RETOUR BOULEVARD DU CRIME
LANDRU Henri Désiré (1869 – 25 février 1922)
Cimetière des Gonards de Versailles (Yvelines)
Bourreau des cœurs, mais pas seulement….
 
L’imposture et l’escroquerie chevillées au corps, cumulant les métiers, marié en 1893 à Marie-Catherine Rémy, séduite grâce à une nouvelle duperie de Désiré et enceinte, le personnage collectionnait déjà les condamnations à des peines d'amende et de prison avant de passer au crime de sang.
A partir de 1914, désormais père de quatre enfants, pour assurer les revenus à sa famille il va franchir le pas qui le mena à l’échafaud.
Se faisant passer pour un veuf esseulé disposant d'une certaine aisance, il entreprit de séduire des femmes seules qui, sans être véritablement riches, possédaient quelques économies et surtout, n’étaient pas encombrées d’un entourage trop présent. Leur faisant miroiter le mariage, il les invitait à séjourner brièvement dans une villa isolée qu'il loua successivement à Chantilly, à Vernouillet, et enfin à Gambais.
La villa Tric à Gambais à l'écart du village.
De février 1915 à janvier 1919, dix femmes, et le fils de l'une d'elles, disparurent qu’il fut accusé d’avoir assassinées. Onze victimes dont on ne retrouva jamais les corps et pour cause. Il semble aujourd'hui acquis, tant par les analystes que par les historiens, que les victimes étaient découpées et que les corps (troncs, jambes, bras) étaient soit enterrés dans des bois, soit jetés dans des étangs tandis que les têtes, mains et pieds étaient incinérés vraisemblablement dans la fameuse cuisinière.
Le fourneau de Landru exhibé lors du procès
© Photographie de Presse : Agence Meurisse
Dénoncé après avoir été reconnu au bras d’une nouvelle amie, le 12 avril 1919, il fut arrêté au domicile qu’il occupait rue Rochechouart avec sa « fiancée » Fernande Segret.
Arrestation de Landru rue Rochechouart
Le 19 décembre 1919, sa femmme et son fils Maurice furent inculpés de recel qualifié ainsi que de faux et usage de faux. Internée à la prison Saint-Lazare pour avoir aidé son époux à réaliser des titres ayant appartenu à une des victimes, Mme Landru obtint finalement un non-lieu. Sa famille le croyait brocanteur.
 
Le procès s’ouvrit le 7 novembre 1921 devant la cour d'assises de Versailles. Et quel procès ! Un vrai grand spectacle qui passionna ses contemporains et où le Tout-Paris se précipitait pour voir la vedette : l’accusé lui-même. Personnage fascinant dont le physique et la personnalité firent autant que le mystère de ses crimes pour le transformer en sorte de maître-étalon légendaire de la criminalité française. Son éloquence provocante et son sens de la répartie régalaient l’assistance. Gestionnaire hors-pairs, la logistique de ses crimes impressionnait. Horreur et bonne humeur se succédaient.  
Huit victimes parmi les onze
Il fut amené au cimetière des Gonards.
Exécution de Landru
On appréciera le détail apporté dans cette note "temps clair".
Comme pour toux ceux qui recherchent vainement ce qu’il advint de sa dépouille par la suite, l’histoire s’arrêtait là quand, à force de fouiller, j’ai découvert d’autres éléments.
Contrairement à ce que l’on croit, sa famille la prit en charge le lendemain pour l’inhumer dans une concession temporaire qu’on lui avait accordée à titre tout à fait exceptionnel pour une durée de cinq ans.
Et c’est bien sa famille qui plaça la croix sur sa tombe prise en photo, cliché souvent regardé à tort comme un montage d’un photographe en mal de sensations.
Au terme des cinq ans, à la fin octobre 1927, le renouvellement de la concession n’ayant pas été demandé, la conservation du cimetière retira les ornements de la sépulture comme le confirme un entrefilet du journal La Presse du 1er novembre 1927.
La tombe d'Henri Désiré Landru
Journal La Presse du 1er novembre 1927
Fernande Segret (1892 – 21 janvier 1968)
Cimetière de Thiais (Val-de-Marne)
© John Mosbaugh
Succombant au charme de celui qui se faisait appeler Lucien Guillet, Fernande, artiste lyrique, rompit ses fiançailles avec un brave garçon mobilisé. Le mariage avec Lucien ne pouvait intervenir tant que durerait la guerre car né, soi-disant, dans une ville du Nord, sa mairie avait été bombardée et il était sans papiers. Il fallait donc attendre.
 
Le couple était dans son nid de la rue Rochechouart quand Guillet/Landru fut arrêté laissant Fernande dévastée par la révélation du mensonge dans lequel elle avait naïvement vécu alors que, par deux fois, il aurait tenté de l’empoisonner. Mais elle l’aimait tant. Elle ne croyait pas à sa culpabilité.
Profitant du retentissement de l’affaire, les journaux lui achetèrent le récit de sa vie avant qu’elle ne décide de disparaître.
 
Oubliée, après quarante ans à enseigner au Liban comme institutrice, elle revint en France en 1965 et s’installa discrètement à Flers (Orne) A peine de retour, elle découvrit le film Landru (1963) de Claude Chabrol qui la mettait en scène sans lui avoir demandé son autorisation (on la croyait disparue). N’appréciant guère le ton sarcastique employé pour traiter l’affaire et la manière dont il la représentait, elle abandonna son anonymat, fit un procès au réalisateur et obtint des dommages et intérêts.
 
Agée, souffrant mille maux, elle choisit de mettre fin à ses jours le jour anniversaire de la demande en mariage que son amant lui avait faite tant d’années auparavant. Elle se jeta dans les douves du château de Flers, non loin de la maison d’accueil où elle s’était retirée. Dans sa chambre, il y avait deux photos : l’une de sa mère, l’autre de Landru.
A la demande d’un proche, Fernande Segret fut inhumée au cimetière de Thiais où sa tombe fut relevée dans les années 1970.
(*) commentaire(s)
Là,  le mystère débute vraiment. Car si le curseur de 1927 apporte des informations inédites, il garde sous silence ce qu’il advint de Désiré après. Ossuaire ou repris par la famille ce qui est souvent avancé et probable ?
Une chose est sûre : où que puisse se trouver sa sépulture, si elle existe toujours, son patronyme n’y figure pas. D’abord parce que la loi l’interdisait (Cimetière parisien d'Ivry: carré des suppliciés), et que ses quatre enfants tentèrent de se réfugier dans l’anonymat en adoptant le nom de jeune fille de leur mère.  Maurice, très importuné,  changea de nom trois fois. Ce n'était pas pour faire la publicité de leur père par la suite.
 
La tête de Désiré Landru dans un musée d’Hollywood...
 
Sous l’intitulé du « Barbe bleue de France», le musée de la Mort d’Hollywood expose la soi-disant tête de Landru que lui aurait donné un neurologiste de Malibu… un beau scénario de science fiction dans le temple du Tout est possible !
Acte de décès de Landru. Merci à Jean-Philippe Amoros pour cet apport transmis par Alu Sinogène via la page Facebook du site
Retrouver l'ancien emplacement de la tombe de Désiré aux Gonards n'était pas facile. Néanmoins, en se basant sur la photo d'époque et sur la connaissance du terrain, j'avais repéré le lieu le plus probable mais sans le fouiller pensant impossible d'identifier la moindre trace après tant de décennies. Erreur ! En recoupant nos informations enrichies d’un ancien témoignage, un fidèle du site s’est rendu sur place et a cerné le tracé de la sépulture dont il m’a transmis les photos.  
Merci à H. posant devant le tracé de l'ancienne tombe de Landru dont on devine encore les contours.
En 1921, dans un pays traumatisé par les pertes de la Grande guerre, la rancœur contre les "planqués" était immense. Alors Landru, séducteur de femmes seules pendant que les poilus mouraient par milliers…
La négation obstinée de ses crimes malgré les preuves évidentes et les effets de manche de son avocat, maître Vincent de Moro Giafferi ne lui évitèrent pas la peine de mort. A l'énoncé du verdict, il resta impassible. Alexandre Millerand, président de la République, d’habitude enclin à la grâce la lui refusa.
 
Comme dernière volonté, il réclama de se laver les pieds ce qui lui fut refusé par crainte d’un suicide.
Estimant que le rhum et la cigarette « Ce n'est pas bon pour la santé », il déclina les dernières prérogatives du condamné.
Sans se départir de sa superbe, Désiré Landru fut  guillotiné à l'entrée de la prison de Versailles à l'aube du 25 février 1922 par le bourreau Anatole Deibler sans jamais avoir avoué malgré l’ultime tentative de son avocat : « Cela, Maître, c'est mon petit bagage... ».
Devant une foule silencieuse, il emporta effectivement son "petit bagage".
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TOMBES ET SEPULTURES DANS LES CIMETIERES ET AUTRES LIEUX
par Marie-Christine Pénin
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Dernière mise à jour
au 12 septembre 2017
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