RETOUR LIEUX  DE SEPULTURES
CONFRÉRIE DES CHARITONS
Une tradition funéraire presque millénaire qui perdure
18 juin 2012
Précédés du tintement de leurs cloches pour avertir les éventuels passants, les frères ont conservé la présence des torchères et des tintennelles dans les cortèges de Charité actuels.
 
Les Charités se généralisèrent alors dans les paroisses dépassant le millier en Normandie, œuvrant  non seulement durant toutes épidémies mais aussi lors de toutes les inhumations de la paroisse. Ouvertes à tous les hommes, pourvu que le candidat soit de bonnes mœurs chrétiennes  et réputé pour sa moralité et sa conduite exemplaire,  elles s’enracinèrent  dans la vie de chaque village ou ville,  les notables locaux se faisant un devoir de servir dans la Charité paroissiale. Ainsi le contact se maintenait-il entre les  pauvres et les riches, ces derniers n’hésitant pas à mettre la main au porte-monnaie.  
La Révolution marqua durement les Charités. Interdites par le décret du 18 août 1792, il fallut attendre la signature du Concordat par Bonaparte en 1801 pour que les Confréries soient non seulement rétablies, mais aussi reconnues par l’Etat.
 
Avec le temps, les relations parfois houleuses entre ces laïcs et le clergé se régularisèrent: les Charités passèrent sous la tutelle de l’évêque pour leur création et leurs statuts, et sous celle du curé localement. Il ne devait plus y avoir qu’une Charité par paroisse. Leurs structures s’institutionnalisèrent alors même que leurs objectifs initiaux sombraient dans l’oubli. Le bénévolat se transforma en véritable engagement assorti de règles très strictes dictant la conduite ainsi que la tenue des frères.
Charitons par Louis Emile Minet
C’est ainsi qu’en ce début de 21ème siècle, il arrive aux habitants de nos villages de traverser un tableau hors du temps digne d’un Jean-François  Millet ou d’un Gustave Courbet.
 
Si certaines de ces confréries disparaissent faute de relais, d’autres au contraire renaissent s’accrochant à ce vestige du patrimoine: les tintenelliers ou clocheteux, seuls à porter la dalmatique, ouvrent le cortège en carillonnant à leur rythme. Puis suivent l’échevin ou maître, le prévôt, le clerc et tous les frères, les uns portant la bannière de la Charité, les autres les torchères ou le cercueil. Tous revêtent leur chaperon, la toque ou le bonnet. Dans le patois normand, on les a appelé les charitons...
 

Merci à Martine Defoux qui, bien involontairement, m’a inspiré cet article.
 
Sources principales :
- Conférence de Monsieur Henri-Marc Papavoine : http://sedlouviers.pagesperso-orange.fr/confetextes/charite.htm
- Eglise Saint-Sulpice de Forêt-la Folie par Marie-Christine Pénin (2004)
(*) commentaire(s)
Cet article trouverait davantage sa place dans un thème que je n’ai pas encore créé mais qui pourrait exister : les traditions funéraires. A défaut, il est classé de façon un peu anachronique dans les « lieux d’inhumations ».
 
Etonnante tradition que celle-ci, toute empreinte d'humanité et qui plonge ses racines dans les malheurs de la grande histoire avant de poursuivre son chemin dans la petite.
 
Malgré des associations similaires ailleurs, la Confrérie des Charitons reste  spécifique à la  Normandie et plus particulièrement au département de l’Eure où l’on compte encore plus d’une centaine de confréries (ou charités) encore actives. Aujourd’hui réservés aux inhumations, leurs services furent bien plus étendus durant des siècles.
 
Créées au 11ème siècle, les confréries se développèrent particulièrement au 14ème siècle lors de la grande épidémie de peste noire venue de Chine qui ravagea l’occident faisant entre 25 et 30 millions de victimes.
Il faut imaginer alors tous ces cadavres restant devant les maisons,  jonchant  les sols et dont personne n’osait s’approcher pour leur donner une sépulture décente.
C’est alors que des hommes, bravant le danger, se dévouèrent pour les enterrer, au risque de succomber à leur tour. Les inhumations avaient lieu généralement la nuit, à la lumière des torches. Criant à leur passage, « Veillez, veillez vous tous qui dormez, à la mort de Notre Seigneur Jésus-Christ, pensez à prier Dieu pour les trépassés. Dites vos prières par charité pour l’âme d’untel qui est trépassé, qu’il plaise à Dieu de lui pardonner. » Cette ambiance lugubre à souhait traduisait surtout la grande peur qui régnait.
Photo B. Marsan
Les grandes épidémies disparues, les frères continuèrent à assurer leur mission en prenant en charge les défunts à leur domicile dès leur décès (soins, veillées, mise en bière, etc.) jusqu’aux obsèques et au transport du corps à son lieu d’inhumation.
 
De nos jours, les décès en milieu hospitalier, mais surtout la modernisation des pompes funèbres et des funérariums ont rendu la fonction des frères obsolètes…sauf dans notre région où la tradition perdure, limitée toutefois, au transport du cercueil de l’église au cimetière.
Dans mon village, fallait-il encore que le défunt se soit préalablement engagé auprès de la Charité pendant cinq ans (trois autrefois) ou désigné un remplaçant pour effectuer son service à sa place. Moyennant quoi, les frères porteurs  portaient le cercueil dans l’église et  le plaçaient ensuite sur le vieux corbillard qu’ils tiraient jusqu’au cimetière.
ACCUEIL
THEMES 
Chercher
CONTACT
DE A à Z 
FACEBOOK
TOMBES ET SEPULTURES DANS LES CIMETIERES ET AUTRES LIEUX
Pour s'abonner à la Newsletter : l'inscription se fait en cliquant sur "Contact" en précisant bien le sujet et votre adresse E.mail.
par Marie-Christine Pénin
NOUVEAUX ARTICLES
LIEUX D'INHUMATIONS
 
-Abbaye royale de Chelles (77)
-Abbaye de Maubuisson (95)
-Abbaye de Montmartre (75)
-Abbaye de Port-Royal (75)
- Abbaye de Port-Royal-des-Champs (78)
-Abbaye St-Antoine-des-Champs (75) (disparue)
-Abbaye et église St-Germain-des-Prés (75)
-Abbaye St-Victor (75) (disparue)
-Abbaye St-Yved de Braine (02)
-Abbaye Ste-Geneviève (75)
-Abbaye du Val-de-Grâce (75)
 
-Basilique St-Denis (93)
-Basilique St-Pierre de Rome
-Basilique St-Remi de Reims (51)
 
-Catacombes de Paris
-Catacombes de Rome
 
-Cathédrale Notre-Dame (75)
 
-Chapelle Royale de Dreux (28)
-Chapelle de la Sorbonne (75)
-Chapelle des Incurables (75)
-Chapelle St-Aignan (75)
-Chapelle St Peter-ad-Vincula, (Tour de Londres)
 
-Chartreuse de Gaillon-lez-Bourbon (27) (disparue)
 
-Cimetière de Bonsecours (76)
-Cimetière du Calvaire (75)
-Cimetière de Clamart (75)
(disparu)
-Cimetière des chiens d'Asnières (92)
-Cimetière des enfants de Pen-Bron (44)
-Cimetière des Errancis (75)
-Cimetière "des fous" d'Evreux (27)
-Cimetière des Innocents (75) (disparu)
-Cimetière des Invalides (Invalidenfriedhof) Berlin
-Cimetière de la Madeleine
(ancien cimetière révolutionnaire)
-Cimetières parisiens (subtilités)
-Cimetière parisien d'Ivry (94)
-Cimetière parisien de Vaugirard (disparu)
-Cimetière de Picpus (75)
-Cimetières protestants
-Cimetière St-André-des-Arts (75) (disparu)
-Cimetières St-Benoît (75) (disparus)
-Cimetière St-Denis-du-Pas (75) (disparu)
-Cimetière St-Etienne-du-Mont (75) (disparu)
-Cimetières de St-Eustache (75) (disparus)
-Cimetière St-Germain-l'Auxerrois (75) (disparu)
-Cimetière St-Gervais (75)
(disparu)
- Cimetière St-Jacques-du-Pas (75) (disparu)
-Cimetière St-Jean-en-Grève (75) (disparu)
-Cimetière St-Landry (75) (disparu)
-Cimetière St-Laurent (75) (disparu)
-Cimetière St-Marcel (75)
(disparu)
-Cimetière St-Médard (75)
(disparu)
-Cimetière St-Nicolas-du-Chardonnet (75) (disparu)
-Cimetière St-Paul-des-Champs (75) (disparu)
-Cimetières St-Roch (75) (disparus)
-Cimetière St-Sulpice (75)
(disparu)
-Cimetière de Sapanta (Roumanie)
-Cimetière St-Sauveur (75) (disparu)
Cimetière et charniers St-Séverin (75)
Cimetière Ste-Catherine (75)
(disparu)
-Cimetière Ste-Marguerite (75)
 
-Collégiale St-Georges de Vendôme (41) (disparue)
-Collégiale St-Laurent de Joinville (52) (disparue)
 
-Colonne de Juillet (75)
 
-Couvent de l'Ave Maria (75) (disparu)
-Couvent des Augustins-Déchaussés (75) (disparu)
-Couvent des Blancs-Manteaux (75) (disparu)
-Couvent des Capucins de la rue St-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des Capucines (75)
(disparu)
-Couvent des Carmélites de la rue St-Jacques (75) (disparu)
-Couvent des Carmes-Billettes (75)
-Couvent des Carmes-Déchaussés (75)
-Couvent des Célestins (75) (disparu)
-Couvent des Cordeliers de Nancy (54)
-Couvent des Cordeliers (75)
(disparu)
-Couvent des Chartreux de Vauvert  (75) (disparu)
-Couvent des Feuillants du Fg St-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des Grands-Augustins (75) (disparu)
-Couvent des Grands Carmes ou Carmes Barrés ou Carmes Maubert (75)  (disparu)
- Couvent des Jacobins réformés de la rue Saint-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des  Jacobins de la rue Saint-Jacques (75) (disparu)
-Couvent des Minimes de Chaillot (75) (disparu)
-Couvent des Minimes de la place Royale (75) (disparu)
-Couvent des Pénitents du Tiers-Ordre de St-François ou Pénitents de Picpus (75)
(disparu)
Couvent des Petits-Augustins (75)
-Couvent des Théatins (Paris) (disparu)
-Couvent de la Visitation Ste-Marie (75)
-Crypte impériale des Capucins de Vienne (Autriche)
 
-Eglise du Dôme des Invalides (75)
-Eglise de La Madeleine (75)
-Eglise La Madeleine-de-la-Cité (75) (disparue)
-Eglise Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux (75)
-Eglise St-Barthélemy (75) (disparue)
-Eglise St-Benoît, la bien tournée (75) (disparue)
-Eglise St-Christophe (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-de-la-Chartre (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-du-Pas (75) (disparue)
-Eglise St-Eloi (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne-du-Mont (75)
-Eglise St-Eustache (75)
-Eglise St-Germain-l'Auxerrois (75)
-Eglise St-Germain-le-Vieux (75) (disparue)
-Eglise St-Gervais-St-Protais (75)
-Eglise St-Hippolyte (75) (disparue)
-Eglise St-Jacques-de-la-Boucherie (75)
- Eglise St-Jacques-du-Haut-Pas (75)
-Eglise St-Jean-en-Grève (75)
(disparue)
-Eglise St-Jean-le-Rond (75) (disparue)
-Eglise St-Julien-le-Pauvre (75)
-Eglise St-Landry (75) (disparue)
-Eglise St-Laurent (75)
-Eglise (cathédrale) St-Louis-des-Invalides (75)
-Eglise St-Louis-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise et cimetière (disparu) St-Louis-en-l'Île (75)
-Eglise St-Marcel (75) (disparue)
-Eglise St-Martial (75) (disparue)
-Eglise St-Médard (75)
-Eglise St-Merry (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Chardonnet (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-des-Champs (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-St-Louis (75)
(ancien couvent des Jésuites)
-Eglise St-Pierre-aux-Arcis (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-aux-Boeufs (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-de-Montmartre
-Eglise St-Roch (75)
-Eglise St-Sauveur (75) disparue
-Eglise St-Séverin (75)
-Eglise St-Sulpice (75)
-Eglise St-Symphorien et St-Luc (75) (disparue)
-Eglise St-Thomas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise Ste-Croix (75) (disparue)
-Eglise Ste-Geneviève-des-Ardents (75) (disparue)
-Eglise Ste-Marine (75) (disparue)
-Eglises et cimetières de l'île de la Cité (75) (disparus)
 
-Grottes vaticanes
 
-Mausolée d'Auguste à Rome
-Mausolée de Mausole à
Halicarnasse (Bodrum) Turquie (disparu)
-Mémorial du Mt-Valérien (92)
 

-Panthéon
-POMPES FUNÈBRES, AUTREFOIS et leurs métiers disparus
-Prieuré Ste-Catherine-du-Val-des-Ecoliers (75) (disparu)
 
-SÉPULTURES DES BOURBONS
-SÉPULTURES DES ROIS D’ANGLETERRE (dynastie Anglo-saxonne)
-SÉPULTURES DES ROIS ET DUCS DE BRETAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS D'ESPAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS DE FRANCE ET DES EMPEREURS (résumé)
-SUPPLICIÉS Lieux d'inhumations
 
-Temple (enclos, église et cimetière du) (75) (disparus)
Dernière mise à jour
au 22 octobre 2017
COPYRIGHT 2010 - 2017 - TOUS DROITS RÉSERVÉS - Ce site est propriétaire exclusif de sa structure, de son contenu textuel et des photos signées MCP.  Sauf accord du propriétaire du site, toute reproduction, même partielle, à titre commercial est interdite. Les reproductions à titre privé sont soumises à l'autorisation du propriétaire du site. A défaut, le nom du site et de son auteur doivent obligatoirement être mentionnés. Tous les droits des auteurs des oeuvres protégées reproduites et communiquées sur ce site sont réservés.