RETOUR BOULEVARD DU CRIME
LOUTREL Pierre, dit PIERROT LE FOU et le gang des Tractions Avant
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne) (Inédit)
© Rundvald
A l’issue de la guerre, les gestapistes Georges Boucheseiche et Abel Danos, le FFI Raymond Naudy, l’ancien combattant Marcel Ruard, et un rescapé de Dachau, Jo Attia ,formèrent le noyau fondateur de la bande dirigé de façon ingénieuse par Loutrel. On cite également Henri Fefeu, et parfois les dénommés Julien Le Ny, Louis Quérard comme éléments satellites plus ou moins proches.
 
Et puis, tout à coup, après neuf mois d’une intense activité, plus rien. Evanoui, le Loutrel. Mais comme on ne prête qu’aux riches, la presse continuait à le charger de tous les méfaits. Chaque fois qu’un truand
« tombait », la police espérait une indication, mais rien, toujours rien. Réfugié à l’étranger comme certains prétendaient pour l’y avoir vu ? Pas davantage. Alors, puisqu’on avait plus aucune trace de lui, l’idée vint qu’il était peut-être mort, ce qu’aucun élément ne confirmait, pas même d’anciens complices qui affirmaient ne pas savoir…La vérité n’éclata qu’en 1949.
LOUTREL Pierre (1916 – 11 novembre 1946)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne) (Inédit)
Engagé comme mousse sur un navire de commerce en 1932, il se frotta aux milieux interlopes des ports dans lesquels il faisait escale. Débarqué définitivement pour indiscipline, à défaut d’avoir pu intégrer le milieu marseillais, il se fit cambrioleur et fut arrêté avant d’être incorporé de force dans les bataillons d'infanterie légère d'Afrique, les fameux « les Bat’ d’Af’ » disciplinaires où il fut confronté à d’autres voyous et fit la connaissance de Jo Attia.
Démobilisé en 1938, il prit la gérance d’un bar-hôtel, continua à se livrer à des cambriolages et jouait les caïds à Rochechouart. La période de l’Occupation allait lui offrir la dimension qu’il ambitionnait en rejoignant la Gestapo française de l’avenue Foch dirigée par René Launay : 10 000 francs par mois, frais annexes grassement remboursés, primes, et butin prélevé sur les personnes arrêtées à leur domicile, de quoi largement s’offrir des virées dans les boîtes à la mode où, rackettant,  provoquant des bagarres et en se livrant à plusieurs assassinats parfois gratuits, il se distinguait régulièrement par ses excès. Irascible, violent, alcoolique et déséquilibré, il se forgea une réputation de voyou incontrôlable, d’où son surnom de Pierrot le Fou, et le bien nommé. Protégé par l'immunité que lui offrait son appartenance à la Gestapo, malgré sa démesure, il ne fut pas arrêté. Mais, impliqué dans la tentative d’assassinat d’un inspecteur, il partit se faire oublier à Toulouse.
 
Dingue peut-être, mais conscient qu’avec la Libération il lui fallait se refaire une virginité. Sous le faux nom du lieutenant Dhéricourt, grâce à l’aide de Raymond Naudy, il réussit à intégrer un réseau de résistance toulousain, et procéda à l’exécution de collabos… Cependant, ne pouvant réchapper au minimum d’ordre qui revenait, il retourna à l’illégalité. Dans le Midi, avec Raymond Naudy et Henri Fefeu, il renoua avec le banditisme et forma sa bande avec laquelle il signa plusieurs coups de maître rentrés dans les grandes annales du crime organisé.
 
Premier à être qualifié « d’ennemi n°1 » en France, soupçonné de onze meurtres, dont plusieurs de gendarmes et de policiers, Loutrel s’évapora à partir de novembre 1946. Il fallut trois ans pour que la police reçoive enfin une information décisive : grièvement blessé, peut-être bêtement par lui-même, durant le braquage d’une bijouterie à Paris le 6 mai 1946, admis dans une clinique sous un faux nom grâce à la complicité d’un médecin, il y resta trois jours. Son état empirant, ses complices préférèrent ne pas prendre le risque qu’il meurt dans la clinique. Déguisés en infirmiers, ils l’enlevèrent et l’emmenèrent jusqu’au domicile du dénommé Courtois à Porcheville où il mourut.
Enveloppé dans une couverture, le corps fut porté en barque jusqu’à l’île du Gillier (aujourd'hui disparue), près d’un saule. Depuis la tombe était restée inviolée et aurait pu le rester toujours sans les aveux de Courtois trois plus tard.
Le 6 novembre 1949, dans le plus grand secret, tout un attirail de la police et de la justice se rendit sur place et, le lendemain, finit par trouver ce qui restait de la dépouille qu’on rembarqua pour une autre traversée de la Seine. Dont acte. Si l’on sait qu’il fallut attendre 1951 pour que soit définitivement enregistrée sa date officielle de décès, quid du corps ?
Découverte du corps de Loutrel. Journal Détective
Etre taphophile n’est pas une sinécure…
Pierrot le Fou était rentré dans la légende noire, mais aussi dans ma liste des lieux de sépultures particulièrement coriaces à trouver. Un challenge à relever qui me prit un temps certain. Et puis…
Si la police judicaire de Paris s’était chargée de l’exhumation, la clé devait s’y trouver. Aux Archives de la police plusieurs dossiers « Loutrel » existent bien et suis, enfin, à quelques minutes de mettre un terme à ma quête. Le suspens est à son comble quand j’essuie une belle déconfiture : protégés par une prescription de 75 ans, les dossiers judiciaires le concernant ne sont pas consultables avant 2021 (1946 date de décès + 75 ans) ! Malgré l’indéniable gentillesse et la bonne volonté du personnel désolé de ma mine défaite, rien à faire. Vint alors l’idée de l’ultime espoir : les registres de la morgue, ou Institut médico-légal, où le corps avait peut-être été déposé. Bingo ! Loutrel y avait bien été enregistré. Il y était rentré le 13 novembre 1949, et y avait attendu le jugement déclaratif de décès du tribunal de Mantes le 14 juin 1951.
Dans la case « inhumation », une simple date : 5 juillet 1951 et un laconique « v. adm. » pour « voie administrative ». Ses restes, dits « abandonnés », ne pouvaient alors avoir suivi que le triste trajet des corps « encombrants », non réclamés, et dont on ne sait que faire, le cimetière parisien de Thiais. Vérification faite, c’était bien le cas. Depuis, après avoir transité par l’ossuaire, ils ont disparu dans les flammes du crématorium du Père-Lachaise.
Archives de la Police de Paris © MCP
Archives de la Police de Paris © MCP
►ATTIA Joseph Brahim (1916 - 22 juillet 1972)
Cimetière d’Orsay (Essonne)
Enfant martyr lorsque sa mère fut contrainte de le placer, après avoir débuté une carrière de boxeur pervertie par des managers véreux, il acquit une tendance au crime aux bataillons disciplinaires (Bat’d’Af) où son cursus l’avait mené et où il rencontra Loutrel.
Bien qu’ayant fait partie de la Carlingue et trafiqué pour le compte de Lafont,- il était en particulier chargé de la distribution de faux tickets d’alimentation et  aurait permis l’arrestation de tout un réseau de résistants-, il joua un jeu trouble en se rapprochant de la Résistance.
VOIR AUSSI
 
►LES COLLABORATEURS JUGÉS ET FUSILLÉS DANS DIFFÉRENTS FORTS PARISIENS
►LA CARLINGUE
© Philippe Landru
© Philippe Landru
►BOUCHESEICHE Georges (1914 - 1974 )
Très probablement le « Point fixe3 » à Rabat (Maroc)
Malfrat au casier déjà bien chargé dans les années 1930 pour proxénétisme, violences et cambriolages, incarcéré à plusieurs reprises, l’inspecteur Bonny le tira de sa prison au début de l’Occupation pour en faire un agent de la Gestapo française qu’il n’aurait, selon certains, fréquenté que marginalement. Puis, il rejoignit le gang de Loutrel dont il fut un des membres fondateurs. Condamné à sept de prison, il s’allia ensuite à une bande racketteurs de patrons de bar, avant «  d’ investir » dans des hôtels de passe et des maisons closes à Paris et au Maroc.
►LE NY Julien ( ? – novembre 1974 ?)
Très probablement le « Point fixe3 » à Rabat (Maroc)
Caïd aguerri, mais aussi homme de l’ombre, son profil correspondait tout à fait aux qualités du «barbouze» efficace. Réputé recruté par le SDECE (service de documentation extérieure et de contre-espionnage) dans les années 60, c'est surtout avec l'affaire Ben Barka qu’il fut connu du grand public. Chargé, avec trois autres truands, dont Le Ny, d’attirer dans un piège le principal opposant du roi du Maroc, Hassan II, c’est dans sa villa de Fontenay-le-Vicomte que le leader marocain fut conduit le 29 octobre 1965 par les policiers Souchon et Voitot. Mais le rapt tourna au drame. Ben Barka mourut dans des circonstances inconnues. Dès le lendemain, Boucheseiche s’envola pour Casablanca, suivi de ses complices. En France, lors du procès  de 1966-1967, il fut condamné par contumace à la réclusion à perpétuité.
En fait, la fuite organisée se révéla être une mise à l’ombre. Victimes de la rivalité entre le colonel Dlimi, directeur de la Sûreté marocaine, et le général Oufkir, ministre de la Défense, les truands furent arrêtés. Puis, témoins encombrants de «l'affaire Ben Barka», Boucheseiche, Le Ny et le dénommé Dubail finirent au «Point fixe 3», sinistre lieu de détention secret, une  grande villa sur la route des Zaers à Rabat où, torturés, ils moururent.
Selon le livre-témoignage d’Ali Bourequat, Tazmamart : Dix-Huit ans de solitude (1993), ils furent inhumés dans une fosse commune en 1974 : Boucheseiche le 29 octobre,  soit neuf ans  jour pour jour neuf ans après l'enlèvement de Ben Barka.
 
Situé en plein quartier chic de Rabat, le PF3 apparait en ruines protégé par un simple mur mais sous bonne garde. Le pouvoir y a planté des orangers par dizaines. Sous terre, un très possible charnier. La terre semble fertile sauf à un endroit large de quelques mètres où les arbres ne poussent pas. Selon un expert interrogé par le grand reporter Joseph Tual, une seule explication : la chaux vive, substance utilisée pour camoufler l'odeur des corps, dont les sous-sols du PF3 regorgeraient. Encore de nos jours, le lieu est tabou et toute enquête sur le sujet est toujours à haut risque.
Au regard des explications ci-dessus, on comprendra que les photos du PF3 sur le Net soient rarissimes,  obligatoirement prises en cachette et à toute vitesse. Ici, l'entrée de la villa. http://activistessanslimites.blogspot.com/2006/07/centre-de-dtention-clandestin-pf3-bir.html
La plantation d’orangers sur un probable charnier
Extrait  d'une vidéo - VID2O de 2000- Le Point 2015
►DANOS Abel, dit le « Mammouth » (1904 – 13 mars 1952)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Contraint de fuir l’Italie suite à des hold-up sanglant, toujours accompagné de Naudy, il débarqua clandestinement à Menton dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1948.
Arrêté après un mois d’une ultime cavale, incarcéré à la Santé où il put jouir de son immense prestige tout en songeant à s’évader, son procès l’attendait avec un dossier des plus épais : à ses trop nombreuses condamnations, ses évasions et sa participation au sanglant du 21 février 1944, s’ajoutait son lourd passif à la Carlingue.
Promptement condamné à mort au printemps 1949 par la Cour de justice de la Seine pour l’ensemble de son œuvre, il devait aussi répondre de l’accusation d’intelligence avec l’ennemi devant un tribunal militaire. Ce dernier procès fut acharné. Sans surprise, il fut condamné à mort pour la seconde fois, verdict qu’il accepta stoïquement. Après s’être confessé et avoir entendu une messe, il alla à son supplice sans faillir. Lui qui avait été condamné à mort au motif infâmant de trahison cria « Vive la France », et s’écroula. Le lendemain de son inhumation, sa compagne fit transférer son corps dans la 46ème division.  En 1964, la concession n’ayant pas été renouvelée, les restes du Mammouth furent entreposés dans l'ossuaire avant de disparaître dans le crematorium du Père-Lachaise.
Coureur cycliste promis à un bel avenir avant de devenir une figure légendaire du Milieu français, il assura sa célébrité par sa participation au premier hold-up de l'Occupation le 21 février 1941 dont la remarquable technique inspira Loutrel par la suite. Mais le personnage est plus complexe qu’il n’y parait : il s’était notamment engagé très tôt dans la résistance et avait effectué avec succès plusieurs missions dangereuses en 1941 avant d’être arrêté par la police française. Extrait de prison pour intégrer la Carlingue, il commit des opérations contre la maquis, des pillages, des meurtres, et fit aussi partie de la peu recommandable Légion Nord-Africaine.
Ayant rejoint le gang des Tractions Avant, à la dispersion de celui-ci, il poursuivit son cursus de malfrat en France puis à Milan, où il s’était réfugié avec Raymond Naudy.
Libéré en 1928 des sections spéciales de discipline, les Bat’d’Af, multirécidiviste des cambriolages, des vols à main armée et des tentatives de meurtre, son cursus continua à s’enrichir de nombreuses condamnations et il fut, comme beaucoup du même acabit, frappé d’une interdiction de séjour à Paris. Déchu par la suite de ses droits civiques à cause de ses activités sous  l’Occupation, excellent conducteur, il fut de presque tous les braquages du gang.  
Même si aucun des membres de la bande n’avait encore été arrêté, l’étau se resserrait autour d’eux et ce fut bientôt le début de la fin. Arrêté à la sortie d’un bar à Montmartre le 30 septembre 1946,  Fefeu fut le premier tomber.
►FEFEU Henri, dit Riton le Tatoué (1905 – octobre 1953) (Inédit)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Malgré un interrogatoire musclé, jamais il ne parla. Un vrai dur le Riton ! Ecroué à la Santé, il ne pensait qu’à s’en échapper. Pour se faire transférer dans un cadre moins hermétique, tel un sanatorium, il aurait alors choisi de s’inoculer la tuberculose en ingérant des crachats d’un autre détenu qui en était atteint.
Contrairement à ce que l’on voit écrit de façon récurrente dans les ouvrages dédiés au gang, et divers, Fefeu ne mourut ni à la Santé, ni à Liancourt, mais à Fresnes.
Tuberculeux, il le devint mais ne s’évada pas. Incarcéré à la Santé, puis, le 8 mars 1951 à la prison de Liancourt qui possédait un sanatorium, il fut ensuite transféré à celle de Fresnes le 31 août 1953 où il décéda un mois plus tard. Il fut inhumé au cimetière parisien de Thiais le 3 octobre. Après avoir été renouvelée plusieurs fois,  sa sépulture fut reprise en 1975.
Les seules informations sur le personnage que j’ai trouvées à ce jour se situent dans le cadre de l’affaire Ben Barka. Néanmoins, il aurait fait partie de la Carlingue et fut ensuite un truand
« satellite » du gang des Tractions Avant. Une chose est certaine, son parcours le mena à endosser le costume de barbouze. c'est ainsi qu'il participa  à l’affaire Ben Barka : entre autres, il était présent dans la voiture qui servit à l’enlèvement du leader d’opposition marocain.
Comme Boucheseiche, Le Ny  s’envola très vite pour Casablanca. En France, lors du procès de 1966-1967, il fut  condamné par contumace à la réclusion à perpétuité.
Victimes de la rivalité entre le colonel Dlimi, directeur de la Sûreté marocaine, et le général Oufkir, ministre de la Défense, les truands furent arrêtés. Puis, témoins encombrants de «l'affaire Ben Barka», Le Ny ? Boucheseiche et le dénommé Dubail finirent au «Point fixe 3», sinistre lieu de détention secret, une grande villa sur la route des Zaers, à Rabat où, torturés, ils moururent.
Selon le livre-témoignage d’Ali Bourequat, Tazmamart : Dix-Huit ans de solitude (1993), ils furent inhumés dans une fosse commune en 1974. Le Ny l’aurait été le 14 novembre 1974.
Situé en plein quartier chic de Rabat, le PF3 apparait en ruines protégé par un simple mur mais sous bonne garde. Le pouvoir y a planté des orangers par dizaines. Sous terre, un très possible charnier. La terre semble fertile sauf à un endroit large de quelques mètres où les arbres ne poussent pas. Selon un expert interrogé par le grand reporter Joseph Tual, une seule explication : la chaux vive, substance utilisée pour camoufler l'odeur des corps, dont les sous-sols du PF3 regorgeraient. Encore de nos jours, le lieu est tabou et toute enquête sur le sujet est toujours à haut risque.
 
VOIR A BOUCHESEICHE POUR LES PHOTOS
►NAUDY Raymond, dit le Toulousain (1921 –1er novembre 1948) (Inédit)
Cimetière du Trabuquet à Menton (Alpes-Maritimes)
Au petit matin, une patrouille découvrit le taxi abandonné. A l’intérieur, le corps de Naudy et sa femme qui, blessée et enceinte, accoucha quelques heures plus tard d’un enfant mort-né. Déposé à la morgue de Menton, Raymond Naudy fut ensuite inhumé, avec son enfant, dans une tranchée gratuite au cimetière du Trabuquet avant de disparaître dans un ossuaire.
►QUERARD Louis, dit P’tit Louis le Nantais (? - 8 décembre 2011) (Inédit)
Cimetière intercommunal de La Courneuve (Seine-Saint-Denis)
Membre satellite du gang, à ce jour, à défaut d’avoir trouvé des éléments intéressants le concernant, j’ai au moins pu localiser sa tombe.
►RUARD ou RUART Marcel, dit le Gitan ou Pepito (1924 – 5 octobre 2010 ) (Inédit)
Cimetière Lagoubran à Toulon (Var)
Fils d’une honorable famille et d’une excellente éducation,  véritable résistant dès ses dix-sept ans, homologué FFI, il avait combattu dans un maquis de Haute-Loire, puis s’était engagé dans l’armée. Peut-être par  goût des armes et de l’aventure,  il avait ensuite rejoint la geste voyoute et le gang des Tractions Avant.
En décembre 1949, devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence,  se tint le procès de 22 complices méridionaux de Loutrel, dont Ruard, un des principaux accusés. Peut-être par orgueil, se positionnant comme le successeur du chef, il fut alors l’un des  rares  à prendre ses responsabilités, à minimiser le rôle des autres ;  procès, en réalité fait à une ombre, celle de Pierrot Le Fou dont le corps avait été découvert en novembre.
L’avocat général avait requis la peine de mort. Mais, probablement sensibles à son passé de résistant, contre toute attente, les jurés ne le condamnèrent qu’à vingt années de travaux forcés. Incarcéré aux Baumettes, il fut libéré au bout dix ans. Victime d’un accident peu après sa sortie, il perdit une jambe. Il avait définitivement quitté le milieu, et s’était recyclé comme VRP.  Apparemment, il aurait vécu un temps dans la vallée de Chevreuse avant de s’installer dans le petit village de Saint-Clair (Tarn-et-Garonne) où il avait acheté une concession pour son ultime demeure. Finalement, c’est à Toulon, où il mourut, qu’il repose (sépulture familiale de sa dernière compagne ?)
 
Son personnage inspira, notamment, sa présence dans Le Rouge est mis de Gilles Grangier (1957) (rôle tenu par Lino Ventura), mais surtout le film Le Gitan de José Giovanni (1975) (rôle tenu par Alain Delon).
Alors que Lafont voulait l’éliminer, il se laissa convaincre par Loutrel et Danos de le livrer aux Allemands. Déporté au camp de Mauthausen en août 1943, il aida de nombreux camarades à éviter la mort parmi lesquels Edmond Michelet. Après guerre, ce dernier lui renvoya plusieurs fois l’ascenseur  en lui  servant de caution morale, faisant ainsi du gangster le roi du non-lieu malgré ses crimes. Ce comportement exemplaire, lui avait aussi valu la Légion d'honneur.
A peine libéré des camps, il rejoignit le gang de Loutrel. Après la dispersion de la bande, on le dit impliqué dans des affaires de barbouzerie.Puis, il ouvrit des cabarets à Paris et Abidjan tout en poursuivant des activités illicites : extorsion de fonds, escroquerie, cambriolages, détention d'armes...De nouveau arrêté à plusieurs reprises entre 1959 et 1965, définitivement libéré en 1967, il mourut d’un cancer de la gorge cinq ans plus tard.
Merci à Florence Razzanti pour cette photo
Merci à Florence Razzanti pour cette photo
18 septembre 2019
Sources principales :
Tous mes plus chaleureux remerciements :
-à l'ensemble du personnel du cimetière parisien de Thiais
-aux Archives départementales des Alpes-Maritimes
-au service d’Etat-civil de la ville de Menton
-aux Archives départementales de l’Oise
-aux Archives de la police de Paris
-Journal Libération en ligne : article du 31 janvier 2000 par Stephen Smith
-Documentaire en ligne L’immortelle affaire Ben-Barka par Samir El Ouardighi le 2 octobre 2015
-Article et vidéo du Journal Le Point : Affaire Ben Barka : « La France a perdu sa souveraineté face au Maroc » du 30 septembre 2015
-Article en ligne 20 oct. 2017 : Les voitures de l’histoire – Retour sur le gang des Tractions Avant par Elodie Chauderlot
-Les Flics d’André Larue (version numérisée incomplète) ED. Fayard
-Crimes et criminels (version numérisée et incomplète) de Christine Mattei Ed. Lulu.com (2014)
-Les très féroces (version numérisée et incomplète) de Christian Gonzales, Philippe Randa et Henry Sergg Ed. French Pulp (2016)
-Justice drôle ou drôle de justice (version numérisée incomplète) de Pierre Temin . Ed. Autres Temps
-Les grandes enquêtes du commissaire Chenevier (version numérisée incomplète) de Jean-Emile Néaumet. Ed. Albin Michel
-Les Indics : Cette France de l’ombre qui informe l’Etat (version numérisée incomplète) de Christophe Cornevin. Ed. Flammarion
-Joinovici, l’empire souterrain du chiffonnier milliardaire de Henry Sergg –Ed. French Pulp (2016)
-Site en ligne des Français (dossiers administratifs de résistants du Service Historique de la Défense)
-http://www.memoiresdeguerre.com/article-gang-des-tractions-avant-43713726.html
-https://criminocorpus.org/fr/expositions/suspects-accuses-coupables/les-vrais-tontons-flingueurs/raymond-naudy/
(*) commentaire(s)
© MCP
© MCP
A titre exceptionnel, un « avertissement » précède cet article.
Travailler sur les lieux de sépulture des personnalités politiques, des membres d’officines (comme la Carlingue) ou d’unités spéciales  (telle la Légion nord-africaine)  liés à la Collaboration, c’est accepter de s’armer d’une infinie patience à cause du peu d’informations qui existe sur le sujet. Si certains lieux sont parfaitement connus, entre omerta, oubli et discrétion souhaitée par les protagonistes et/ou leurs familles, l’enquête est parsemée d’embûches pour la grande majorité. Néanmoins,  autant grâce à des investigations de fourmi qu’à la chance, malgré des impasses, ma très longue  enquête a fini par aboutir à de nombreux dénouements heureux.  Si je m’autorise ces précisions c’est tout simplement par défiance des malhonnêtes qui n’hésiteront pas à s’attribuer les "scoops" que j’ai eu tant de mal à trouver.  C’est pourquoi, bien que consciente que le pillage ne peut être empêché, chacune de mes découvertes est signalée par la mention "inédit" dans cet article comme dans ceux se rapportant au même sujet.  
 

La Libération de Paris, puis l’armistice avaient mis fin à la guerre. Pour autant, on n’en avait pas terminé, et loin de là, avec la pauvreté et le rationnement de la population parisienne et de sa région. Entre 1944 et 1945, on assista alors à une augmentation de près de 300% de « vols en tout genre ». Fruit de la Libération, les armes circulaient au grand jour et les vols à main armée devinrent monnaie courante. Au premier semestre 1945, les quelque mille trois cents hommes du quai des Orfèvres eurent à traiter soixante-douze mille crimes et délits, pour la plupart commis par de faux résistants, de vrais collaborateurs, ou encore des déserteurs allemands et américains, sans oublier les règlements de compte opérés par de vrais résistants, etc. Pour de l’inédit, c’était vraiment du jamais vu !
 
Le célèbre gang des Tractions Avant fait un peu figure de mètre étalon du genre. Issue autant de la sinistre Carlingue que de la Résistance, la bande est indissociable de son chef, Pierre Loutrel, dit Pierrot le Fou. Spécialisée dans les attaques à main armée, menées à bord de la fameuse Citroën 15/six,  le gang des Tractions Avant commit des braquages dans la région parisienne, sur la Côte d'Azur et en Provence entre février et novembre 1946. Aussi violentes qu'audacieuses, ces opérations se caractérisaient par une préparation minutieuse, une action et un repli rapides et un butin considérable : il s'est élevé en quelques mois à plus de 80 millions de francs 1946, soit l’équivalent de plus de 6,5 millions d'euros. Le gang avait commencé par de multiples braquages de convois de fonds et des camions des PTT, puis avait accentué le mouvement à une fréquence hallucinante. Très vite devenus la priorité de la police, les malfrats échappèrent plusieurs fois aux forces de l’ordre de façon rocambolesque, notamment à Champigny  où plus de 350 policiers encerclèrent une auberge dans laquelle se trouvaient deux d’entre eux mais que Loutrel réussit à exfiltrer in extremis au nez et à la barbe de la police.
 
La bande à Bonnot avait innové en introduisant la voiture dans le crime, grâce à la Traction Avant, celle de Loutrel allait supplanter un temps les forces de police.  Modèle mythique de chez Citroën, la tenue de route incomparable pour l’époque de la 15/six en avait fait une voiture  très prisée par la Résistance et la Gestapo.
Jeune truand, mais aussi authentique résistant et ancien maquisard, après-guerre, il devint le
« protégé » de Loutrel. Tueur professionnel, il cumula une belle série de cadavres sur sa conscience. Réfugié à Milan, avec Abel Danos, après la dispersion du gang, ils participèrent à plusieurs hold-up sanglants. Contraints de fuir l’Italie, tous deux revinrent clandestinement en France dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1948.
Accompagnés de leurs femmes et enfants, ils accostèrent en barque dans la baie de Garavan à Menton, et montèrent dans un taxi, commandé depuis l’Italie, qui les attendait tous feux éteints. Mais, intrigués par la scène, deux   gardiens de la paix (ou douaniers ?)  décidèrent d’intervenir.
Le taxi stoppa et Naudy, toujours la gâchette facile, tua l’un des policiers d’une rafale de mitraillette. Bien que grièvement blessé, le second vida son chargeur sur le malfrat qui tomba foudroyé. Danos démarra en lieu et place du chauffeur de taxi qui, épouvanté, s’était enfui.  
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par Marie-Christine Pénin
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-Abbaye St-Victor (75) (disparue)
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-Cimetière St-Médard (75)
(disparu)
-Cimetière St-Nicolas-des-Champs (75) (disparu)
-Cimetière St-Nicolas-du-Chardonnet (75) (disparu)
-Cimetière St-Paul-des-Champs (75) (disparu)
-Cimetières St-Roch (75) (disparus)
-Cimetière St-Sulpice (75)
(disparu)
-Cimetière de la Salpêtrière (75) (disparu)
-Cimetière de Sapanta (Roumanie)
-Cimetière St-Sauveur (75) (disparu)
Cimetière et charniers St-Séverin (75)
Cimetière Ste-Catherine (75)
(disparu)
-Cimetière Ste-Marguerite (75)
 
-Collège de Beauvais ou de Dormans (75)
 
-Collégiale St-Georges de Vendôme (41) (disparue)
-Collégiale St-Laurent de Joinville (52) (disparue)
 
-Colonne de Juillet (75)
 
-Couvent de l'Ave Maria (75) (disparu)
-Couvent des Augustins-Déchaussés (75) (disparu)
-Couvent des Blancs-Manteaux (75) (disparu)
-Couvent des Capucins de la rue St-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des Capucines (75)
(disparu)
-Couvent des Carmélites de la rue St-Jacques (75) (disparu)
-Couvent des Carmes-Billettes (75)
-Couvent des Carmes-Déchaussés (75)
-Couvent des Célestins (75) (disparu)
-Couvent des Cordeliers de Nancy (54)
-Couvent des chanoinesses de Picpus (75)
-Couvent des Cordeliers (75)
(disparu)
-Couvent des Chartreux de Vauvert  (75) (disparu)
-Couvent des Feuillants du Fg St-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des Grands-Augustins (75) (disparu)
-Couvent des Grands Carmes ou Carmes Barrés ou Carmes Maubert (75)  (disparu)
- Couvent des Jacobins réformés de la rue Saint-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des  Jacobins de la rue Saint-Jacques (75) (disparu)
-Couvent des Minimes de Chaillot (75) (disparu)
-Couvent des Minimes de la place Royale (75) (disparu)
-Couvent des Pénitents du Tiers-Ordre de St-François ou Pénitents de Picpus (75)
(disparu)
-Couvent des Petits-Augustins (75)
-Couvent des Récollets (75)
-Couvent des Théatins (Paris) (disparu)
-Couvent de la Visitation Ste-Marie (75)
-Crypte impériale des Capucins de Vienne (Autriche)
 
-Eglise du Dôme des Invalides (75)
-Eglise de La Madeleine (75)
-Eglise La Madeleine-de-la-Cité (75) (disparue)
-Eglise Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux (75)
-Eglise St-Barthélemy (75) (disparue)
-Eglise St-Benoît, la bien tournée (75) (disparue)
-Eglise St-Christophe (75) (disparue)
-Eglise et cimetière St-Côme-et-St-Damien (75) (disparus)
-Eglise St-Denis-de-la-Chartre (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-du-Pas (75) (disparue)
-Eglise St-Eloi (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne-du-Mont (75)
-Eglise St-Eustache (75)
-Eglise St-Germain-l'Auxerrois (75)
-Eglise St-Germain-le-Vieux (75) (disparue)
-Eglise St-Gervais-St-Protais (75)
-Eglise St-Hippolyte (75) (disparue)
-Eglise St-Jacques-de-la-Boucherie (75)
- Eglise St-Jacques-du-Haut-Pas (75)
-Eglise St-Jean-en-Grève (75)
(disparue)
-Eglise St-Jean-le-Rond (75) (disparue)
-Eglise St-Julien-le-Pauvre (75)
-Eglise St-Landry (75) (disparue)
-Eglise St-Laurent (75)
-Eglise St-Leu-St-Gilles (75)
-Eglise (cathédrale) St-Louis-des-Invalides (75)
-Eglise St-Louis-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise et cimetière (disparu) St-Louis-en-l'Île (75)
-Eglise St-Marcel (75) (disparue)
-Eglise St-Martial (75) (disparue)
-Eglise St-Médard (75)
-Eglise St-Merry (75)
-Eglise St-Nicolas-des-Champs (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Chardonnet (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-des-Champs (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-St-Louis (75)
(ancien couvent des Jésuites)
-Eglise St-Pierre-aux-Arcis (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-aux-Boeufs (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-de-Montmartre
-Eglise St-Roch (75)
-Eglise St-Sauveur (75) disparue
-Eglise St-Séverin (75)
-Eglise St-Sulpice (75)
-Eglise St-Symphorien et St-Luc (75) (disparue)
-Eglise St-Thomas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise Ste-Croix (75) (disparue)
-Eglise Ste-Geneviève-des-Ardents (75) (disparue)
-Eglise Ste-Marine (75) (disparue)
-Eglises et cimetières de l'île de la Cité (75) (disparus)
 
-Grottes vaticanes
 
-Hospice des Enfants-Trouvés (75) (disparu)
 
-Mausolée d'Auguste à Rome
-Mausolée de Mausole à
Halicarnasse (Bodrum) Turquie (disparu)
-Mémorial du Mt-Valérien (92)
 

-Panthéon de Paris
-Panthéon de Rome (Italie)
-POMPES FUNÈBRES, AUTREFOIS et leurs métiers disparus
-Prieuré St-Martin-des-Champs (actuel CNAM) (75)
-Prieuré Ste-Catherine-du-Val-des-Ecoliers (75) (disparu)
 
-SAINTE-CHAPELLE DU PALAIS (75)
 
-SÉPULTURES DES BOURBONS
-SÉPULTURES DES ROIS D’ANGLETERRE (dynastie Anglo-saxonne)
-SÉPULTURES DES ROIS ET DUCS DE BRETAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS D'ESPAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS DE FRANCE ET DES EMPEREURS (résumé)
-SUPPLICIÉS Lieux d'inhumations
 
-Temple (enclos, église et cimetière du) (75) (disparus)
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