RETOUR RELIGION
En ce début de 6ème siècle, et pour longtemps encore, la tradition voulait qu’un évêque soit issu d’une famille aristocratique et riche. En l’occurrence, Remi (sans accent aigu dans la tradition rémoise) avait pour mère la future sainte Céline née d’une noble famille et, aurait eu pour père Emilius, comte de Laon.
 
Chef moral de la cité, il devait aussi être un homme de grande culture et familier de la rhétorique tant pour prêcher la Bonne Nouvelle que pour argumenter face aux puissants de ce monde. Autant homme d’Eglise que magistrat, il devait aussi être soucieux d’établir sa parenté. Si de surcroît il avait de la vertu, cela donnait un saint Remi.
En réalité, à part son rôle historique dans la conversion de Clovis, qui demeure un élément capital de notre Histoire, nous ne savons qu’assez peu de choses sur le personnage. Le temps passa, Remi vieillit en assistant, impuissant, au découpage du royaume de Clovis. Le vieil évêque subit avec patience « les traverses et incommodités » de son grand âge : perclus de rhumatismes, « il ne pouvait plus se tenir ni couché ni assis ». Il perdit la vue : Dieu lui accorda cependant de la recouvrer la veille de sa mort, le temps d'écrire son testament. Enfin, ayant atteint une longévité incroyable, quatre-vingt-seize ans, selon Grégoire de Tours, l’honorable prélat s’éteignit dans la paix du Seigneur.
Baptême de Clovis © MCP
Châsse ayant abrité les reliques de saint Remi de 1803 à 1824
Musée Saint-Remi © MCP
Egarée au milieu des dépôts accumulés dans la tribune Sud de la basilique, et retrouvée elle fut remplacée, en 1896, par une châsse en bronze doré de nos jours enfermée dans le mausolée.
Châsse ayant abrité les reliques de saint Remi de 1824 à 1896- oeuvre du fondeur Braquehaye- Musée Saint-Remi © Fab5669
Quant au tombeau érigé entre 1533 et 1537,  brisé durant la Révolution, en 1847, il fut reconstitué dans le choeur avec des dimensions plus modestes dans un style Renaissance. Les statues des niches, attribuées à Pierre Jacques (1520-1596) et épargnées par les vandales, furent réutilisées.
Un groupe de statues représente Clovis agenouillé mains jointe devant l’évêque assis qui tend les mains vers lui pour procéder aux onctions ; la colombe de la sainte Ampoule plane au-dessus de sa tête dans la conque de la petite abside où est logée sa cathèdre.
Mausolée en 1635- Gravure d'Edmé Moreau.
De nos jours © MCP
© MCP
© MCP
Ce groupe est entouré des douze pairs de France, les ecclésiastiques au sud et les laïcs au nord, portant les insignes et attributs qui étaient remis au roi lors du sacre : épée, couronne, sceptre, anneau, etc.
© MCP
© MCP
Sources principales :
- Isabelle D'Unienville selon diverses sources
- Clovis, histoire et mémoire : le baptême de Clovis, son écho à travers l’histoire –Presses de l’Université de Paris-Sorbonne
- Saint Remi de Reims par Anne Prache –Bibliothèque de la Société Française d’Archéologie
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16 juillet 2014
RETOUR FRANCS ET MEROVINGIENS
« On embauma son corps avec le plus grand soin ; puis on l'enroula dans quatre suaires de soie rouge et de lin, tandis qu'un voile distinct recouvrait sa tête légèrement inclinée dans son cercueil. » Le cortège funèbre se forma pour mener la dépouille hors de la ville. En passant devant une pauvre chapelle dédiée à saint Christophe, le cercueil devint subitement si lourd que les porteurs le déposèrent et ne purent aller plus loin : Remi aurait ainsi choisi le lieu de son sépulcre. Moins prodigieux, il se peut que dans le désir de vivre son éternité auprès de saints, Remi ait exprimé sa volonté d’être inhumé où reposaient deux saints locaux : Timothée et Apollinaire. Mais, contrairement à sa volonté, ses contemporains lui auraient préféré l’église Saint-Christophe où, à défaut de la présence de toute relique, existait un autel dédié à sainte Geneviève.
Ses fidèles, en modifiant sa volonté, eurent-ils eu conscience de leur choix ? Car de par cette transgression, Remi se trouva définitivement associé à celle, qui comme lui, avait participé du baptême de Clovis.
 
Son culte fut un succès immédiat. Une première translation eut lieu au 6ème siècle avant celle, dans une châsse d’argent, en 852, par l'évêque de Reims, Hincmar. Une infime partie des reliques fut déplacée à Sainte-Marie de Reims. C’est aussi à Hincmar que l’on doit une Vie légendaire de Rémi faite de miracles : Remi soulageait et guérissait, rendait la vue aux aveugles, faisait remarcher les paralysés et ressuscitaient les morts.
 
La modeste chapelle devint bientôt lieu de pèlerinage et fut rapidement désignée  comme la basilique Saint-Rémi.   Elle prit toute sa mesure en devenant non seulement le lieu sacré où étaient gardés le corps de l’apôtre des Francs mais aussi la sainte Ampoule que la colombe du Saint-Esprit avait apporté à Remi contenant l'huile sainte avec laquelle il baptisa Clovis. Cette ampoule, dont le contenu ne s'épuisait jamais, fit de Reims le lieu privilégié du sacre des rois de France. Pour le coup des rois et des reines vinrent s’y faire enterrer et elle était en passe de se transformer en véritable sanctuaire dynastique quand la basilique Saint-Denis lui ravit la vedette des sépultures royales.
 
L'église et son tombeau s'enrichirent peu à peu. En 813, la vénération populaire et ecclésiale devait être considérable, puisque le Concile fixa la Saint-Remi au nombre des fêtes d'obligations.
L’évêque Tilpin ou Turpin († 806) fit venir des Bénédictins près du tombeau de saint Remi pour fonder l’abbaye.
 
La richesse du tombeau en fit un des trésors du royaume. Tous les rois de France venus à Reims pour leur sacre s'y recueillaient : François Ier lui offrit une bague qu'il avait laissée tomber en visitant le sanctuaire, Henri II une agate sertie de pierreries. De grandes processions lui étaient organisées à travers Reims lorsque menaçaient guerres ou famines. Ces solennités furent partagées par tous les évêques protecteurs de cités ; seul Remi était invoqué avec pompe lorsqu'il fallait demander à Dieu la naissance d'un nouveau dauphin.
Abritées lors des invasions normandes du 9ème siècle, les reliques y furent replacées et vénérées jusqu'à la Révolution française.
 
Ses cendres furent profanées et inhumées dans une fosse commune avec le corps d'un soldat décédé la veille. L’emplacement de la tombe repéré par des paroissiens,  les reliques purent être exhumées en juillet 1795 et, en 1803, replacées dans la basilique.
La châsse en argent et pierres précieuses réalisée entre 1643 et 1649 par l'orfèvre rémois Antoine Lespicier ayant disparu, on utilisa une châsse du 17ème siècle en bois sculpté qui avait été, elle aussi, vidée de son contenu en 1793.
Elle  abrita les reliques du saint patron de Reims jusqu'au 13 décembre 1824, date à laquelle on les transféra dans une nouvelle châsse plus imposante en vue du sacre du futur Charles X prévu au mois de mai 1825.
REMI DE REIMS saint (v. 437 - 532 / 533)
Basilique Saint-Remi de Reims (Marne)
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par Marie-Christine Pénin
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