RETOUR PERSONNALITES LIEES A LOUIS XI
CHARLES DE BOURGOGNE, DIT LE TÉMÉRAIRE (1433 – 5 janvier 1477)
Eglise Notre-Dame de Bruges (Belgique)
Fils de Philippe le Bon, Charles reçut la formation classique d'un grand prince médiéval : éducation politique et intellectuelle doublée d’un apprentissage qui en fit un véritable chevalier rompu à l'équitation et aux exercices physiques.
 
Héritier  du riche duché de Bourgogne qui s’étendait,  en une nébuleuse de territoires, de la Flandre littorale au Mâconnais, Charles entra en conflit avec son père, auquel il ne pardonnait pas la cession humiliante des villes de la Somme au roi Louis XI (1463) faite sous l’influence de courtisans de la cour de Dijon, les Croy.
En 1465, après avoir obtenu que ces derniers soient chassés de la cour ducale, Charles détint alors la réalité du pouvoir bourguignon. Lorsque Philippe le Bon mourut (1467), Charles devint officiellement duc de Bourgogne et prêt à tout pour défendre ses domaines en but à la convoitise de Louis XI dont il se déclara affranchit de la suzeraineté en 1471. S'affranchir de Louis XI, quelle inconscience !
 
Son obsession  de vouloir  constituer à tout prix (aux dépens de ses voisins allemands, lorrains et autrichiens) le grand royaume rhénan dont il rêvait, lui valu  d’être  surnommé « le Téméraire » par les cours européennes en raison du caractère démesuré de ses ambitions.
 
Aveuglé par son entêtement, en 1473, il tenta d’obtenir de l'empereur Frédéric III la constitution de la Bourgogne impériale en royaume, en échange du mariage de sa fille avec le fils de Frédéric.
Cette volonté de puissance inquiéta l'empereur, qui se tourna alors vers Louis XI pour faire obstacle au dessein du Bourguignon. Le roi de France, trop habile pour se lancer dans une guerre directe contre la Bourgogne, finança alors, en 1474, une révolte des cités alsaciennes appuyée par les cantons suisses dotés d'une armée redoutable.
 
Pour mener à bien son projet, Charles dilapidait ses ressources et celles de ses Etats  qui rechignaient de plus en plus  à financer son effort de guerre. Tout pétri de chevalerie, il se refusait à admettre le pouvoir grandissant des riches bourgeois de Flandre et de ses autres provinces, envers lesquels il ne manifestait aucune considération.
Alliances redoutables contre lui,  résistance au financement de ses ambitions, Charles l’ignorait mais c’était le début de sa fin.  
 
Furieux et amer, il décida de châtier tous ses adversaires. Il lança d'abord sa puissante armée vers Cologne, mais échoua devant Neuss. De plus en plus harcelé par la coalition montée par le roi de France, et alors que la Bourgogne, la Picardie et la Lorraine étaient ravagées, il passa en Suisse.
En 1476, il réussit à enlever la Lorraine au duc René II.  Après un revers à Berne, où Charles fit pendre plusieurs dizaines de soldats capturés, les Suisses, galvanisés, lui infligèrent deux défaites majeures : Grandson (mars 1476), Morat (juillet 1476).
 
Apprenant le retour dans son duché de René II, qui venait de signer un traité d'alliance avec la France, fou de rage et en pleine  débâcle des Bourguignons, Charles se dirigea au triple galop vers la Lorraine avec les restes de son armée pour assiéger Nancy.  
 
Face à l’écrasante supériorité des troupes ennemies, il aurait dû se retirer. Il ne le fit pas. Trahi de surcroît par l’un de ses lieutenants, le Téméraire trouva la mort lors d’une opération  devant St-Nicolas-de-Port. Parmi la soldatesque anonyme, personne ne saurait dire qui lui asséna le coup fatal.
Charles le Téméraire retrouvé après la bataille. Auguste Feyen-Perrin (Musées des Beaux-Arts de Nancy)
Deux jours après la bataille, le corps du « Grand Duc d'Occident » fut retrouvé au bord d’un étang marécageux, nu, le crâne fendu jusqu'aux dents par un coup de hallebarde, une joue rongée par les loups.
Une croix de pierre fut érigée là où il mourut. Elle fut emplacée plus tard par un monument édifié à la mémoire du duc René II de Lorraine qui se trouve  de nos jours au centre de l'actuelle place de la Croix de Bourgogne à Nancy.
Place de la Croix de Bourgogne. Axel 41
Ainsi disparu le quatrième et dernier duc de Bourgogne. Ce que son imprudence lui avait fait perdre allait profiter au royaume de France : ses états furent démembrés et Louis XI reçut le duché de Bourgogne, la Picardie et Boulogne. Le comté de Bourgogne sera définitivement rattaché à la France par Louis XIV lors du traité de Nimègue (1678).  
 
La dépouille de Charles le Téméraire fut exposée dans une maison de Nancy sur un lit de parade avant d’être inhumée en la collégiale Saint-Georges de Nancy. En gardant le corps de son ennemi dans la nécropole des ducs de Lorraine, René II marquait sa victoire et privait Charles de ses ancêtres et de la mémoire funéraire dynastique. Cette collégiale disparut en 1743.  Excepté ses entrailles, Charles n’y était plus.
Tombeau de Charles le Téméraire à Nancy.
Epitaphe encadrant la sépulture de Charles le Téméraire à Nancy. Col. Gaignières
En 1550, à la demande de son arrière-petit-fils, Charles Quint, sa dépouille fut transférée à  Bruges.
Le 22 septembre, des maçons mirent à jour un cercueil de sapin renfermant les ossements du Téméraire. Mis dans un cercueil en chêne et déposé sur un char funèbre, ils prirent le chemin de leur nouvelle tombe.
A petites journées, il arriva à Bruges où il fut inhumé en l’église Notre-Dame auprès de sa fille Marie de Bourgogne.
 
Son petit-fils, Philippe le Beau (fils de Marie de Bourgogne), lui fit ériger un tombeau qui sera achevé en 1562. Son gisant en cuivre doré repose sur un socle en pierre de touche, qui ressemble au marbre noir, orné des armoiries et de l’épitaphe du défunt
Wolfgang Staudt
Tombeaux de Marie de Bourgogne et de Charles le Téméraire (à droite). www.jmrw.com/
http://monamilouisbertrand.blogspot.fr/
gmbgreg
Fille de Charles VII, il l’épousa en 1440. Catherine mourut six ans plus tard à Bruxelles.
Quid de sa tombe ?
flovdb.my.tripper-tips.com/
Isabelle de Bourbon (1437 - 1465)
Abbaye Saint-Michel d’Anvers (Belgique)
Très jeune veuf, Charles aurait préféré épousé Anne d’York, descendante directe d’Edouard III d’Angleterre. Mais son père lui rappela les termes du traité d’Arras, l'obligeant à épouser une princesse du sang de France. Le mariage avec Isabelle de Bourbon fut célébré en 1454. Fort jolie, Charles en tomba amoureux et lui fut fidèle. Cette union heureuse naquit leur seul enfant, Marie de Bourgogne. Isabelle mourut de la tuberculose à Anvers alors qu’elle rejoignait sa fille.
Elle fut inhumée en l’abbaye Saint-Michel qui fut très endommagée par un bombardement lors de la révolution belge de 1830 et fut détruite peu après. De son tombeau, érigé par Rogier van der Weyden sur commande de sa fille en 1476, il ne reste que le gisant déposé en 1806 en la cathédrale Notre-Dame d’Anvers et dix statuettes conservées au Rijksmuseum d'Amsterdam.
Abbaye Saint-Michel (disparue)
Encata
Merci à Stéphane Thomas pour la photo
Marguerite d’York (1446 – 1503)
Couvent des Récollets de Malines (Belgique)
http://www4c.ac-lille.fr/condorcetlens/IMG/pdf/dossier_presse.pdf
Sœur des rois Edouard IV et Richard III d'Angleterre, Marguerite avait non seulement la réputation d’être la princesse la plus élégante d’Europe, mais elle en était la plus riche et la plus puissante.
Charles l’épousa en 1468. N’ayant pas d’enfant, elle reporta toute son affection maternelle sur la fille d’Isabelle de Bourbon, Marie de Bourgogne,  qu’elle éleva comme sa propre enfant et dont elle s’institua la protectrice à la mort de Charles.
A la mort prématurée de sa belle-fille, elle s’occupa de même de ses enfants, Philippe le Beau et Marguerite d’Autriche.
Elle décéda à Malines (partie flamande de la Belgique) et fut inhumée au couvent des Récollets qui fait actuellement partie du Centre culturel de la ville.
Mais qu'est-il advenu de sa sépulture ?
Couvent des Récollets de Malines en 1797.
27 mars 2013
(*) commentaire(s)
Charles contracta trois mariages :
 
Catherine de France ou de Valois (1428 - 1446)
Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles (Belgique)
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