RETOUR LOUIS XVI ET LA RÉVOLUTION
19 avril 2000. Deux cent-quatre ans, dix mois et onze jours après les faits, le voile se levait enfin sur l’un de nos plus grands mystères historiques, si ce n’est le plus grand.
 
Sur ce mystère qui a fait le plus couler d’encre à force de recherches et d’hypothèses, la légende peut encore courir, l’Histoire, elle, imposait sa vérité : Louis XVII est bien l’enfant mort au Temple. Adieu le mythe éternel du roi caché.
Louis-Charles était devenu Dauphin à la mort de son frère aîné Louis-Joseph. Le 13 août 1792, la famille royale était amenée au Temple. Le 11 décembre, le procès de Louis XVI commençant, l’enfant fut remis à sa mère dont on le sépara le 3 juillet 1793 pour être confié au couple Simon. Le 5 janvier 1794 il était retiré aux Simon qui déménagèrent le 19 du même mois.
 
C’est à partir de cet instant que le véritable martyre du petit garçon commença. Enfermé et seul, sans hygiène, mal nourri, atteint de tuberculose osseuse, malgré le réconfort que certains tentèrent de lui apporter, il rendit son âme à Dieu après une longue agonie. L’histoire de «l’enfant du Temple» commençait.
 
Le 28 juillet, Barras vint visiter le petit reclus. Le trouvant malade, il nomma différents responsables de la santé du jeune Capet jusqu’au 6 mai 1795 où le Dr Desault l’eut en charge.
Mais le Dr Desault mourut subitement le 1er juin. Les soins de son remplaçant, le Dr Pelletan, ne durèrent que quelques jours car le 8 juin, l’enfant mourait. Le lendemain, le Dr Pelletan profita de l’autopsie pratiquée pour subtiliser le cœur du défunt inhumé le 10 au cimetière Sainte-Marguerite, probablement dans une fosse commune (? )
 
Ce cœur embaumé allait connaître bien des vicissitudes avant que la famille Pelletan ne le léguât au dernier des Bourbons de France en 1895.
Il resta conservé à la basilique Saint-Denis dans une urne en cristal. Plus de deux siècles plus tard, ce petit cœur livrait son secret grâce à des analyses génétiques irréfutables sur le fait qu’il s’agissait bien du sien… ou de celui de son frère aîné.
En effet, le cœur embaumé de Louis-Joseph, déposé au Val-de-Grâce et sauvé lui aussi, fut livré de legs en legs à de nombreuses péripéties. Or, le lien de parenté des deux enfants ne permettrait pas à la science d’identifier auquel des deux appartient celui de la basilique Saint-Denis.
 
Et pourtant, par deux fois déjà au cimetière Sainte-Marguerite, le corps présumé de Louis avait été exhumé, en 1846 et 1894.
Si le doute est difficilement possible sur son inhumation dans ce cimetière, entre rumeurs, mémoires vacillantes, mensonges et vantardises de soi-disant témoins, on ne saura jamais s'il fut inhumé directement dans une fosse commune, dans une petite fosse à part, ou si après avoir avoir été déposé dans la première il fut ensuite transporté dans la seconde.
Les fouilles effectuées en 1979 n'apportèrent rien de nouveau : on trouva bien des ossements, mais aucun ne correspondait à un enfant de son âge.
Néanmoins, sa prétendue sépulture est toujours visible dans un coin discret de la cour située sur une partie de l'ancien cimetière.  
Sa véritable dépouille n’ayant donc jamais été retrouvée, la légende continua bon train avec ses inévitables wagons de faux Louis XVII et de prétendants*.
Tombe, ou plus exactement cénotaphe, de Louis XVII © MCP
© MCP
A l'instant où  son cœur trouva officiellement place non loin des tombes de ses père et mère, il ne restait plus qu’à avoir une tendre pensée pour ce petit garçon à la bien douloureuse et cruelle destinée, mort dans la solitude et le plus grand désarroi, dont la seule et unique « faute » était d’être le fils de son père.
Maintenant, rétabli dans son identité, laissons-le trouver le repos éternel en la basilique Saint-Denis, car comme l’avait exprimé Chateaubriand : « […] et il vient vous demander un tombeau ».
 
Ce n’est que le 8 juin 2004, soit exactement deux cent-neuf ans jour pour jour après sa mort, que le petit cœur de « chou d’amour », comme l’appelait Marie-Antoinette, fit son entrée solennelle dans la nécropole de ses ancêtres lors d’une grande cérémonie religieuse.
Un roi appartenant à son peuple, et non l’inverse, le cœur de Louis XVII est dorénavant considéré comme monument national.
Il n’empêche qu’au-delà de toute conclusion scientifique, l’image de l’enfant du Temple continuera longtemps encore à hanter les esprits...
LOUIS XVII, duc de Normandie (1785 – 8 juin 1795)
Cimetière Sainte-Marguerite (Paris)
Cœur  : Basilique Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
* A propos du cœur :
1.La réaction du descendant du plus célèbre des prétendants, le Prince Charles Louis Edmond de Bourbon « descendant direct et aîné de Naundorf-Louis XVII » ne se fit pas attendre.
A la suite d’un article signé Philippe Delorme paru dans l’Historia de juin 2001, il adressa un droit de réponse qui, explications à l’appui,  disait en conclusion que « la preuve n’est donc pas faite que le cœur analysé est celui de Louis XVII » et que « Pour toutes ces raisons, la thèse de M. Delorme apparaît sans valeur, ni historique, ni scientifique, surfaite et gratuitement diffamatoire vis-à-vis de mon ancêtre et de ma lignée ». Ancêtre qui, rappelons le, fut le seul « fils » d’un Louis XVII échappé du Temple ayant réussi à se faire reconnaître comme vraisemblable héritier du titre par les souverains des Pays-Bas.
Depuis cet instant, cette famille, considérée comme une imposture, est toutefois la seule, parmi tous les prétendants qui ont surgi, à tenir le haut du pavé dans leur revendication. A supposé que le Louis XVII de 2000 ne soit pas celui de 1795, il paraît peu probable qu’une démonstration contraire puisse être dorénavant admise. Et aussi difficile qu’il soit pour  certains de ne pas  être reconnus comme héritiers de la couronne de France et pour  d’autres d’accepter qu’un terme soit mit à un si grand mystère, le débat sur le sujet est officiellement clos.
Mais qui oserait affirmer qu’une énigme d’une telle ampleur puisse vraiment trouver un jour son épilogue dans l’esprit de tous ?
(*) commentaire(s)
© Erwan Le Marchand
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par Marie-Christine Pénin
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