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POTTIER Eugène et De GEYTER (DEGEYTER) Pierre ou L’INTERNATIONALE
Eugène Pottier (1816 – 6 novembre 1887)
Cimetière du Père-Lachaise, 95ème division (Paris)
Chant révolutionnaire, L’Internationale fut écrit en 1871 lors de la répression de la Commune de Paris pour les paroles, et en 1888 pour la musique. Chantée pour la première fois en public à Lille au mois de juillet 1888, lors d’une fête organisée par la Chambre syndicale des marchands de journaux, L’Internationale se propagea dans le Nord : Roubaix, Tourcoing, Armentières... tous les centres ouvriers où s’implantait progressivement le socialisme. Repris dans plusieurs congrès du parti ouvrier socialiste, le simple chant régional, dédié à la gloire de l'Internationale ouvrière, allait devenir le symbole des luttes sociales à travers le monde. Lors de la scission entre socialistes et communistes, De Geyter choisit les seconds. Ce chant fut l’hymne national de l’U.R.S.S. de 1922 à 1944.
Mais qui se souvient de ses auteurs, Eugène Pottier et Pierre De Geyter, qui jamais ne se rencontrèrent et qui sombrèrent peu à peu dans l’oubli ?
Goguettier, poète et révolutionnaire, Eugène composa sa première chanson, Vive la Liberté, en 1830. Proche du peuple, attentif aux autres et surtout aux pauvres, révolté contre les oisifs et les nantis, il fut toute sa vie un militant. Il participa à la Révolution de 1848. Sous le Second Empire, il créa une maison d'impression sur étoffes et, en 1864, fut à l'origine de la création de la Chambre syndicale des dessinateurs qui adhéra ensuite à la Première Internationale.
 
Signataire du manifeste de la section parisienne de l'Internationale dénonçant la guerre, lorsque la France la déclara à la Prusse (1870), membre de la garde nationale, il participa aux combats durant le siège de Paris.
Puis, il prit une part active à la Commune de Paris, dont il fut élu membre pour le 2e arrondissement. Après avoir participé aux combats de la Semaine sanglante (21-28 mai 1871), caché dans Paris, il composa son poème L'Internationale en juin avant de se réfugier en Angleterre.
Condamné à mort par contumace en 1873, il s’exila aux Etats-Unis, d'où il organisa la solidarité pour les communards déportés. De là, il adhéra au Parti ouvrier socialiste d'Amérique. Ruiné et à demi paralysé, il revint en France après l’amnistie de 1880. Fréquentant les goguettes, grâce à ses retrouvailles avec le chansonnier Gustave Nadaud (1820-1893), il publia pour la première fois une cinquantaine de chansons (1884).
En 1887, ses amis politiques publièrent à leur tour ses Chants révolutionnaires incluant pour la première fois le texte de L'Internationale. Remarqué par le poète Charles Cros, celui-ci le communiqua à la section lilloise du Parti ouvrier. C’est ainsi que Gustave Delory (1857-1925), futur député maire de Lille, demanda à Pierre De Geyter d’en composer la musique. Un an après sa mort, Eugène devenait célèbre.
 
Il avait souvent joué de malchance et son enterrement ne dérogea pas. Pour ses obsèques, ses anciens collègues de la Commune avaient convié une foule d’environ 10 000 personnes à la Goutte d’Or où se situait son dernier logement des plus sordides. Une bagarre éclata à propos d’un drapeau rouge dont les agents voulurent s’emparer. La police chargea sabre au clair. Le député socialiste Jules Joffrin (1846-1890) fut arrêté et conduit au poste pendant que d’autres étaient violemment frappés pour avoir pris sa défense. La presse fit la part belle aux incidents ne disant pas un mot du défunt sinon que « c’est un ancien membre de la Commune que les révolutionnaires qualifient de poète, mais dont les œuvres sont bien peu connues ».
 
Il fallut attendre 1905 pour que sa tombe, au cimetière du Père-Lachaise, soit modestement ornée d’un livre ouvert rappelant, sur une page, quelques-uns de ses poèmes : L’insurgé, Jean Misère, La Toile d’araignée, Ce que dit le Pain, La Mort d’un globe et L’internationale, bien évidemment.
© MCP
© MCP
Pierre De Geyter (Degeyter) (1848 – 26 septembre 1932)
Cimetière ancien de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
Ouvriers belges, ses parents avaient émigré à Lille pour y trouver du travail dans l’industrie textile. Bien que travaillant depuis l’âge de sept ans, s’intéressant surtout à la musique, il parvint à suivre les cours du Conservatoire de musique de Lille. Très doué -, il jouait de plusieurs instruments-, il composait des morceaux. Assisté de son frère Adolphe, solide baryton, et de son beau-frère, Cassoret, qui jouait de l’harmonium, il faisait des tournées militantes dans le Nord pour soutenir les luttes ouvrières.
 
En 1888, la section lilloise du Parti ouvrier français fonda une chorale : « La Lyre des Travailleurs » qui se réunissait à l’estaminet de « la Liberté ».
L’estaminet de « la Liberté » (date et auteur du cliché  ignorés)
La même année, Gustave Delory (1857-1925), l’un des fondateurs de la chorale, et futur député-maire de Lille, qui possédait les chants révolutionnaires d’Eugène Pottier, demanda à Pierre de mettre en musique les chants du recueil dans lequel se trouvait L’Internationale dont il composa la musique sur-le-champ. « La Lyre des Travailleurs » décida d’en faire éditer à 6000 exemplaires. La répression patronale étant féroce, Pierre, salarié d’usine, prit des précautions : si son nom figurait sur la partition, son prénom n’y était pas. Ce qui n’empêcha pas le compositeur de devoir quitter Lille, dont les patrons l’avaient classé comme dangereux révolutionnaire. Il déménagea à Saint-Denis. En 1904, son frère, Adolphe, intenta un procès pour lui contester la paternité de cette musique. Procès interminable qui ne prit fin qu’en 1922, date à laquelle l’affaire fut définitivement tranchée : Pierre De Geyter était bien le compositeur de L'Internationale. Adolphe, avant de se suicider en février 1916, avait avoué la vérité.
 
Invité d’honneur de Staline à Moscou lors des célébrations du dixième anniversaire de la Révolution d'octobre (1927), Staline lui accorda une pension d’État, en guise de droits d'auteur. Il mourut pourtant dans une certaine indigence.
 
Le 29 septembre 1932, ses obsèques furent annoncées. Le 3 octobre, à la une de L’Humanité se trouvait le bilan de la manifestation : « A Saint-Denis-la-Rouge, le prolétariat parisien a fait à Degeyter de grandioses funérailles révolutionnaires. Plus de 50 000 travailleurs ont suivi le char funèbre au milieu de l’immense foule de la population dionysienne. » Il fut inhumé au cimetière ancien de Saint-Denis.
Le cortège funèbre de Pierre De Geyter devant la cathédrale de Saint-Denis © Keystone-France /Gamma-Rapho via Getty Images
Vue générale de la foule devant la tombe de Pierre Degeyter
© Keystone-France /Gamma-Rapho via Getty Images
© MCP
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Sources principales :
 
-http://www.socialisme-libertaire.fr/2018/08/eugene-pottier-communard-et-un-poete-militant.html
-https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/dossier-thematique/les-artistes-et-la-commune/975-l-internationale-musique-de-pierre-degeyter
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Dernière mise à jour
au 21 octobre 2020
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