RETOUR FRANCS ET MEROVINGIENS
Le mausolée dans les jardins du Musée
Jacques Lavallée et Jean-Baptiste Réville  
© RMN. Gérard Blot
DAGOBERT Ier (603 –19 janvier 639) roi des Francs (629 – 639)
Basilique Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
Parents  :
CLOTAIRE II
BERTRUDE
 
Epouses et concubines: on notera surtout :
► RAGNETRUDE OU RAINTRUDE (concubine)
► NANTHILDE
 
Enfants : on notera surtout :
► SIGEBERT III
► CLOVIS II
Sujet à la dysenterie, « un flux de ventre » aurait emporté le roi. Celui-ci sentant sa mort prochaine, s’était retiré dans la basilique Saint-Denis après avoir clairement indiqué ses choix de succession. Il mourut regretté, malgré ses débauches et son goût pour le luxe qui l'engageait à multiplier les impôts.
 
Rompant avec la tradition de ces ancêtres, ensevelis notamment en l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, Dagobert avait choisi de se faire inhumer dans la basilique qu’il avait fondée en révérence à saint Denis à qui le souverain portait une véritable vénération.
 
Restauré ou refait au 9ème siècle, son tombeau ou sarcophage était orné d’or. Disparu à une époque ignorée, lorsque Louis IX entreprit d’honorer par de nouvelles tombes les souverains de dynasties qui avaient précédé la sienne et son règne, Dagobert gisait sous une simple dalle.
© Erwan Le Marchand
Col. Gaignières. BnF
St Denis aidé de saint Maurice et de saint Martin (les trois saints protecteurs du royaume) extirpe l’âme du roi des griffes des démons.
Les trois saints hissent vers le ciel l’âme de Dagobert encensée par des anges sortant de nuées. Sur les voussures des anges symbolisent le Paradis.
Dans le gâble, qui couronne la composition, saint Denis et saint martin s’agenouillent aux pieds du Christ.
Tandis que le  soubassement est orné d’un semi de fleurs de lys, deux groupes de castilles, se rapportant aux armes Blanche de Castille, honorent la mémoire de la mère de Louis IX.
Le 18 octobre 1793, en ouvrant le mausolée, les profanateurs découvrirent un « sarcophage » de pierre de plus de six pieds de long. La pierre avait été creusée pour recevoir la tête séparée du corps. Ils trouvèrent aussi un coffre de bois garni de plomb qui renfermait ses os et ceux de Nanthilde. Les ossements étaient enveloppés dans une touffe de soie séparés les uns des autres par une planche intermédiaire qui partageait le coffre en deux parties. Sur deux côtés du coffre, il y avait une plaque de plomb sur laquelle était inscrit respectivement : Hic jacet corpus Dagoberti et sur l’autre Hic Jacet corpus Nanthildis ce qui permit leur identification.
 
Tandis que les cendres de Dagobert rejoignaient une fosse commune avant de retrouver place dans l’ossuaire de la basilique en 1817, sa tombe était démontée et apportée au Musée des Monuments français d’Alexandre Lenoir où il fut exposé en extérieur.
Rapporté en la basilique à fermeture du musée, il connut quelques vicissitudes avant de retrouver son allure d’origine (entre autres, l’architecte Debret le fit scier en deux…)
© Erwan Le Marchand
© Erwan Le Marchand
© Erwan Le Marchand
© Erwan Le Marchand
Un semi de fleurs de lys
(*) commentaire(s)
RAGNETRUDE ou RAINTRUDE  ( ?- ?)
 
Nanthilde à peine épousée et consommée, Dagobert Ier partit en expédition en Austrasie où il rencontra Ragnetrude.  S’étant montrée moins rétive que Nanthilde aux avances du roi, elle tomba rapidement enceinte des œuvres de son amant et accoucha d’un fils, le futur Sigebert III.
 
Installée royalement à Montigny –lès-Metz, Ragnetrude attendait une décision importante de la part du roi. Les Austrasiens voulant un représentant de la Cour en permanence dans leur région, ils songèrent à Sigebert pour en faire leur roi. Embarrassé à cause de la promesse faite à Nanthilde que seuls ses fils seraient héritiers du trône, Dagobert se contenta de manœuvrer sans prendre d’engagement formel jusqu’au jour où  Nanthilde lui donna elle aussi un fils, le futur Clovis II
 
On ignore ce qu’il advint de Ragnetrude. Lorsqu’il s’agira de régler l’héritage de Dagobert entre Sigebert et Clovis elle aurait été en droit d’intervenir au nom des intérêts de Sigebert encore fort jeune à ce moment là.
Or son nom n’apparaît pas et n’apparaîtra plus. Etait-elle morte ? Peut-être.  Si c’est le cas, il y a de fortes probabilités pour qu’elle ait été inhumée à Montigny-lès-Metz ou à proximité…si toutefois elle y mourut.
21 janvier 2014
L'ossuaire de la basilique, dernière demeure du roi. ©  MCP
A gauche et à droite, encadrant une scène, des castilles représentant les armes de Blanche de Castille. © Erwan Le Marchand
Comme c’est beau une légende ! La comptine de notre enfance en parlant du « bon saint Eloi »  a laissé supposer qu’il en était de même pour Dagobert. En réalité, on peut trouver à redire sur les méthodes qu’il employa pour asseoir son autorité. Ne dérogeant pas à la tradition familiale, « A tout problème, massacre est bon » aurait pu être sa devise.
Après la mort de son frère Caribert,  qui lui avait contesté son héritage, il fit supprimer son fils. Toujours dans le but d’éviter toute revendication ultérieure, il est fortement soupçonné d’avoir fait empoisonner une partie de sa famille. Ceci étant réglé, il continua à commettre d’autres exactions. Ainsi fit-il décapiter des ennemis vaincus (Saxons)  ou encore égorger des milliers de Bulgares qui lui demandaient asile…
 
Dagobert, solide Mérovingien, affichait aussi une vie privée un peu relâchée. Il eut plusieurs épouses, des femmes dont on ne sait pas toujours si elles furent épouses ou concubines, plus d’innombrables maîtresses. On le taxe même de polygamie. Le tout étant assorti d’une nuée de rejetons dont la trace est perdue depuis longtemps.  Et tout cela aux dépens du clergé qui considérait ce comportement fort peu royal et catholique.
 
Bref, l’ensemble de son oeuvre nous inclinerait à penser que s’il mettait « sa culotte à l’envers » ce n’était certainement pas sur un ton bonhomme qu’il la renfilait à l’endroit ! Rien de plus normal car il ne connaissait pas la chanson qui, destinée à ridiculiser la royauté, date de la veille de la Révolution. Quant à l’image que nous avons « du bon roi Dagobert », elle provient en grande part des Gesta Dagobertii dont la rédaction date approximativement de l’an 830.
 
Mais nonobstant cette vision des choses et la brièveté de son règne, dix ans, Dagobert fut un grand homme d’Etat. D’abord, il quitta l’Austrasie pour faire de Paris sa capitale car la ville était mieux  centrée dans son royaume que toute autre.
A son actif, il fut attentif aux conseils prodigués par des évêques de qualité comme Didier et Ouen dont l’amitié réciproque apporta son lot de bienfaits au royaume. Mais Dagobert ne serait pas Dagobert sans Eloi.
 
Toutefois, cette image idyllique de futurs saints entourant de leur sagesse le dissipé Dagobert mérite une précision. Ce n’est pas fortuitement que ces fils de nobles étaient rentrés très jeunes à l’école du palais. Leur présence garantissait aussi la fidélité de leurs pères, surtout si, comme Didier, ils venaient d’Aquitaine, territoire rétif à la domination franque. La chance de Dagobert fut que, devenus adultes, ces personnages lui restèrent fidèles.
 
Un autre personnage eut aussi son importance, Arnoul (Arnulf), qui fut chargé de l’instruction du jeune prince. Néanmoins,  ce ne fut pas dans cette fonction que le personnage prit sa dimension historique.  
 
Bon administrateur et  bon politique, son goût du luxe et du beau fut une bénédiction pour le développement des arts, notamment pour la sculpture et l’orfèvrerie.
Quand il mourut, le royaume était unifié et porteur de grandeur.  Malheureusement, sa descendance allait être confrontée aux maires du Palais.
A l’origine, le monument était peint et rehaussé d’une sorte de mastic coloré.
Le roi, dans la position traditionnelle du songe prophétique, est représenté dans son sommeil , couché sur le côté le regard tourné vers le grand autel avec de part et d’autre, la reine Nanthilde  et son fils Clovis II.
Au-dessus, traité un peu de la manière d’un tympan de portail, les scènes reprennent la légende  de l’intervention de saint Denis lors de la pesée des âmes. Chacune est identifiable grâce à une épitaphe en français peu lisible de loin.
Saint Denis confie à l’ermite Jean l’âme du roi qui vient d’être emportée en enfer sur une barque conduite par un groupe de démons.
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par Marie-Christine Pénin
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