► Romancier français
VERNE Jules (1828 – 24 mars 1905)
Cimetière de la Madeleine d’Amiens (Somme)
26 avril 2016
Dans l’espoir qu’il succédât à son père, Pierre Verne, avoué de son état, Jules fut envoyé à Paris pour y faire son droit.
Mais la gloire et le théâtre l’intéressant davantage, il fréquenta les salons, se lia avec Dumas père, alors propriétaire du Théâtre historique, et se mit à composer des pièces les plus diverses, dont Les Pailles rompues au succès relatif.
 
Après avoir, malgré tout, passé sa thèse et refusé de reprendre l’affaire paternelle, il chercha une occupation.  
Entre temps, lors de nombreuses visites à la Bibliothèque nationale, il avait commencé à se passionner pour les multiples découvertes scientifiques qui, tout en lui montrant la possibilité proche d’un monde nouveau, se paraient encore de toute la poésie de l’inconnu.
 
Toujours à la même époque, la fréquentation de l’explorateur Jacques Arago, devenu aveugle, chez lequel il rencontrait de nombreux voyageurs et  géographes, lui ouvrit la porte de pays lointains et de terres vierges.
En ces débuts des années 1850, il avait déjà absorbé une bonne partie de la matière qui allait constituer son univers de romancier. Portant le rêve d’écrire un « roman de la science », tout en travaillant au  Théâtre lyrique comme secrétaire et comme auteur, il se plongea dans l’étude systématique de tout ce qui lui permettrait d’acquérir les connaissances à la hauteur de son rêve (mathématiques, physique, géographie, vocabulaire, etc.).
 
En 1861,  il franchit le seuil de l’éditeur  Hetzel pour lui proposer  Voyage en Angleterre et en Écosse qui fut refusé.  En 1863, nouvelle tentative avec son manuscrit Cinq semaines en ballon sous le bras. Cette fois, enthousiasmé, Hetzel  lui signa un contrat qui l’attacha à la maison, contrat qu’Hetzel refit à plusieurs reprises avec des conditions toujours plus favorables à « son » auteur, car le succès de ce premier grand roman de Jules connut un immédiat et fut  traduit dans toutes langues européennes.
 
Au cours d’un travail de quarante ans, l’écrivain allait désormais écrire cette œuvre énorme, à l’origine du roman scientifique, et qui n’a jamais cessé de passionner ceux pour lesquels l’imagination recule sans cesse les frontières du monde.
Ses Voyages extraordinaires  comptent 62 romans et 18 nouvelles. Qui n’a pas en mémoire, Voyage au centre de la Terre (1864), De la Terre à la Lune (1865), Les Enfants du Capitaine Grant (1867/1868), Vingt mille lieues sous les mers (1870) ?
Le Tour du monde en quatre-vingt jours (1872) fut, lui, accueilli par un succès universel, une pure folie, que l’on a du mal à concevoir : le journal Le Temps, qui le publiait en feuilletons, vit son tirage atteindre des sommets, les correspondants de presse américains télégraphiaient chaque jour les nouvelles péripéties à New York, les directeurs de compagnie maritimes offraient des fortunes à Jules pour que son héros, Phileas Fogg, gagnât son pari grâce à l’un de leurs vaisseaux…
Ce livre et son adaptation théâtrale, puis celle de Michel Strogoff, amenèrent une véritable pluie d’or  sur la tête de l’écrivain qui lui permit l’achat de son troisième yacht avec lequel il réalisa de nombreuses croisières jusqu’en 1886 où un accident le gravement blessa à la jambe.
 
Fixé à Amiens, pays de sa femme, depuis 1872, il y écrivit notamment L’Île mystérieuse (1874) et d’autres romans sans doute moins connus  comme Mathias Sandorf (1885), Face au drapeau (1896), Le Sphinx des glaces (1897), etc.
Reportant son intérêt vers la vie de la cité, en 1888, bien que plutôt de  tendance orléaniste,  il fut élu au conseil municipal d'Amiens sur la liste républicaine (gauche modérée) où il siégea quinze ans.
 
Membre titulaire, puis directeur  de l'Académie des Sciences, des Lettres et des Arts d'Amiens,  l’Académie française ne lui ouvrit jamais ses portes malgré les honneurs qu’elle rendit à son œuvre.
Populaire dans le monde entier, elle vient au deuxième rang des auteurs les plus traduits en langue étrangère après Agatha Christie. A titre indicatif,  en 2011, il était l'auteur de langue française le plus traduit dans le monde. Combien d'Immortels pourraient prétendre à un tel engouement ?
 
En revanche, outre ses œuvres majeures, ses pièces de théâtre et ses recueils de chansons aux sous-entendus grivois à peine dissimulés, il fut aussi un antidreyfusard assumé et décrié pour son antisémitisme parfois primaire. Sombre,  polémiste et passionné par les sociétés secrètes et parfois même combattant du libre arbitre, il était aussi  un homme de son époque avec tout ce que cela peut comporter.
 
Vieillissant et diabétique, la maladie finit par l’emporter.
Cartonnage de l'édition Hetzel
http://www.loisvanlang.com/le-voyage-extraordinaire-dans-la-maison-jules-verne/
Jules Verne sur son lit de mort -L'Illustration.
Ses obsèques, célébrées en l'église Saint-Martin d'Amiens, attirèrent une foule de plus de cinq mille personnes. Plusieurs discours furent prononcés. Alors que l'empereur Guillaume II envoyait le chargé d'affaire de l'ambassade d'Allemagne présenter ses condoléances à la famille et suivre le cortège, aucun délégué du gouvernement français n'était présent…
Funérailles de Jules Verne à Amiens-Sté Delcampe
Jules Verne fut inhumé au cimetière de La Madeleine d’Amiens. Sa tombe fut réalisée en 1907 par le sculpteur amiénois Albert Roze (1851-1952).
En marbre, et intitulée « Vers l'Immortalité et l'Éternelle Jeunesse », elle représente l'écrivain (ou l'allégorie de son œuvre) soulevant la pierre brisée de sa sépulture en écartant le linceul qui le drape, le bras tendu vers le ciel. Avec lui repose son épouse Honorine (1831- 1910).
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S‘il ne repose pas dans sa terre natale nantaise, ses parents, Pierre Verne (1798-1871) et Sophie Allote de la Fuÿe (1801-1887) -issue d'une famille nantaise de navigateurs et d'armateurs, d'ascendance écossaise- furent inhumés au cimetière de la Miséricorde de Nantes. Leur tombe  abrite aussi la dépouille d’une des sœurs de l’écrivain, Anna Verne (1836 ou1837-1919), épouse du capitaine de vaisseau d’Ange du Crest de Villeneuve.
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Source principale :
- Dictionnaire encyclopédique de la Littérature française –Ed. Robert Laffont (1999)
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