RETOUR PERSONNALITÉS LIÉES A L’INDUSTRIE
L'Histoire d'Alexandre, d'après Charles Le Brun
© Philippe Sébert
Gobelin. A l’évocation de ce patronyme, une image s’impose : les tapisseries. Et pourtant, grand paradoxe de leur histoire, aucun membre de cette illustre famille n’a jamais fabriqué le moindre mètre de tenture…
L’aventure commença lorsque Jehan Gobelin, dont la première mention date de 1443 et vraisemblablement originaire de Reims, vint s’installer à Paris. Quatre ans plus tard, il établit un atelier de teinture sur les bords de la Bièvre près du moulin de Croulebarbe.
D’un chimiste allemand, il aurait tenu un secret de fabrication que l'eau de la Bièvre, forte en teneur
d'azote, était propice à développer.
Teinturier de laine réputé pour ses rouges à l'écarlate, sa descendance, alliée à d’autres grandes familles du métier, continua pendant un siècle et demi à perfectionner l'industrie tinctoriale à tel point que la réputation des Gobelins éclipsa celle des autres teinturiers et que le moulin Croulebarbe, la rivière et le quartier prirent leur nom dès le 16ème siècle.
Plan Jaillot 1762 :
Moulin de Croulebarbe ou des Gobelins
La Bièvre
Il me paraît opportun d’ouvrir une petite parenthèse sur la Bièvre sans l’existence de laquelle la grande aventure de la famille Gobelin, puis de la Manufacture éponyme, n’aurait pas vu le jour.
Petit affluent de la Seine, il courait à ciel ouvert en traversant les prairies et les saulaies de la Glacière, du Clos Payen et du Champ de l'Alouette avant de se jeter dans la Seine. Dès le haut moyen âge, les industries déjà florissantes qui s'occupaient de teindre et de blanchir les vêtements s’étaient installées sur ses rives. En 1317, les drapiers Quercitani avaient reçu de Philippe V des lettres de naturalité.
Avec le temps, ce bras canalisé qui alimentait une série de moulins diminua le débit d’un autre bras transformé en cloaque où les tanneurs, teinturiers et abattoirs jetaient leurs déchets. La Bièvre fut recouverte sur toute sa longueur urbaine en 1912, et se jette dorénavant dans le collecteur  des égouts de Paris.
La Bièvre au Clos-Payen au 18ème siècle
Quai de lessivage rue Croulebarbe
Revenons à nos Gobelins. Une manufacture avec habitation, nommée un temps la Folie-Gobelin, vit le jour. Féconde, la famille engendra une nombreuse descendance qui sut faire prospérer l’affaire. Possédant la quasi totalité des terrains longeant la Bièvre depuis Arcueil, elle était devenue puissante. Pendant cent-cinquante ans, elle travailla sur son site d’origine jusqu’à ce qu’en 1601/1602, la tapisserie "façon de Flandres" fasse son apparition et qu’Henri IV décide de louer une partie des terrains appartenant aux Gobelins pour y installer des tapissiers flamands.
 
Reprenant pour le compte de Louis XIV le plan mis en œuvre par Henri IV, Colbert incita, peu avant 1660, le hollandais Jean Glucq à importer en France un nouveau procédé de teinture écarlate appelé « à la hollandaise ».
 
Frappé par la beauté des produits obtenus par Glucq, Colbert réussit à convaincre Louis XIV de donner les moyens nécessaires au lustre censé glorifier la monarchie.  Il acheta  l’hôtel des Gobelins où résidait Glucq, l'agrandit, le dota, et y attira non seulement les meilleurs teinturiers, mais aussi des peintres, des graveurs, des orfèvres, des lapidaires, des ébénistes, des statuaires et des fondeurs chargés de dessiner et d'exécuter les meubles, les tentures, les statues et les ornements de toute sorte destinés aux palais et aux jardins royaux. Ainsi naquit, en 1662/1663 (création confirmée par l'édit royal de 1667),  la Manufacture royale des Gobelins dont le premier directeur fut le peintre du roi,  Charles Le Brun. Sous sa houlette, la production de la manufacture, destinée à l'ameublement des Maisons royales et aux présents diplomatiques, acquit par sa magnificence une réputation internationale.
 
Dépositaire d’un savoir  faire séculaire, les  tapisseries sorties des ateliers de la manufacture, inspirées d’œuvres des plus grands artistes, connaissent encore un rayonnement mondial et continuent à conférer à la famille Gobelin une immortalité un peu usurpée sur le plan artistique.  
 
Si la manufacture des Gobelins se situe au 42, avenue des Gobelins, elle est rattachée au Mobilier national dont les bâtiments furent construits, en 1937,  sur les anciens jardins de la teinturerie d’origine. Une plaque au sol rappelle l’emplacement du moulin de Croulebarbe.
Le Mobilier national installé dans les jardins de la teinturerie des Gobelins. Google Earth.
© Ordifana75
Riches, dotés de seigneuries pour certains depuis longtemps, ayant quitté le commerce familial qui avait fondé leur fortune, des Gobelins, achetèrent d'importantes charges dans la justice et l'administration, d’autres embrassèrent la carrière militaire, etc. Un, Antoine, devint marquis sous un nom qui marqua l’histoire de France, non pas pour ses œuvres mais pour celles de sa femme, épousée en 1651,… la marquise de Brinvilliers rendue célèbre par l'Affaire des poisons.
 

Où furent-ils inhumés ?
 
Eglise Saint-Hippolyte :
 
Bien que l’on sache que nombre d’entre eux furent inhumés dans cette église, paroisse dont ils dépendaient, on n’y retrouva formellement la trace  que de :
 
- GOBELIN Jean († 1584)
Dit Jean Gobelin le Jeune, marchand, bourgeois de Paris, teinturier en écarlate, il demanda à être enseveli auprès de son père, sa mère, ses parents et amis. Il mourut sans postérité.
- GOBELIN Philibert († 1594)
Fils aîné de Jean III, sieur de La Tour, il était issu d’une famille de neuf enfants et avait pour frère Jacques Gobelin († 1563), correcteur des comptes.
Parmi les sources consultées: Epitaphier du vieux Paris / Tome XII
(*) commentaire(s)
2 : Saint-Germain-des-Lax = Saint-Germain-Laxis (Seine-et-Marne)
14 février 2015
LES GOBELINS (famille)
Eglise Saint-Hippolyte (Paris)
Cimetières protestants des Saints-Pères et de la rue aux Poules
 
On ignore quand une partie de la famille (ou toute ?) se convertit au protestantisme. Néanmoins, on sait que dès 1559, le nom des Gobelin et celui des Canaye, auxquels les Gobelins étaient liés matrimonialement, figurent sur les registres du temple de Charenton. Ces mêmes registres font état de baptêmes et d’autres actes concernant les deux familles qui obtinrent la jouissance du cimetière protestant de la rue des Poules après celui des Saints-Pères.
 
En résumé, il ne reste aucune tombe, aucune trace de la moindre sépulture des générations "Gobelin" qui firent leur réputation.
 
Concernant Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers (v. 1610 – après 1700), cité plus haut, maître des camps et armées du roi, chevalier de Malte, joueur invétéré et débauché, son empoisonneuse de femme lui ayant ravi la vedette, j’ai eu beau fouiller et refouiller, je n’ai rien trouvé.
Plaque apposée à l'emplacement de l'ancien cimetière protestant des Saints-Pères © MCP
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par Marie-Christine Pénin
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