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BOULLOGNE Louis père, BOULLOGNE Bon, BOULLOGNE Louis fils
et BOULLOGNE Madeleine
► Peintres français
Probablement inconnus du grand public,  les Boullogne appartiennent pourtant à la famille des grands peintres qui marquèrent brillamment leur époque, au moins pour deux d’entre eux, Bon et Louis fils.
Outre les changements de mode, la disparition et  la dispersion d’une partie plus ou moins importante de leurs œuvres ont pour beaucoup participé à cet oubli.  Redécouverts, plusieurs expositions leur furent consacrées ces dernières années.
►Louis Boullogne, père (v. 1609-1674)
Eglise ou cimetière Sainte-Marguerite (Paris)
Après avoir passé quelques années en Italie, il vint se fixer à Paris, et contribua beaucoup à l’organisation de la toute nouvelle Académie de peinture et de sculpture où il exerça les fonctions de professeur jusqu’à sa mort.
 
Possédant un remarquable talent de copiste qu’héritèrent ses fils, Bon et Louis, on lui doit également des œuvres comme Saint Simeón, Le Miracle de saint Paul dans Éphèse, et la Décollation de saint Paul  peints pour Notre-Dame.
Il eut aussi deux filles, Geneviève et Madeleine, peintres elles aussi.
Il décéda dans sa maison de la rue Saint-Antoine, et fut inhumé plus probablement dans l’église Sainte-Marguerite, sa paroisse, que dans le cimetière.
►Bon Boullogne dit l’Aîné (1649-1717)
Eglise Saint-Roch (Paris)
Etude du Miracle de saint Paul dans Éphèse Biblothèque municipale de Lyon
Le Christ en croix, la Vierge et saint Jean -Eglise Notre-Dame de la Nativité à Bercy © Jean-Luc Fontaine
Fils de Louis Boullogne, dont il fut l’élève, il a longtemps été considéré comme le plus doué de ses enfants. Il est vrai que très jeune, Bon montra des dispositions pour la peinture. D’ailleurs, impressionné à la vue d’un saint Jean du jeune homme, Colbert le pensionna pour Rome sans qu’il eût concouru pour le moindre concours, et fit exposer sa toile dans les salons de l’Académie.
 
Durant ces cinq de présence à Rome, il y acquit un très haut degré l’art de faire des pastiches, réalisant des copies d’œuvres célèbres, en particulier quelques fresques de Raphaël destinées à être reproduites en tapisseries aux  Gobelins.
Son talent de copiste était tel, qu’il eut plusieurs fois l’occasion de tromper les plus habiles connaisseurs.
De retour en France, après des études en Lombardie, il fut reçu à l’Académie royale (1677) et, l’année suivante, nommé professeur et peintre du roi. Distingué par Louis XIV, dont il était le peintre fétiche, il travailla dans l’église des Invalides, au palais et à la chapelle de Versailles, à Trianon.
 
Devenu l’un des cinq plus célèbres peintres d’histoire de la fin du règne de Louis XIV, excellant dans le coloris, il dessinait aussi bien qu’il composait. Tant du point de vue des genres approchés que des techniques employées, son œuvre était particulièrement diversifiée : tantôt imitait-t-il les grands Bolonais, tantôt réalisait-t-il de véritables pastiches des petits maîtres hollandais du Siècle d’or.
 
Chef d’école incontournable du Grand siècle, la plupart des peintres français actifs au tournant du siècle fut formée dans son atelier. Il aimait et protégeait ses élèves.
Artiste au caractère gai et plein de saillies, en démultipliant les sujets mythologiques peuplés de nudités, son univers « aimable », éloigné de la grandiloquence parfois associée au siècle de Louis XIV, possédait la retenue et la grâce du 17ème siècle. Il annnonçait la sensualité et la légèreté de l'art rocaille de la période Louis XV.
 
Toute sa vie, il resta tendrement attaché à son frère Louis, avec lequel il vécut en commun jusqu’à mariage de ce dernier en 1687.
Très connu de son vivant, mais ne signant pas ses tableaux, entre ses imitations, ses changements de style, la dispersion, et parfois la destruction de ses œuvres, au fil des siècles, il tomba peu à peu dans l’oubli après la Révolution. Redécouvert, on peut admirer ses tableaux dans de nombreux musées français. De même, plusieurs expositions lui furent consacrées ces dernières années.
Le Triomphe d'Amphitrite -Dijon, musée national Magnin
Pluton enlevant Proserpine -Tours, musée des beaux-arts
Décédé dans sa maison de la place Vendôme, Bon Boullogne fut inhumé dans les caveaux se situant sous la chapelle de la Vierge de l’église Saint-Roch, sa paroisse.
La Naissance de saint Jean-Baptiste -Paris, musée du Louvre
Chapelle de la Vierge de l’église Saint-Roch © MCP
►Louis de Boullogne, fils (1654-1733)
Eglise Saint-Eustache (Paris)
Craignant la rivalité entre ses deux fils, Louis père s’opposa d’abord à ce qu’il soit peintre, mais la vocation l’emporta et, tous les soirs, il traversait Paris pour aller avec Bon dessiner à l’Académie.
 
Son grand prix de peinture en poche, il partit pour Rome en 1676, au moment où son frère en revenait. Lui aussi y exécuta des copies dont plusieurs œuvres de Raphaël d’après lesquelles les Gobelins tissèrent différentes tentures de tapisserie pour le roi.
De retour à Paris (1680), il y acquit bientôt une très grande réputation. Dès l’année suivante, il fut reçu membre de l’Académie de peinture et de sculpture dont il devint le recteur (1723), puis le directeur (1725).
 
Très représentatif de cette génération d’artistes formés par cette nouvelle Académie, son style souple et élégant assura avec brio la transition entre la période dite « classique » et la production rococo. Formidable dessinateur, il fut choisi pour dessiner les médailles et les devises de l’Académie des inscriptions et belles-lettres dont il était membre.
Premier peintre du roi, avec lettres de noblesse pour lui et sa postérité -donc le premier de la famille à porter une particule- écuyer et chevalier de l’ordre de Saint-Michel, il mourut en laissant une immense fortune à ses quatre enfants.
 
Louis de Boullogne fut inhumé en l’église Saint-Eustache, sa paroisse où ses ossements se trouvent peut-être dans l’ossuaire.
Etude pour deux compagnes de Diane © Musée du Louvre
Etude pour le tableau qui suit : La chasse de Diane
La chasse de Diane -Tours, musée des Beaux-Arts
© MCP
►Madeleine  Boullogne (1646-1710)
Cimetière Saint-Roch (Paris)
 
Fille de Louis Boullogne père, et donc sœur de Bon et de Louis fils, elle fut reçue à l’Académie royale de peinture et de sculpture (1669) où son père enseignait.
Talentueuse comme ses frères, elle commença par travailler sur des chantiers royaux, notamment au Palais des Tuileries, où elle peignit quatre toiles pour l’antichambre du Grand appartement du roi, mais également à Versailles pour l’antichambre du Grand appartement de la reine. Malheureusement, ses peintures aux Tuileries ont disparu ainsi que la plupart de son travail à Versailles, détruit lors de la construction de la Galerie des Glaces.
Elle est surtout connue pour ses nombreux tableaux sur la vie à Port-Royal-des-Champs popularisés par les gravures qu’en fit  Madeleine Hortemels (1686-1767).  Elle signa également des natures mortes et quelques portraits, ainsi que des thèmes religieux.
 
Très pieuse, marquée par un augustinisme strict et proche du jansénisme, elle avait un mode de vie quasi-monastique qu’elle menait auprès de Bon. Cependant, elle enseigna à quelques élèves.  
Madeleine tomba peu à peu dans l’oubli, au point que certaines de ses œuvres sont attribuées à d’autres peintres. Bien regrettable quand on constate la qualité de son travail.
Restée célibataire, ses deux frères l’accompagnèrent jusqu’à sa tombe au cimetière de l’église Saint-Roch.
La distribution des aumônes à Port-Royal-des Champs. Gravure de M. Hortemels d’après Madeleine Boullogne.
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8 octobre 2016
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par Marie-Christine Pénin
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