RETOUR BOULEVARD DU CRIME
NOZIÈRE Violette (1915 – 26 novembre 1966)
Cimetière de Neuvy-sur-Loire (Nièvre)
Enfant unique adulé par des parents qui ne reculaient devant aucun sacrifice pour lui offrir la meilleure éducation possible, bonne élève, elle se transforma pourtant en une sorte enjuponnée de Dr Jekkyl et Mr Hyde. Jeune fille parfaite en présence de ses parents, Baptiste et Germaine, comment auraient-ils pu imaginer le drame qui se dessinait.
 
«Paresseuse, sournoise, hypocrite et dévergondée. D'un exemple déplorable pour ses camarades », tel était dorénavant le jugement de ses professeurs.  Faisant plus âgée que son âge, étouffant dans le petit deux pièces parisien, elle rêvait d’un monde qui lui était inaccessible et qu’elle s’inventait auprès de ses amis de fêtes à St Germain-des-Prés. Un jour fille d’ingénieur, un autre d’un millionnaire, sa mythomanie ne semblait avoir aucune limite.
Pour se faire de l’argent, s’acheter les tentations qu'offraient les boutiques de luxe, continuer à paraitre la fille de riches qu’elle n’était pas, elle posait nue pour des photos, vendait son corps, volait l’argent de ses parents.
Baptiste et Germaine Nozière
Le 14 janvier 1935, enchaînée à d’autres femmes, elle partit pour la terrible Centrale d'Haguenau en Alsace. Grâce à la foi qu’elle retrouva, sa conduite exemplaire, là comme à la maison d’arrêt de Rennes où elle fut transférée en 1940, plaida en sa faveur. En 1942, Philippe Pétain, poussé par l’Eglise catholique, réduisit sa peine à douze ans de travaux forcés à compter de la date de son incarcération. Libérée le 29 août 1945, en novembre, le général de Gaulle leva son interdiction de séjour de vingt ans sur le territoire français.
 
Totalement libre, exemple même du repentir sincère, réconciliée avec sa mère depuis l’aveu de son mensonge sur le soi-disant inceste, dotée d’une formation d’aide-comptable, elle épousa Pierre Coquelet (et non Garnier, comme on le voit partout !) en 1946, fils du greffier de la maison d'arrêt de Rennes. Germaine suivit le couple et leurs cinq enfants au gré de l’ouverture de leurs commerces. En 1957, ils achetèrent l'Hôtel de la Forêt, au lieu-dit « La Maison-brûlée » à La Bouille près de Rouen. Malheureusement, en 1961, son mari succomba des suites d’un accident de voiture.
Courageuse, elle continua à faire tourner l’affaire, à s’occuper des ses enfants et à veiller sur sa mère. Réhabilitée, le 13 mars 1963, Violette ne profita guère longtemps de cette décision qu’elle avait surtout souhaitée pour ses enfants qui, par ailleurs, ignoraient le passé de leur mère.
 
Atteinte d’un cancer et d’une décalcification des os, trop handicapée pour tenir un commerce, elle finit par s’installer avec sa famille dans un appartement au Petit-Quevilly où elle mourut en paix avec elle-même et les siens. Comme elle le lui avait fait promettre, sa fille, Michèle, brûla tous les documents relatifs à l’affaire enfermés dans une petite valise qu’elle n’ouvrit pas.
 
Violette fut inhumée au cimetière de Neuvy-sur-Loire, sa ville natale, où reposaient son père et son mari (1919-1961). Son nom n’apparaît pas sur la tombe. Germaine Hezard, épouse Nozière, les rejoignit en 1968.
Merci à Michel Schreiber pour cette photo
Merci à Michel Schreiber pour cette photo
Sources principales :
Tous mes remerciements à la mairie de Neuvy-sur-Loire qui m’a permis de confirmer les personnes présentes dans la sépulture et que l'identité de son époux, en référence à leur acte de mariage,  était bien Coquelet et non Garnier.
(*) commentaire(s)
28 juillet 2017
S’enfonçant dans sa dérive et sa double vie, vint le moment inéluctable où, acculée aux pieds de ses murs de mensonges, sa vie de dévergondage devait éclater dans le cercle familial. Elle était syphilitique mais, prétendant être vierge, cette maladie contagieuse ne pouvait donc lui avoir été transmise que par ses parents.   Mensonges et disputes avant qu’elle ne décide de les tuer.
Après une première tentative, elle réitéra cinq mois plus tard avec, cette fois, la volonté de faire main basse sur les économies rondelettes de ses parents afin de s’acheter une Bugatti pour rejoindre son amant qu’elle entretenait.
Sous prétexte de leur faire absorber un médicament les protégeant de la contagion de l'hérédosyphilis, le 21 août 1933, elle leur fit avaler des doses massives d’un puissant somnifère. De retour dans l’appartement le 23 août, elle ouvrit le gaz pour  faire croire à un suicide et, l’air très angoissé, se précipita chez des voisins. Si son père était bien mort, sa mère, qui n’avait pas bu toute la préparation de sa fille, respirait encore et fut sauvée.
 
De suite, la culpabilité de Violette parut évidente. Arrêtée, elle affirma être victime d’un inceste paternel depuis des années, justifiant ainsi son parricide. La presse s’empara de l’affaire : l’empoisonneuse  Nozière devint un mythe qui faisait vendre.
Dans un contexte d'affrontements politiques violents, après le double meurtre des sœurs Papin quelques mois auparavant,  etc.,  pour la droite, il fallait remettre de l’ordre dans les fondements de la société qui semblaient vaciller, tandis que la gauche faisait de Violette un symbole de la lutte contre la société et ses dérives. Les surréalistes, convaincus par son histoire d’inceste, en firent leur muse.
 
Son procès s’ouvrit à Paris le 10 octobre 1934 dans une atmosphère de surchauffe. Alors que sa mère s’était constituée partie civile, et que la confrontation entre les deux femmes marqua les esprits, elle lui pardonna et implora la clémence des jurés. Peine perdue : ceux-ci s'accrochèrent au parricide pour voler. Jugée par un monde d’hommes et de pères, les supposées relations incestueuses –,qu’elle avoua par la suite avoir inventées-, comme circonstances atténuantes à peine évoquées, ne furent pas retenues. Condamnée à mort le 12 octobre, le 19 décembre le président Albert Lebrun commua sa peine en travaux forcés à perpétuité.  
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