RETOUR IIIe REPUBLIQUE
RAVACHOL François Koënigstein dit, (1859 - 11 juillet 1892)
Cimetière de Montbrison (Loire)
7 septembre  2012
Du criminel au mythe…
 
Englués dans la misère, les premiers pas de François à Saint-Chamond (Loire) le traînèrent de la violence et de l’abandon familiaux à divers emplois pour subvenir, dès ses huit ans, aux besoins de sa mère et à sa fratrie.
Les années passèrent toujours sur fond de conditions de travail pénibles et d'injustices sociales. On pourrait ainsi écrire des pages pathétiques sur les conditions ouvrières de l’époque et le chômage qui transformèrent le jeune ouvrier teinturier en révolté puis en militant.
Des lectures et des rencontres déterminantes lui ouvrirent de nouveaux horizons vers un anarchisme sans concession. Prompt à la bagarre, le verbe haut, il ne trouva plus un emploi dans sa région natale. Avec sa famille à charge, il déménagea à St-Etienne. Tour à tour voleur de volailles, braconnier, faussaire, etc., l’idée lui vint de passer à l’échelle supérieure.
En 1891, il profana la tombe d’une défunte dans l’espoir déçu de lui dérober ses bijoux et se fit cambrioleur. Mais, il alla plus loin. Il tua et vola un ermite réputé pour cacher un gros magot à son domicile. Ravachol avait basculé dans pure la crapulerie sordide. L’affaire défraya la chronique et plongea le milieu anarchiste dans de furieux débats.
 
Faisant croire à son suicide, pour que la police abandonne les recherches, il se réfugia en Espagne auprès d’un coreligionnaire condamné par contumace à Montbrison. Menacé par la police espagnole, il regagné la France et s’installa à Saint-Denis en juillet 1891 sous le nom de Léon Léger. Entre temps, comme on ne prête qu’aux riches,  d’autres crimes lui avaient été imputés et qu’il refusa d’endosser.  Ceux qu’il s’apprêtait à commettre, et qui lui valurent sa renommée, allaient bien lui suffire.
 
Depuis la Commune de Paris de 1871, la répression des Communards se poursuivait. A Fourmies, le 1er mai 1891, lors d’une manifestation, la police avait tiré sur la foule faisant  neuf morts dont des femmes et des enfants. Le même jour, à Clichy,  trois anarchistes furent arrêtés lors d’un défilé où eurent lieu de graves incidents. Violemment interrogés, puis accusés injustement d’avoir tiré sur les policiers, deux d’entre eux furent condamnés à des peines de prison ferme, évènement qui ébranla les milieux libertaires.  
 
Dans l’esprit de Ravachol, ("ravachol(e)" en wallon,  désigne : un homme bagarreur ou un enfant désobéissant), adepte de la « propagande par le fait », l’heure de la vengeance avait sonné.  
La victime désignée était le juge Benoît qui avait présidé à la condamnation des camarades de Clichy.  Le 11 mars 1892, la marmite explosive fit beaucoup de dégâts et un blessé.
Le 27 mars, rebelote contre le substitut Blot qui avait requis la peine de mort au cours de ce même procès. L’explosa ravagea l’immeuble et fit sept blessés.
Sur les dents, la police avait préalablement arrêté certains de ses complices.  Le « suicidé » était bien vivant. Le nom de Ravachol et sa photo furent largement diffusés par la presse.  
 
Trois jours plus tard, attablé dans le restaurant Véry, où il s’était déjà rendu le jour du dernier attentat,  il ne put s’empêcher de proclamer son exécration de la société. Repéré et dénoncé, une dizaine de policiers fut nécessaire pour le maîtriser et l’arrêter. Alphonse Bertillon, fondateur de l’anthropologie judicaire, pouvait être satisfait. Son système permit de confondre Ravachol sans aucun doute.
Ravachol au service d'anthropologie judicaire
Exécution de Ravachol: dessin anonyme (?) d'un témoin
«  Inventeur » du terrorisme moderne, sa célébrité était déjà immense.  Alors qu’à ses débuts certains journaux anarchistes voyaient en lui un « agent provocateur », son supplice allait  le sanctifier et générer des petits Ravachol encore plus terribles que leur devancier :   ils eurent pour noms Auguste Vaillant , Emile Henry et Sante Caserio.
 
Seul le corps de Ravachol fut inhumé dans le carré des suppliciés du cimetière de Montbrison qui se trouvait en entrant à gauche.
 
Et après ? Et bien, malgré une recherche poussée, personne ne sait avec certitude.
Au regard de l’opprobre jetée sur la famille et de sa pauvreté, nonobstant l’affection maternelle et fraternelle pour le défunt,  l’hypothèse d’un transfert de sépulture parait peu probable. Mais, faute de preuve incontestable du contraire, on ne peut pas l’exclure totalement.
 
L’hypothèse la plus vraisemblable serait que les restes de Ravachol demeurèrent dans le carré des suppliciés qui n’existait plus en 1965.
La dernière exécution capitale à Montbrison eut lieu en 1948. Ce fut donc dans les années 1950 ou au début des années 1960 que les ossements des résidents de ce carré furent transportés dans la « fosse commune » selon le concierge du cimetière en 1965.
La Cour d’Assises fut transférée de Montbrison à Saint-Etienne en 1968.
 
Sa tête, au nom de la recherche du germe de l’anarchie dans les tares congénitales et de l’étude des circonvolutions cérébrales d’un militant révolutionnaire, fut fendue en deux dans le sens de la hauteur…La demi-tête était conservée dans du formol dans le service de neuropathologie de l’hôpital de la Salpêtrière. En 1975, suite à un stupide canular, elle fut volée et déposée au pied du Panthéon. Après une garde à vue au commissariat du 5ème arrondissement par des policiers médusés, elle fut confiée au musée Orfila de l’école de Médecine.
Mes remerciements au professeur et historien Claude Latta pour le partage de ses connaissances
(*) commentaire(s)
Le 25 avril, Ravachol, emprisonné sous haute surveillance, apprenait que le restaurant Véry avait sauté faisant deux morts dont le patron dénonciateur.
 
Après son procès parisien, où il avait été condamné aux travaux forcés à perpétuité, il fut déféré au tribunal de Montbrison pour répondre d'autres crimes dont celui de l’ermite.
Pour des raisons historiques, alors que Saint-Etienne était le chef-lieu du département, la Cour d’Assisses se tenait à Montbrison alors préfecture
 
A l’issue des débats, Ravachol fut cette fois condamné à mort. Après  un dernier baroud d’honneur en entonnant la chanson du Père Duchêne (« Pends ton propriétaire, fiche les églises en l’air… »), le couperet s’abattit devant une foule anxieuse.
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par Marie-Christine Pénin
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