Sépulture à Tel Aviv © Eman
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Arrêté et incarcéré le 15 octobre, il passa devant le conseil de guerre le 19 décembre. Malgré les efforts de son frère Mathieu Dreyfus et le talent de son avocat, Edgar Demange, qui, au regard des contradictions d’experts en graphologie, y compris les inepties de Bertillon, tenta de démontrer l'insuffisance des charges pesant sur son client,  Alfred fut condamné pour trahison « à la destitution de son grade, à la dégradation militaire, et à la déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée ». En clair, le bagne en Guyane.
 
5 janvier 1895. Dreyfus fut dégradé dans la cour d'honneur de l'École militaire de Paris devant une foule furieuse aux cris de « À bas le traître, à bas le juif ! ».
Le fameux bordereau
Dégradation d’Alfred Dreyfus. Dessin d'Henri Meyer en couverture du Petit Journal.
22 février 1895. Dreyfus embarqua pour le bagne où il arriva le 12 mars et posa le pied sur l’ île au Diable le 17.
Logé dans une case de pierre de quatre mètre sur quatre, il était, avec ses gardiens, le seul habitant de l'île. Suspecté de vouloir s’évader, il fut décidé de cerner sa case d’une palissade. Confiné, ne pouvant même plus voir la mer, tenu dans l’ignorance complète de l’avancée de son dossier, sa santé et son moral se dégradèrent rapidement.  
La case de Dreyfus. © Philipp Weigell
Merci à Clémence André pour la photo
Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de là, sa famille se débattait seule. Dreyfus était coupable. Même Jean Jaurès et Clémenceau en étaient convaincus.
 
21 janvier 1896. Georges Picquart, devenu chef du service de renseignements, intercepta un document, le « petit bleu », qui ne laissait aucun doute sur les accointances de son auteur, le commandant Esterhazy, avec l'ambassade d'Allemagne, et dont l'écriture était identique à celle du bordereau condamnant Dreyfus. Menant son enquête, il découvrit que le dossier secret comportant des pièces couvertes par le secret militaire et communiqué au Conseil de guerre pendant son procès à l'insu de la défense, était vide de preuves.
 
1898. Suite aux accusations de Mathieu Dreyfus à son encontre,  Esterházy, un peu poussé par le ministre de la Guerre du moment, Cavaignac, demanda  alors lui-même à être jugé. le 10 janvier, comparaissant à huis clos devant un tribunal militaire, le vrai traître fut tout bonnement acquitté !
 
Le 13 janvier, outré par cet acquittement,  Emile Zola publiait dans L’Aurore son fameux J'accuse…! adressé au président Félix Faure, qui lui valut un procès retentissant pour diffamation et un exil.
Eclatée au grand jour, l’affaire divisa la France entre dreyfusards et antidreyfusards avec une telle violence,  provoquant une suite de scandales et de crises ministérielles qu’on put craindre une guerre civile. On ne pouvait être à la fois juif et Français. Pour la première fois de notre histoire, l’antisémitisme à la française trouvait sa définition.
Dreyfus devant ses juges en août 1899
Il lui fallut attendre juillet 1906, pour qu’enfin ce jugement soit cassé sans renvoi possible et qu'il soit réhabilité. Réintégré dans l’armée, récipiendaire de la légion d’honneur, il fut victime d’un attentat lors du transfert des cendres de Zola au Panthéon en 1908.
 
Renonçant à prétendre à toute indemnité pécuniaire, il fut réintégré partiellement dans l'armée, mais ses années d'emprisonnement ne furent pas prises en compte dans la reconstitution de sa situation. Toute perspective de carrière au regard des réussites antérieures à son arrestation de 1894 étant brisée, il demanda sa mise à la retraite en 1907. Officier de réserve, il servit durant la Première Guerre mondiale et eut le bonheur de voir l'Alsace-Lorraine revenir à la France.
 
Alfred Dreyfus décéda à Paris et fut inhumé au cimetière du Montparnasse. Avec lui, repose, entre autres sa femme,  Lucie (1869-1945), qui plongée dans la tourmente resta un indéfectible soutien pour son époux.
Lucie Dreyfus
© MCP
© MCP
Quelques protagonistes et personnalités parmi les plus importants.
 
Dans la liste des intervenants qui suit, on trouve quelques experts. Pas moins de quarante, appelés à charge ou à décharge, furent officiellement désignés par la justice, chiffre auquel s’ajoutèrent les expertises qui se firent en dehors de tout cadre juridique.  Entre pseudo sciences et amateurisme, la mobilisation de la vraie communauté scientifique, notamment mathématique, présente aussi une dimension axiologique forte : l’analyse des trajectoires individuelles, l’étude des discussions scientifiques ou l’examen des pétitions d’intellectuels fit apparaître une multitude de valeurs associées aux pratiques scientifiques, au premier rang desquelles l’autonomie de la science.
 
Les conséquences de l'affaire Dreyfus furent innombrables. Parmi elles, on ne peut oublier la conviction de la nécessité du sionisme pour les juifs d'Europe, mouvement par ailleurs en ascension mais qui trouva dans l'affaire sa totale et pleine justification, ralliant à lui des personnalités aussi marquantes que Max Nordau et bien d'autres.
 
S'agissant des photos des personnalités inhérentes à l'affaire reposant au cimetière du Montparnasse,  je remercie Jean-Pierre Ariey Juglard (JPAJ), pourvoyeur en quantité et en qualité et qui m'a permis de localiser leurs tombes.
ALLIER Raoul (1862-1939)
Cimetière du Montparnasse, 26ème division (Paris)
Dreyfusard. Pasteur protestant, professeur de théologie, de philosophie et prédicateur de renom, il participa au grand mouvement du christianisme social et influença la conception libérale de la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905. Ayant perdu son fils dès le début de la Première Guerre mondiale, son activité de prédicateur et de conférencier eut un grand retentissement dans la lutte lutter contre le "défaitisme". Convaincu de l'innocence de Dreyfus, il publia une étude transparente sur Voltaire et Calas, puis une série d'articles dans le journal Le Siècle. Réformiste profondément patriote, il noua des contacts, tant à gauche avec des membres de la Ligue des droits de l'homme, qu'à droite avec des membres du Comité catholique pour la défense du droit.
Merci à JPAJ pour ces photos
APPEL Paul Emile (1855-1930)
Cimetière du Montparnasse, 9ème division (Paris)
Dreyfusard. Professeur puis doyen de la Faculté des sciences de Paris, recteur de l'académie de Paris, président du conseil de l'université de Paris, il est membre de l'Académie des sciences. Mathématicien et scientifique engagé, ses travaux mathématiques s'étendent à la géométrie projective, aux fonctions algébriques, aux équations différentielles, à l'analyse complexe, etc.
Comptant parmi les premiers signataires du Manifeste des intellectuels publié par L'Aurore le 14 janvier 1898, dès le lendemain de la publication de J'accuse…!, son engagement précoce entraîna celui d'une partie de la communauté scientifique. Il intervint également comme expert à la révision du procès en 1906.
Créateur du Secours national (1914), on lui doit aussi la fondation en 1920 de la Cité internationale universitaire de Paris, inaugurée en 1925.
Merci à JPAJ pour ces photos
En août, le commandant Hubert Henry avouait avoir fabriquer des faux prouvant la culpabilité de Dreyfus, et se suicidait.
 
1899. Le gouvernement Waldeck-Rousseau, s’appuyant sur son ministre de la Guerre, Gaston de Galliffet, décida de la révision du procès.
Rapatrié en métropole pour son second jugement devant un conseil de guerre à Rennes (7 au 21 août), malgré quelques militaires courageux contestant la version de l’état-major, Dreyfus fut de nouveau reconnu coupable de trahison mais avec circonstances atténuantes et fut condamné à dix ans d'emprisonnement avant de bénéficier de la grâce présidentielle d'Emile Loubet,  quelques jours plus tard. Bien qu'affaibli par cinq années de captivité, toujours combatif,  l'ancien capitaine exigeait un acquittement complet.
LAZARE Bernard (1865 – 1903)
Cimetière du Montparnasse, 25ème division (petit cimetière) (Paris)
Sans chercher à approfondir pour déterminer si l'antisémitisme manifesté en France à cette époque était représentatif de la majorité des Français ou seulement d'une petite minorité, tous deux conclurent, selon les mots de Herzl, que le procès était « conforme à la volonté de l'écrasante majorité de la France de condamner un Juif, et avec ce Juif, tous les Juifs ».
Cofondateur, avec Herzl, de l'Organisation sioniste mondiale (1897),  il fut président ou vice-président de plusieurs congrès sionistes.
Auteur d'ouvrages de critique sociologique, Les mensonges conventionnels de notre civilisation (1883), Dégénérescence (1892) et Paradoxes sociologiques (1896), son influence comme critique culturel déclina devant les bouleversements en Europe dus à la Première  Guerre mondiale et  à la modernisation.
D’abord inhumé au cimetière du Montparnasse, 25ème division (petit cimetière) (Paris), où son cénotaphe existe toujours, Max Nordau fut transféré, en 1926, au cimetière Trumpeldor de Tel Aviv.
PICQUART Marie-Georges (1854 – 19 janvier 1914)
Cimetière Saint-Urbain de Strasbourg (Bas-Rhin)
Avocat de formation, il se lança dans le journalisme. Remarqué pour certains de ses articles par Léon Gambetta, celui-ci l’invita à collaborer au journal La République française, dont il prit plus tard la direction. Gambetta en fit son chef de cabinet entre 1881 et 1882. À sa mort, Reinach s'engagea dans les rangs des Républicains opportunistes et mena une campagne passionnée contre le général Boulanger, qui lui valut d'être provoqué en duel par Paul Déroulède. Elu député des Basses-Alpes en 1889, réélu en 1893, dès 1894, il prit la défense de Dreyfus dont la nièce, fille de Mathieu, avait épousé un de ses fils.
Tout en n'approuvant pas le ton de Zola dans "J'accuse...", il témoigna en sa faveur lors de son procès. En 1899, atteint d'un cancer, il fit envoyer une lettre au conseil de guerre de Rennes mais mourut à Bagnères-de-Luchon, le 19 septembre, jour de la grâce du capitaine. Parmi les rares sénateurs qui assistèrent  à ses obsèques, se trouvait Armand Fallières qui signa, en 1906, la loi réhabilitant Alfred Dreyfus.
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18 septembre 2013
Chef-d'œuvre de l'incohérence et de l’imbécillité sur fond de haines raciales et religieuses, si l’affaire Dreyfus n’avait été qu’une erreur judiciaire
« ordinaire », il n’est pas certain qu’elle occuperait encore une place aussi importante dans l’inconscient politique.
 
En réalité, comme l’a montré Christophe Charle, l’affaire Dreyfus marqua également l’apparition de l’intellectuel, comme groupe, « comme schème de perception du monde social et comme catégorie politique ». Les pétitions, les souscriptions, les ligues et les diverses manifestations publiques qui marquèrent le déroulement de l’Affaire dessinèrent  progressivement les contours d’un nouvel acteur de la sphère sociopolitique.
DREYFUS Alfred (1855 – 12 juillet 1935)       L'affaire et ses principaux protagonistes
Cimetière du Montparnasse, 28ème division (Paris)
1871. Après l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne en 1871, Lorrains et Alsaciens pouvaient partir pour la France s'ils ne voulaient pas devenir citoyens allemands. Dreyfus père, industriel alsacien israélite, opta pour la nationalité française l’année suivante et vint à Paris.
Souhaitant un jour revoir l’Alsace dans le giron français, Alfred s’engagea dans l'armée française où il devint capitaine.
 
1894. La IIIe République n’avait pas encore vingt-cinq ans et ne cessait d’affronter des crises politiques et instabilités gouvernementales auxquelles s'ajoutait le traumatisme de l'annexion de l'Alsace et de la Moselle qui alimentait les nationalismes les plus extrêmes. Attisés par une presse influente, le nationalisme et l'antisémitisme évoluaient de manière virulente.
Parallèlement,  l'armée connaissait de profondes mutations.  Dans un souci de démocratisation, arrivaient des polytechniciens, perçus comme des concurrents aux officiers sortis de Saint-Cyr. Et, dans un souci de modernisation, apparaissait l'activité organisée de contre-espionnage, au travers de la Section de Statistiques, qui consistait à récupérer des renseignements et à intoxiquer l'ennemi potentiel avec de fausses informations.
 
Le décor est planté.
 
Capitaine stagiaire à l'état-major de l'armée au ministère de la Guerre depuis 1893, Dreyfus avait accès à tous les bureaux sauf à celui de Statistique (renseignements, contre-espionnage, etc).
En septembre, le Bureau de Statistique découvrit un bordereau contenant des informations sur des secrets militaires français. Celui-ci aurait été transmis à l'ambassade d'Allemagne.
Du fait de la similitude de son écriture avec celle du bordereau, Alfred Dreyfus apparut rapidement comme le suspect idéal. Réputé antipathique et prétentieux, mais surtout d’origine alsacienne et Juif dans un climat antisémite très prononcé, de statut de suspect il passa à celui de coupable avant même d’être jugé.
Héros bien oublié de l’affaire, sans son intervention Dreyfus aurait peut-être fini ses jours au bagne.
Officier de valeur, apprécié pour son « intelligence vive » et son « caractère très droit », en 1893, il prit la direction de la section de statistique que convoitait Hubert Henry.
Découvrant la culpabilité d'Estherházy en 1896, il le dénonça provoquant l'hostilité de sa hiérarchie.
Malgré cela, il ne varia jamais d’opinion. Envoyé en Tunisie en janvier 1897,  traduit devant un conseil d'enquête en 1898 il y fut  condamné à une mise en réforme « pour faute grave dans le service » !  Mesure disciplinaire entérinée par décision présidentielle.  
LABORI Fernand (1860 – 1917)
Cimetière du Montparnasse, 29ème division (petit cimetière) (Paris)
► WALDECK-ROUSSEAU Ernest
 
► ZOLA Emile
 


Sources principales :
- http://www.dreyfus.culture.fr/fr/bio/pourcontre-html.htm
- Wikipédia
(*) commentaire(s)
Déféré devant la Cour d'assises, Syveton fut retrouvé mort à son domicile de Neuilly-sur-Seine, asphyxié par les gaz provenant de sa cheminée, le 8 décembre, à la veille de la date fixée pour sa comparution. L’enquête conclut au suicide, mais dans le climat trouble de l'époque, sa mort alimenta de nombreuses spéculations. Contestant la thèse du suicide,  les milieux nationalistes et d'extrême-droite  optèrent pour la théorie du complot et de l’assassinat.
En fait, également impliqué dans une affaire de mœurs, il aurait abusé de sa belle-fille, et  de détournement d'argent, on peut penser qu’il craignait la révélation de ses forfaits lors du procès.
Reconstitution lors  de l'enquête. Photo de Bertllon dans L'Illustration.
Enclos de la famille Scheurer-Kestner au cimetière de Thann.
Merci à Michel Schreiber pour cette photo et les suivantes
REINACH Joseph (1856 – 1921)
Cimetière de Montmartre, 3ème division (Paris)
Antidreyfusard. Agrégé d'histoire, nationaliste très engagé, suite à l'Affaire Dreyfus, en 1898, il fonda avec François Coppée et Jules Lemaître la Ligue de la patrie française pour rassembler les antidreyfusards et contrer la Ligue des droits de l'Homme. Elu député du 2e arrondissement de Paris lors des élections de 1902 où triompha le Bloc des gauches.
Adversaire intransigeant du gouvernement d’Emile Combes, il gifla le ministre de la Guerre Louis André sur son banc en pleine séance de la Chambre du 4 novembre 1904  lorsqu’il y fut révélé les intrigues du ministre avec la franc-maçonnerie lors de l'affaire des fiches.
Merci à Michel Schreiber pour cette photo et la suivante
Dreyfusard. Adversaire du Second Empire, élu député du Haut-Rhin,  il s'opposa à l'annexion de l'Alsace par l’Allemagne. Démissionnaire de son mandat, il devint député de la Seine en juillet 1871. Dirigeant, avec Gambetta, le groupe de l'Union républicaine, il fut nommé sénateur inamovible le 15 septembre 1875. Vice-président du Sénat en février 1895, il fut le premier sénateur à défendre la cause de Dreyfus dès qu’il eu connaissance de la culpabilité d’Estherházy en 1897.
Convaincu que Dreyfus était victime d’une erreur judiciaire, bien que ne rencontrant « que des politiciens tenant plus à leur portefeuille qu'à la sainte cause de la justice », il se démena avec courage pour obtenir la révision du procès ce qui lui valut la perte de sa vice-présidence du Sénat.
Scheurer-Kestner Auguste (1833 - 1899)
Cimetière de Thann (Haut-Rhin)
Sollicitant le président de la République Jean Casimir-Perier pour que le jugement ne se déroule pas à huis clos et dénonçant dans le journal Le Siècle les faux ajoutés au dossier par le colonel Henry, en 1897, il s'associa à Auguste Scheurer-Kestner pour obtenir la révision du procès. Ses prises de positions contribuèrent au ralliement de nombreuses personnalités. Mais victime des attaques de la presse nationaliste, il perdit son siège en 1898. La même année, il contribua aux pressions qui permirent qu'on avertisse Dreyfus, isolé sur l’île du Diable, qu'une procédure de révision était entamée. Il participa à la création de la Ligue des droits de l'homme et du citoyen et commença la rédaction de sa monumentale Histoire de l'affaire Dreyfus, parut en 1901 et qui compta sept volumes après la réhabilitation du capitaine. Il retrouva son siège de député qu'il conserva jusqu'en 1914, malgré les attaques incessantes de la presse antisémite. Elu maire de Digne-les-Bains en 1919, il mourut à Paris avant la fin de son mandat.
Lors du procès d’Émile Zola, il témoigna à charge et déclara aux jurés que les accusations de l'écrivain, en déconsidérant les chefs de l'armée auprès de leurs soldats, entraîneraient une « boucherie » en cas de guerre. Il jura ensuite « sur [son] honneur » avoir vu « la preuve absolue de la culpabilité de Dreyfus ». Après les aveux et le suicide du colonel Henry, falsificateur de la « preuve » en question, Pellieux, s'estimant dupé, rédigea sa lettre de démission le 31 août 1898 avant de revenir sur cette décision.
Selon Joseph Reinach, en 1899, Pellieux aurait été approché par l’antidreyfusard Paul Déroulède qui fomentait un coup d’Etat. De même, la rumeur lui attribua des voyages à Bruxelles pour y rencontrer le prince Victor Napoléon, prétendant bonapartiste auprès duquel il aurait joué le rôle d'émissaire des généraux antidreyfusards.
Rattrapé par sa réputation de conspirateur, il fut muté à Quimper sur décision de Galliffet où il mourut l'année suivante.
Antidreyfusard. Officier, bonapartiste, fervent catholique et antisémite convaincu, en novembre 1897, le gouverneur militaire de Paris le chargea s’enquêter sur Estherházy, identifié par le colonel Picquart comme le véritable espion. Cette démarche s’inscrivait dans l’éventualité d’une révision du procès Dreyfus. Quelques jours plus tard, Pellieux rendait son rapport dans lequel il disculpait Esterhazy qu'il connaissait et appréciait depuis plusieurs années.
Chargé d’une seconde enquête après la convocation de Picquart qui maintenait ses accusations, les généraux Gonse et Boisdeffre lui montrèrent un document secret censé prouver la trahison du capitaine Dreyfus. La messe était dite : Dreyfus était coupable et Esterhazy innocent.
PAINLEVÉ  Paul
 

PELLIEUX Georges Gabriel de (1842-1900)
Cimetière du Montparnasse, 12ème division (Paris)
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Rayé des pensions, emprisonné plusieurs mois, il fut renvoyé devant le conseil de guerre de Paris que la Cour de cassation dessaisit le 3 mars 1899. Réhabilité le même jour que Dreyfus, réintégré dans l’armée, général de division en septembre, il fut ministre de la Guerre du 25 octobre suivant à juin 1909. C’est lui qui fit savoir à Dreyfus qu'il était impossible de reconstituer sa carrière, ce qui décida le capitaine à prendre sa retraite.
Commandant le 2e corps d'armée à Amiens à partir de février 1910, Picquart décéda le 19 janvier 1914 des suites d'une chute de cheval. À sa demande, il eut des obsèques civiles, sans fleurs ni couronnes ni discours. Néanmoins, le 24, le Gouvernement lui organisa des obsèques officielles dans la cour de la gare du Nord à Paris.
Sa tombe, dite d’honneur et protégée, existe toujours.
NORDAU Max (1849-1923)
Cimetière Trumpeldor de Tel Aviv (Israël)
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MOREAU Lucien (1875-1932)
Cimetière du Montparnasse, 15ème division (Paris)
 
Militant monarchiste de l’Action française, appartenant à la famille Larousse,  il fut recruté par Charles Maurras durant l'affaire Dreyfus et il devint l’un des premiers collaborateurs de la Revue d’Action française fondée en 1899. Poursuivant son œuvre journalistique dans ce journal ,  ses articles s’inscrivaient dans le pur style nationaliste antidreyfusard, antidémocratique et revanchard typique de la revue.
Sous son impulsion, les Camelots du roi, corps de militants royalistes spécialisés dans le coup de force, furent créés en 1908.  
Se basant sur la seule expertise de Bertillon, sa conviction fut faite : Dreyfus était coupable et, niant avec dédain l’évidence du contraire, il n’en démordit jamais jusqu’à son dernier souffle, faisant de lui le « criminel en chef » pour le capitaine. Dès que celui-ci fut condamné par le Conseil de guerre, il déposa un projet de loi rétablissant la peine de mort pour crime de trahison.
Remplacé février 1895 pour après avoir demandé la destruction du dossier, dans le cadre de la procédure de révision du procès de 1894, il fut auditionné en novembre 1898 par la Chambre criminelle de la Cour de cassation : Dreyfus était coupable et la Chambre criminelle était achetée par le « Syndicat » dreyfusard…
Au procès de Rennes, il se présenta comme chef de file des antidreyfusards et annonça des révélations décisives à venir dans la presse nationaliste…
En mars 1904, devant la Chambre criminelle de la Cour de cassation, il accusait encore et encore et se trouvait bien incapable de fournir à la presse nationaliste une preuve irréfutable de la culpabilité de Dreyfus.
Le 13 juillet 1906, au Sénat, il vota contre la réintégration de Dreyfus et du colonel Picquart dans l'armée et, dans la foulée, accusait la Cour de cassation d'irrégularités.
Resté l’idole des nationalistes, le 29 juin 1907, devant 6 000 personnes à la salle Wagram, L'Action française lui offrit une médaille d'or en souvenir de cette séance dans laquelle il avait « tenu tête aux parlementaires affolés ». Il fut inhumé dans le caveau familial.
Cénotaphe au cimetière du Montparnasse
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MERCIER Auguste (1833 – 1921)
Cimetière de Préville à Nancy (Meurthe-et-Moselle)
Bien que la concession soit échue depuis 1992, la tombe existe toujours.
Illustration à venir
Juif hongrois dont la famille s’installa en Allemagne, Nordau, de son vrai nom Südfeld, était
l’exemple type du juif européen totalement assimilé et acculturé. Médecin, marié à une protestante, ayant relégué le judaïsme de ses parents aux oubliettes, il se sentait Allemand et Allemand seulement. L’affaire Dreyfus allait tout changer.
Envoyé à Paris, où il passa la majeure partie de sa vie, comme correspondant de Die Neue Freie Presse,  « l’affaire »  fut  le déclencheur qui  le convaincu de la nécessité du sionisme et rejoignit Théodore Herzl, présent à Paris, dans cette idée.  
LOEW Louis (1828 - 1917)
Cimetière protestant de Mulhouse (Haut-Rhin)
Antidreyfusard. Officier de valeur il avait fait ses preuves sur le terrain, notamment lors de la prise du fort d’Issy et des opérations dans Paris durant la Commune. Passant pour républicain ouvert aux idées libérales, intelligent et réfléchi, courtois, peu bavard, très énergique, et doué d'une étonnante mémoire, il fut chargé du portefeuille de la Guerre en décembre 1893 dans le cabinet Casimir-Perier. De telles qualités pouvaient laisser des capacités au discernement. Mais, Mercier avait de l’ambition. Persuadé d’être indispensable, « Il tranchait de tout, sec, hautain, d'une infatuation provocante, infaillible et sûr de son étoile ».
Pensant tirer un profit politique et « museler l’extrême droite et sa presse » avec la découverte de l’auteur du bordereau, trouvaille dont il fut rapidement avisé, il ordonna une enquête interne.
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LEBLOIS Louis  (1854-1928)
Cimetière Sainte-Hélène de Strasbourg (Bas-Rhin)
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Dreyfusard. Avocat, après avoir été membre du Parquet à Colmar et Strasbourg où sa profonde érudition en droit civil et criminel fut saluée, procureur à Mulhouse-Altkirch, il y devint président en 1864.
Optant pour la nationalité française après l‘annexion de l’Alsace, il poursuivit sa brillante carrière jusqu’à devenir procureur général à Paris en 1883. Il dirigea l'instruction de la première cassation du procès Dreyfus et se sentit « voué à la haine publique et désigné à ses fureurs, son nom, sa religion, sa famille étant scrutés, travestis, vilipendés avec la plus perfide
acrimonie ».
Après l'acquittement d'Esterhazy, il fut révoqué de ses fonctions d'adjoint au maire, qu'il retrouva à la réhabilitation de Dreyfus,  et suspendu du barreau pour six mois pour avoir "livré à Scheurer-Kestner les confidences de son client". En juillet 1898, une information fut ouverte contre Picquart et lui-même pour divulgation de documents secrets intéressant la Défense nationale. Leur procès fut renvoyé et un non-lieu fut rendu en 1899. Jusqu'à la révision du procès de 1906, il   resta  l'un des proches conseillers  de Dreyfus et de sa famille. Membre du comité central de la Ligue des droits de l'homme et collaborait à divers journaux : Le Siècle, Le Temps, L'Aurore, il devint aussi l'ami intime et le soutien financier de Clemenceau.
La chambre criminelle fut accusée d'être « à la solde de l'Allemagne et du Syndicat juif » et une loi de circonstance la dessaisit, le 1er mars 1899 bien que, le 3, elle parvienne à protéger Picquart de la justice militaire en affirmant la supériorité de la justice civile pour les affaires connexes. Par la suite il déclara : « On nous a accusés d'avoir été partiaux pour Dreyfus. En voulant faire preuve d'impartialité, nous avons été partiaux contre lui ».
Après cinquante-et-un ans de services civils, il présida sa dernière audience le 9 mai 1903, évoquant le martyre que lui fit subir l'inconscience populaire. Après la séance de réhabilitation de Dreyfus en 1906,  il eut  « un sentiment de patriotique orgueil » en sachant que ce n'était pas un officier de l'état-major qui avait trahi l'armée « ni un enfant de l'Alsace qui avait trahi la France » et publia, en 1910, La loi de dessaisissement par un dessaisi.
Il décéda à Bâle. Conformément à ses vœux, il fut inhumé dans l'enclos de sa belle-famille (Naegelyau) au cimetière protestant de Mulhouse, avec « pour oreiller le vieux drapeau français du tribunal de Mulhouse ».
Dreyfusard. Bien que le fait soit oublié, ce fut lui qui déclencha l'affaire Dreyfus.
Avocat, en juin 1897, le colonel Picquart, son ancien condisciple au lycée de Strasbourg, lui demanda de devenir son défenseur et lui révéla l'innocence d'Alfred Dreyfus et la culpabilité d'Esterhazy, tout en lui interdisant d'aviser l'avocat de l'ex-capitaine. Malgré tout, communiqua ces confidences à  Scheurer-Kestner mais en lui faisant jurer de ne pas en faire usage sans son accord.  Le sénateur le pressa de se joindre à lui pour faire éclater la vérité, mais les tergiversations de l'avocat réussirent tout juste à compromettre gravement Piquart aux yeux de l'Etat-Major.
Dreyfusard. Critique littéraire, journaliste politique et anarchiste, au printemps 1894, quelques mois avant l’arrestation de Dreyfus, il publia "L'Antisémitisme, son histoire et ses causes", une étude érudite et critique des origines de l'antisémitisme. Connu pour sa combativité et son courage, Mathieu Dreyfus le contacta pour contribuer à faire éclater l'innocence de son frère, tâche à laquelle Bernard se consacra dorénavant presque exclusivement.
En attaquant les coupables et en embrayant sur une litanie de « J'accuse ! », il fut à l’origine de la formule qui, reprise par Zola, passa à la postérité.
À travers ce voyage au bout de l'antisémitisme, Lazare, de juif nationaliste français qu'il était, devient nationaliste juif, sans rien renier de ses engagements anarchistes. Il fit un bout de chemin avec Theodor Herzl avant que leur chemin de se sépare pour des différences de point de vue. Lazare continua son combat pour les Juifs à sa manière en étant aux côtés des Juifs roumains, dont il dénonça le sort terrible dans L'Aurore en 1900, et des juifs russes en danger, comme il s’engagea en faveur des Arméniens persécutés par les Turcs. Ce défenseur de la démocratie, de la liberté de penser et de croire mourut à trente-huit ans d’un cancer.
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Avocat de Lucie Dreyfus, puis de Zola, du colonel Picquart et du sénateur Trarieux en 1898, Fernand Labori, défenseur du capitaine pendant le procès de Rennes, aux côtés de
Me Demange, il fut victime d'un attentat à Rennes, le 14 août 1899. Éloigné du procès jusqu'au 22, il renonça à plaider, écoutant Jean Jaurès lui dire que cela rendra certain l'acquittement ! Cette double blessure, sa critique de la grâce de son client débouchèrent sur une rupture avec les Dreyfus en décembre 1900 et développa son antisémitisme.
il fut aussi avocat des antiboulangistes, commis d'office pour l'anarchiste Vaillant, etc .
Juriste autant qu’orateur, il collabora activement à La Gazette du Palais, fonda, en 1897 et dirigea la Revue du Palais, qui devint plus tard la Grande Revue. Membre du conseil de l'ordre depuis 1905, il fut élu bâtonnier du barreau de Paris en 1911.
Dreyfusard. Grand rabbin de France, officiant du mariage d'Alfred et Lucie Dreyfus en 1890, il apporta un soutien sans faille à la famille et fut témoin de moralité devant le conseil de guerre. Il dénonça la presse qui évoquait, dès novembre 1894, une cérémonie d'excommunication du « traître » mais n'obtient pas de visiter le capitaine après sa condamnation. Malgré son statut de salarié de l'État et la réserve du consistoire, il affirma en 1896 : « Le judaïsme n'a pas à rougir ni de son passé ni de son présent et il est bon que cela soit dit avec franchise et courage ». favorable au retour des juifs en Palestine, il anima un petit comité contre l'antisémitisme qui s'employait à faire battre des candidats antisémites.
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Il consacra alors une grande partie de ses efforts à la recherche des causes de l'antisémitisme et ne cessa de lutter contre ce qu'il appelait : l'enseignement du mépris. Son idée essentielle était de mettre en valeur la nature profondément juive du christianisme primitif et dénonça les siècles de catéchèse qui persuadèrent les chrétiens de la perfidie juive et de son caractère satanique, soulignant le lien entre les pratiques de l'antisémitisme chrétien et le système hitlérien. En 1949, il intervint auprès du pape Pie XII pour que soit révisée la prière du Vendredi saint, pro perfidis judaeis, mentions offensantes pour les Juifs. Ce sera fait en 1959 par Jean XXIII, avant même que le concile Vatican II ne soit convoqué.
Dreyfusard. S’engageant dès ses vingt ans auprès de Péguy dans le camp des dreyfusards, il resta marqué par cette affaire. Devenu professeur d’histoire, membre de la Ligue des droits de l'homme et du citoyen, puis du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, il s'engagea en faveur d'une meilleure compréhension entre Français et Allemands, et milita en particulier pour une révision des manuels scolaires. Nommé inspecteur général de l'Instruction publique (1936), mais révoqué vertu du statut discriminatoire des Juifs pris par le gouvernement de Vichy, il fut rétabli dans ses droits en 1945.
ISAAC Jules (1877-1963)
Cimetière du Montparnasse,  30ème division (petit cimetière) (Paris)
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Bâtiment où il se suicida: dernière lucarne à gauche © MCP
Lorsque Picquart prit la direction du service au détriment d’Henry, qui ambitionnait le poste, ce dernier fit en sorte que les documents récupérés par ses contacts ne soient pas transmis à Picquart. Alors que l'épouse de Dreyfus demandait la révision du procès, le 2 novembre 1896, Henry adressa à ses supérieurs un document qu'il prétendait avoir récupéré à l’ambassade d’Allemagne et qui accusait explicitement Dreyfus de trahison. Document qu’Henry avait en fait réalisé lui-même avec un montage d'éléments de deux lettres, retouchées et imitées prouvant la culpabilité de Dreyfus. Ce document est connu sous le nom du « faux Henry ».
Dans sa lancée, Henry composa de nouveaux faux pour charger davantage Dreyfus. Ses vraies motivations dans cette affaire ont largement été débattues : peut-être l’espoir d’être nommé à la tête du service de renseignements, ce qui fut d’ailleurs le cas.  
Mais inquiet des découvertes de Picquart,  il décida, avec le commandant du Paty de Clam et sous l'influence de son supérieur, le général Arthur Gonse, de prévenir Estherházy des soupçons qui pesaient sur lui. En échange de sa protection, l'État-major lui demanda de rédiger un document destiné à incriminer à nouveau Dreyfus qu’il s’empressa de communiquer à la presse.
Il fallut attendre juillet 1898 et l'initiative du nouveau ministre de la Guerre, Godefroy Cavaignac, qui voulait clore à tout prix le dossier, pour que l’État-major prenne enfin conscience de la véritable nature du « faux Henry ». Le 30 août, Henry avouait son forfait.  Emprisonné au fort du Mont Valérien, il se trancha la gorge avec un rasoir le lendemain plongeant l’armée dans un bel embarras…
Hubert Henry fut inhumé dans cimetière de son village  natal.
Antidreyfusard. Général de division, sous-chef d'état-major sous l'autorité du général de Boisdeffre lors de l'Affaire Dreyfus, convaincu dès le début de la culpabilité du capitaine, il refusa de suivre Picquart lorsque ce dernier découvrit des preuves de son innocence. Conservant sa ligne de conduite, droit dans ses bottes, Gonse couvrit les agissements d'Henry et de du Paty de Clam pour disculper Estherházy au nom de la raison d'État et de l'autorité de la chose jugée.
Mais au fur et à mesure que l’innocence de Dreyfus se profilait, il fut peu à peu démis de ses différentes fonctions pour finir dans la section de réserve en 1903. Il fut inhumé dans la chapelle de la famille Courtin (59ème division), branche familiale de sa mère, Louise Stéphanie Courtin.  
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HENRY Hubert (1846 – 1898)
Cimetière de Pogny (Marne)
Antidreyfusard. Adjoint au chef de bureau des renseignements, son travail consistait à surveiller l'activité des autorités allemandes, notamment en utilisant des agents doubles, dont Marie Bastian, une femme de ménage employée à l’ambassade d’Allemagne, qui lui confia en 1894, le fameux bordereau qui déclencha l'affaire Dreyfus et qu’il remit à ses supérieurs. Appelé à témoigner lors du procès à huis clos de Dreyfus, Henry accabla le suspect : « Le traître que nous recherchions, c’est lui ! Je le jure ! »
GONSE Charles Arthur (1838 – 18 décembre 1917)
Cimetière du Père-Lachaise (Paris)
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KAHN  Zadoc (1839-1905)
Cimetière du Montparnasse, 5ème division (Paris)
GIRY Arthur (1848 – 1899)
Cimetière du Montparnasse, 17ème division (Paris)
Dreyfusard. Historien médiéviste, homme tranquille et rangé, républicain libre-penseur sans activité politique, positiviste bien de son temps, radical, savant, érudit et athée, en 1898, Zola lui demanda de mettre ses compétences de diplomatiste et de paléographe à profit de l’affaire Dreyfus afin de déterminer si le bordereau était de la main du capitaine ou pas. Après étude, il conclut à l’innocence de Dreyfus et à la ressemblance des écritures du bordereau et d’Estherházy. Il participa à la création de la Ligue des droits de l'homme et entra à son premier comité directeur. De nouveau appelé à participer au procès en cassation, il attribua formellement le bordereau à Esterhazy. Il mourut peu après le procès de Rennes (1899). Ses obsèques, qui rassemblèrent de très nombreuses personnalités dont Zola, constituèrent un hommage au dreyfusisme désintéressé et aux luttes menées dans le seul but de faire éclater la vérité.
Photo:  Find a grave
ESTERHÁZY Ferdinand Walsin (1847 – 1923)
Cimetière St Nicolas d’Harpenden, Hertfordshire, Angleterre
© MCP
Il est difficile de savoir quand débuta vraiment son activité d’espion à la solde des Allemands très probablement pour éponger ses dettes. Auteur du fameux bordereau qui fit condamner Dreyfus, il lui laissa endosser sa traîtrise. Protégé par son état-major, lorsque Picquart découvrit sa culpabilité et que Mathieu Dreyfus en eût la preuve, et que tous deux le dénoncèrent, il n’hésita pas à faire un violent chantage auprès de sa hiérarchie qui tenta d’étouffer l’affaire. Néanmoins, un peu forcé et contraint, il demanda lui-même à être jugé. Comparaissant le 10 janvier 1898 à huis-clos devant un conseil de guerre, il en sortit avec une belle réputation de gredin mais acquitté de son crime qu’on ne reconnut pas, ce qui provoqua le fameux « J’accuse… » de Zola trois jours plus tard.
Au regard de son comportement écœurant au sein de l’armée, le général Millet avait proposé, dès juillet 1898, de le poursuivre pour fautes graves contre la discipline, fautes contre l'honneur et inconduite habituelle. Réformé après la découverte du « faux Henry », la proposition disciplinaire fut entérinée mais ne put lui être notifiée car il avait déjà fui en Angleterre où, vivant d’expédients, il fut le correspondant du journal antidreyfusard La Libre Parole. En 1908, il s'installa à Harpenden, et dissimula son identité sous le nom du comte Jean de Voilemont. Auteur d’articles pour le journal L'Éclair, (1911 à 1917, bien qu’il ait avoué son forfait dans un de ses articles, il mourut à Harpenden sans jamais avoir été condamné. Il fut inhumé sous son nom d’emprunt.
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Drôle de « coco » que cet oiseau là qui, engagé dans la Légion étrangère, obtint frauduleusement le grade de sous-lieutenant, sans avoir été sous-officier ou être passé par une école militaire. Après avoir pris part à la guerre de 1870, il fut nommé officier d'ordonnance du général Grenier à Paris (1874), où il s'illustra par des spéculations boursières et de nombreuses liaisons.
Affecté, en 1877,  au bureau des renseignements (Deuxième bureau), il y fait la connaissance du capitaine Hubert Henry.
Dreyfusard. A la demande de Lucie Dreyfus, il arriva à Paris début novembre 1894 et entama une lutte de près de cinq ans après avoir démontré à son frère qu'il ne saurait se suicider sans qu'on y voie un aveu de culpabilité. Ayant convaincu Me Demange d’être le premier avocat d'Alfred, après un an où ses efforts ne menaient qu’à peu de choses, il fit appel à des détectives et des journalistes anglais qui annoncèrent, en 1896, la fausse nouvelle d'une évasion du capitaine mais relança l'intérêt public.
Poursuivant son combat, en novembre 1897, il obtint enfin la confirmation que le commandant Estherházy était bien l'auteur du bordereau attribué à son frère ce qu’il cria haut et fort. Après le procès et l’acquittement de ce dernier, il s'acharna à convaincre des écrivains, des scientifiques et des hommes politiques que qu’Alfred était victime d'une effroyable erreur judiciaire. L'affaire Dreyfus devint alors une affaire d'État. Après la condamnation de son frère à dix ans de détention avec  circonstances atténuantes lors du procès de Rennes (1899), il lui conseilla d’accepter la grâce présidentielle. Retourné à Mulhouse dans son entreprise filature de coton qui fut saisie par les Allemands en 1914. Il n’en reprit possession qu’en 1919 pour la revendre, l’année suivante, à Marcel Boussac. Avec lui repose aussi sa belle-famille.
DREYFUS Mathieu (1857 – 1930)
Cimetière de Passy, 15ème division (Paris)
DEMANGE Edgar (1841 – 1925)
Cimetière de Montfort-L'Amaury (Yvelines)
Dreyfusard. Fils d'officier, avocat déjà célèbre, son nom fut suggéré aux Dreyfus par Waldeck-Rousseau.  Il accepta de défendre le capitaine à condition de ne pas trouver dans le dossier une charge pouvant le faire douter de l'innocence de son client dont il fut rapidement persuadé. Rejoint par Labori, mais défenseur de la première heure de Dreyfus lors de ses deux procès,  il témoigna aussi à celui de Zola (1898).  Son respect  pour l'Armée n’en demeurant pas moins patent pendant le procès de Rennes, ce fut seulement  au bénéfice du doute qu'il réclama l'acquittement de son client qu'il affirmait « être un martyr ». Plaidant pour les Dreyfus dans des affaires de diffamation jusqu'en 1911, réélu par ses pairs au conseil de l'ordre, il passa plus de soixante ans  à la barre et décéda entouré de l’estime de tous. Après des obsèques très simples à Paris, il fut inhumé à Versailles puis, en 1927, fut transféré dans le caveau familial.
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DARBOUX Gaston (1842-1917)
Cimetière du Montparnasse,  19ème division (petit cimetière)  (Paris)
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Docteur ès sciences mathématiques (1866) en 1866, maître de conférences à l'École normale supérieure, suppléant de la chaire de mécanique rationnelle de la Faculté des sciences de Paris puis de géométrie supérieure à laquelle il succéda à Michel Chasles (1881), ses travaux sur l'analyse et la géométrie différentielle furent une source d’inspiration pour bien d’autres scientifiques. Grand prix de l'Académie des sciences, dont il fut élu membre (1884), il fut doyen de la faculté des sciences de Paris de 1889 à 1903, année de son élection au Bureau des longitudes, où lui succéda Paul Appell. Il fut aussi lauréat de la médaille Sylvester de la Royal Society (1916) dont il était membre étranger.
Ses obsèques en présence de nombreux académiciens.
Antidreyfusard. Poète, romancier et dramaturge aux œuvres souvent applaudies, une grave maladie, qui l’approcha deux fois de la mort, lui fit regagner sa foi perdue et réintégrer le giron de l’Eglise catholique. Ayant jusqu’alors manifesté peu d’intérêt pour les affaires publiques, il rejoignit la section la plus exaltée du mouvement nationaliste, en même temps qu’il continuait à mépriser le système de la démocratie. Il mit son talent au service des attaques contre Dreyfus et fut un des créateurs de la Ligue de la patrie française fondée par Jules Lemaitre et sa maîtresse, Madame de Loynes. Il fut élu à l’Académie française en 1884.
COPPÉE François (1842 – 1908)
Cimetière du Montparnasse, 9ème division (Paris)
Dédaigneux à l’averse d’injures qu’il reçut, il fut mis en « non activité par retrait d’emploi », le 12 septembre 1898. Admis d’office à la retraite en 1901, en 1904, il fut contraint de verser au dossier les pièces secrètes communiquées secrètement aux juges de 1894. Reprenant du service lors de la Première Guerre mondiale, il mourut suite à des blessures.
Dans l’affaire, il reste « de façon indiscutable, l’artisan criminel d’une œuvre détestable ».
Antidreyfusard. Commandant affecté au Troisième Bureau, il fut chargé de l’enquête préliminaire après la découverte du bordereau impliquant Dreyfus. Amateur passionné de graphologie, il se persuada de sa culpabilité au point de passer sous silence les informations favorables à l’accusé et d’ajouter des données « accablantes » au dossier. C’est lui qui, au procès de 1894, remit une pièce secrète au tribunal militaire pendant que le jury délibérait, pièce « à charge » dont la défense ignorait l’existence.
Mais co-auteur des faux télégrammes visant à compromettre Picquart, cité par Zola, il vit sa carrière brisée après le suicide de son complice Hubert Henry.
CLAM Armand ou Ferdinand Mercier du PATY de (1853 – 3 septembre 1916)
Cimetière du Père-Lachaise, 28ème division (Paris)
Buste de 1911 d'Henri Allouard. © MCP
© MCP
Antidreyfusard. Historien de la littérature et critique littéraire bien oublié, maître de conférences à l’École Normale Supérieure(1886), professeur à la Sorbonne, directeur de La Revue des Deux Mondes en 1893, élu membre de l’Académie française la même année, il défendit une théorie de l’évolution des genres littéraires, inspirée des thèses de Darwin.
Antidreyfusard sans être antisémite, en 1898 il accusa les intellectuels dreyfusards de se dévoyer en intervenant sur un terrain qui n’était pas de leur compétence. Son amie, la salonnière Flore Singer (1824-1915), dreyfusarde, tenta vainement de lui faire changer d’avis.
BRUNETIÈRE Ferdinand (1849-1906)
Cimetière du Montparnasse, 19ème division  (Paris)
Plus préoccupé de diplomatie que du fonctionnement interne de son service, ce fut en vain que Picquart tenta de le persuader de l’innocence de Dreyfus et de la nécessité de réviser son procès. Le 2 septembre 1898, deux jours après le suicide d’Henry, il démissionna et se retira de la vie publique.
Antidreyfusard. Officier compétent, après avoir secondé Chanzy de 1870 à 1883, y compris en Russie où ce dernier fut ambassadeur, de retour en France, Boisdeffre travailla à une alliance avec la Russie devant permettre de sortir la France de son complet isolement diplomatique. Nommé conseiller d'État « en service extraordinaire de l'armée » par décret du 19 novembre 1891, il signa l'accord militaire secret donnant naissance à l'alliance franco-russe (1892). Par ses liens privilégiés avec la Russie, il fut nommé deux fois ambassadeur extraordinaire, à l’occasion des obsèques du tsar Alexandre III (1893) et du couronnement de Nicolas II (1896). Chef d'état-major général de l'armée (1893), on lui doit d’avoir introduit les bicyclettes dans l’armée.
BOISDEFFRE Raoul Le Mouton de (1839 – 24 août 1919)
Cimetière de Berus (Sarthe)
BERNARD Claude Maurice (1854-1923)
Cimetière du Montparnasse, 30ème division (petit cimetière) (Paris)
Dreyfusard. Ingénieur des Mines, il fut un des signataires des deux premières pétitions des « intellectuels » de janvier 1898 demandant la révision du procès de 1894 ainsi que de la protestation en faveur de Picquart. Cité comme témoin de la défense au procès de Rennes pour réfuter les thèses abracadabrantes de Bertillon tendant à prouver que Dreyfus était le scripteur du « bordereau », en 1904, il publia, dans Le Siècle, une série d'articles qui furent ensuite réunis en une brochure intitulée Le bordereau, explications et réfutations du système de  Bertillon et de ses commentateurs.
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AUFFRAY Jules Augustin (1832-1916)
Cimetière du Montparnasse, 12ème division (Paris)
 
Antidreyfusard. Petit fils de l'un des médecins de Napoléon III, à dix-huit ans  il s'engagea dans un bataillon de mobiles et prit part à divers combats sous Paris. Reçu premier au concours d'auditeur au Conseil d'État en 1878, il démissionna en 1880 au moment de la promulgation des décrets visant les congrégations. Il s'inscrivit au barreau de Paris et se consacra à la politique et à la défense religieuse dans le comité présidé par M. de Mackau. Il dirigea pendant plusieurs années le Journal de Saint-Germain, organe catholique et royaliste. Il se fit connaître comme orateur enthousiaste et persuasif dans de nombreuses réunions catholiques, parlant notamment contre les laïcisations et en faveur de la liberté de l'enseignement et bien sûr, vota contre la loi de Séparation.
Ardent boulangiste avant d'être un non moins ardent et fougueux défenseur de l'État-major, il s'inscrivit à la Chambre au groupe des Républicains nationalistes où il continua à se montrer plein d'ardeur. Député de Paris sur les bancs des Républicains nationalistes, il fut conseiller de la Ville en 1900.
Dreyfusard. Issu de l’Ecole polytechnique (1857), il poursuivit sa formation militaire à l'École d'application de l'artillerie et du génie de Metz jusqu’en 1861. Brillant artilleur, général de brigade et commandant de l'École polytechnique (1893), en 1893, il fut appelé en garnison au Mans (1897-1899) par le général Mercier dont il se sépara à cause de l’affaire Dreyfus. Convaincu que Mercier, lorsqu'il était ministre de la Guerre, avait fait condamner Dreyfus au vu d'un dossier secret qui n'avait été communiqué ni au capitaine, ni à son défenseur, Louis André d'antidreyfusard devint un partisan de la vérité dans l'Affaire.
Nommé ministre de la Guerre en 1900,  très marqué par l’affaire Dreyfus et désireux de mieux républicaniser l'armée, son cabinet fit  appel à toutes les « associations républicaines, de la franc-maçonnerie comme des autres » pour connaître les opinions politiques des officiers.
Son objectif était de faciliter la promotion d’officiers républicains qui, selon lui, avaient été défavorisés dans leur avancement et qui ne s’opposaient pas au gouvernement. Très vite, le ministère recourut au Grand Orient de France qui avait l'avantage de disposer de loges dans toutes les villes de garnison. Ces renseignements étaient fournis au ministère sur des fiches, d'où le nom donné à l’affaire des fiches qui s’inscrivit dans la suite de l'affaire Dreyfus. Ce fichage des officiers et des fonctionnaires fut imaginé comme un bon moyen « d'assainir » les institutions et particulièrement l'institution militaire. Ce système parallèle fonctionna discrètement pendant un peu plus de trois ans.
Il entama  aussi des réformes qui, bien très critiquées à l’époque, ne furent pas remises en cause par ses successeurs.
 
En pleine tourmente dreyfusienne, c’est lui, qui avec beaucoup de détermination et de courage, mit un terme à ce scandale judiciaire en menant,  au sein du ministère de la Guerre, une "enquête personnelle" pour savoir sur quelles pièces Alfred Dreyfus avait été condamné à la déportation à perpétuité. En quelques semaines,  il découvrit  que Dreyfus avait été condamné au vu de documents inventés ou falsifiés, et que certains,  favorables à l'accusé, n'avaient pas été fournis au conseil de guerre.  Il put ainsi démontrer que les soi-disant "aveux" de sa culpabilité le jour de sa dégradation avaient été purement et simplement inventés.  Fort de ces découvertes, il demanda et obtint, non sans difficultés,  que ces éléments nouveaux soient transmis à la Cour de cassation. Pour lui, l'honneur de l'armée nécessitait qu'elle reconnaisse ses erreurs dans l'Affaire.
Lorsque le 28 octobre 1904, il fut révélé que le ministère de la Guerre prenait  avis du Grand Orient pour des nominations d'officiers,  le scandale fut énorme. Le 4 novembre, lors d’un débat houleux à l’Assemblée,  la preuve de la responsabilité de Louis André  fut présentée.   Giflé en pleine séance par  Gabriel Syveton, Louis André démissionna  de son ministère et se retira des affaires publiques.  
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► ANDRÉ Louis (1838 - 1913)
Cimetière des Péjoces de  Dijon ( Côte-d'Or)
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SYVETON Gabriel (1864-1904)
Cimetière du Montparnasse, 25ème division (Paris)
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-Eglise St-Pierre-aux-Arcis (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-aux-Boeufs (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-de-Montmartre
-Eglise St-Roch (75)
-Eglise St-Sauveur (75) disparue
-Eglise St-Séverin (75)
-Eglise St-Sulpice (75)
-Eglise St-Symphorien et St-Luc (75) (disparue)
-Eglise St-Thomas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise Ste-Croix (75) (disparue)
-Eglise Ste-Geneviève-des-Ardents (75) (disparue)
-Eglise Ste-Marine (75) (disparue)
-Eglises et cimetières de l'île de la Cité (75) (disparus)
 
-Grottes vaticanes
 
-Mausolée d'Auguste à Rome
-Mausolée de Mausole à
Halicarnasse (Bodrum) Turquie (disparu)
-Mémorial du Mt-Valérien (92)
 

-Panthéon
-POMPES FUNÈBRES, AUTREFOIS et leurs métiers disparus
-Prieuré Ste-Catherine-du-Val-des-Ecoliers (75) (disparu)
 
-SÉPULTURES DES BOURBONS
-SÉPULTURES DES ROIS D’ANGLETERRE (dynastie Anglo-saxonne)
-SÉPULTURES DES ROIS ET DUCS DE BRETAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS D'ESPAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS DE FRANCE ET DES EMPEREURS (résumé)
-SUPPLICIÉS Lieux d'inhumations
 
-Temple (enclos, église et cimetière du) (75) (disparus)
Dernière mise à jour
au 22 octobre 2017
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