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Portant chapeau à larges bords, mantelet, pantalon rayé et sabre de bois, masque avec moustache et barbe hirsutes, son rôle de valet fourbe et intrigant, inspiré des zanni était proche de celui de Brighella (valet bouffon de la comédie italienne).
Alors qu’il était considéré non seulement comme excellent farceur mais aussi bon comédien, on appela de façon péjorative turlupinades les lazzis des acteurs jouant un peu dans son style: méchantes pointes, jeux de mots et équivoques faciles.
 
Turlupin joua pendant plus de cinquante-cinq ans. Inséparables de leur vivant, à sa mort, il rejoignit ses deux complices.
 
Tous trois, selon Henri Sauval (1623-1676),  auraient été inhumés en l'église Saint-Sauveur.
En fait, seul le nom de Gaultier-Garguille a été sur les registres mortuaires de la paroisse.
Néanmoins, il faut observer qu'avant 1660, les registres réguliers des actes paroissiaux n'existaient pas toujours ; la négligence avec laquelle on constatait les naissances et les décès était telle qu'il en résultât un nombre conséquent d'erreurs ou d'omissions.
 
D'autre part, ne pourrait-il s'agir de la paroisse Saint-Sauveur et non de l'église ? On peut raisonnablement se poser la question. Dans ce cas, en tenant compte de leurs dates de décès respectives,  le petit cimetière attenant à l'église ou son charnier seraient aussi possibles.
Dans tous les cas, il ne reste rien de leurs tombes ni la moindre épitaphe gravée et ce depuis  bien longtemps.
- GROS-GUILLAUME Robert Guérin, dit La Fleur, dit
- GAULTIER-GARGUILLE  Hugues Guéru, dit Fléchelles, dit
- TURLUPIN Henri Legrand, dit Belleville, dit
Eglise Saint-Sauveur (Paris) disparue
Paillasse (acteur bouffon) du 17ème siècle, il était du nombre des comédiens souvent demandé au Louvre par Henri IV. Il fit partie de la bande joyeuse des Enfants sans souci vers 1598, puis de la troupe de l'Hôtel d'Argent, avant d'entrer à Hôtel de Bourgogne en 1610.
 
Notre farceur se présentait comme : « un franc yvrogne, gros, gras & ventru, qui ne paroissoit sur le Théatre que garotté de deux ceintures, l'une au-dessous du nombril, & l'autre près des tétons, qui le mettoient en tel état qu'on l'eût pris pour un tonneau. Il ne portoit point de masque ; mais se couvroit le visage de farine, ensorte qu'en remuant un peu les lèvres, il blanchissoit tout d'un coup ceux qui lui parloient ».
Il jouait indifféremment des rôles d’hommes ou de femmes et disait les choses si naïvement et avait une figure si plaisante qu'on ne pouvait s'empêcher de rire en le voyant. Associé à ses deux compères, ce trio détonant fit les beaux jours de la farce où il portait le pseudonyme de Gros-Guillaume qu’il troquait pour Lafleur dans les comédies. Chef incontesté des « comédiens du Roi », à partir de 1622, il le resta jusqu’à sa mort. Alors qu'il était atteint de gravelle, il réussit à intégrer ses grimaces de douleur dans son jeu. Guillot-Gorju lui succéda.
GAULTIER-GARGUILLE  Hugues Guéru, dit Fléchelles, dit  (v. 1573 – 10 décembre 1633)
Après avoir fait ses preuves dans les foires, il se spécialisa dans les rôles de vieillards, d’abord au théâtre du Marais (1598) avant de devenir, en plus, un chansonnier réputé pour ses grivoiseries qu’il chantait à la fin des spectacles. Entré à l’Hôtel de Bourgogne (1619), trois ou quatre plus tard, celui-ci étant occupé par une autre troupe, il préféra le quitter pour l’Hôtel d'Argent non sans porter plainte contre les gêneurs. Mais ce fut lui et Turlupin qui furent condamnés.
Maigre, avec de longues jambes fines et un gros visage, il jouait toujours avec un masque à grande barbe pointue ; il portait une calotte noire et plate, des escarpins noirs et des manches de frise rouge, un pourpoint et des chausses de frise noire.
Comédien d’élection de Richelieu et Louis XIII, il fut appelé : « La merveille des comédiens de France ». Surtout réputé pour son répertoire de farces, il jouait quelques fois aussi les rois dans des pièces sérieuses sous le pseudonyme de « Fléchelles ». Il a également écrit un recueil de chansons et quelques prologues imprimés en 1631.
TURLUPIN Henri Legrand, dit Belleville, dit ( ? – 1637)
Selon les sources, son année de naissance varie de beaucoup. On sait qu’il était déjà connu en 1583 et vit le jour à Belleville d’où l’autre surnom qu’il adopta aussi sur scène.
 
Grand, bel homme, roux et doté d’infiniment d’esprit, il porta la farce à un degré encore jamais atteint. Monté sur les planches dès son enfance, on le voyait souvent sur le Pont-Neuf avant qu’il ne s’acoquine avec Gros-Guillaume et Gaultier-Garguille pour former avec eux, à l’Hôtel de Bourgogne, un extraordinaire trio de paillasses.
Sources principales :
- Deux farceurs normands : Gros-Guillaume & Gaultier Garguille par Alfred Canel (1803-1879) : Revue de la Normandie, année 1862.
- Dictionnaire des comédiens français (ceux d’hier ) d’Henry Lyonnet (1912)
(*) commentaire(s)
Bien évidemment cette épitaphe commet une erreur en faisant décéder les trois compères dans la même semaine.
5 novembre 2012
GROS-GUILLAUME Robert Guérin, dit (v. 1554 – 1634)
Comme un fruit naturel du terroir, la farce, qui brilla surtout au théâtre et qui enfanta Molière,  se retrouve dans une foule de coutumes qui traversèrent les siècles.
 
Longtemps ce genre vécut de personnalités. Quand venait le grand jour du Mardi-Gras, la basoche, qui pendant de nombreuses années en conserva le monopole, s’emparait alors de l’actualité scandaleuse du moment pour égayer la foule. Sous le couvert de la folie, elle assénait de bonnes et dures vérités. Tout ce qui pouvait être l’objet du ridicule était saisi au passage et joué à l’impromptu par des acteurs impitoyables. Les farceurs de l'ancien théâtre s'accoutumèrent fort aisément à ne pas agir d'une autre manière.
 
Pendant près de trois siècles, du 14ème à la fin du 16ème siècle, les farces dramatiques furent écrites en vers. Cette forme, qui se prêtait mal à l'improvisation indispensable pour épingler l’actualité du jour, tomba peu à peu en désuétude.
La prose, convenant mieux à l’à propos de la malice, se substitua donc aux vers. Pour satisfaire un public avide de moqueries, les comédiens durent se montrer aussi talentueux dans leurs jeux que dans l’art d’improviser.
Les anciennes farces furent adaptées dans un style plus compréhensible. Celles importées d'Italie devinrent le canevas sur lequel se multiplièrent les broderies de circonstance. Tout farceur intelligent se devait non seulement de rendre avec plus ou moins de supériorité les œuvres des écrivains mais aussi être lui-même un peu auteur.
 
Les moyens de communication limités de l’époque faisaient des foires les lieux privilégiés d’échanges et de rencontres. Leurs ouvertures, correspondant en général à quelque grande fête de l’Église, se faisaient avec des cérémonies spectaculaires et devenaient les scènes idéales pour les facéties de certains farceurs, tel Gautier-Guarguille, qui régalaient le public en caricaturant des détails de mœurs, de   coutumes et des personnages connus.
 
Gros-Guillaume, Gaultier Garguille et Turlupin furent de ceux qui excellèrent à redonner vigueur à la vieille tradition de la farce, en la rajeunissant par l’interpolation quotidienne des faits de la chronique scandaleuse. Ils devinrent un trio légendaire.
On raconte qu'ils avaient d’abord joué des farces de leur invention sur un petit théâtre portatif, dans un jeu de Paume, près de la porte Saint-Jacques. Deux fois par jour, durant une heure, ils  jouaient devant un parterre d'étudiants ravis.
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par Marie-Christine Pénin
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