RETOUR AUTRICHE
MARIE-THÉRÈSE D’AUTRICHE (1717 – 29 novembre 1780)
Crypte des Capucins, ou Kaisergruft, à Vienne (Autriche)
Avec Elisabeth Ière d’Angleterre et Catherine II de Russie, elle est considérée comme l’une des plus grandes souveraines que connurent les Anciens Régimes européens.
 
Sans héritier mâle, son père, l'empereur Charles VI (1685-1740), par l’édit de la Pragmatique Sanction,   la désigna pour lui succéder. Mais dès la mort de ce dernier, la jeune archiduchesse d'Autriche, âgée de vingt-trois ans, qui n’était pas préparée à régner, fut confrontée à une crise majeure :   l’invasion de la Silésie et la guerre de Succession d’Autriche.
Sans soutien, ni argent, mais se ralliant la noblesse hongroise et l’Angleterre, son esprit de résistance lui donna les moyens de faire face à l’adversité, et de réussir à sauver la monarchie autrichienne menacée par la coalition qui lui disputait son héritage.
 
Mariée à François Etienne de Lorraine (1708-1765),  grand duc de Toscane, qu’elle fit élire empereur germanique (1745), celui-ci resta dans l’ombre de la très forte personnalité de sa femme, et se limita  à la gestion économique et à faire  fructifier de façon remarquable la fortune privée des Habsbourg.  
 
Bien que femme énergique et à poigne, il n’y a pas de grande monarchie sans grand(s) ministre(s). L’un  des points forts de son règne fut de savoir s'entourer d'hommes compétents et dévoués auxquels, tout en imposant son autorité, elle accorda une véritable confiance.
Ainsi put-elle aller contre les préjugés et les traditions en réalisant un spectaculaire  renversement d’alliances diplomatiques et militaires permettant de renforcer  la prépondérance de l’empire des Habsbourg  sur l’échiquier européen.
 
Si la politique étrangère occupait la plus grande partie de son temps, Marie-Thérèse souhaitait mettre en place un Etat moderne, capable d’être à la fois le pilier de la puissance extérieure autrichienne et d’assurer le bien être de ses sujets : création du Directoire administratif et financier permettant l’unification des pays tchèques et de langue allemande, unification de l’Autriche et la Bohême dans une sorte d’Etat fédéral, mise en place de la bureaucratie, création d’écoles primaires à la campagne, modernisation de l’Université, etc. Une exception cependant, la Hongrie qui ne fut pas concernée par ces réformes, mais qui bénéficia de plusieurs avantages, notamment fiscaux, et qui conserva une certaine autonomie.  
 
La vie à la cour se voulait simple, sans affectation, familiale et bourgeoise, le couple veillant étroitement à l’éducation de leurs douze enfants survivants sur les seize venus au monde, ce qui représente douze années de grossesse...  Pour une politique extérieure, qui s’appuyait sur les relations dynastiques et familiales, cela représentait un certain avantage pour servir les desseins de la maison d’Autriche. En épousant le futur Louis XVI, sa fille, Marie-Antoinette, lui assura l’alliance franco-autrichienne.
 
A la mort de son époux bien aimé (1765), toute à sa douleur, elle songea à abdiquer.  Mais, effrayée par le tempérament impulsif, autoritaire et vindicatif de son fils et successeur, Joseph II, elle préféra conserver le pouvoir et seulement l'associer au gouvernement des « États héréditaires ».
Néanmoins, son règne se termina sur un regret, celui de s’être associée,  avec la Russie et la Prusse, au partage de la Pologne (1772) qui, à son sens, l’éloignait de son but principal : récupérer la Silésie et faire contre-poids à l’influence de la Prusse.
 
Elle fut souvent décrite comme une souveraine conservatrice, ce qu’elle fut par certains aspects. Mais pour ses contemporains, par son courage, sa grandeur d’âme et sa pugnacité, Marie-Thérèse, archiduchesse d'Autriche, « roi » de Hongrie, reine de Bohème, de Croatie, etc.,  était devenue « Marie-Thérèse la Grande », et le resta de génération en génération.
 
Elle mourut  victime d’asthme cardiaque. Selon la tradition, son cœur fut inhumé dans la crypte de la chapelle Loreto (Loretokapelle) en l’église du monastère des  Augustins à Vienne, où sont réunis une cinquantaine de cœurs de la dynastie des Habsbourg.
Crypte aux cœurs des Habsbourg © Gugerell
Très unis dans la vie, Marie-Thérèse et François-Etienne ne furent pas séparés dans la mort. Tous deux partagent la même tombe dans la crypte des Capucins (Kaisergruft) à Vienne. Leur crypte, dont les travaux furent effectués avant leur décès, est la plus prestigieuse de l’ensemble de la crypte impériale . Pour illustrer leur sépulture, à mes anciennes photos en argentique de maigre qualité, j'ai préféré substituer des clichés beaucoup plus beaux.
 
L’architecte Jean Jadot de Ville-Issey couronna le bâtiment d’une coupole avec une lanterne rococo comme volute. La coupole dépassait en hauteur le couvent d’antan. En 1754, après l’achèvement de la crypte, Marie-Thérèse confia à B.F. Moll la réalisation de son double-sarcophage monumental devant recevoir sa dépouille et celle de son époux. Autour d'eux, seize autres sépultures, dont plusieurs de leurs enfants morts jeunes.
 
Sur un socle en marbre rouge, s’élève l’impressionnant tombeau de style « rocaille » fort riche, où le couple est représenté mi-allongé sur un lit de drapés, se regardant et tenant ensemble un sceptre. Un collier de perles et de pierre ourle le décolleté de la robe de gala de Marie-Thérèse qui tient une épée dans sa main gauche. François-Etienne, lui, est vêtu du manteau militaire des empereurs romains.
© Marek Kowalczuk
© Bundesdekmalamt
© Marek Kowalczuk
Derrière eux, les dominant légèrement, un génie élève une couronne d’étoiles d’une main, et de l’autre tient une trompette symbolisant, là, la résurrection des morts.
Aux quatre coins des statues éplorées présentent les écussons et les couronnes de Jérusalem, de Bohème, de Hongrie et la couronne impériale.
Chacun des deux grands côtés est orné de reliefs rappelant des évènements notables comme le passage du Rhin (1744), lors de la guerre de succession d’Autriche,  par Charles-Alexandre de Lorraine (1712-1780), beau-frère de Marie-Thérèse.
Parmi les ornements, on remarquera aussi une  tête de mort, la couronne de la maison d’Autriche, des sceptres et des épées croisés, des canons mêlés à des oriflammes, des médaillons, deux épitaphes en latin à la mémoire respective des deux défunts, etc. .
La traversée du Rhin © Bundesdekmalamt
© Peter Grubits
© Peter Grubits
5 février 2019
Sources principales :
-Ils ont fait l’histoire –Tome 6 –Ed. Larousse (2001)
-Kapuzinergruft : http://kapuzinergruft.com/kaiserin-maria-theresia
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par Marie-Christine Pénin
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