Jeune premier, il avait rencontré Marie en 1840 à Bruxelles.  Frappé d'enchantement, pour la rejoindre, il avait rompu son contrat  l’accompagnant dans ses tournées et jouant même avec elle. Par faiblesse, par désespoir, elle se laissa aimer alors qu'elle n'éprouvait pour lui qu'une affection maternelle.
Se  reprochant douloureusement ses torts vis à vis de ses filles aînées, Gabrielle (morte après une longue maladie) et Louise, perdue, sur lesquelles elle n'avait pas su veiller, seul comptait pour elle le bonheur de sa cadette, Caroline.
Elle fut profondément heureuse quand elle devina que cette gracieuse jeune fille s'était éprise de Luguet. Ils se marièrent en 1842. Les deux anciens amants s'accordèrent pour que Caroline n’apprenne jamais rien de leur brève liaison.
Acteur et auteur de pièces théâtre, de vers et chansons, son plus beau titre de gloire vint des dernières paroles que l’on prête à Marie : « René...Sublime!... ».
On dit aussi qu’il serait à l’origine du javanais, argot typiquement parisien, comme certains l’accusèrent d’exploiter au mieux le souvenir et les reliques de l’actrice pour subvenir à ses besoins.
Find a Grave
© ODL
Sources principales :
- Dictionnaire des comédiens français (ceux d’hier) par Henry Lyonnet (1912)
- La dernière année de Marie Dorval d’Alexandre Dumas (1855) écrit afin de récolter des fonds pour la sépulture de l'actrice.
(*) commentaire(s)
6 mai 2014
Entre gloire et misère, destin émouvant et hors du commun que celui de Marie Dorval, la plus grande actrice de l’époque romantique.  
 
Fille de deux artistes, Marie Delaunay grimpa sur les planches dès son plus jeune âge. Orpheline à quinze ans, on la maria à un pauvre maître de ballets, Allan, dit Dorval. Remarquée alors qu’elle faisait un remplacement, elle vint  tenter sa chance à Paris où elle fit ses débuts au théâtre de la Porte-Saint-Martin en 1818.
Veuve l’année suivante avec deux enfants à charge et de modestes appointements, de sa liaison avec Alexandre Piccin(n)i (1779-1850), un chef d'orchestre et compositeur en vue, elle eut une fille, en 1821, Caroline.
Remariée à Jean-Toussaint Merle (1785-1852), auteur dramatique et directeur du théâtre de la Porte-St-Martin, il  fut atteint de paralysie peu d’années après leur mariage devenant une charge supplémentaire pour le ménage que Marie devait faire vivre.
 
1827 marqua sa vraie célébrité grâce à un rôle aux côtés de l’acteur Frédérick Lemaître dont elle devint une partenaire régulière.
Sans être belle, elle possédait beaucoup de charme. Son jeu, où l’art disparaissait sous le naturel de la sensibilité et sous les élans de la passion, s’adaptait parfaitement à la nouvelle littérature romantique. À la majesté classique, elle substituait la violence des effets, et ses larmes, comme ses cris, bouleversaient les salles.
Souveraine sans rivale du drame moderne de l’école romantique, elle fit ses débuts à la Comédie Française en 1834.
 
Maîtresse d’Alfred de Vigny -qui écrivit pour elle des pièces sur mesure, dont Chatterton (1835)-,  interprète de Victor Hugo, malgré ses succès son talent primesautier ne plaisait guère aux pensionnaires de la rue de Richelieu dont elle se sépara sans regret pour le théâtre de l’Odéon.
Engagée  au Gymnase, elle quitta aussi ce refuge de la comédie bourgeoise où elle ne pouvait développer sa passion.
Imposée par George Sand dans Cosima, elle refit un passage à la Comédie Française qui fut un échec retentissant et signa le début de sa fin par paliers. Elle partit en tournée sur les routes de province. pendant quelques années, continua ce rythme infernal de saisons plus ou moins décevantes à Paris et de tournées en province jusqu’à son dernier triomphe en 1845.
 
Vieillie, brisée, la mythique Marie ne trouvait plus d’engagement. En 1848, la mort de son petit-fils, Georges, qu’elle adorait accentua son calvaire. Elle passait ses journées au cimetière sur la tombe de l’enfant. Elle ne voulait plus jouer. Mais poussée par son gendre, et ancien amant, René Luguet qui voyait ainsi disparaître une source de revenus indispensable, elle finit par accepter de reparaître sur scène. Dans chaque ville la pauvre femme allait se recueillir sur les tombes d’enfants. Elle n’était plus qu’un fantôme souhaitant mourir sur scène.
Lorsqu’elle sentit sa fin venir,  elle demanda à rentrer à  Paris. Elle fit appeler  à son chevet  Alexandre Dumas père, son ami et amant d'un soir, à qui elle fit promettre de ne pas laisser son corps aller à la fosse commune que lui destinait son dénuement. Elle voulait être inhumée auprès de son petit-fils.
 
Après plus d’un mois d’agonie, Marie Dorval rendait son dernier soupir.
 
Le 22 mars, lors d’obsèques d’une tristesse sans pareille, après un bref office de sixième classe en l’église Saint-Thomas-d’Aquin, elle fut inhumée au cimetière du Montparnasse. Luguet et Dumas se démenèrent pour obtenir les fonds nécessaires à une sépulture provisoire de cinq ans. Une représentation théâtrale fut  donnée au profit de Marie et de ses enfants, mais la somme recueillie fut dévorée par les huissiers.
 
En 1855, alors que la tombe provisoire allait disparaître, in extremis, Luguet réussit à réunir la somme pour une concession à perpétuité pour faire inhumer Marie dans la tombe  du petit Georges. L'exhumation fut  particulièrement éprouvante. Luguet découvrit d’un côté un petit cercueil d’enfant tout ouvert et de l’autre, avec stupeur,  le corps encore intact de Marie malgré les années passées en terre. Placée dans son nouveau cercueil, Marie, "morte de chagrin", pouvait enfin dormir en paix.
Sa tombe est entretenue chaque année par les soins de la "Société des Amis d'Alexandre Dumas". L'initiative de cet entretien en revient à Alain Decaux qui, en 1991,  la fit restaurer.  
 
Avec elle reposent :
 
Caroline Luguet (1821 – 1871)
Sa fille
 
Georges Luguet (1844 – 1848)
Fils de René Luguet et de Caroline,  en avril 1847, l’enfant  fut  victime d’une fièvre cérébrale. Les connaissances médicales de l'époque ne permettaient pas de mesurer la gravité de la maladie de l'enfant et nul médecin ne s'opposa à ce que Marie l’emmène en tournée. Caroline et René ne voulaient pas lui faire de peine et ne voulaient pas davantage affronter le désespoir de l'enfant qui ne supportait pas d'être séparée de sa grand-mère. Il fit une première rechute à Perpignan.
Une seconde rechute, en mai 48, l'emporta en deux jours.
 
René Luguet (1813 – 1904)
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DORVAL Marie (1798 – 20 mars 1849)
Cimetière du Montparnasse, 6ème division (Paris)
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par Marie-Christine Pénin
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