RETOUR PERSONNALITES LIEES A CHARLES VI
La présence des Armagnacs aux alentours de Paris empêchaient d’emprunter le chemin traditionnel qui menait à la basilique Saint-Denis. Alors, sa dépouille, telle celle d’une pestiférée bien que pieusement accompagnée, fut amenée jusqu’au port Saint-Landry. On la confia à un bateau où se trouvaient seulement ses exécuteurs testamentaires, notamment son confesseur et son chancelier. Bref, ce fut quasi clandestinement qu’Isabeau rejoignit Saint-Denis pour être inhumée à côté de son mari. Isabeau avait demandé à ce que son corps restât intact.
 
Lorsque le 17 octobre 1793, on ouvrit le caveau de Charles VI où se trouvait aussi Isabeau, on ne trouva dans leurs cercueils que des ossements desséchés. Dès le mois d’août, leur tombeau avait été victime des démolisseurs. Jetés dans une fosse, les restes d'Isabeau furent inhumés en 1817 dans l'ossuaire de la basilique.
Les gisants, préservés par Alexandre Lenoir au Musée des Monuments français, retrouvèrent la basilique après leur restauration.
Gisants de Charles VI et d'Isabeau avant d'être brisés. Gaignières BnF
Gisants de Charles VI et d'Isabeau de nos jours. Erwan Le Marchand
1er janvier 2012
Reine calomniée pour des turpitudes galantes qu’elle n’a pas commises, plus intelligente qu’on a bien voulu le dire, œuvrant pour la paix et la réconciliation bien davantage qu’on en a le souvenir, Isabeau n’avait hélas pas la stature nécessaire pour affronter les intrigues des princes de sang.
 
Mais, face au tribunal de l’Histoire, elle reste celle qui vendit la France à l’Angleterre évinçant du trône son fils, futur Charles VII, avec des conséquences dramatiques.
Bien que complexes et longs, on ne peut comprendre cet acte, sans résumer à minima les évènements.
La basilique Saint-Denis. Editions du Patrimoine
(*) commentaire(s)
Mariée à Charles VI, le monarque « fol », avant la révélation de la folie du roi en 1392, leurs sept premières années de mariage avaient été heureuses. Douze enfants naquirent de leur union, dont cinq entre 1386 et 1392.
Mais, à la longue, les crises de folie du roi émoussèrent les sentiments d’Isabeau qui dut prendre en charge l’éducation de ses enfants, assurer sa fortune et s’impliquer de plus en plus dans la vie politique.
 
Pour palier aux faiblesses mentales de Charles VI, son frère cadet, Louis d’Orléans, fut désigné régent éventuel, charge que revendiquait aussi, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et oncle du roi. Les tensions entre les deux hommes étaient à leur comble quand, en 1402, Charles VI confia les pleins pouvoirs à Isabeau pour régler les différends entre les deux hommes, charge dont elle était loin d’être à la hauteur.
 
La mort de Philippe le Hardi (1404), mit à la tête de la Bourgogne son fils, Jean sans Peur qui fit assassiner Louis d’Orléans (1407) ce qui déclencha la guerre civile entre Armagnacs  et Bourguignons. Au début, proche des Armagnacs, Isabeau, ballottée entre les deux partis, resta des années sans prise réelle sur les évènements.
 
En 1415, les Anglais nous écrasaient à Azincourt et le dauphin Louis de Guyenne mourait faisant de Jean de Touraine l’héritier du trône.
 
En 1416, contrainte de s’exiler par les Armagnacs pour échapper à un complot fomenter par Jean sans Peur, elle finit par s’allier à ce dernier et organisa à Troyes un gouvernement étroitement contrôlé par les Bourguignons.
En 1417, Jean de Touraine mourait laissant la couronne à son cadet, Charles,  favorable aux Armagnacs
 
En 1419, lors d’une entrevue à Montereau avec le dauphin, qu’il tentait de se concilier, Jean sans Peur fut assassiné par les Armagnacs qui craignaient un rapprochement entre les deux hommes. Pour venger son père, son héritier, Philippe le Bon,s’allia aux Anglais.
 
Ainsi en arriva-t-on à l’infâme traité de Troyes du 21 mai 1420. Philippe le Bon et Henry V d'Angleterre, auxquels Isabeau n’eut pas le courage de s’opposer, se mirent d’accord sur le dos de Charles.
Isabeau, laissant accréditer la thèse de l’illégitimité de Charles l’évinçait du trône au profit d’Henry V déclaré régent du royaume de France à condition d’épouser Catherine de France, fille d’Isabeau et de Charles VI, ce qu’il fit. Isabeau voyait sans doute déjà sa fille occuper deux  trônes.
 
Elle venait de vendre la France à l’Angleterre. Ce qu’elle ne pardonna jamais et qui fut, entre autres, l’origine de sa haine indéfectible pour son fils Charles fut son exil durant lequel  les Armagnacs lui avaient aussi pris tout son or, ses bijoux, etc. Alors, elle voua aux Gémonies tout partisan de celui qu’elle appelait le « fils du fol » tout en se repaissant de sa rancune.  Charles n’était plus son fils mais un empêcheur de tourner en rond, un adversaire objet de toute sa rage. Et quelle rage au ventre fallait-il pour  signer le traité de Troyes où Charles, déshérité, était condamné à douter de sa légitimité.
 
1422 voyait les morts d’Henry V puis de Charles VI.
De nouveau écartée du pouvoir au profit des ducs de Bedford et de Gloucester, frères d’Henry V, qui assuraient la tutelle de son jeune héritier Henry VI, et petit-fils d’Isabeau,  elle se retira en son hôtel Saint-Pol. Accrochée à sa haine contre Charles, elle soutint les prétentions d’Henry VI contre lui. Malgré elle,  Charles fut couronné roi de France en 1429.
 
Isabeau n’était plus qu’une grosse femme négligée de tous. Fini les fêtes et les grandes chasses que ses revenus ne lui permettaient plus de s’offrir. Elle était seule dans son hôtel, vidé de tous les plaisirs du passé quand, en 1431,  passa sous ses fenêtres le cortège d'Henry VI qui venait de se faire sacrer roi de France à Notre-Dame. On la traîna pour le regarder et s’incliner. Elle pleura.
Son fils et son petit-fils portaient chacun une couronne du même royaume et par sa faute. On ne saura jamais si ses larmes étaient dues à une crise de conscience et aux remords, à l’amertume de savoir Charles couronné ou à la vision de ces réjouissances auxquelles elle n’était même pas conviée, elle la grand-mère du roitelet anglais qu’elle avait coiffé d’une couronne bien chancelante. Ainsi continua la vie d’Isabeau pendant encore six ans avant de mourir.
 
Le 13 octobre, ses serviteurs et familiers apportèrent sa dépouille jusqu’à la cathédrale Notre-Dame sur une litière que précédaient des huissiers du Parlement qui faisaient faire place aux membres de la Cour. Bien  que la reine déchue n’eût laissé qu’une maigre somme à la fabrique de Notre-Dame, le clergé de la cathédrale fit en sorte que le service soit à peu près digne d’une souveraine prêtant même un sceptre, une couronne et autres ornements royaux pour la décoration du chœur.
Louis de Luxembourg, Jacques du Châtelier, évêque de Paris, le seigneur de Scales et quelques autres assistèrent  au service funèbre où le mépris que tout le monde affichait pour elle ne permettait pas la pompe habituelle d’un cortège.
ISABEAU DE BAVIÈRE (1371 - 21, 24 ou 28 septembre 1435) Reine de France: épouse de Charles VI
Basilique Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
Coeur: Couvent des Célestins (Paris)
ACCUEIL
THEMES 
Chercher
CONTACT
DE A à Z 
FACEBOOK
TOMBES ET SEPULTURES DANS LES CIMETIERES ET AUTRES LIEUX
Pour s'abonner à la Newsletter : l'inscription se fait en cliquant sur "Contact" en précisant bien le sujet et votre adresse E.mail.
par Marie-Christine Pénin
LIEUX D'INHUMATIONS
 
-Abbaye royale de Chelles (77)
-Abbaye de Maubuisson (95)
-Abbaye de Montmartre (75)
-Abbaye de Port-Royal (75)
- Abbaye de Port-Royal-des-Champs (78)
-Abbaye et église St-Germain-des-Prés (75)
-Abbaye St-Victor (75) (disparue)
-Abbaye St-Yved de Braine (02)
Abbaye Ste-Geneviève (75)
-Abbaye du Val-de-Grâce (75)
 
-Basilique Saint-Denis (93)
-Basilique St-Pierre de Rome
 
-Catacombes de Paris
-Catacombes de Rome
 
-Cathédrale Notre-Dame (75)
 
-Chapelle Royale de Dreux (28)
-Chapelle de la Sorbonne (75)
-Chapelle des Incurables (75)
-Chapelle St-Aignan (75)
-Chapelle St Peter-ad-Vincula, (Tour de Londres)
 
-Chartreuse de Gaillon-lez-Bourbon (27) (disparue)
 
-Cimetière de Bonsecours (76)
-Cimetière du Calvaire (75)
-Cimetière de Clamart (75)
(disparu)
-Cimetière des chiens d'Asnières (92)
-Cimetière "des fous" d'Evreux (27)
-Cimetière des Errancis (75)
(ancien cimetière révolutionnaire)
-Cimetière des Innocents (75) (disparu)
-Cimetière des Invalides (Invalidenfriedhof) Berlin
-Cimetière de la Madeleine
(ancien cimetière révolutionnaire)
-Cimetières parisiens (subtilités)
-Cimetière parisien d'Ivry (94)
-Cimetière parisien de Vaugirard (disparu)
-Cimetière de Picpus (75)
-Cimetières protestants
-Cimetière St-André-des-Arts (75) (disparu)
-Cimetières St-Benoît (75) (disparus)
-Cimetière St-Denis-du-Pas (75) (disparu)
-Cimetière St-Etienne-du-Mont (75) (disparu)
-Cimetières de St-Eustache (75) (disparus)
-Cimetière St-Germain-l'Auxerrois (75) (disparu)
-Cimetière St-Gervais (75)
(disparu)
- Cimetière St-Jacques-du-Pas (75) (disparu)
-Cimetière St-Jean-en-Grève (75) (disparu)
-Cimetière St-Landry (75) (disparu)
-Cimetière St-Laurent (75) (disparu)
-Cimetière St-Marcel (75)
(disparu)
-Cimetière St-Médard (75)
(disparu)
-Cimetière St-Nicolas-du-Chardonnet (75) (disparu)
-Cimetière St-Paul-des-Champs (75) (disparu)
-Cimetières St-Roch (75) (disparus)
-Cimetière St-Sulpice (75)
(disparu)
-Cimetière de Sapanta (Roumanie)
-Cimetière St-Sauveur (75) (disparu)
Cimetière et charniers St-Séverin (75)
Cimetière Ste-Catherine (75)
(disparu)
-Cimetière Ste-Marguerite (75)
 
-Collégiale St-Laurent de Joinville (52) (disparue)
-Colonne de Juillet (75)
 
-Couvent de l'Ave Maria (75) (disparu)
-Couvent des Augustins-Déchaussés (75) (disparu)
-Couvent des Blancs-Manteaux (75) (disparu)
-Couvent des Capucines (75)
(disparu)
-Couvent des Carmélites de la rue St-Jacques (75) (disparu)
-Couvent des Carmes-Billettes (75)
-Couvent des Carmes-Déchaussés (75)
-Couvent des Célestins (75) (disparu)
-Couvent des Cordeliers de Nancy (54)
-Couvent des Cordeliers (75)
(disparu)
-Couvent des Chartreux de Vauvert  (75) (disparu)
-Couvent des Feuillants du Fg St-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des Grands-Augustins (75) (disparu)
-Couvent des Grands Carmes ou Carmes Barrés ou Carmes Maubert (75)  (disparu)
- Couvent des Jacobins réformés de la rue Saint-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des  Jacobins de la rue Saint-Jacques (75) (disparu)
-Couvent des Minimes de Chaillot (75) (disparu)
-Couvent des Minimes de la place Royale (75) (disparu)
-Couvent des Pénitents du Tiers-Ordre de St-François ou Pénitents de Picpus (75)
(disparu)
Couvent des Petits-Augustins (75)
-Couvent des Théatins (Paris) (disparu)
-Couvent de la Visitation Ste-Marie (75)
-Crypte impériale des Capucins de Vienne (Autriche)
 
-Eglise du Dôme des Invalides (75)
-Eglise de La Madeleine (75)
-Eglise La Madeleine-de-la-Cité (75) (disparue)
-Eglise Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux (75)
-Eglise St-Barthélemy (75) (disparue)
-Eglise St-Benoît, la bien tournée (75) (disparue)
-Eglise St-Christophe (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-de-la-Chartre (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-du-Pas (75) (disparue)
-Eglise St-Eloi (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne-du-Mont (75)
-Eglise St-Eustache (75)
-Eglise St-Germain-l'Auxerrois (75)
-Eglise St-Germain-le-Vieux (75) (disparue)
-Eglise St-Gervais-St-Protais (75)
-Eglise St-Hippolyte (75) (disparue)
-Eglise St-Jacques-de-la-Boucherie (75)
- Eglise St-Jacques-du-Haut-Pas (75)
-Eglise St-Jean-en-Grève (75)
(disparue)
-Eglise St-Jean-le-Rond (75) (disparue)
-Eglise St-Julien-le-Pauvre (75)
-Eglise St-Landry (75) (disparue)
-Eglise St-Laurent (75)
-Eglise (cathédrale) St-Louis-des-Invalides (75)
-Eglise St-Louis-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise et cimetière (disparu) St-Louis-en-l'Île (75)
-Eglise St-Marcel (75) (disparue)
-Eglise St-Martial (75) (disparue)
-Eglise St-Médard (75)
-Eglise St-Merry (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Chardonnet (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-des-Champs (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-St-Louis (75)
(ancien couvent des Jésuites)
-Eglise St-Pierre-aux-Arcis (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-aux-Boeufs (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-de-Montmartre
-Eglise St-Roch (75)
-Eglise St-Sauveur (75) disparue
-Eglise St-Séverin (75)
-Eglise St-Sulpice (75)
-Eglise St-Symphorien et St-Luc (75) (disparue)
-Eglise St-Thomas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise Ste-Croix (75) (disparue)
-Eglise Ste-Geneviève-des-Ardents (75) (disparue)
-Eglise Ste-Marine (75) (disparue)
-Eglises et cimetières de l'île de la Cité (75) (disparus)
 
-Grottes vaticanes
 
-Mausolée d'Auguste à Rome
-Mausolée de Mausole à
Halicarnasse (Bodrum) Turquie (disparu)
-Mémorial du Mt-Valérien (92)
 

-Panthéon
-POMPES FUNÈBRES, AUTREFOIS et leurs métiers disparus
-Prieuré Ste-Catherine-du-Val-des-Ecoliers (75) (disparu)
 
-SÉPULTURES DES BOURBONS
-SÉPULTURES DES ROIS D’ANGLETERRE (dynastie Anglo-saxonne)
-SÉPULTURES DES ROIS ET DUCS DE BRETAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS D'ESPAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS DE FRANCE ET DES EMPEREURS (résumé)
-SUPPLICIÉS Lieux d'inhumations
 
-Temple (enclos, église et cimetière du) (75) (disparus)
Dernière mise à jour
au 18 mars 2017
NOUVEAUX ARTICLES
COPYRIGHT 2010 - 2017 - TOUS DROITS RÉSERVÉS - Ce site est propriétaire exclusif de sa structure, de son contenu textuel et des photos signées MCP.  Sauf accord du propriétaire du site, toute reproduction, même partielle, à titre commercial est interdite. Les reproductions à titre privé sont soumises à l'autorisation du propriétaire du site. A défaut, le nom du site et de son auteur doivent obligatoirement être mentionnés. Tous les droits des auteurs des oeuvres protégées reproduites et communiquées sur ce site sont réservés.