RETOUR BOULEVARD DU CRIME
BOURBON-CONDÉ Louis VI Henri Joseph de (1756 – 27 août 1830)
Basilique Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
Amédée Boudin, Histoire de Louis-Philippe Ier roi des Français, t. II, Paris, 1847
Le scandale fut d’autant plus retentissant que les légitimistes accusèrent Louis-Philippe d’avoir diligenté l’assassinat du vieux prince. Demeuré fidèle à la monarchie légitime, il est vrai que son ralliement à Louis-Philippe était des plus tièdes. On parlait aussi de la crainte du nouveau roi de voir son fils, le duc d’Aumale, déshériter par Condé en faveur du comte de Chambord. Les orléanistes se défendirent et, dans cette période très sensible de l’après Trois Glorieuses, l’affaire fut un prétexte supplémentaire à des règlements de comptes politiques.
Lors des funérailles, le 4 septembre, l’abbé Pélier de Lacroix, confesseur du défunt, déclara que « le prince est innocent de sa mort devant Dieu », sentiment qui trouva largement écho dans l’opinion publique.
 
Alors ? De nos jours, les circonstances de la mort du prince ne sont pas résolues. Si la thèse du suicide est définitivement écartée, on met en avant une pratique sexuelle servant de stimulant, la strangulation, à laquelle il aurait eu recours. Accident ou assassinat, on ne le saura jamais. La baronne aurait ensuite monté, avec l'aide de son frère, la mise en scène du suicide.
 
Louis, dernier prince de Condé, fut inhumé dans la chapelle des Princes de la basilique Saint-Denis. Comme tous les défunts reposant dans cette « tombe » commune, son cercueil y fut simplement déposé.
© Erwan Le Marchand
© MCP
Sophie Dawes, baronne de Feuchères (1790 – 15 décembre 1840)
Cimetière de Kensal Green, Londres (Angleterre)
De l’ancienne servante de maison close à l’héritière d’une partie de la fortune de prince de Condé, l’aventurière avait bien mené sa barque.
Mariée en 1818 au baron de Feuchères, qui ignorait les rapports unissant sa femme au prince, Sophie put faire son entrée officielle à la Cour où jolie et intelligente elle se fit remarquer.
 
Cependant, en 1822, lorsqu'il découvrit le pot-aux-roses, humilié d’être le dernier  de France à connaître son infortune, Feuchères lui imposa une séparation deux ans plus tard la privant de son statut mondain.
Mais l'intrigante baronne ne l'entendait pas ainsi. Pour rétablir sa position perdue, elle manœuvra habilement auprès du futur Louis-Philippe et de Talleyrand en lui offrant son appui pour le laver des soupçons auprès du prince sur sa participation à l'exécution du duc d'Enghien.
 
Bien qu’elle le niât le reste de sa vie, il parait douteux qu’elle ne soit impliquée à aucun moment dans la mort de son amant sans pour autant l’avoir froidement exécuté. C’est ainsi que selon certains historiens, il s'agirait  d’un inavouable accident, résultat d'un malheureux jeu sexuel.
 
Après plusieurs mois d'enquête, on en arriva à la conclusion  que le crime avait été maquillé en suicide. Malgré les soupçons qui pesaient sur elle, la baronne étant rentrée en grâce auprès du nouveau couple royal.  Le juge, un légitimiste ultra,  fut mis à la retraite d'office en échange de la nomination de son gendre comme juge tutélaire au tribunal de la Seine. Le 21 juin 1831, le suicide étant officiellement reconnu, il n'y avait donc pas lieu de poursuivre.
Sophie Dawes entra en possession de son héritage : 2 millions de francs ainsi que plusieurs châteaux dont celui de Saint-Leu. A la tête d’une belle fortune, elle possédait  enfin tout ce qu’elle avait voulu, sauf…sa reconnaissance à la Cour qui, face au scandale, lui interdit sa porte.
Mise au ban de la haute société française, elle vendit ses biens et retourna en Angleterre. Elle acheta un domaine dans le Hampshire et une maison à Londres. Convertie au catholicisme, elle passa ses dernières années à faire preuve d’une grande charité. Elle mourut d’une crise cardiaque comme « étouffée rapidement comme si étranglée par une main
invisible »...
 
Pied de nez de l’histoire, suite aux conflits générés autour de sa succession, une grande partie de sa fortune retraversa la Manche pour garnir les poches de son mari.
 
Sophie Dawes, baronne de de Feuchères, fut inhumée au cimetière de Kensal Green où elle compte parmi les célébrités incontournables y reposant.
Pas d'illustration de la sépulture.
Adrien Victor de Feuchères (1785 – 22 novembre 1857)
Cimetière du Père-Lachaise, 49ème division (Paris)
En 1818, il épousa à Londres, Sophie Dawes, qu'il prit pour une fille naturelle du prince de Condé alors qu'elle était sa maîtresse. Le prince souhaitant établir Sophie afin qu'elle puisse paraître à la cour, obtint pour lson époux un titre de baron (1819) et le fit nommer son aide de camp (1820)). Il entretint la crédulité de Feuchères et alla même jusqu'à doter la jeune femme.
Mais lorsque le cocu dont tout Paris se gaussait, réalisa son infortune, on eut beau le propulser colonel, il vengea son honneur en se séparant officiellement de sa femme (1824).
 
Installé à Nîmes, comme général et chef de subdivision, il y comptait de nombreux amis et y bénéficiait de l’estime de tous.
Devenu veuf et héritier de la plus grande partie de la fortune de sa femme, Feuchères resta plus que jamais l'homme d'honneur que les Nîmois révéraient. Refusant de percevoir pour lui-même un sou de cette fortune qu'il considérait comme "le salaire du vice", il la consacra entièrement aux œuvres de bienfaisance et de charité de Nîmes et de sa région. On donna tout de suite son nom à la première grande avenue moderne de cette ville.
 
Elu député orléaniste du Gard et statufié de son vivant, il mourut à Paris et fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise où le rejoignit sa seconde épouse.  Par arrêté préfectoral du 1er février 1861, sa concession fut déclarée gratuite.
Militaire, il fit ses premières campagnes sous l’Empire et participa notamment aux batailles d'Iéna, d'Eylau et de Friedland. Envoyé en Espagne et nommé capitaine à l'état-major de l'armée d'Aragon, il s’y distingua et fut cité à l'ordre du jour. Fait chevalier de la Légion d'honneur en 1809 à la bataille de Tudela, il fut blessé à l'assaut du col d'Ordal en 1813 et promu chef de bataillon.
Convalescent pendant la Première Restauration, il demeura inactif pendant les Cent-Jours. Cette attitude prudente lui permit d'être réintégré après la Seconde Restauration, au 6e Régiment d'Infanterie de la Garde Royale avec le grade de lieutenant –colonel.
© MCP
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(*) commentaire(s)
Le second drame fut causé par sa propre mort intervenue dans des circonstances qui justifient la place de cet article dans « le boulevard du crime » et provoquèrent un immense scandale.
 
Depuis des années, séparé de sa femme, Bathilde d’Orléans, lors de son exil en Angleterre il avait rencontré Sophie Dawes, de trente-trois ans sa cadette et servante dans une maison close de Londres. Devenue sa maîtresse, il lui fit donner une éducation soignée. Elle le suivit lors de son retour en France où, pour sauver les apparences, il lui fit épouser le baron de Feuchères. La jeune bougresse pensant à assurer son avenir, s’ingénia à bafouer son amant et à l’isoler petit à petit des siens jusqu’à la rupture. Faisant mains basses sur tous les bijoux de famille, elle réussit également à se faire léguer une partie de la fortune du prince. Elle fit venir et installer sa parentèle, dont son frère James.
 
Battu et humilié,  Louis songea-il à fuir ?  Le 26 août au soir, il joua aux cartes avec Sophie.
Le 27 août au matin, on le retrouva pendu à l’espagnolette de sa chambre au château de Saint-Leu.
Suicide ? Etrange pour un infirme qui ne pouvait même pas lever ses bras pour se coiffer…Ce fut pourtant la thèse retenue officiellement malgré son invraisemblance.
28 mai 2013
Vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre…
 
Prince de sang royal, il connut l’émigration à la Révolution et fut nommé grand chambellan à la seconde Restauration.
Aucun fait notable à son actif, le duc n’aurait donc aucun intérêt particulier si le sort ne lui avait réservé par deux fois une actualité dramatique.
Père du duc d’Enghien, il eut d’abord la douleur de perdre son unique enfant exécuté, en 1804, dans les fossés du château de Vincennes sur ordre de Napoléon 1er.
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par Marie-Christine Pénin
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