RETOUR PERSONNALITES CHARLES V
RETOUR PERSONNALITES LIEES A CHARLES VI
JEAN DE FRANCE, DUC DE BERRY (1340 – 15 juin 1416)
Sainte-Chapelle de Bourges (Cher)
Troisième fils de Jean II le Bon et de Bonne de Luxembourg, fait comte de Poitiers (1356), puis duc de Berry (1360), en échange de la libération de son père prisonnier des Anglais, et en attendant le paiement de sa rançon, il fut à son tour , avec d’autres princes, otage en Angleterre durant sept ans (1360-1367).
 
De retour en France, il s’avéra être un homme politique sans grande envergure tant sous le règne de son frère aîné, Charles V, que sous celui de son neveu, Charles VI.  
Très impopulaire en raison des appétits financiers qu'exacerbaient sa passion de collectionneur et son goût du faste, il profita de la minorité, puis de la maladie de Charles VI pour puiser largement dans le trésor royal.
Vainement il tenta de jouer un rôle de médiateur entre son frère, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et son autre neveu, Louis Ier d’Orléans. Mais sa pusillanimité manifeste au lendemain de l'assassinat de ce dernier sur ordre du duc de Bourgogne, déçut ceux qui avaient vu en lui un arbitre possible entre les deux ennemis.
Amené à se ranger du côté des Armagnacs –Bernard VII d’Armagnac était son gendre-, il fit figure de tête du parti dit des princes, sans être pour autant le chef. Maître de Paris lors de la réaction anticabochienne en 1413, il ne sut éviter les violences. Ses hésitations, qui l'empêchèrent d'intervenir lors de la bataille d'Azincourt (1415), achevèrent de le déconsidérer. La même année, Charles VI se débarrassa de sa tutelle.
 
Mais, de ce personnage humainement assez déplaisant au rôle politique contestable, la postérité ne devait retenir que le mécène fabuleux qu’il fut et qui lui valut le surnom de Jean le Magnifique, ce qui était justifié. Très tôt il développa un goût immodéré des œuvres rares et belles, et devint un grand collectionneur en sachant mettre au service de sa passion les ressources que lui procurait sa rapacité légendaire.
Bâtisseur actif, Il fit construire dix-sept châteaux et hôtels (dans et autour de Paris, à Bourges, à Poitiers et à Mehun) dont il enrichit avec prodigalité ses favoris par des collections remarquables.
Découvreur de talent et connaisseur innovant, il sut s’entourer d’artistes de génie (peintres, sculpteurs, orfèvres) qu’il arriva à plier à ses goûts les détournant, au besoin, de leur champ d’activité habituel pour les atteler à des tâches insolites. Mécène actif et exigeant, il prit une part décisive au renouvellement de l’art de son temps.
 
Grâce à ses inventaires, on connait une grande partie de ses trésors disparus dont des manuscrits magnifiquement enluminés. Heureusement, certaines œuvres  nous sont parvenues notamment son somptueux et  célèbre Les Très Riches Heures du Duc de Berry, livre d’heures qu’il commanda aux frères Limbourg vers 1410-1411, conservé au musée Condé à Chantilly.  
 
Après bien des hésitations, en 1403 il choisit d’élire sa sépulture à Bourges, capitale de son duché, dans la Sainte-Chapelle inspirée du modèle de celle de Paris,  nouvelle institution qu’il avait fondée peu auparavant dans son palais. Puis, il commanda son tombeau à Jean de Cambrai, l’un de ses sculpteurs favoris, qui réalisa le gisant et cinq pleurants sur les quarante prévus avant de mourir en 1438.
De manière paradoxale, alors que Jean de Cambrai exerçait son art au cœur d’une période caractérisée par la recherche du mouvement, de la fantaisie, voire de la bizarrerie, son style est marqué par une simplicité des formes qui va presque jusqu’à l’abstraction. Si l’effigie montre les traits bien reconnaissables du duc et présente le défunt dans tout son apparat, le défunt tient un phylactère dont le texte évoque le caractère éphémère de la noblesse, des richesses et de la gloire terrestres.
 
Mort à Paris à l'hôtel de Nesle, son corps embaumé fut exposé quatre jours sur son lieu de décès pendant que se préparaient ses funérailles en l'église des Grands-Augustins, toute proche, dont il franchit les portes le 19 juin au soir escorté des quatre ordres mendiants.   La foule, peu émue par son trépas, n'en était pas moins curieuse et nombreuse venue voir les personnalités et le défilé de la domesticité du défunt, obligeant des sergents à faire régner l'ordre. Le lendemain  20 juin, ce fut le départ du cortège funèbre pour Bourges simplement suivi de moines et de gens de son hôtel, cheminant qui à pied, qui à cheval, sans bannières et sans armes. Après six jours de marche, rythmés par des messes et cérémonies dans les villes et villages traversés, le corps arriva enfin à Bourges sous une pluie battante et fit son entrée solennelle dans la cathédrale, où il demeura deux jours, avant d'être inhumé dans la crypte de la Sainte-Chapelle préparée en toute hâte pour le recevoir.
 
Le vase en agate contenant son cœur fut déposé en la basilique Saint-Denis et ses entailles prirent le chemin de l'église Saint-André-des-Arts, sa paroisse.
 
Vers 1450, Charles VII s’occupa de faire terminer le tombeau inachevé : il commanda une dalle de marbre noir comme support du gisant, et s’adressa à deux autres artistes, Etienne Bobillet et Paul Mosselmann, pour  sculpter les pleurants qui manquaient.
Sainte-Chapelle du palais de Bourges Montjoye.net
Tombeau de Jean de Berry : restitution de F. Gauchery © BnF/Gallica
En 1756, pour des raisons de rivalité entre la Sainte-Chapelle et la cathédrale, l’évêque de Bourges fit transférer la dépouille dans la crypte de la cathédrale lors d'une grande cérémonie, puis le monument non sans dommages. Ce qu’il ne brisa pas de l’œuvre, le vandalisme révolutionnaire le dispersa. Quant aux cendres du duc, personne ne sait ce qu'il en advint, ce qui demeure encore un mystère.
 

Que reste-t-il du tombeau ?
►Le gisant conservé dans la crypte de la cathédrale de Bourges
La statue en position de priant provient de la Sainte-Chapelle. http://onditmedievalpasmoyenageux.fr/wp-content/uploads/2013/11/gisant.jpg
Depuis son séjour forcé en Angleterre, Jean vouait une fascination pour les ours et leur était attaché. Exemple exceptionnel parmi les princes du Moyen Age finissant, l’animal suivait le duc dans ses déplacements. Après l’ours Martin, il y eut Valentin qui avait égayé les sombres dernières années de sa vie et qu’il aimait au point de souhaiter sa présence pour l’accompagner dans l’au-delà. C’est ainsi qu’il fit représenter son favori un peu particulier, mais si cher à ses yeux, aux pieds de son gisant, ce qui constitue, à priori, un cas unique dans la sculpture funéraire.
Couché comme endormi, portant sa muselière, Valentin semble veiller paisiblement sur le sommeil éternel de son maître.
© Ji-Elle
►Sur les quarante pleurants en marbre et albâtre qui ornaient le tombeau, il en existe encore 27 dispersés dans le monde dont la majorité sont néanmoins conservés en France dans des musées (musée du Berry à Bourges, Louvre, musée Rodin), ou dans des collections privées et fondations.
Pleurants au musée du Berry à Bourges © Stéphanie Para
Deux pleurants en marbre signés Jean de Cambrai © Musée du Louvre / Philippe Fuzeau
►De modestes fragments de support, provenant des niches du soubassement du tombeau, conservés au musée du Berry à Bourges.
© François Lauginie, Ville de Bourges
Sources principales :
-Nouveaux documents sur le tombeau de Jean de Berry, frère de Charles V –article de Pierre Pradel- Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot (1957)- Volume 49 Numéro 1 pp. 141-157
-Mort et funérailles du duc de Berri (sic) (juin 1416) par Françoise Lehoux –Biblioth7que de l’Ecole des Chartes (1956)-Volume 104-numéro 1-p p. 76-96
-Site : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=02300029343-
-Service du patrimoine de la ville de Bourges
14 novembre 2017
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Dernière mise à jour
au 14 novembre 2017
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