozzi, princesse de
Entrailles
 

► DREUX Béatrice de (1270 – 1328)
Fille de Robert IV de Dreux, et abbesse, sa pierre tombale est conservée en l'église de Magny-en-Vexin.
© MCP
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► HAMON Jean (1618 – 22 février 1687)
Plaque commémorative de la maison des Solitaires © MCP
Médecin, il commença à exercer dans la paroisse Saint-Merri où son habilité et son éloquence lui valurent une grande réputation. Fréquentant Antoine Singlin et le Grand Arnauld, il renonça au monde après avoir vendu tous ses biens au profit des pauvres. Retiré aux Champs, il y fait office de jardinier puis de secrétaire d’Arnauld, avant de devenir comme médecin de l’abbaye. Comme Solitaire, il adopta une vie humble, sans ménagement, « à ne manger que du pain de son et ne boire que de l’eau », à jeuner régulièrement comme signe de pénitence. Il donna des cours aux Petites écoles et soigna les pauvres de la région. Tolérant, il participa peu aux controverses qui ébranlaient l’abbaye contre les autorités religieuses.
Topic Topos
En 1664, alors que la plupart des Solitaires durent quitter Port-Royal, il fut autorisé à rester, et y exerça jusqu’en 1669, devenant « le véritable directeur spirituel de Port-Royal »
C’est à lui que faisait référence Racine, qu’il avait eu comme élève, en souhaitant reposer à ses pieds. Inhumé dans le cimetière du dehors selon ses voeux, on pouvait lire sur sa tombe une longue épitaphe. En 1711 ses restes furent portés dans la fosse commune du cimetière Saint-Lambert.
Après avoir suivit d'abord l'enseignement des Petites écoles, il fut admis au séminaire de Beauvais. Après la « Paix de l'Église » et la réouverture de Port-Royal des Champs, il se joignit aux « Messieurs » et alla vivre à proximité de l'établissement où il se rendait souvent. Ordonné prêtre en 1676, trois ans plus tard, les « Solitaires de Port-Royal » ayant été dispersés sur l'ordre de l'archevêque de Paris, il se retira à Tillemont, petite propriété de sa famille. Jusqu'à sa mort, il y mena  une vie très austère, se consacrant à ses travaux historiques. Il commença la publication de l'Histoire des empereurs... (1690), une partie des Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique... (1693), etc. Inhumé dans le bas-côté du chœur où il avait choisi sa sépulture, il fut exhumé en décembre 1710 et transféré en secret en l’église Saint-André-des-Arts.
► LONGUEVILLE Anne Geneviève de
Le cœur.
 
► LUZANCY Henri Charles Arnauld de (1623 – 1684)
Fils de Robert Arnauld d’Andilly, pour calmer ses ardeurs de jeunesse et son peu de goût aux études, son père le mit page chez le cardinal de Richelieu avant d’entamer une carrière militaire. Atteint de la petite vérole, la mort qu’il frôla le mena vers le chemin de la pénitence et il rejoignit les Solitaires. Après avoir connu plusieurs persécutions, il ne survécut pas  aux morts rapprochées  d’Isaac Le Maistre de Sacy et de sa sœur Angélique Arnauld d’Andilly qui le bouleversèrent.  Inhumé dans l’église de l’abbaye puis transporté à Palaiseau, sa pierre tombale est conservée en l’église de Magny-les-Hameaux
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► LUYNES Marie-Louise Séguier, duchesse de († 1651)
Première épouse du duc et Pair de France , Louis Charles Albert de Luynes dont elle eut neuf enfants . Résolue à renoncer au monde les dernières années de sa vie, elle se retira dans sa maison près de l’abbaye où elle comptait s’enfermer souvent en qualité de bienfaitrice. Inhumée dans le cœur de l’église avec deux de ses enfants, des jumeaux, Félix-Paul et Thérèse.
 
► MARLY Mathieu V de († 1305)
Grand échanson de France, il suivit Philippe le Bel  dans ses guerres en Flandre. Plusieurs membres de sa famille furent protecteurs de l'abbaye dont certains y reposèrent, tel Bouchard  († 1297/1298). La pierre  tombale de ce dernier esrt conservée en l'église de Magny-les-Hameaux.
 
► PASCAL Jacqueline (1625 – 1661)
Sœur de Blaise Pascal, très jeune fascinée par la poésie, le sonnet qu’elle composa sur la grossesse de la reine Anne d’Autriche, enceinte de Louis XIV, lui valut d’être reçue à la Cour. L'année suivante, elle joua une pièce devant Richelieu et obtient la grâce de son père, Etienne Pascal, alors en disgrâce. Poursuivant ses études littéraires à Rouen, encouragée par Corneille, à partir de 1646, sous l’influence de deux disciples de Saint-Cyran, les Pascal se rapprochèrent de Port-Royal. Ainsi, quand Jacqueline et Blaise revinrent à Paris en 1648, ils fréquentèrent les jansénistes. Jacqueline renonça à la poésie et attendit la mort de son père pour faire sa profession sous le nom de Jacqueline de Saint-Euphémie. Elle eut alors une grande influence sur sa famille, en particulier sur Blaise, alors mondain, brillant, mais qui ressent un « grand mépris du monde ».
Comptant parmi les plus opposées à la signature du Formulaire, elle écrivit à Antoine Arnauld une lettre avec sa célèbre formule : « Puisque les évêques ont des courages de filles, les filles doivent avoir des courages d’évêques ». Elle finit cependant par être contrainte de signer et mourut peu après.
 
► PONTCHÂTEAU Sébastien-Joseph du Cambout de (1634 - 1690)
Neveu du cardinal de Richelieu, il se livra d’abord aux pompes du siècle que lui permettait sa naissance. Agent d’affaire très habile, grand voyageur, missionné à Rome, nouvelliste très bien informé et polémiste redoutable, accablé par le poids des abbayes qu’on lui avait confiées dans sa jeunesse, après avoir été un Solitaire intermittent, il échangea les agréments de la vie aristocratique contre une retraite presque farouche aux Champs où, pendant une dizaine d’années, cette figure romanesque s’infligea de durs traitements et travailla aux ouvrages pénibles de la terre. Contraint de quitter sa retraite pour une autre plus éloignée, il revint quelque temps à Paris où il fut surpris par la maladie. Inhumé devant la grille du chœur et son cœur dans le bas côté gauche. Lors des exhumations de 1711, il fut transporté en l’église de Magny-les-Hameaux où sa pierre tombale est conservée.
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► VARET Alexandre (1632 – 1676)
Alors qu’il ne se destinait pas à l’état ecclésiastique, au cours d'un voyage à Rome, il décida de se retirer du monde pour étudier l'Écriture sainte et les œuvres de saint Augustin. Malgré sa répugnance à devenir prêtre, il se laissa ordonner en 1662 au moment de la grande affaire de la signature du Formulaire. Il se retira à Provins où l'archevêque de Sens vint le chercher pour en faire son grand vicaire. La « Paix de l'Église » signée, il resta auprès de l’archevêque jusqu’à sa mort (1674). Il prit alors le chemin de Port-Royal-des-Champs, où il avait l'intention de terminer sa vie dans la retraite et l'étude mais où il y mourut deux ans plus tard. Il laissait une œuvre écrite abondante et complexe qui embrasse à la fois l'éducation, la spiritualité et le jansénisme dont il était l'un des tenants. De l'éducation chrestienne des enfans, selon les maximes de l'Écriture sainte et les instructions des saints Pères de l'Église  fut son ouvrage le plus connu. Il y rappelait qu’éduquer est une des vocations les plus élevées du christianisme, que ne pas éduquer est un infanticide, que tout chrétien est appelé à la sainteté, qu’il faut conduire l'enfant dans ce chemin, etc.
1er novembre 2014
Jean Racine entretint avec lui des relations d’amitié. Il se consacra à faire des traductions, à écrire des vies de Saints et laissa une œuvre abondante. Inhumé dans l’aile gauche de l’église vis-à-vis de la chapelle de la Vierge où sa présence rappelait continuellement le souvenir de son esprit de piété et de pénitence admiré par la communauté, lors des exhumations, sa dépouille fut conduite en l’église Saint-Etienne-du-Mont. Sa pierre tombale est visible dans le cloitre de Port-Royal de Paris où elle a échappé à mon œil pourtant averti !
 
► LE MAISTRE  Catherine Angélique († 1664)
Nièce d’Antoine Le Maistre, pensionnaire au couvent des Filles de la Congrégation Notre-Dame de Montfort , morte à l’âge de dix-sept ans et inhumée dans la même sépulture que son oncle.
 
► LE MAISTRE DE SACY Louis Isaac
 
► LE MAISTRE DE SÉRICOURT Simon (1612 - 1650)
Frère dIsaac Le Maistre de Sacy, après avoir embrassé la carrière des armes, il se retira aux Champs. Inhumé, comme  il l’avait souhaité, auprès de sa mère, Catherine Arnauld.
 
► LE NAIN DE TILLEMONT Louis Sébatien (1637 - 1698)
► VERTUS Catherine de (1617 – 1692)
Connue sous le nom de Mademoiselle de Vertus, issue de grande noblesse, intelligente et très lettrée, elle entra dans le monde et à la Cour par l'intermédiaire de sa sœur, la duchesse de Montbazon. Par Antoine Singlin, supérieur des religieuses de Port-Royal, qu'elle a pris comme confesseur, elle fit, en 1654, la connaissance de la duchesse de Longueville, dont elle devient la dame de compagnie et l'amie très fidèle.
Entrée dans la sphère de Port-Royal des Champs et du jansénisme, fréquentant le salon de la marquise de Sablé elle se lia avec plusieurs moniale et avec plusieurs théologiens de l’abbaye.
Singlin mort, Isaac Lemaistre de Sacy l’ayant remplacé, elle s'occupa particulièrement de lui pendant sa captivité à la Bastille.
Après avoir effectué de fréquentes visites aux Champs, elle s’y retira en 1670 se faisant construire une petite maison à côté de celle de la duchesse de Longueville. Devenue officiellement une Bienfaitrice du monastère en 1674, elle put prendre l'habit de novice mais ne fut toutefois jamais religieuse. Vivant selon la stricte règle cistercienne, prodige de piété, son humilité lui fit choisir le cimetière du cloître et non l’église pour sépulture.
Lors des grandes exhumations, sa dépouille fut transportée à Malnoue (commune d’Emerainville, Seine-et-Marne) dans le monastère de sa sœur où son cœur avait déjà été confié. Jean Racine signa son épitaphe :
 
« Ici repose Catherine-Françoise de Bretagne, demoiselle de Vertus. Elle passa sa plus tendre jeunesse dans le désir de se donner à Dieu, pratiquant dès lors avec un goût particulier la règle de saint Benoît dans un monastère […]. Elle se retira dans cette maison, dont elle embrassa toutes les pratiques, et où ses violentes maladies, qui l'attachèrent au lit pendant les onze dernières années de sa vie, l'empêchèrent seules de faire profession. Mais elles n'empêchèrent pas sa régularité à réciter tous les jours l'office aux mêmes heures de la communauté, son attention aux nécessités du prochain, sa charité pour toutes les sœurs, et surtout son attention à Dieu dans une adoration perpétuelle au milieu de tous ses maux, qu'elle souffrit avec une extrême humilité et avec une patience incroyable. Enfin, âgée de soixante-quatorze ans, après avoir laissé ce qui lui restait de bien aux pauvres et vécu pauvre elle-même, elle rendit son âme à Dieu, munie de tous les sacrements des mourants, au milieu de toutes les sœurs. »
 
Etablir une liste de défunts dans un lieu de sépulture n'est jamais simple. Une fois posées les personnalités incontournables, le choix des autres relève toujours de la subjectivité et/ou de l'arbitraire quand la liste ne peut être exhaustive. Cet exercice fut particulièrement ardu pour l'abbaye de Port-Royal-des-Champs.
 


Sources principales:
- Un lieu de mémoire - Port-Royal-des-Champs (Paris-Chroniques de Port-Royal-2004)
- Nécrologe de l'abbaye de Notre-Dame de Port-Royal-des-Champs (1723)
- Port-Royal Par Laurence Plazenet - Ed. Flammarion (2012)
- Nouvelle histoire abrégée de l'abbaye de Port-Royal [...] - Tome III (1786)
- Eglise Saint-Germain-de-Paris de Magny-les-Hameaux -fascicule
- http://nouvl.evangelisation.free.fr/chapitre_1_5_pr.htm
(*) commentaire(s)
► ARNAULD Antoine dit le Grand Arnauld
Coeur
 

► ARNAULD Catherine (1590 -1651)
Sœur de Mère Angélique, épouse d’Isaac Le Maistre dont elle eut plusieurs enfants,  elle se fit religieuse en 1640 quelques mois après la mort de son mari sous le nom de Catherine de Saint-Jean. Inhumée dans le chœur de l’abbatiale.
 

► ARNAULD Catherine Agnès (1593 - 1671)
Y furent inhumés
 
Abbesses, moniales, confesseurs, bienfaiteurs, amis, Solitaires, domestiques, chanoines,..., c’est tout un monde, souvent véritable maelstrom de pères, mères, oncles, tantes, nièces, neveux, etc. adeptes de la cause janséniste, qui reposa à Port-Royal-des-Champs occultant les sépulcres qui l’avaient précédé.
Les abbesses pouvaient demander que leur cœur soit inhumé dans l’église abbatiale. Placé dans une petite urne de plomb en forme de cœur, une plaque avec épitaphe le recouvrait.
 
ARNAULD (famille)
Plusieurs membres de  cette famille furent ensevelis dans l’église avec des cœurs dont les corps reposaient ailleurs. D’autres trouvèrent leur dernier repos dans le cimetière.
 
En 1710, avant les grandes exhumations, Nicolas Simon de Pomponne averti du dessein d’exhumer les corps et de détruire l’église,  sollicita du roi la permission de faire transporter secrètement les corps et cœurs de plusieurs Arnauld, ses parents, dans le caveau de ses ancêtres à Saint-Merry (Paris). Pour motif qu’un transfert discret à Saint-Merry  était difficile et risquait d’interpeler le peuple, sa demande fut rejetée.  Pomponne songea alors comme dépôt à la chapelle souterraine des Seigneurs de Palaiseau, auxquels il appartenait, en attendant la construction d’un caveau dans l’église de Pomponne. L’autorisation lui fut accordée à condition que le transport se fasse nuitamment sans bruit et sans éclat. Dans la nuit du 13 au 14 septembre 1710, les cœurs et corps provenant de l’abbatiale de Port-Royal prirent le chemin de Palaiseau.  Trop difficile à retrouver, à supposer qu’ils subsistassent encore, ceux qui reposaient dans le cimetière n’étaient pas concernés.
A leur arrivée, les corps et corps furent déposés sur des tréteaux dans la chapelle souterraine. La boîte en fer blanc contenant le cœur de la mère Angélique corrodée de rouille fut remplacée.
En 1725 Une très longue épitaphe fut placée dans la chapelle rappelant la translation dont on retiendra surtout qu’elle indiquait qu’une bière en chêne avait été séparée en six espaces . En 1748, la bière en chêne fut remplacée par une
« bière » en pierre.
 
ARNAULD Angélique
Coeur
 
ARNAULD Anne (1594 - 1653)
Sœur de la Mère Angélique, entrée en religion sous le nom d’Anne de Sainte-Eugénie de l’Incarnation-Arnauld, elle s’occupa notamment de l’instruction des petites filles. Probablement inhumée dans le cimetière du cloître.  
Frère  d'Isaac Le Maistre de Sacy, alors qu’il était un jeune avocat célèbre il quitta le barreau pour se retirer aux Champs à l’instigation de Saint-Cyran. En pleine période agitée par la Fronde, ce geste de retrait à l’égard des affaires publiques déplut à Richelieu.
Installé un temps à Port-Royal de Paris, sous la direction spirituelle de l’abbé de Saint-Cyran, avec son frère Simon, il accueillit plusieurs enfants pour les éduquer selon les principes « saint-cyraniens ». L’arrestation de Saint-Cyran, six mois plus tard, mit un terme à sa vie de pédagogue.
Premier des Solitaires, Antoine Le Maistre se fixa alors pour toujours à Port-Royal des Champs menant une vie discrète et austère.
► LE MAISTRE Antoine (1608 – 4  novembre 1658)
Le prestige de l’un des plus remarquables directeurs spirituels des religieuses, l’abbé de Saint-Cyran, disciple et ami de Cornelius Jansen, puis l’entrée en lice de son disciple Antoine Arnauld et le ralliement de plusieurs autres théologiens ne tardèrent pas à faire de Port-Royal le centre d’un des plus emblématiques mouvement intellectuel et spirituel du Grand siècle en se faisant l’ardent défenseur de la théologie de saint Augustin, traditionnelle dans l’Eglise latine depuis plus d’un millénaire, mais combattue par un ordre créé en 1540, les jésuites.
 
Ce fut la longue et douloureuse controverse « janséniste ». Sous l’influence des jésuites, Rome condamna, en 1653, cinq propositions présentées comme reflétant la pensée de l’Augustinus de Cornelius Jansen.
Le 7 juin 1664, une ordonnance promulguée par l'archevêque de Paris confirma l’obligation pour tous les prêtres et religieux de signer un Formulaire anti-janséniste. La grande majorité des moniales s’y étant refusé, elles furent victimes d’une avalanche de brimades de la part des autorités ecclésiastique et civil allant même jusqu’à l’emprisonnement de seize d’entre elles pendant un an (1664-1665) dans divers couvents.
 
Devant l’échec de ces violences, les biens temporels des deux abbayes furent séparés (1669).
Tandis que  celle de Paris était attribuée à quelques signataires du Formulaire, celle des Champs regroupa quatre-vingt-cinq réfractaires privées de sacrements et sous surveillance policière pendant quatre ans. « La paix de l’Eglise » ou « Paix clémentine » (1669), compromis entre le Saint-Siège et les jansénistes, signé entre le pape et Louis XIV,  mit un terme à cette répression.
 
La décennie qui suivit (1669-1679) fut exceptionnellement brillante. On agrandit et rénova les bâtiments. Sur le plan intellectuel, parurent : les Pensées de Pascal (1670) à titre posthume; les Essais de morale (1671) de Pierre Nicole qui fut Solitaire et travailla avec Antoine Arnauld à de vastes ouvrages de controverses avec les protestants ;  la traduction des Œuvres de sainte Thérèse d’Arnauld d’Andilly également Solitaire ; la traduction de la Bible par Le Maistre de Sacy,  appelée à devenir pour deux siècles la plus prestigieuse en langue française méditée encore par Victor Hugo ou Arthur Rimbaud.
Jean Racine, un temps brouillé avec le groupe se réconcilia avec lui et lui adressa une sorte de dédicace dans sa préface de Phèdre. En 1678, furent publiés La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette et la dernière édition des Maximes de La Rochefoucauld, deux œuvres qui illustrent avec éclat l’augustinisme littéraire ;   etc.
 
Malheureusement, en 1679, mourait la duchesse de Longueville. L’ancienne grande frondeuse s’était fait construire un hôtel près de l’abbaye dont elle était la protectrice et le principal soutien  auprès de son cousin Louis XIV. Ce dernier, qui venait de mettre fin à la guerre de Hollande, entreprit alors une politique de contrainte religieuse qui aboutira à la révocation de l’Edit de Nantes (1685) mais qui pour l’heure frappa Port-Royal en lui interdisant tout nouveau recrutement.
 
C’était signer la mort de l’abbaye condamnée au dépérissement et qui vit en peu d’années s’éloigner ou mourir plusieurs proches. Son agonie dura trente ans.
 
La situation s’aggrava encore en 1705 avec la bulle Vineam Domini du pape Clément XI obligeant les ecclésiastiques et religieuses de Port-Royal à dénoncer leurs erreurs vis-à-vis du Saint-Siège. Les moniales signèrent mais en ajoutant : « Sans déroger à ce qui s’est fait à l’égard de ce  monastère  à la paix de l’Eglise sous Clément IX », résistance opiniâtre qui irrita fortement le roi.
 
En 1706, il fut interdit à la communauté d’élire une nouvelle abbesse  à la mort d’Elisabeth de Sainte-Anne qui fut la dernière.
 
En 1707, un ordre royal conférait les revenus des Champs à Paris et ordonnait la suppression du titre
« d’abbaye et monastère de Port-Royal-des-Champs ». De son côté, l’archevêque de Paris ordonnait le refus de la communion aux moniales qu’il déclara « contumaces et désobéissantes aux constitutions apostoliques et comme telles incapables de participer aux sacrements de l’Eglise » !
 
1708 signa la mort définitive de Port-Royal-des-Champs. Si une première bulle papale laissait aux religieuses l’usage de l’église et des bâtiments, une seconde, en septembre, sur intervention de Louis XIV, ordonna sa suppression qui fut enregistrée par le Parlement de Paris.
 
En 1709, l’archevêque de Paris confirma la suppression. C’est alors que l’abbesse de Port-Royal de Paris, Mme de Château-Renault, s’empressa de se rendre aux Champs afin d’y être reconnue comme supérieure de ses moniales. Furieuse du refus qu’on lui opposa, elle en rendit compte au Conseil du roi et obtint un arrêt de Conseil d’Etat confirmant ses droits. Le 26 octobre, ce même Conseil d’Etat ordonnait l’expulsion des moniales des Champs.
► RACINE Agnès (1626 – 1700)
Tante de Jean Racine et abbesse de 1690 à 1699 sous le nom de Mère Agnès de Sainte-Thècle Racine, son célèbre neveu avait eu Pierre Nicole, ancien directeur de Port-Royal, comme professeur, qui fut l’un de ses plus virulents détracteurs avant que les deux hommes ne se réconcilient. Il fut davantage blessé quand sa tante se mit elle aussi à le critiquer, qualifiant son travail d’ « hérésie ».
 
► RACINE Jean
 

►SAINT-ANGE  Anne de († 1667)
Monsieur de Boulogne, son père,  la voyant se destiner à rentrer chez les Carmélites lui fut épouser François Le Charron de Saint-Ange, premier maître d’hôtel d’Anne d’Autriche.  Vivant à la Cour entre vanité et richesse, elle découvrit Port-Royal par  Robert Arnaud d’Andilly puis, désirant se convertir, elle se mit sous la conduite de Saint-Cyran. Devenue une parfaire pénitente, elle persuada plusieurs personnes de la suivre dans cette voie y compris son mari. Veuve en 1651, elle se retira aux Champs où l’on admirait sa simplicité et son humilité ainsi que son affection et sa charité envers les autres sœurs. Elle fit partie des religieuses qui furent transportées dans d’autres monastères en 1664 avant de revenir dix mois plus tard. Ayant refusé de signer le fameux Formulaire, à sa mort, les derniers sacrements lui furent refusés.  Inhumée dans le chœur de l’église.
 
► SÉVIGNÉ René Renauld de (1607 - 1676)
Chevalier et oncle de la marquise épistolière dont il n’avait pas le talent, on lui doit tout de même un intéressant échange de correspondance avec Madame Royale, duchesse de Savoie, qui lui permit de ne pas sombrer totalement dans l’oubli. Officier courageux, loyal et intelligent, il combattit en Italie et rencontra lors de ses campagnes la duchesse de Savoie, sœur de Louis XIII à laquelle il s’attacha. D’une physionomie sympathique, sincère en paroles et en actes, il était le portrait du parfait honnête homme.  Il se remaria en 1650 avec la mère de Mme de Lafayette. Veuf, il termina ses jours à Port-Royal-des-Champs après des années de sévère pénitence et de recueillement spirituel. Inhumé dans le cloître qu’il avait fait bâtir à ses frais. Lors des exhumations, il est probable qu'il ait été transféré au ciletière de Saint-Lambert.
 
► THIBOUST Nicolas (1597 – 1688)  
 
Chanoine de Saint-Thomas-du-Louvre, où il travailla à rétablir durant quarante-quatre ans le spirituel et le temporel sérieusement déchus, sa fermeté dans l’observance de la pratique rituelle lui attira quelques troubles au point d’essayer de le déposséder de sa paroisse dont il resta finalement possesseur jusqu’à ce que son grand âge ne lui permette plus de s’acquitter de ses obligations.
Il se retira alors dans la solitude des Champs où il vécut encore une douzaine d’années et mourut à un âge vénérable.
Inhumé dans l’église, sa pierre tombale est conservée en celle de Magny-les-Hameaux.
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