Cimetière parisien d’Ivry : La fosse commune par J.B. Vialles (« L’Illustration ». 1er novembre 1890. BNF. © ADAGP)
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Le Petit Parisien du 3 juin 1894. Le corps d’Emile Henry arrive à Ivry.
L‘anonymat obligatoire. Archives du cimetyière parisien d‘Ivry
Arrivée du fourgon
Bien que ne faisant que peu d'articles sur les cimetières existants, le cimetière parisien d’Ivry appartient à mes exceptions.
Souvent cité, peu exploré, les auteurs d’ouvrages sur les cimetières semblent se désintéresser de ce lieu de repos ignoré à tort car, contrairement aux grandes nécropoles parisiennes, il ne possède pas de sépultures, pas d'oeuvres d'art remarquables, ni cinquante célébrités au mètre carré.
On a fini par oublier ses carrés militaires où résistants, soldats français de toutes confessions, allemands et italiens après avoir été unis dans un même combat sont réunis dans la même terre.
 
Moi, aussi j’ai bien failli l’ignorer. Si, il y a une dizaine d’années, je n’avais pas eu à effectuer des recherches sur le sort des dépouilles des condamnés à mort, je n’y serais pas venue et n’aurais pas découvert ses allées boisées, ses divisions à taille humaine et bien entretenues qu’on a eu la bonne idée d’entourer de haies épargnant ainsi au promeneur un  sentiment de monotonie.
Surtout, je ne me serais pas prise de passion pour ce cimetière dont l'intérête réside en grande partie dans les raisons de sa création qui l'amenèrent à être le témoin de pages de notre histoire que nos possèdent pas les autres.
Au fur et à mesure de la lecture des archives, on réalise que le cimetière parisien d'Ivry a encore  beaucoup à raconter, et que son histoire ouvre une porte non seulement sur la sienne mais aussi sur celle plus générale d'épisodes liés notamment à la période de l'Occupation.  
Le cimetière parisien d’Ivry fait partie des cimetières de Paris extra-muros  
► Cimetières parisiens
Un peu d'histoire
CIMETIÈRE PARISIEN D’IVRY
44, avenue de Verdun à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne)
Cette partie, surnommée le champ de navets en souvenir de ses anciennes cultures, fut d"abord destinée à recevoir deux types d'inhumations :
- celles des habitants du 13ème arrondissement de Paris nouvellement créé et qui étant un quartier populaire explique la modestie des tombes dès l'origine, simplicité que ne viendront pas déroger par la suite les sépultures émanant d'autres quartiers de Paris. Snobé à cause de son éloignement et de sa clientèle "ordinaire",  aucun tombeau ostentatoire ne vint troubler cette harmonieuse simplicité se répartissant sur 47 divisions aux alignements impeccables.  De nos jours, on ne peut déceler aucune différence sociale ou de fortune.
 
- celles des tranchées gratuites accueillant toute la misère du monde qui encombraient notamment le cimetière du Montparnasse sans aucun rapport financier. Cette misère était constituée des corps non réclamés dans les hospices et les hôpitaux, les indigents, les morts dans la rue et récupérés par la Morgue, etc.  
 
A partir de 1869,  vint se rajouter une clientèle très particulière  (division 12), celle des condamnés à mort accueillie, depuis 1824,  au cimetière du Montparnasse.  
 
Enfin, on ne saurait oublier les quelques 1500 communards inhumés dans des fosses communes que certains ont décrit comme débordant dans les allées. Si le trait est forcé, il donne néanmoins une idée du sentiment qu'éprouvait les visteurs à cette époque.
 
En 1898, une partie de ce premier cimetière fut vendue au Kremlin-Bicêtre, commune créée en 1896, qui avait besoin d'un cimetière.
Tout commença en 1860 lorsque Paris explosa ses limites hors le mur des Fermiers généraux et annexa des communes limitrophes lui donnant sa configuration actuelle. Avec l’accroissement soudain de sa population quasiment multipliée par deux,  de suite se posa le problème crucial des inhumations car déjà à l’époque les nécropoles intra-muros affichaient un taux de remplissage conséquent, et ce n’était pas les petits cimetières rattachés aux communes annexées qui allaient solutionner le problème. On ressortit donc des cartons d’anciens projets, et Paris acheta des terrains dans différentes communes limitrophes de ses nouvelles limites.
Paris propriétaire de ces nouveaux cimetières, mais aussi en charge de leur gestion et organisation. La notion de cimetière parisien hors les murs de la capitale, en opposition au cimetière communal, venait de naître.
 
C'est en 1861 que fut acheté le premier terrain de ce cimetière divisé en deux parties bien distinctes.  
En hachurée : partie vendue au Krelin-Bicêtre
© Archives du cimetière parisien d'Ivry
Le terrain acheté en 1861 se situe à droite
© Archives du cimetière parisien d'Ivry
Entre temps, en 1874, la Ville de Paris avait acquis le terrain (partie gauche sur le plan)  où fut créé un enclos israélite disparut en 1889, un carré spécifiquement dédié aux suppliciés (division 27) et où on continua à recevoir des tranchées gratuites jusqu’à ce que le cimetière parisien de Thiais prenne le relais à sa création en 1929.
Au total, ancien et nouveau cimetière réunis, l’ensemble couvre 28 hectares 38.
 
Rare poumon de verdure d’Ivry, il bénéficie d’une politique de protection de l’environnement qui porte ses fruits puisqu’on y voit dorénavant une faune et une flore qui n’y existait pas auparavant.
Les condamnés à mort et le carré des suppliciés
© MCP
Inhumation dans le carré des suppliciés
Archives du cimetière parisien d'Ivry-MCP-
Réponse de l'administration à la demande de transfert du corps, par sa mère,  de Félix Marius Gounaud exécuté le 24 janvier 1923
Tous les suppliciés, sans exception, avaient le corps placé dans un panier et arrivaient par fourgon escorté de gendarmes.
Ce fut donc un siècle de criminels de tous poils exécutés  qui vinrent se faire enterrer en ce lieu. Se faire enterrer ? Pas toujours. Le convoi mortuaire arrivé sur place, deux possibilités s’offraient alors au défunt :
 
Soit personne n'avait manifesté d'intérêt pour la dépouille, ou le condamné n'avait rien exprimé, et celle-ci était était confiée, avec l'accord du commissaire, à l'Ecole de Médecine, toujours en demande de cadavres à usage éducatif,  après un simulacre d'inhumation consistant à mélanger un peu de sang avec de la sciure. Sur les 128 suppliciés attestés, 25 finirent à l'Ecole de Médecine.
 
A ce propos, écoutons le témoignage d’un conservateur qui assista à sa première inhumation du genre en 1936.
 
« Le corps est arrivé à 4h 40.La garde républicaine à cheval pénètre dans le cimetière contrairement aux us et coutumes. Les fossoyeurs prennent livraison du panier contenant les restes du condamné. Le temps est radieux. Le supplicié apparaît vêtu d’un pantalon rayé et d’une large chemise bleu, de plus il est chaussé d’une paire de pantoufles. Très blond, la peau apparaît d’une blancheur éclatante. Le corps est légèrement incliné sur la droite. La tête a roulé dans le panier et pendant un instant le chef fossoyeur ne pourra la trouver. Notons en passant que ce dernier assiste à sa première exécution. La bière administrative est prête. L’Ecole de médecine demande le corps. Un certain flottement, personne ne répond. Le Commissaire G. et moi-même n’ayant aucune demande de la famille, autorisent l’Ecole à prendre le corps. Nos fossoyeurs s’avancent. Le corps est lourd. G. prend les pieds, B. et LB. Chacun une épaule. Le corps est mis dans la bière de l’Ecole de Médecine. Nos hommes oublient de déchirer les liens du condamné et LB. plus vivement impressionné qu’il ne veut le paraître ne prend pas la tête du condamné. C’est le garçon de l’Ecole qui la découvre dans le panier, la prend et la laisse tomber dans le cercueil avec un bruit mat. Le moment est lugubre et les assistants impressionnés ». S’en est suivi le simulacre.
 
Soit la famille avait manifesté le désir de laisser le corps au cimetière, ou de le reprendre par la suite,  ou encore le condamné avait manifesté son refus de finir à la faculté de Médecine, notamment auprès de l'aumônier. Dans ce cas, un seul mot d'ordre :
 
L’ANONYMAT ! Où qu’il repose, aucune inscription ne devait permettre d’identifier le paria de la société condamné au sceau de l'infamie pour l'éternité. Dans le carré des suppliciés,  le moindre ornement d'une tombe (croix, fleurs, etc.) était assujetti à une autorisation de l'administration.
Une centaine de corps trouva place dans le carré qui compta jusqu'à cinquante fosses ce qui implique un turnover de dépouilles sans qu'on sache toujours ce qu'il en advint.
Après l'abolition de la peine de mort en 1981, les restes des dépouilles qui n'avaient pas été récupérées par les familles au cours des ans, et encore présentes,  furent transportés dans l'ossuaire du cimetière parisien de Thiais. Un décret, de 1997, interdisant la conservation des restes pour, entre autres, des raisons d’hygiène, quand l'ossuaire fut plein, ce qu'il contenait prit le chemin du crématorium du Père-Lachaise. Les cendres furent ensuite dispersées au cimetière parisien de Thiais dans un espace spécifiquement dédié.
Néanmoins, et on peut le déplorer autant que cela peut surprendre, les registres du cimetière n'ont conservé aucune trace de ces transferts vers Thiais. Moyennant quoi, sauf exception, personne ne peut affirmer aujourd'hui avec certitude qui disparut en fumée au Père-Lachaise ou qui trouva une autre destination.
 
Bien que vidé de ses résidents, le carré des suppliciés, délimité au sol par des pavés, a été conservé à titre historique.  
Ancien emplacement du carré des suppliciés © MCP
1887. Dans le but de dérober des bijoux et des valeurs, il s'introduisit au domicile, rue Montaigne (act. rue Jean-Mermoz), de Claudine-Marie Regnault, une « courtisane » connue sous le nom de « Régine de Montille », qu'il égorgea ainsi  que sa femme de chambre et la fille de cette dernière âgée de 12 ans avec une violence inouie. Exécuté cinq mois après son forfait.
Avant son entrée au carmel, celle qui allait devenir sainte Thérèse de Lisieux pria vainement dans l'espoir de sa conversion avant son exécution.
CAILLEMIN, MONIER et  SOUDY :  membres de la bande à Bonnot
 
► PETIOT Marcel
 
► RAPIN Georges (1936 - 26 juillet 1960)
► BUISSON Emile
 
► BONTEMS Roger
► BUFFET Claude
► FESH Jacques
► GIRAUD Marie-Louise (1903 - 30 juillet 1943)
Depuis le début de la guerre, elle s'était lancée dans une activité très lucrative: l'avortement. A Cherbourg, outre louer des chambres de passe aux prostituées, elle avait recruté des voyantes à qui les femmes confiaient  leurs craintes d'une grossesse non désirée, que le mari soit parti en Allemagne au STO ou qu'elles n'aient pas les moyens d'avoir un bébé. Devenue une "faiseuse d'anges" très appréciée, autant elle amassait d'argent autant elle provoquait des jalousies et fut dénoncée. Si l'avortement, au lendemain de la Première Guerre mondiale pour des raisons de démographie, était déjà un délit,  le régime de Vichy l'avait déclaré  crime d'Etat, un crime de haute trahison relevant de tribunaux d'exception.  
Reconnue coupable de 27 avortements, elle fut condamnée à mort.
L'histoire était oubliée depuis longtemps quand en 1988 Claude Chabrol la rendit célèbre grâce à son film Une affaire de femmes, avec Isabelle Huppert dans le rôle Marie-Louise Giraud.
► LIABEUFJean-Jacques (1886 - 1er juillet 1910)
Condamné à plusieurs peines pour chapardages avant de devenir cordonnier, il fut arrêté en 1909 pour proxénétisme. Libéré après un mois d'emprisonnement mais s'estimant victime d'une injustice s'inscrivant dans la mouvance anarchiste de l'époque, il se vengea en en tuant et blessant des policiers. Condamné à mort, les anarchistes et une frange du mouvement social y voyant un crime politique, une fièvre en sa faveur s'empara de la capitale. "L'affaire Dreyfus des ouvriers" était lancée.
Son exécution, dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1910, se déroula dans un climat d'insurrection avec une manifestation, dit-on, de 10.000 personnes. Dans les affrontements qui suivirent, un agent et une centaine de manifestants furent blessés.
Inhumé dans le carré des suppliciés, sa mère fit exhumer et réinhumé le corps dans une concession temporaire aujourd'hui disparue.
Fils de bonne famille mais instable et complxé par sa petite taille, ses parents lui offrirent un bar. Rêvant d'être acteur et fasciné par le monde de la pègre et de ses héros de "série noire", sous le pseudonyme de "Monsieur Bill", il se fit proxénète avec l'intention de se tailler une réputation de "dur" dans le milieu en paradant avec un revolver à la ceinture. Après l'assassinat d'un pompiste (1958), il tua une entraîneuse dans la forêt de Fontainebleau et brûla son corps.  
► VAILLANT Auguste
 
► Etc
 
En revanche, les suivants finirent à l'Ecole de Médecine :
 
► CARRARA Xavier Ange (1863 - 24 mai 1898)
Dénoncé par les caïds de Montmartre, qui n'appréciaient guère ce jeune dandy prétentieux aux cheveux gominés, il fut arrêté. Provocateur, il s'accusa de onze crimes "parfaits". Condamné à mort, il emporta avec lui bien des secrets et laissa plusieurs zones d'ombre jamais éclairées à ce jour.
Inhumé dans le carré des suppliciés, il fut exhumé et ré-inhumé au cimetière parisien de Bagneux (déc. 1960) avant de reposer au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine à partir de 1961.
Champignoniste, pour ne pas payer les dettes que venait lui réclamer un garçon de recettes, il  l'assassina d'un coup de manivelle et fit brûler le corps dans le brasero de sa champignonnière après lui avoir voler sa sacoche contenant plus de 20.000 francs
Sur les 103 suppliciés qui furent ensevelis dans la carré, 18 furent exécutés sous le régime de Vichy et bhénéficient depuis du statut de "morts pour la France".  
Pour les autres, sorte d’abrégé de notre histoire criminelle sur un siècle, la liste est bien trop longue pour la présenter de façon exhaustive ; reste les incontournables, parmi lesquels :
► HENRY Emile, anarchiste
 
► PRANZINI Henri-Jacques-Ernest (1856 -31 août 1887)
Pachowski
Fils d'un commissaire de police, soldat dans les armées russes, bachelier polyglotte, chef d'une bande dite des Polonais, Zinczuk avait pour principal homme de main Pachowski.
Auteur d'une trentaine de cambriolages, agressions, crimes et méfaits de tous poils dans une quinzaine de départements entre juillet 1924 et février 1925, la bande, qui compta jusqu'à 28 malfaiteurs, était coupable de six assassinats avérés notamment signés  Zinczuk et Pachowski.
Zinczuk
Alors que six membres de la bande ne furent jamais retrouvés, que deux furent condamnés à cinq ans de prison, que deux le furent à perpétuité, que seize autres écopèrent de peine allant de dix ans de travaux forcés à quatre ans de réclusion,  et qu'un mourut lors de l'instruction, Zinczuk et Pachowski furent condamnés à mort.
Les "Morts pour la France"
Glorieuse et dramatique dénomination pour rassembler les victimes civiles et militaires des deux grands conflits mondiaux, auxquels ces hommes et ces femmes auraient préféré survivre.
 

Les militaires
 
Situées dans le petit cimetière, les divisions militaires s’étirent en bandes le long des murs d’enclos formant les divisions 38, 39, 46 et 42 en partie.
Bien alignés et séparés, les carrés des soldats français côtoient ceux des Allemands, des Italiens et des Maghrébins tombés durant la Grande Guerre. Environ 2550 soldats (les deux conflits mondiaux confondus)  de ces nationalités et de diverses confessions y sont inhumés.
Monument à la mémoire des Italiens © MCP
Carré musulman © MCP
Carré allemand © MCP
Les civils
 
Bien qu’imposantes, si ces divisions militaires n’ont rien d’exceptionnel, le cimetière parisien d’Ivry a, en revanche, le triste privilège d’avoir détenu le plus grand nombre des victimes exécutées par les nazis sur Paris durant l'Occupation.
 
Résistants, simples otages, juifs et surtout communistes ou sympathisants du parti, entre 1300 et 1500 personnes furent exécutées sur Paris parmi lesquelles 1010 le furent au Mont-Valérien. Parmi les autres lieux d’exécution, on peut citer l'ancien stand de tir de l'Armée de l'air de Balard -pour environ 150 victimes, les prisons parisiennes, etc.
 
Pour éviter que les tombes ne deviennent des lieux de pèlerinage auprès de la population, les corps, souvent anonymes, furent dispersés dans plusieurs cimetières limitrophes de Paris. Le cimetière parisien d’Ivry en accueillit la plus grande part puisqu’on en dénombrait officiellement 828  à la Libération.
Déposés  dans des fosses individuelles creusées à la hâte, la plupart des suppliciés eut la chance de pouvoir être identifiée grâce à l’action des personnels résistants et de recevoir par la suite des sépultures décentes, même pour ceux restés anonymes.
Ceux qui ne furent pas repris par les familles reposent dorénavant dans le carré des fusillés. Plusieurs monuments et plaques rappellent leur sacrifice commun.
Traditionnelles plaques en mémoire des chers disparus © MCP
© MCP
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Les carrés des fusillés débutent dans la 39ème division avec  le monument de Missak Manouchian qui repose avec son épouse entouré des hommes de son groupe qui ne furent pas repris par les familles. © MCP
Des plaques commémoratives qui se suffisent à elles-mêmes, sauf à insister, parfois, sur la jeunesse des victimes.
© MCP
© MCP
Le carré des suppliciés, qui reçut, à partir de 1869 en remplacement du cimetière du Montparnasse,  les condamnés de droit commun condamnés à mort par le tribunal d'Assises de Paris et exécutés dans la capitale, se situa d'abord dans la division 12 du petit cimetière. Y  fut inhumé, entre autres, Jean-Baptiste Troppmann.
 
Le premier dont on trouve la trace dans la division 27 du grand cimetière, en 1885, est Tiburce Gamahut, âgé de 25 ans, ancien moine devenu lutteur de foire et qui, avec quatre complices, avait égorgé et assommé à coups de bouteille une femme pour lui voler deux francs cinquante.Les derniers furent Claude Buffet et Claude Bontems en 1972.
 
Depuis qu’en 1790, l’Assemblée nationale Constituante avait accordé aux condamnés à mort le droit d’être inhumés décemment dans les cimetières publics ( Lieux d'inhumation des suppliciés), et donné le droit aux familles de récupérer les corps, ils avaient d’abord trouvé sépulture au cimetière Sainte-Catherine jusqu’en 1824 puis au grand cimetière du Sud ou Montparnasse jusqu’à ce que le cimetière parisien d'Ivry ne prenne le relais en 1869.
Sépulture dans un cimetière, certes, mais dans un carré à part de l'honnête citoyen !
 
Entre le petit (ancien) et le grand cimetière (nouveau), environ 140 personnes y furent enterrées dont, à ce jour, seule la présence de 128 est attestée.
 

Cela se passait immuablement de la même façon. La veille au soir du jour de l’exécution, le conservateur du cimetière recevait un ordre par écrit du commissaire de police requérant de « faire creuser la fosse qui recevra les restes du nommé XXX, condamné à la peine de mort par arrêt de la Cour d’Assises de…du…et dont l’exécution aura lieu le…à…heures » (► Marcel Petiot). Le fossoyeur creusait et recevait une gratification pour ce travail supplémentaire.
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Sépulture commune d’Edgar Lefebure, André Dalmas et Henri Meunier guillotinés à la prison de la Santé le 23 juillet 1942.
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Le dimanche 31 mai 1942 au matin, une foule composée principalement de femmes attendait devant un magasin d’alimentation rue de Buci dans le 6ème arrondissement. Soudain, comme si elles répondaient à un signal, un certain nombre de femmes forcèrent l’entrée du magasin en criant. L’une d’elles s’empara de boîtes de sardines qu’elle jeta à la foule, et fut imitée par d’autres. Au milieu des cris et de la bousculade, le commerçant tenta d’intervenir pour éviter le pillage ce qui déclencha une mêlée générale, pour ne pas dire une vraie bagarre. Avec l’arrivée de la police tout sembla rentrer dans l’ordre mais, dès qu’elle voulut s’emparer d’un suspect, des coups de feu furent tirés tuant deux gardiens de la paix et en blessant grièvement trois autres. Après une course poursuite deux hommes étaient arrêtés Lefebure et Meunier. En fait il s’agissait bien d’une opération mise au point par une organisation annexe du parti communiste, le Front national qui cherchait ainsi une forme de déstabilisation.
Une chose est certaine, l’acte d’accusation devant le Tribunal d’état retint la culpabilité de vingt personnes pour association de malfaiteurs et de complicité, pillage en bandes organisées en temps de guerre et complicité, assassinat et tentatives d’assassinat ce qui relevait du droit commun. Trois d'entre elles furent condamnées à mort : Lefébure, Meunier et Dalmas et guillotinés le 23 juillet 1942 à la prison de la Santé. Inhumés dans le carré des suppliciés, sauf découverte extraordinaire, ils sont les seuls à y avoir reposé et être encore présents dans le cimetière. Exhumés du carré en 1947  pour un  nouvel emplacement,  ils sont considérés comme des héros et martyrs de la Résistance et bénéficient du statut de "morts pour la France"
Monument à Missak Manouchian et à son groupe © MCP
Merci à Mme Michèle Rault -conservatrice en chef du patrimoine de la ville d'ivry-sur-Seine- pour ce cliché exceptionnel. © Service du patrimoine de la ville d'Ivry.
Une des rares statues du cimetière, signée Triolo, sur la tombe du jeune Vincent Di Bella  (40ème division), "Victime civile" tuée en octobre 1944 à l'âge de 17 ans. © MCP
Les officiers et soldats de la Wehrmacht
 
Fait moins, ou pas connu, de juin 1940 à août 1944, 2743 allemands (chiffre peut-être à affiner) furent inhumés dans le grand cimetière, l’occupant se réservant les divisions autour ou à proximité du rond-point dont l’organisation ne laissait place à aucune improvisation.
Parmi les exigences, outre l’interdiction à quiconque d'autre d’y reposer, on notera la distance rigoureuse à respecter entre deux tombes et le sens de l’alignement, le nettoyage impératif des fleurs fanées, l’emplacement du mât pour le port du drapeau, le remplacement de troènes par des fusains pour entourer les divisions, etc.
Ce cimetière d’honneur allemand se composait de tombes couvertes de terre et ornées de verdure et/ou de fleurs.
 
Parmi les soldats inhumés, on compte des victimes des attentats perpétrés par la Résistance dont l’officier Alfons Moser abattu le 21 août 1941 à la station de métro Barbès-Rochechouart par Pierre Georges, dit le colonel Fabien.
Comme les Allemands enterrés au cimetière parisien de Thiais, ils furent transférés par la suite au cimetière allemand de Champigny-la-Futelaye (Eure)
Une tombe allemande à Ivry. Merci à Mme Michèle Rault -conservatrice en chef du patrimoine de la ville d'ivry-sur-Seine- pour ce cliché exceptionnel. © Service du patrimoine de la ville d'Ivry.
Y furent inhumés
ADAMOV Arthur
 
► ANDRIEUX Paul (1922 - 20 août 1944)
Mécanicien-ajusteur après avoir été apprenti marin, il habitait et travaillait dans le quartier d’Ivry-Port depuis 1942. Le 20 août 1944, il fut mortellement blessé par une balle tirée par les Allemands alors qu’il se trouvait sur une barricade dressée quai d’Ivry pour la libération de la commune. En  raison des circonstances de sa mort, il fut inhumé dans le carré des Fusillés. Le 27 juillet  1945, le conseil municipal donna son nom à la rue séparant les grand et petit cimetières.
BELLUS  Jean (1911 – janvier 1967) Division 24
Dessinateur et illustrateur humoristique français, Jean Bellus, après avoir eu plusieurs emplois dans différents journaux et revues, s'illustra et reste dans les mémoires pour ses dessins d'une "Famille bien française" mettant en scène un couple et leur fille Clémentine chérie dans une France sans soucis, celle des années 1960.
D’origine algérienne, son nom ne dit sans doute rien à ceux qui ne sont pas des lecteurs assidus de polars et/ou des connaisseurs du monde de la prison où il effectua son premier séjour à seize ans. Mais intelligent, malin, dandy à ses heures, cultivé, généreux et charmeur, et surtout n’ayant jamais eu de sang sur les mains, ni d’actes de grande violences, l’ensemble de son œuvre distinguée lui valut d’être surnommé le gentleman braqueur. C’est lors de son premier long séjour en prison en 1979, que la révélation lui vint en découvrant la littérature et en participant à des ateliers de théâtre dont il fit son activité à sa libération.
Révélation certes, mais semi reconversion puisqu’il récidiva à plusieurs reprises cumulant au total dix-sept ans de prison. Sachant qu’il est mort à 54 ans et qu’il connut 18 mois de  cavale après une évasion par crainte de la double peine selon la loi Pasqua, la prison mangea  presque la moitié de sa vie d’adulte.
© MCP
► BENOTMAN Abdel Hafed (1960 – 20 février 2015)
Prison où, en parfaite adéquation avec son engagement politique dans l’extrême gauche, il s’engagea dans le mouvement des luttes carcérales visant à améliorer les conditions des prisonniers.Il n’empêche qu’acteur et auteur de pièces de théâtre, et bénéficiant du soutien d’un éditeur,  il se fit aussi connaître et reconnaître comme écrivain par son premier ouvrage Les Forcenés, écrit derrière les barreaux.  
Entre deux séjours, le cinéaste Jacques Doillon lui proposa des petits rôles, on le vit tenir des conférences dont une à l'École nationale de la magistrature, intervenir dans plusieurs émissions littéraires, participer à la création de l'émission de radio : L'envolée, et d’être récompensé par plusieurs prix et pas des moindres :
-Le Prix littéraire décerné par la Ville de Paris (2003), en  2010 : Grand Prix du meilleur scénariste et prix Sopadin pour une de ses nouvelles, Le Maître des mots
-2012 : Prix Thierry Jonquet décerné au cours du festival La Canourgue noire pour son livre Éboueur sur échafaud
- Et d’avoir un premier long métrage, dont il était le coscénariste,  sélectionné à Cannes en 2011.
Mais décidément, aimant jouer au gendarme et au voleur, il commit son dernier hold-up en 2003 dans une banque à Neuilly, vêtu d’un T-shirt de Donald, un appareil-photo en bandoulière et deux béquilles rouges, en prétendant avoir un revolver sous son blouson.
Marié, libéré en 2007, il continuait à écrire et était sur tous les fronts littéraires et théâtraux quand il mourut prématurément probablement d’un infarctus dont il avait déjà été victime.  Comme s’il restait éternellement vivant, sa date de décès n’est pas indiquée sur sa tombe.
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BERGERON René (1890 – 13 mars 1971)  
Admirable acteur de composition reconnaissable à son long nez busqué, il fut prodigieux en inspecteur Barnave dans L’entraîneuse et plus encore, avec sa moustache, son œil torve et sa gabardine, en inspecteur Lognon dans Monsieur Souris. A son actif policier : Pépé le Moko, Le dernier tournant et Hôtel du Nord. Il pouvait aussi tourner le dos à la loi avec autant talent : Les mutinés de l’Elseneur ou L’enfer des anges. Entraîné sur la voie de la collaboration par Le Vigan, en 1944, sa carrière était brisée. A partir de 1954, on le revit dans de médiocres productions dans lesquelles il jouait sans beaucoup de conviction, faisant oublier le grand acteur qu’il avait été jadis.
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BERNARD  Paul (1898 – 4 mai 1958)
Après le Conservatoire cet acteur, grand et distingué, fut voué aux rôles de gigolo, de séducteur : Les dames du bois de Boulogne où il était remarquable, de débauché : Pattes blanches, de grand bourgeois : Lumière d’été, et de proxénète. Il assuma ces personnages antipathiques avec beaucoup d’élégance. En parallèle de sa carrière cinématographique (1922 à 1955), il mena une carrière théâtrale de 1920 à 1957.
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BORDAS Marcelle (1897 – 1968)
En travaillant dans la confection de chapeaux de théâtre, Marcelle rencontra de nombreux artistes. C’est ainsi que Madame Rasimi, femme d'un célèbre impresario, l'entendit chanter et lui donna sa chance : en novembre 1933, Marcelle faisait des débuts aux Folies-Bergères dans Folies en folie, revue menée par Mistinguett et Fernandel. Dès 1935, elle se spécialisa dans les chansons traditionnelles, Ma femme est morte et les reprises de Thérésa (1837-1913) dont La femme à barbe. S’en suivent les scènes de l'ABC, de l'Alhambra, et des passages réguliers sur les ondes. En 1940, elle créa Ah! Que la France est belle!, mais l’enregistrement ayant lieu en janvier 1941, elle participa au mouvement de rénovation nationale lancé par le maréchal Pétain.
En revanche, en juillet 1945, elle interprète Les Africains, chant de guerre des soldats africains qui viennent délivrer la France. De même en 1950, elle enregistra la Marche de la 2e DB. Après la guerre, elle revint à un répertoire constitué d'airs de marins et de soldats. Sources : Hall de la Chanson
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BOUCHER Jules (1902 – 9 juin 1955)
Acteur français. Affichant une filmographie impressionnante depuis ses débuts en 1938, dans l'Hôtel du Nord de Marcel  Carné, Charles Bouillaud resta abonné toute sa carrière aux seconds petits rôles pour ne pas dire aux troisièmes.   Néanmoins, à force d'interpréter un gendarme, un voyageur, un client, ou encore un graveur dans Le cave se rebiffe , un chauffeur de taxi dans Un singe en hiver, etc. , son visage était devenu familier.
BOUILLAUD Charles (1904 - 12 juin 1965)
► BRILLANT Irène (Mathilde Sylvestre, dite) (1906 - 1997)
Actrice des années 1930 à la filmographie très limitée qui fut aussi sociétaire de la Comédie française provoquant en cela une affaire. Alors que les membres du Comité d’admission avaient refusé à plusieurs reprises sa candidature, ils furent contraints et forcés de l('accepter quand l'époux de l'actrice, René Fonck, l’as des as de la Première Guerre mondiale, devenu un proche conseiller de Philippe Pétain après la défaite, obtint pour sa femme ce que la faveur des gouvernements précédents avait refusée. Protégée du régime de Vichy, son nom finit par s’éloigner des affiches jusqu’à en disparaître.
► BRIQUET Georges
 
► CAPUT Louis.
 
CAYLA Martin (1889 - 1951)
Musicien d' origine auvergnate, il était joueur de cabrette, chanteur et producteur de musique avec les disques "Le Soleil". Il fut l'un des acteurs principaux de diffusion de la musique du massif-central.
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CAZABAN Costin (1946 - 20 février 2009) Division 16
Compositeur et musicologue roumain
Après avoir obtenu plusieurs premiers prix (écriture, analyse, composition) au Conservatoire national supérieur de musique de Bucarest, et d'autres prix en Allemagne, il fut  professeur d’analyse et écriture à Bucarest (1971–1983), puis chargé de cours pour les universités Paris I (1985–1995 et 1998–1999), Paris III (1998–2002) et Paris IV (2000–2002). Enfin, à compter de 2002, il enseigne à l’université Lumière–Lyon 2 où il fut nommé maître de conférences. Chercheur, ces travaux portaient avant tout sur l’élaboration d’un système de composition et d’analyse musicale fondé sur la logique dynamique du contradictoire..
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CHASTEL André  (1912 – 18 juillet 1990)
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CONSTANT Marius
 
CUVILLIER Maurice
 
DAGRON Prudent, René-Patrice (1819 – 13 juin 1900)  
Bien oublié, ce génial photographe à la cour de Napoléon III et inventeur français fut le premier à breveter le microfilm en 1859 permettant de réduire les photos au point de pouvoir les enchâsser dans des bijoux. Mais l’application de ce procédé révolutionnaire allait surtout bouleverser la transmission d’informations. D’abord testé en envoyant des micro- dépêches par pigeons voyageurs, son invention trouva toute sa dimension en 1870, durant le siège de Paris, en faisant passer des messages, lisibles uniquement par des appareils de projection spécifiques, à la barbe des Prussiens.
Chaque microfilm pesait 0.05 mg. Le pigeon ne pouvant emporter que 1g, on pouvait loger dans l'étui environ vingt clichés.
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► DAIX Pierre (1922 – 20 novembre 2014)
Journaliste, écrivain et historien de l’art, membre du PCF et résistant de la première heure, à la Libération, il fut nommé chef de cabinet du ministre communiste Charles Tillon au ministère de l'Air, de l'Armement et de la Reconstruction. Directeur-adjoint des Éditions sociales, la maison d'édition du PCF, après le départ des ministres communistes du gouvernement (1947),  sa carrière de journaliste avait débuté l’année précédente. Ami intime de Picasso, collaborateur de Louis Aragon (1948 - 1972), il fit partie du premier comité de rédaction de La Nouvelle Critique lorsque celle-ci fut créée en 1949 à destination des intellectuels communistes.
Dénonçant les crimes staliniens, et ouvrant les portes à la littérature soviétique dissidente, en 1974, il publia un livre, Ce que je sais de Soljenitsyne à l'occasion de la sortie de L'Archipel du Goulag et rompit avec le PCF après une passe d'armes avec René Andrieu, rédacteur en chef de L'Humanité. En octobre 1978, dans une chronique prémonitoire parue dans Le Point, après l'élection du pape Jean-Paul II, il intitula son article « L'espoir a changé de camp » et dans lequel il décrivait le séisme qui allait ébranler le communisme. Du début des années 1980 et jusqu'à l'arrêt de la parution du titre en 1994, il collabora au Quotidien de Paris. Il avait épousé en troisièmes noces Françoise London, fille d’Artur et de Lise London.
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Acteur français
Héros de l'aviation pendant la Grande Guerre, il entama une carrière prolifique au théâtre et au cinéma où il excellait dans les rôles de séducteurs en uniforme. Entre 1921 et 1929, il tourna   dans pas moins de 26 films muets. L'arrivée du cinéma parlant interrompit brutalement sa carrière. Jugé trop "théâtral", les réalisateurs ne firent plus appel à lui.  Il acheta une boutique, la Parfumerie, puis le Salon de coiffure où, homme de théâtre il aimait faire son show et,  avec sa femme, Jeane Marceau (1896-1981), chanteuse de music-hall, se consacra à ses enfants. Ce n'est qu'en 1937 que le cinéma fit de  nouveau appel à lui mais pour seulement cinq  films jusqu'en 1941.  Il fut Président de la Fédération Européenne de Parfumerie et très actif à ce titre pendant des années.
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DALSACE Lucien (Gustave Louis Chalot, dit) (1893 - 30 juillet 1980)
DESNOS Ferdinand  (1901 -  16 novembre 1958)
Peintre naïf avant tout, Ferdinand Desnos est un artiste énigmatique. Il portait en lui les gènes de l'Art Naïf. Il a laissé  toute entière son énigme, ces visages angéliques, ces chats familiers et ces  chiens de chasse, ces biches alanguies et ces prêtres statufiés sous le poids  du souvenir…. Dans les années 1930 sa  rencontre avec le critique d'art Fritz-René Vanderpyl, qui l'aide à monter ses premières  expositions, lui permit de rencontrer un réel succès même, si de nos jours, son nom est quasiment oublié du public profane en la matière.
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DRIGNY Emile Georges (1883 - 1957)
Nageur et dirigeant sportif français
Membre du Sporting club universitaire de France  (SCUF),  il pratiqua de nombreux sports  avant d'y créer une section natation en 1901.Il participa aux Jeux olympiques en 1920 au sein de l'équipe de France de water polo. En parallèle il commença une carrière de dirigeant sportif en devenant, dès 1911, secrétaire génaral de la section natation de l'USFSA.
A partir de 1921 et après la dissolution de l'USFSA , il occupa le même poste au sein de la Fédération française de natation et de sauvetage. Lors des JO de 1924, il fut nommé organisateur des épreuves de natation.
En1926 il est l'un des principaux membres fondateurs à Budapest de la Ligue européenne de natation dont il devint président en 1938 jusqu'en 1948. Il fut également président de la FINA de 1928 à 1932 et de la Fédération française de natation de 1942 à 1949. Enfin il fut membre du Comité international olympique.
Il était également journaliste au Miroir des Sports et lors des JO de 1924 à Paris il couvrit les épreuves de natation pour le journal L'Intransigeant. Il créa L'Annuaire fédéral en 1921 et le journal Natation en 1922 afin de rendre compte de l'actualité et des résultats de la natation.
La piscine Georges Drigny, dans le 9ème arr. de Paris, rend hommage à ce grand sportif qui révolutionna la natation française.
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► DUJOLS Pierre (1862-1926)
Libraire éditeur spécialiste de l’alchimie, mythique pour certains, il ouvrit à Paris la Librairie du merveilleux spécialisée dans l'ésotérisme, ou occultisme à l’époque. Outre ses notices bibliographiques, il fut aussi l'auteur, sous le pseudonyme de Magogphon, de l'hypothypose du "Mutus Liber", dans l’introduction duquel il introduisit plusieurs termes nouveaux réutilisés par la suite par Fulcanelli. Suivant l'usage de l'époque, les Dujols tenaient un salon qui fut fréquenté par de nombreux ésotéristes. Ce personnage, référence dans ce domaine bien particulier, mourut néanmoins dans l’indigence.
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► EEKMAN Nicolas. Peintre  
 
EVRARD Jane. Violoniste et chef-d’orchestre
 
FANIARD, Fernand Smeets, dit (1894 - 1955)
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► FLEURY Emmanuel (1900 - 14 mars 1970)
Président du Comité Miss France, Il était le compagnon et le père des enfants de Geneviève de Fontenay. Ce pseudonyme aurait été adopté par Louis Poirot en tant que Résistant durant l'occupation.
1920. Les Français se sont remis de la Première Guerre mondiale. Maurice de Waleffe (1874-1946), fondateur de Paris Midi, quotidien disparu,  institua un référendum afin d’élire la plus belle femme de France. Il lança des candidatures : 1 700 jeunes filles s’inscrivent.Le succès de cette élection est immédiat. Maurice de Waleffe fera ensuite élire une reine dans 49 villes - ce qui représente nos provinces actuelles.  
Facteur, personnalité du syndicalisme français des PTT, de la Résistance parisienne et du Parti communiste français, il eut un rôle essentiel en août 1944, dans la conduite de la grève des postiers parisiens, qui accompagna la Libération de la capitale.  Conseiller municipal de Paris de 1936 à 1965, il fut aussi Président de la Fédération nationale des travailleurs des PTT - CGT de 1961 à sa mort.  Ce titre honorifique marquait la notoriété du syndicaliste.
Puis, le phénomène s’exportera vers les pays d’Europe et dans le monde entier : la première miss Europe fut élue en 1928 et la première miss Univers, une Egyptienne, fut élue en 1935.
Le comité de Miss France fut créé en 1946 avec à sa tête : Guy Rinsaldo et Louis De Fontenay. La première élection des Miss France dans ce comité eut lieu le 22 décembre 1946. De 1947 à 1972, les finales se déroulèrent en province, puis de 1973 à 1986, à Paris avant d’être diffusées à la télévision, depuis 1987 - sur France 3 de 1987 à 1994 et sur TF1 à partir de 1995.
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GILLE René (1907 - 1957)
Directeur du centre départemental d’orientation professionnel de la Seine, membre titulaire de la société française de psychologie, René Gille laissa son nom au «test mosaïque » mis au point par lui, et qui fut la base de la grande enquête de 1944 sur le niveau intellectuel des enfants d’âge scolaire publié dans les cahiers de l’I.N.E.D.
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► GIRAUD-CABANTOUS Yves (1904 - 1973)
Pilote de course  dans cinq grandes catégories : réglementation d’avant-guerre (l'ancêtre de la F1), en Formule 1, Formule 2, en Formule argentine et en Endurance, et pilote de F1 de 1950 à 1953, il participa à treize championnats du monde.  On compte 96 participations à différents évènements d'importance internationale. Il termina meilleur Français lors de la première épreuve de Formule 1 comptant pour le championnat du monde.
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► HAILLANT Bernard (1944 – 2002)
Auteur-compositeur d’une grande variété de styles abordant souvent des thèmes graves et humanistes dans des chansons à textes, il était aussi un musicien capable de jouer d’une foule d’instruments. Fondateur en 1969 du groupe Crëche, il entama une carrière en solo lorsque le groupe se sépara dix ans plus tard.
HESS Johnny. Chanteur
 
► JACOB Max y reposa avant son transfert à Saint-Benoît-sur-Loire.
JAMATI Georges (1894 - 1954) Division 15
Auteur dramatique et essayiste.
Au sein de Centre national de la Recherche scientifique, Jamati  joua un rôle important dans l’étude des sciences humaines. Il était surtout  un amoureux fou de l’art théâtral qu’il comprit, selon certains,  mieux que tout autre. Inscrivant le théâtre dans l’histoire de la sensibilité, il savait en quelques pages,  aller au cœur d’un grand auteur et d’une œuvre en s’y replaçant dans le temps. Pour être authentique et durable, une œuvre doit rester de et dans son époque.  Dans ces dernières années se consacra à promouvoir, par le développement des sciences de l’homme, l’étude de la civilisation technique où des sources millénaires de présence humaine, parmi lesquelles le théâtre, risquent de disparaitre au profit d’autres. Le  prix Jamati récompense l'auteur d'un ouvrage, soit inédit, soit publié dans les deux dernières années, et traitant de l’esthétique théâtrale.
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► JEAN -MAX, Jean Max Marie Mehouas, dit (1895 - 7 décembre 1970)
Elégant et glacé, le cheveu bien peigné, il fut le méchant idéal du cinéma français : espion, traître et aventurier exotique. Sorte de compromis entre Peter Lorr et Erich von Stroheim, il incarnait
« l’homme le plus haï de France et de Navarre » ce qui prouve que l’on croyait en ses interprétations. La guerre eut raison de son talent : paraissant démodé, on ne lui confia plus que des rôles dans des films insignifiants mettant fin, en 1960, à sa carrière  débutée en 1921.
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JOHNSON Morton Francis (1878 - 1931)
Peintre américian, comme beaucoup de jeunes artistes de son époque, il vint à Paris pour étudier la peinture. Engagé à l’Académie Julian sous la tutelle de Jean Paul Laurens. En 1912, il participa au salon des Artiste français. Il exposa dans la galerie du marchand d’art Georges Petit ainsi qu’à l’Académie d’Art de Pennsylvanie en 1908 et 1910. Il était Membre de l’Association de l’Artiste américain.
En 1919, il inventa un procédé de sonorisation (enregistrement de la voix humaine) de la pellicule cinématographique.
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► Zinczuk Wladimir, dit Wladek,  et Pachowski Julian (excutés le 3 avril 1928).
Occultiste et alchimiste, il entra en maçonnerie en 1943 pendant l’Occupation. Initié à la loge clandestine "L'arche d'alliance" de la Grande Loge de France à l'Orient de Paris, il fut membre de plusieurs loges de cette obédience. Son ouvrage, La symbolique maçonnique, publiée pour la première fois en 1948, fut un véritable best seller des loges jusqu’à nos jours". Disciple de l'alchimiste Fulcanelli –auteur d’ouvrages dont la véritable identité reste inconnue à ce jour- il fonda l'Ordre Martiniste Rectifié (1948)
Victime, en 1951, d'une grave attaque cardiaque, il resta éloigné de tous pendant les quatre dernières années de sa vie.
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FONTENAY Louis de (Louis Poirot, dit )
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(*) commentaire(s)
Historien de l'art français, spécialiste de renommée internationale de la Renaissance italienne, proche d'André Malraux à l'époque où celui-ci était chargé du Ministère des Affaires culturelles, il fut, avec Marcel Aubert, à l’origine de la création de l'Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France (1964). Sous la présidence de François Mitterrand, son militantisme pour la création d'un institut d'histoire de l'art aboutit à la création de l'Institut national d'histoire de l'art en 2001. Collaborateur du quotidien Le Monde, outre de nombreuses publications, on lui doit d’avoir fondé les revues : L'information d'histoire de l'art, 1957-1975 ; Art de France, 1961-1964 (avec le libraire Pierre Berès) ; La Revue de l'Art, créée en 1968 (revue scientifique française de référence en histoire de l'art).Proche de plusieurs artistes de sa génération, il a formé toute une génération d'historiens de l'art, conservateurs et universitaires. Il fut élu membre ordinaire de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1975).
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Artiste lyrique chanteur de l’Opéra de Paris, il était considéré comme l'un des ténors Wagnérien les plus représentatif des années 1930 à 1950 autant connu sur scène que sur les ondes de la "Radiodiffusion Française" après la guerre. Malheureusement, autant par crainte de se décevoir lui-même, que par scrupule, il refusa toujours les propositions des compagnies de disques. Moyennant quoi, en dehors d'un 78 tours confidentiel de deux mélodies Flamandes, ses enregistrements sont rarissimes. Plus d'informations : http://www.musiwall.ulg.ac.be/spip.php?page=fiche&id_article=11
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par Marie-Christine Pénin
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