RETOUR PERSONNALITES LIEES A PHILIPPE IV
JACQUES DE MOLAY (v. 1244 - 18 mars 1314) et la fin des Templiers
Cendres dispersées aux quatre vents (Paris)
Si les circonstances politico-financières de son temps n’en avaient pas décidé autrement, le nom de Jacques de Molay se serait confondu dans la chronologie des Grands Maîtres de l’Ordre du Temple qui écrivirent les pages de ses succès et de ses échecs.
 
Mais, Jacques de Molay avait un rendez-vous tragique avec la grande histoire. Les siècles et la littérature allaient y rajouter les ingrédients nécessaires pour transformer cet épisode dramatique en une véritable légende : huit siècles plus tard, entre malédictions et quête du trésor des Templiers, Jacques de Molay et le Temple continuent à fasciner.
Supplice de Jacques de Molay et de Geoffroy de Charnay. En réalité,  ils étaient vêtus de simples chemises longues.
L'île aux Juifs (point rouge). Située à la pointe ouest de l'île de la Cité, elle fut totalement rattachée à celle-ci par Henri  IV.
De nos jours, le square du Vert Galant occupe la pointe de l'île.
Le supplice de Jacques de Molay eut lieu à peu près sous la statue d'Henri IV. Photo MCP
Interrogatoire de Jacques de Molay
Torturé comme tous les autres, Molay avoua tout ce qu'on voulait entendre. Puis, il se mura dans le silence privant les templiers d'une direction claire à suivre et du soutien moral d'un chef.
Du 10 au 12 mai 1310, 54 d’entre eux furent condamnés au bûcher.
Le 22 mars 1312, Clément V décida de la suppression de l’Ordre, mais sans le juger ni le condamner, et de donner ses bien aux Hospitaliers.
Deux ans plus tard, Clément V l’abandonnait à son sort.
 
18 mars 1314. Après sept ans d’un procès inique, le Grand Maître comprit enfin que tout était fini. Sa délivrance, plusieurs fois promise n’était qu’un leurre. Il trouva alors le courage de se rétracter publiquement ce qui contraria beaucoup Philippe IV qui, sans attendre une condamnation ecclésiastique, décida du sort des deux relaps : Molay et son compagnon Geoffroy de Charnay.
Comme le dira si bien Bossuet : « Ils avouèrent dans les tortures, mais ils nièrent dans les supplices ».
 
Le soir même, un bûcher fut dressé sur l’île aux Juifs dans lequel les deux Templiers périrent, suprême raffinement,  à petit feu. Jacques de Molay aurait demandé à mourir en regardant Notre-Dame. On raconte qu'il chantait des hymnes et qu’on l’aurait entendu s’écrier :
« Clément ! Juge inique et cruel bourreau ! Je t’ajourne à comparaître dans les quarante jours, devant le tribunal du souverain juge ». Le hasard voulut que Clément V, malade depuis longtemps, trépasse le 20 avril suivant et que Philippe IV disparaisse en novembre. Nogaret, lui, était mort depuis un an.
 
Quant à la fameuse malédiction sur la descendance de Philippe IV, la fin de la dynastie capétienne mêlée à celle dramatique de Molay et Charnay en firent le terreau idéal pour la naissance d’une légende.
(*) commentaire(s)
Une plaque commémmorative rappelle l'évènement.
L'Ordre du temple banquier de Philippe IV
 
Durant le pontificat de Boniface VIII, l’ambiance fut pour le moins tendue entre la France et Rome. Après l’attentat d’Anagni contre Boniface et sa mort, son successeur, Benoît XI, tenta d’apaiser les relations entre les deux partis. Néanmoins, il écarta de l'amnistie les fautifs directs de l'attentat: Sciarra Colonna et Guillaume de Nogaret. Mais, à peine neuf mois suivant son élection, Benoît trépassait. Ce fut donc son successeur, Clément V, qui hérita du dossier brûlant.
 
Créé au 12ème siècle pour défendre les territoires chrétiens en Terre Sainte, les « pauvres chevaliers du Christ » avaient fait place à une puissance militaire sans comparaison en Occident et détenaient des richesses à faire pâlir d’envie.
 
Durant ses années de lutte contre la papauté, Philippe IV avait trouvé auprès de l’Ordre du Temple une force pécuniaire et un soutien très avantageux. Pour éviter que la situation financière fragile du royaume ne s’aggravât, le Temple s’était transformé en un gigantesque organisme de crédit en gérant les finances de l’Etat.
 
En 1307, après quatre ans de cette association et de bons rapports,  Philippe IV amorça un virage qui mena à la perte des Templiers.
 

La convoitise de Philippe IV
 
Désormais, le pape, Clément V était français et résidait en France. En se présentant comme un défenseur de la chrétienté en lui promettant une croisade, nul doute qu’il serait sous l’influence du roi de France.
Certes, il avait été excellent d’avoir pu compter l’Ordre du Temple comme alliés durant ses différends avec la Vatican, mais ce soutien devenait inutile.
D’autre part, si le roi bénéficiait des avoirs des Templiers, il ne possédait ni ses fonds ni ses propriétés. Comment allaient-ils réagir face au rapprochement du roi avec la papauté ? Pour sauvegarder leur indépendance, n’allaient-ils pas, eux aussi, rétablir des liens étroits avec le nouveau pontife, etc. ? Bref, Philippe IV n’avait plus rien à en attendre mais beaucoup à en craindre. Soutenue par Nogaret, l’idée du roi fit rapidement son chemin.
 

Un plan machiavélique
 
Accaparer les possessions de l’Ordre tout en liquidant ses propres dettes et cet Etat dans l’Etat, la pensée était séduisante. Fallait-il encore convaincre le pape de l’intérêt de leur élimination. Il fallait vite profiter de la conjoncture mais avec précaution.
 
Discrédités depuis leur défaite d’Acre en 1291, qui avait marqué fin de la présence franque en Terre Sainte, les Templiers restaient décrochés de ses bases du Proche-Orient pourtant leur raison d’être.
Persuadant Clément qu’il soutiendrait une nouvelle croisade, Philippe IV le poussa à reprendre un projet qu’avaient déjà eu ses prédécesseurs : fusionner l’Ordre des Templiers et celui des Hospitaliers pour partir rénover le royaume de Jérusalem. Les Templiers vivraient dans leurs domaines de Palestine tandis que leurs terres en Europe seraient affermées le temps nécessaire pour aider au financement de la croisade !
 

Jacques de Molay
 
Elu avant le 20 avril 1292 comme 23ème Grand Maître de l’Ordre, si Molay s’était distingué en Terre Sainte, il n’était pas taillé pour lutter contre ses redoutables adversaires.
 
En cette année 1305, tout en reconnaissant que l’évolution historique allait dans le sens d'une fusion,  Jacques de Molay en ressentit beaucoup d’amertume et entrevit les risques encourus.
Parti pour Chypre, il en revint fin 1306.  En mai 1307, il annonça son opposition à la fusion des Ordres, contrecarrant ainsi les plans de croisade du pape qui, dans le même temps, cherchait une solution pour ne pas condamner la mémoire de Boniface VIII qu’exigeait Philippe IV.
Pire que tout,  les rumeurs sur les « erreurs de foi et les forfaits » du Temple prenaient de l’ampleur. Affaibli comme jamais, le roi de France et Nogaret pouvaient envisager l’étape suivante : la mise à mort.   Tout s’accéléra brutalement.
 
Le 24 août 1307, le pape, à la demande de Jacques de Molay, devait ouvrir une enquête sur les accusations d’hérésie et de sodomie.
Le 14 septembre, craignant les résultats de cette enquête, dans le plus grand secret, Philippe IV organisa une rafle magistrale des Templiers.
Le 12 octobre, Jacques de Molay assistait, à côté de Philippe le Bel, aux obsèques de la femme de Charles de Valois
Le 13 octobre, à l’aube, tous les Templiers étaient arrêtés en France.
Le 14 octobre, Jacques de Molay était emprisonné à son tour.
 
Les forfaits reprochés étaient les suivants : le triple crachat sur la Croix, les baisers lors de la réception, la sodomie obligatoire, l’idole barbue et la suppression de la Consécration dans les messes dites par les prêtres du Temple.
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par Marie-Christine Pénin
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au 6 décembre 2017
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