RETOUR DIRECTOIRE, CONSULAT ET EMPIRE
RETOUR LOUIS XVI ET LA RÉVOLUTION
Merci à Pierre Combet pour cette photo
FOUCHÉ Joseph, duc d’Otrante (1759 – 26 décembre 1820)
Cimetière de Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne)
Personnalité émergée grâce à la Révolution, avec un art consommé du « tourné casaque », il sut s’adapter aux circonstances jusqu’à devenir l’un des personnages les plus redoutés mais aussi les plus méprisés de son temps. Trahissant tout le monde, son sens de la fidélité pouvait se résumer à lui-même et à son opportunisme.
 
Ex-séminariste puis professeur, embrassant la cause révolutionnaire avec ardeur, élu à la Convention, il siégea d’abord avec les Girondins avant de basculer sur les bancs des Montagnards et de voter la mort de Louis XVI.
Orateur d’une rare nullité préférant le travail de dossiers dans des comités plutôt que de monter à la tribune, il fut envoyé en mission notamment à Lyon pour y mater l’insurrection contre la Convention. A l’automne 1793, avec Collot d’Herbois, il laissa s’accomplir les massacres qui lui valurent le surnom de « mitrailleur de Lyon » pour avoir substitué à la guillotine l'exécution de plus de 1600 personnes par des canons. Puis, faisant cesser les mitraillages, il s’attaqua aux terroristes extrémistes qui voulaient détruire la ville et se plaignirent auprès de Robespierre.
Auteur de manigances, accusé de dilapidations et de détournements, l’Incorruptible le battant plus que froid et craignant pour sa vie, Fouché participa activement à la chute de Robespierre.
Fouché, le "mitrailleur de Lyon" © Rue des Archives
Cathédrale San Giusto © MatthiasKabel
Au mois de juin 1875, son fils, Athanase, fit exhumer la dépouille de son père pour la transporter au cimetière de Ferrières près de son épouse, Bonne-Jeanne, décédée à Ferrières où il avait acheté un domaine à l’état en 1801. Au centre de l’enclos familial, sur sa tombe, une colonne carrée surmontée d’une urne voilée d’un linceul.
 
Parmi les personnes reposant dans l’enclos :
 
Deux ou trois domestiques
 
► Bonne-Jeanne Coiquaud (1763 - 1812)
Epousée en 1792, célèbre pour sa laideur, elle le suivit  dans ses vicissitudes et ses grandeurs et lui donna cinq enfants.
 
► Athanase Fouché (1801-1886)
Son fils devenu chambellan et grand-veneur du roi de Suède Oscat Ier, fils de Bernadotte,  et décédé à Saint-Germain-en-Laye.
 
► Joséphine Fouché (1803-1893)
Sa fille qui épousa le comte Adolphe de La Barthe de Thermes
 
► Paul de La Barthe, vicomte de Thermes (1828-1853)
Fils de la précédente
 
► Léontine Jeanselme, née de Castelbajac († 1949)
 
► Paul Jeanselme (1901-1979)
Homme de lettres et  fils de la précédente.
 
► Jean Martragny († 1861)
Maire de Ferrières de 1848 à sa mort.
© Bertrand Beyern
© Bertrand Beyern
► Gabrielle-Ernestine de Castellane (1788 – 1850)
Cimetière de Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône)
 
D'une ancienne maison noble de Provence, Fouché épousa cette véritable beauté en 1815. Passionnée de littérature, théâtre et peinture, elle accompagna son mari dans son exil. Le couple n'eut pas d'enfants.
Veuve, elle revint rapidement en France mais, confrontée à l'hostilité des milieux aristocratiques qui lui reprochaient son mariage avec un régicide, elle partit vivre en Suisse à Tolochenaz où, fervente catholique (contrairement à son mari !), elle subventionna la construction de l’église.
A sa mort, elle fut inhumée dans le Cimetière de Saint-Andiol, face au château de ses ancêtres où l'avait précédée sa soeur,  Delphine Aglaé de Castellane, mariée à Louis Reinbold d'Estourmel, marquis d'Estourmel († 1831) auprès de laquelle elle repose.  Sa sépulture existe toujours
(*) commentaire(s)
17 septembre 2014
Epitaphe de Gabrielle de Castellane.
Merci à Pierre Combet pour cette photo
Epitaphe de Delphine de Castellane.
Merci à Pierre Combet pour cette photo
Mais marginalisé et discrédité par les Thermidoriens qui lui reprochaient son action sanguinaire à Lyon, sa carrière politique semblait terminer quand, passé aux ordres de Barras, il fut ramené dans les coulisses du pouvoir en s’acquittant de tâches de basse police sous le Directoire, faisant ainsi l’apprentissage de sa future fonction.
Après avoir trempé dans le coup d’Etat du 18 fructidor, obtenu une ambassade à Milan d’où il fut rappelé pour conduite indécente, Barras le fit nommer ministre de la Police générale. Barras, qu’il trahit au profit de Bonaparte qui le confirma dans son poste après le coup d’état du 18 brumaire.
 
Alors commença sa brillante carrière sous son nouveau maître. Ministre de la Police jusqu’en 1802, il organisa une redoutable police politique en multipliant et cloisonnant les services, en payant une foule de mouchards et surtout en constituant des fichiers sur tous y compris Napoléon. Lucien et Jérôme Bonaparte et Talleyrand, son rival de toujours avec lequel il sut aussi comploter, furieux de cet espionnage, obtinrent la suppression de ce ministère qui fut reconstitué en 1804.
Sénateur, de nouveau ministre de la Police, fait comte d’Empire (1808), Napoléon,  qui connaissait sa redoutable efficacité,  découvrit sa force avec la garde nationale  lors de la campagne contre l’Autriche où il assura avec brio l’intérim du ministère de l’Intérieur (1809). Tout en lui enlevant ce ministère et en licenciant la garde nationale, il était obligé de le récompenser. Il le créa duc d’Otrante (1809). Révoqué de son ministère de la Police en 1810, pour avoir envoyé un émissaire en Angleterre sans en avertir l’Empereur,  il resta sur la touche sous haute surveillance.
 
Dès  l’abdication de Napoléon Ier en avril 1814, il n’hésita pas à se précipiter à Paris pour faire attribuer la lieutenance générale du royaume au comte d’Artois. Ce qui n’empêcha pas l’Empereur déchu de dire par la suite que Fouché fut le seul homme d’Etat qu’il ait eu. D’ailleurs, il eut l’imprudence de le rappeler  à ses fonctions durant les Cent-Jours. Sans illusion sur l’avenir de ce maître perdu et retrouvé, Fouché le trahit.
 
Président du gouvernement provisoire après Waterloo, il  négocia avec les puissances alliées et soutint les Bourbons contre Napoléon II et redevint ministre de la Police sous Louis XVIII ! Néanmoins, ce dernier  ne pouvait tolérer longtemps un régicide et ancien terroriste à une fonction essentielle. Nommé ambassadeur à Dresde, frappé par la loi des régicides de 1816, Fouché fut condamné à l’exil.  Installé à Trieste, bien que soumis à la surveillance tatillonne des sbires de Metternich, il y vécut paisiblement avec sa seconde épouse, Gabrielle-Ernestine de Castellane, et ses enfants nés du premier lit.
 
Les cheveux blancs, faisant plus vieux que son âge, impotent, le corps décharné et déformé par des rhumatismes qui le faisaient terriblement souffrir, Fouché attrapa froid lors d’une ultime promenade.  
Dix jours plus tard, après avoir fait brûler sous ses yeux des dossiers et s’être réconcilié avec Dieu en acceptant l’extrême-onction, il expira emportant avec lui bien des secrets.
 
A cause de son corps déformé,  on eut beau insister pour l’étendre dans un cercueil, ce fut en vain. On le plaça alors « assis » dans une sorte de coffre ayant la forme d’une baignoire-sabot.
Le 28 décembre, sous une effroyable tempête de neige, le curieux cercueil fut transporté vers la cathédrale San Giusto où un caveau avait été préparé, non dans l’église même – son passé d’iconoclaste l’interdisait- mais sous la partie pavée du parvis où se trouvent plusieurs caveaux.
ACCUEIL
THEMES 
Chercher
CONTACT
DE A à Z 
FACEBOOK
TOMBES ET SEPULTURES DANS LES CIMETIERES ET AUTRES LIEUX
Pour s'abonner à la Newsletter : l'inscription se fait en cliquant sur "Contact" en précisant bien le sujet et votre adresse E.mail.
par Marie-Christine Pénin
NOUVEAUX ARTICLES
LIEUX D'INHUMATIONS
 
-Abbaye royale de Chelles (77)
-Abbaye de Maubuisson (95)
-Abbaye de Montmartre (75)
-Abbaye de Port-Royal (75)
- Abbaye de Port-Royal-des-Champs (78)
-Abbaye St-Antoine-des-Champs (75) (disparue)
-Abbaye et église St-Germain-des-Prés (75)
-Abbaye St-Victor (75) (disparue)
-Abbaye St-Yved de Braine (02)
-Abbaye Ste-Geneviève (75)
-Abbaye du Val-de-Grâce (75)
 
-Basilique St-Denis (93)
-Basilique St-Pierre de Rome
-Basilique St-Remi de Reims (51)
-Basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem (Israël)
 
-Catacombes de Paris
-Catacombes de Rome
 
-Cathédrale Notre-Dame (75)
 
-Chapelle Royale de Dreux (28)
-Chapelle de la Sorbonne (75)
-Chapelle des Incurables (75)
-Chapelle St-Aignan (75)
-Chapelle St Peter-ad-Vincula, (Tour de Londres)
 
-Chartreuse de Gaillon-lez-Bourbon (27) (disparue)
 
-Cimetière de Bonsecours (76)
-Cimetière du Calvaire (75)
-Cimetière de Clamart (75)
(disparu)
-Cimetière des chiens d'Asnières (92)
-Cimetière des enfants de Pen-Bron (44)
-Cimetière des Errancis (75)
-Cimetière "des fous" d'Evreux (27)
-Cimetière des Innocents (75) (disparu)
-Cimetière des Invalides (Invalidenfriedhof) Berlin
-Cimetière de la Madeleine
(ancien cimetière révolutionnaire)
-Cimetière du Mont Herzl à Jérusalem (Israël)
-Cimetières parisiens (subtilités)
-Cimetière parisien d'Ivry (94)
-Cimetière parisien de Vaugirard (disparu)
-Cimetière de Picpus (75)
-Cimetières protestants
-Cimetière St-André-des-Arts (75) (disparu)
-Cimetières St-Benoît (75) (disparus)
-Cimetière St-Denis-du-Pas (75) (disparu)
-Cimetière St-Etienne-du-Mont (75) (disparu)
-Cimetières de St-Eustache (75) (disparus)
-Cimetière St-Germain-l'Auxerrois (75) (disparu)
-Cimetière St-Gervais (75)
(disparu)
- Cimetière St-Jacques-du-Pas (75) (disparu)
-Cimetière St-Jean-en-Grève (75) (disparu)
-Cimetière St-Landry (75) (disparu)
-Cimetière St-Laurent (75) (disparu)
-Cimetière St-Marcel (75)
(disparu)
-Cimetière St-Médard (75)
(disparu)
-Cimetière St-Nicolas-des-Champs (75) (disparu)
-Cimetière St-Nicolas-du-Chardonnet (75) (disparu)
-Cimetière St-Paul-des-Champs (75) (disparu)
-Cimetières St-Roch (75) (disparus)
-Cimetière St-Sulpice (75)
(disparu)
-Cimetière de la Salpêtrière (75) (disparu)
-Cimetière de Sapanta (Roumanie)
-Cimetière St-Sauveur (75) (disparu)
Cimetière et charniers St-Séverin (75)
Cimetière Ste-Catherine (75)
(disparu)
-Cimetière Ste-Marguerite (75)
 
-Collège de Beauvais ou de Dormans (75)
 
-Collégiale St-Georges de Vendôme (41) (disparue)
-Collégiale St-Laurent de Joinville (52) (disparue)
 
-Colonne de Juillet (75)
 
-Couvent de l'Ave Maria (75) (disparu)
-Couvent des Augustins-Déchaussés (75) (disparu)
-Couvent des Blancs-Manteaux (75) (disparu)
-Couvent des Capucins de la rue St-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des Capucines (75)
(disparu)
-Couvent des Carmélites de la rue St-Jacques (75) (disparu)
-Couvent des Carmes-Billettes (75)
-Couvent des Carmes-Déchaussés (75)
-Couvent des Célestins (75) (disparu)
-Couvent des Cordeliers de Nancy (54)
-Couvent des Cordeliers (75)
(disparu)
-Couvent des Chartreux de Vauvert  (75) (disparu)
-Couvent des Feuillants du Fg St-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des Grands-Augustins (75) (disparu)
-Couvent des Grands Carmes ou Carmes Barrés ou Carmes Maubert (75)  (disparu)
- Couvent des Jacobins réformés de la rue Saint-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des  Jacobins de la rue Saint-Jacques (75) (disparu)
-Couvent des Minimes de Chaillot (75) (disparu)
-Couvent des Minimes de la place Royale (75) (disparu)
-Couvent des Pénitents du Tiers-Ordre de St-François ou Pénitents de Picpus (75)
(disparu)
-Couvent des Petits-Augustins (75)
-Couvent des Récollets (75)
-Couvent des Théatins (Paris) (disparu)
-Couvent de la Visitation Ste-Marie (75)
-Crypte impériale des Capucins de Vienne (Autriche)
 
-Eglise du Dôme des Invalides (75)
-Eglise de La Madeleine (75)
-Eglise La Madeleine-de-la-Cité (75) (disparue)
-Eglise Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux (75)
-Eglise St-Barthélemy (75) (disparue)
-Eglise St-Benoît, la bien tournée (75) (disparue)
-Eglise St-Christophe (75) (disparue)
-Eglise et cimetière St-Côme-et-St-Damien (75) (disparus)
-Eglise St-Denis-de-la-Chartre (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-du-Pas (75) (disparue)
-Eglise St-Eloi (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne-du-Mont (75)
-Eglise St-Eustache (75)
-Eglise St-Germain-l'Auxerrois (75)
-Eglise St-Germain-le-Vieux (75) (disparue)
-Eglise St-Gervais-St-Protais (75)
-Eglise St-Hippolyte (75) (disparue)
-Eglise St-Jacques-de-la-Boucherie (75)
- Eglise St-Jacques-du-Haut-Pas (75)
-Eglise St-Jean-en-Grève (75)
(disparue)
-Eglise St-Jean-le-Rond (75) (disparue)
-Eglise St-Julien-le-Pauvre (75)
-Eglise St-Landry (75) (disparue)
-Eglise St-Laurent (75)
-Eglise St-Leu-St-Gilles (75)
-Eglise (cathédrale) St-Louis-des-Invalides (75)
-Eglise St-Louis-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise et cimetière (disparu) St-Louis-en-l'Île (75)
-Eglise St-Marcel (75) (disparue)
-Eglise St-Martial (75) (disparue)
-Eglise St-Médard (75)
-Eglise St-Merry (75)
-Eglise St-Nicolas-des-Champs (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Chardonnet (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-des-Champs (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-St-Louis (75)
(ancien couvent des Jésuites)
-Eglise St-Pierre-aux-Arcis (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-aux-Boeufs (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-de-Montmartre
-Eglise St-Roch (75)
-Eglise St-Sauveur (75) disparue
-Eglise St-Séverin (75)
-Eglise St-Sulpice (75)
-Eglise St-Symphorien et St-Luc (75) (disparue)
-Eglise St-Thomas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise Ste-Croix (75) (disparue)
-Eglise Ste-Geneviève-des-Ardents (75) (disparue)
-Eglise Ste-Marine (75) (disparue)
-Eglises et cimetières de l'île de la Cité (75) (disparus)
 
-Grottes vaticanes
 
-Hospice des Enfants-Trouvés (75) (disparu)
 
-Mausolée d'Auguste à Rome
-Mausolée de Mausole à
Halicarnasse (Bodrum) Turquie (disparu)
-Mémorial du Mt-Valérien (92)
 

-Panthéon de Paris
-Panthéon de Rome (Italie)
-POMPES FUNÈBRES, AUTREFOIS et leurs métiers disparus
-Prieuré St-Martin-des-Champs (actuel CNAM) (75)
-Prieuré Ste-Catherine-du-Val-des-Ecoliers (75) (disparu)
 
-SÉPULTURES DES BOURBONS
-SÉPULTURES DES ROIS D’ANGLETERRE (dynastie Anglo-saxonne)
-SÉPULTURES DES ROIS ET DUCS DE BRETAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS D'ESPAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS DE FRANCE ET DES EMPEREURS (résumé)
-SUPPLICIÉS Lieux d'inhumations
 
-Temple (enclos, église et cimetière du) (75) (disparus)
Dernière mise à jour
au 14 septembre 2019
COPYRIGHT 2010 - 2019 - TOUS DROITS RÉSERVÉS - Ce site est propriétaire exclusif de sa structure, de son contenu textuel et des photos signées MCP.  Sauf accord du propriétaire du site, toute reproduction, même partielle, à titre commercial est interdite. Les reproductions à titre privé sont soumises à l'autorisation du propriétaire du site. A défaut, le nom du site et de son auteur doivent obligatoirement être mentionnés. Tous les droits des auteurs des oeuvres protégées reproduites et communiquées sur ce site sont réservés.