RETOUR BOULEVARD DU CRIME
Le siège par la police
L’arrestation
La Société Générale à Chantilly
Reconstitution de l’attaque des guichets par Garnier, Callemin, Valet et Monier
BONNOT Jules (1876 - 28 avril 1912)
Cimetière parisien de Bagneux (concession disparue)
...et sa bande
On ne peut évoquer Bonnot et sa bande sans replacer leurs actions dans le contexte politico-économique de leur époque qui a vu au 19ème siècle le développement militant d’idées libertaires prenant principalement racines dans divers mouvements du 18ème siècle comme, par exemple et entre autres, celui des « Egaux » dirigé par Gracchus Babeuf.
 
Sans rentrer dans les détails, ni dans les divers courants de la philosophie anarchique, on peut au moins noter que l’idée générale en est l’établissement d’une société humaine sans hiérarchie visant à l’épanouissement individuel et comprenant le rejet de toute contrainte extérieure à l’homme sous quelque forme qu’elle soit.
Il est clair que le développement industriel et la grande misère ainsi que les injustices sociales qu’il généra a favorisé l’amplification du mouvement anarchiste.
Le problème est que l’histoire du mouvement anarchique, pour renverser le système social en place, est jalonnée d’actions d’une grande violence dont on ne compte plus les victimes innocentes.
 
Quels que soient leurs objectifs, rien ne peut justifier les meurtres des petites gens tombées sous les balles de Bonnot et de sa bande lors de leurs braquages dans lesquels, pour la première fois, fut utilisée une voiture ; une innovation qui mit en difficulté la police de l’époque mal organisée et mal dotée pour lutter contre ces criminels d’un nouveau genre.
La police réagit. Créées spécialement en 1907 pour contrer la criminalité qui augmentait dans des proportions inquiétantes, nos fameuses « Brigades du Tigre » réussirent à démanteler la bande.
Après la mort de sa mère et le suicide de son frère aîné, Jules fut élevé tant bien que mal par son père, un ouvrier fondeur épuisé par la tâche. Très vite révolté par cette vie de misère, son insubordination systématique chez ses divers patrons finit par le priver d’un travail alors qu’il venait de se marier.
Au chômage, le couple tenta sa chance à Genève où Jules trouva une place de mécanicien. Hurlant sur le sort qui s’acharnait après la mort de son premier enfant, il replongea dans la propagande anarchiste ce qui lui valut d’être expulser de Suisse.
► Jules Bonnot
Son corps fut retrouvé roulé dans un matelas avec lequel il s’était protégé durant la fusillade au beau milieu des décombres. Le corps percé de onze balles, dont trois avaient atteint la tête, il injuriait encore les policiers venus l'achever. La foule haineuse lui administra quelques coups supplémentaires.
Un taxi réquisitionné pour les circonstances l’emmena à l’Hôtel-Dieu. Il décéda durant son transfert.
Son corps fut inhumé le 30 avril dans une tranchée réservée aux inhumations gratuites de la 42ème division du cimetière parisien de Bagneux.
Ces tranchées, comme l’ossuaire qui s’y trouvait, ont disparu depuis des lustres emportant les restes de Bonnot.
Le cimetière parisien de Bagneux ignore l’époque de la disparition de ces tranchées et de l’ossuaire.
L'anarchisme illégaliste
 
S’éloignant de l’idéal de départ, par le vol et le crime, quelques anarchistes ultras, dit illégalistes, dans la lignée d’un Ravachol et des nihilistes russes, déclarèrent la guerre à une société figée dans ses contradictions et ses injustices.
 
C’est dans cette mouvance que s’inscrivent les actes de Jules Bonnot et de ses comparses.
Bien que très courte, de décembre 1911 à avril 1912, leur saga terrorisa la France et se bâtit une légende sanglante : « Tous sont des doctrinaires désespérés dont la vie privée est exemplaire. Austères, ils ignorent le tabac, le jeu, les femmes. Courageux, ils méprisent la mort. S'ils inspirent la terreur, ils suscitent également dans l'immense camp des pauvres une admiration non dissimulée ».
Comme le démontre le procès qui se tint en février 1913 aux Assises de la Seine, Bonnot et sa bande étaient aussi aidés par un nombre de personnes qui participait à ses actions plus ou moins directement tels des receleurs ou des amis qui leur servaient de cachette.
 
Je n’ai repris ici que les piliers incontournables et les plus connus dont l’extrême jeunesse de certains déconcerte un peu.
La bande
Installé à Lyon, Jules n’eut de cesse de jouer les agitateurs chez tous ses employeurs. Ce fut le départ pour Saint-Etienne où il fut embauché comme mécanicien. Ce fut peut-être que tout là bascula.
Alors qu’il logeait chez Besson, secrétaire de son syndicat, Besson devint l’amant de la femme de Jules et s’enfuit en Suisse avec elle et le second enfant de Jules. Il ne revit jamais l’un et l’autre. Il perdit aussi son emploi. Nous sommes en 1906 et, au comble de la révolte, Jules Bonnot entama sa carrière criminelle.
 
Exercices d’ouverture de coffres forts, ouverture de deux ateliers de mécanique à Lyon, un emploi de chauffeur à Londres chez Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes, un retour à Lyon où il pratiqua ses premiers méfaits.
En 1911, ce fut la rencontre avec des sympathisants anarchistes qui devinrent ses complices, dont les deux principaux : Octave Garnier et Raymond Callemin dit Raymond-la-science. C’est le début de la bande à Bonnot.
Contraint de quitter Lyon, il monta à Paris vers le crime et sa légende.
 
Braquages et meurtres vont alors se succéder dans proportions vertigineuses jusqu’à ce 27 avril 1912 à Choisy-le-Roi où Bonnot s’était retranché depuis le 24 après avoir tué Louis Jouin, le n° 2 de la Sûreté nationale. Bonnot était blessé et il était certain qu’il ne se rendrait pas. Un siège de neuf heures commença.  La foule était venue assister au spectacle. La police fit exploser la maison à la dynamite et donna l’assaut.
Raymond Callemin, dit Raymond la Science (1890 – 21 avril 1913)
Cimetière parisien d’Ivry (Val-de-Marne)
Doté d’un solide bagage scolaire et autodidacte, Raymond, né à Bruxelles, avait rejoint le groupe de Bonnot après un périple intellectuel sur les routes d’Europe qui l’avait mené à Romainville au siège du journal L'Anarchie où oeuvrait son ami d’enfance et de misère, le futur Victor Serge.
L’intello du groupe, d’où son surnom, se rangea sous l’autorité de Jules Bonnot et devint l’un des membres les plus actifs de la bande en prônant la « reprise individuelle », c'est à dire le vol de l'Etat et des bourgeois pour redistribuer ces richesse plus équitablement.
Edouard Carouy, dit Raoul Edouard, dit Leblanc  (1883 - 27 ou 28 février 1913)
Cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-seine)
Bâti comme un vrai colosse, il aimait dépenser ses sous pour acheter des oiseaux sur les marché et les remettre en liberté. Un poète en somme…
 
Tourneur en fer puis camelot, Carouy était un anarchiste individualiste. Orateur convaincant, il fut un moment l’un des chefs les plus écoutés du cercle libertaire de Romainville où s’imprimait le journal L'Anarchie.
Le 27 février 1912 il tua l’agent Garnier et le 25 mars ce fut au tour d’un employé de la Société Générale de tomber sous ses balles.
Peut-être sur dénonciation, la police le trouva chez sa maîtresse au début d’avril 1912.
Lors de son procès, où il comparut avec vingt-un autres membres de la bande, dont Monier et André Soudy, Bonnot et Garnier étant morts, il fit figure de chef. Ne reniant aucun de ses actes, il fit fièrement face à ses juges dans une ambiance relevant davantage de la kermesse que d’une Cour de justice.
Condamné à mort, il fut exécuté devant la prison de la Santé et inhumé au cimetière parisien d’Ivry. Avec la disparition du carré des suppliciés, ses restes furent transférés dans l’ossuaire du cimetière de Thiais.
Eugène Camille Dieudonné, dit Aubertin  (1884 – 21 août 1944)
Cimetière communal d’Eaubonne (Val-d'Oise)
Bien que plusieurs de ses anciens patrons viennent témoigner en sa faveur, il fut condamné à mort. La sentence prononcée, Callemin, qui venait d’être lui-même condamné à la même peine, déclara être, avec Garnier, l’auteur de l’agression dont on accusait Dieudonné et que ce dernier ne se trouvait pas rue Ordener.
Bien qu’un peu tardive, cette déclaration, lui permis de voir sa peine de mort commuée en bagne à perpétuité par le président Poincaré. Il partit pour Cayenne.
En 1926, Dieudonné, qui n’avait jamais cessé de clamer son innocence et dont la grâce promise, en particulier après les campagnes menées en France par Albert Londres, n’arrivait pas, s’évada pour gagner le Brésil où il fut arrêté.
Grâce à son Comité de soutien et au combat acharné d’Albert Londres, il fut libéré en août 1927, extradé en France et fut enfin définitivement gracié.
 
Il s'établit alors comme fabricant de meubles dans le Faubourg Saint-Antoine. Il écrivit La Vie des Forçats préfacée par Albert Londres parue en 1930.
 
En 1933, sur un scénario de Dieudonné, qui devait tenir le rôle principal aux cotés de Gaby Morlay, un projet de film intitulé « Evadé du bagne » vit le jour. Ce projet qui lui tenait à cœur n’aboutit pas.
 
Il décéda à l’hôpital d’Eaubonne. Il fut inhumé au cimetière d'Eaubonne dans une concession achetée par une Madame Eugénie Frey, veuve Hamant, qui d’ailleurs l’y rejoindra plus que centenaire... Dieudonné eut la chance d’avoir sa concession trentenaire régulièrement renouvelée, dont la dernière fois par sa petite-fille, lui permettant de reposer encore tranquillement jusqu’au moins 2034.
Une des rares tombe de la bande encore existante.
Merci à Christophe pour la photo
Merci à Christophe pour la photo
Un brave homme à côté des autres.
 
Ouvrier menuisier, il s'établit à Paris et fréquenta les anarchistes à Romainville. Là, il fit connaissance de Jules Bonnot et de ses acolytes. Jules étant recherché par la police, Eugène Dieudonné lui fournit une planque. Arrêté le 29 février 1912, Dieudonné comparut le 3 février 1913 avec les rescapés de la bande devant la Cour d’assises de la Seine pour l’agression de la rue Ordener.
Octave Albert Garnier (1889  - nuit du 14 au 15 mai 1912)
Fosse commune du cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-Seine)
« Beau garçon basané, silencieux, aux yeux noirs étonnamment durs et ardents", Octave Garnier faisait peur à tous ceux qui l'approchaient car on sentait qu'il pouvait être très dangereux.
Il fut d’abord un bon ouvrier boulanger avant de militer dans les milieux syndicalistes. Au moment de son service militaire, il déserta et passa en Belgique où il fréquenta les milieux illégalistes. Végétarien, buveur d’eau, bon camarade et ignorant la peur; il rejoignit alors les illégalistes regroupés autour de Jules Bonnot.
Une quinzaine de jours après la mort de Bonnot, il fut cerné avec René Valet dans un pavillon de Nogent-sur-Marne où tous deux s’étaient réfugiés. Dans la nuit du 14 au 15 mai 1912, il fut tué lors de l’assaut de la maison par la police. Valet, blessé puis piétiné par la foule, mourut au moment où on allait le transporter à l’hôpital.
 
Le cimetière parisien de Bagneux ignore l’époque de la disparition de la fosse commune et  de l’ossuaire où ses restes furent probablement déposés par la suite.
La mort de Garnier et Valet
Rirette Maitrejean  (1887 -11 juin 1968)
Columbarium du Père-Lachaise, case 2439 (Paris)
Née Anna Estorges, c’était une bien douce et jolie personne qui se donna comme vocation d’accueillir les compagnons anarchistes d’où qu’ils viennent. Compagne de Victor Serge, avec qui elle tenait le journal « l’Anarchie » elle fut acquittée alors que son compagnon fut emprisonné pour avoir caché Garnier et Callemin. Elle mourut sans jamais l'avoir revu.
 
Elle participa encore, en 1959, au journal Liberté fondé par Louis Lecoin, mais devint progressivement aveugle à la fin de sa vie.
Elle écrivit « Souvenirs d’Anarchie », ouvrage dans lequel elle décrit la période du mouvement anarchiste et la vie quotidienne à la veille d’août 1914, autour du journal L’ Anarchie où gravitaient aussi bien les futurs membres de la bande à Bonnot que le futur Victor Serge.
Elle décéda au centre gériatrique Emile Roux de Limeil-Brévannes
Son acte de décès fut enregistré sous son patronyme Estorges. Après sa crémation, ses cendres furent déposées au columbarium du Père-Lachaise où elles se trouvent toujours.
© MCP
Marius Paul Metge  (1890 – 1933)
Cayenne
Elevé par sa grand-mère (orphelin?), une sage-femme du Teil, il arriva à Paris en 1910 où il travailla comme cuisinier.
Réfractaire au service militaire il partit en Belgique où il rencontra Carouy, Garnier et De Boë. De retour en France il fréquenta les anarchistes individualistes et illégalistes qui vivaient à Romainville.
Il commit alors quelques cambriolages, dont un avec la complicité de son amie Barbe Le Clerch, à Pavillons-sous-Bois, dans la villa où elle était employée comme domestique, puis ensuite au bureau de poste de Romainville.
Mais c'est à Thiais (banlieue de Paris) dans la nuit du 2 au 3 janvier 1912, qu'il aurait commis avec Carouy un double crime, tuant un rentier de 91 ans et sa vieille servante, afin de leur dérober plus de 20 000 francs. Identifié par un témoin grâce à des photos anthropométriques, il fut arrêté le 4 janvier, surlendemain du crime, à son domicile de Garches avec son amie Barbe.
Confondu grâce à ses empreintes digitales, il bénéficia cependant de circonstances atténuantes et échappa à la peine de mort, mais ne put éviter d'être condamné, le 27 février 1913, aux travaux forcés à perpétuité. Envoyé au bagne sur l'île St-Joseph où il y côtoya Jacob Law,  il finit par obtenir le poste de cuisinier du gouverneur. Il recouvra la liberté en 1931 et exerça ses talents dans un restaurant de Cayenne où il mourut des suites d'une fièvre.
Antoine Etienne Monier, dit Simentoff  ou Symentoff (1889 - 21 avril 1913)
Cimetière parisien d’Ivry (Val-de-Marne)
Condamné à mort, il fut exécuté en même temps que Callemin et Soudy devant la prison de la santé.  Il fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry. Avec la disparition du carré des suppliciés, ses restes furent transférés dans l’ossuaire du cimetière de Thiais.
Viktor Lvovitch Kibaltchitch, dit  Victor Serge (1890 –17 novembre 1947)
Panthéon (ou cimetière) espagnol de Mexico (Mexique)
Déjà, en 1881, son cousin Nicolaï Kibaltchitch avait été pendu à Saint-Pétersbourg pour avoir participé à l’attentat qui provoqua la mort du tsar Alexandre II. L’événement, ainsi que la sympathie manifestée par son père pour le mouvement responsable de cet assassinat, obligea la famille à s’exiler. Ils émigrèrent en Belgique où Victor naquit avant de la quitter pour la France en 1909.
La littérature chevillée à l’âme, historien, poète et écrivain, son implication dans le procès de la bande à Bonnot semblerait presque incongrue s’il n’était pas connu pour être libertaire et révolutionnaire et, à l’époque, pour écrire, sous le pseudonyme de Rétif, dans le journal  L’Anarchie à Romainville que fréquentait les membres de la bande et où travailla Callemin, ami d’enfance de Victor.
Victor refusait de tremper dans les histoires d'armes, de cambriolages ou de fausse monnaie du courant «illégaliste».
 
Ce fut donc pour ses relations de publiciste anarchiste et pour avoir refusé de dénoncer des membres de la bande quand ils se cachaient chez lui, qu’il se retrouva sur le banc des accusés. Il fut condamné à une peine de prison qu’il purgea de 1912 à 1916 et qui lui inspira Les Hommes dans la prison.
 
A sa libération, il rejoignit la Russie révolutionnaire et devint membre de l'opposition de gauche animée par Léon Trotsky. Dénonçant la dégénérescence stalinienne de l'Etat soviétique et de l'Internationale communiste et ses conséquences désastreuses, il connut trois ans de déportation sous Staline dont il sortit grâce à une campagne internationale de gauche menée en sa faveur notamment par Trotsky.
De retour en France, Victor Serge s’appliqua à dénoncer les grandes purges staliniennes comme en témoigne son livre L'Affaire Toulaev.
Arriva 1940. Face à la défaite de la France et au sort qui les attendait sous le régime nazi, beaucoup d’opposants à ce régime, intellectuels et artistes de tous poils s’exilèrent. Le 25 mars 1941, grâce à l’aide d’un réseau, Victor Serge, son fils et trois cents autres personnes, parmi lesquels André Breton, Claude Lévi-Strauss et Wilfredo Lam, embarquaient sur une « coquille de noix pourrie jusqu’à la moelle » pour être débarqués à la Martinique où ils furent parqués dans un camp à Pointe-du-Bout.
En fonction des visas accordés, les uns et les autres s’éparpillèrent dans leur nouveau pays d’accueil. Les Etats-Unis ayant refusé de le recevoir, Victor Serge continua son périple qui le mena en prison à Cuba.
Grâce à une campagne de presse, une série de conférences sur le stalinisme et la guerre à la Maison des syndicats et un voyage aérien mouvementé pour Mérida au Yucatán, il arriva enfin au Mexique qu’il ne quitta plus.
 
Dans un contexte politique difficile et violent, « Serge écrivait tous les jours, dans un bureau exigu où ses livres étaient posés sur des planches et des briques. Son seul luxe : de très beaux porte-plume dont il prenait grand soin, car son bonheur était la calligraphie. Comme il devait assurer une correspondance régulière avec de nombreux amis de par le monde et que les timbres coûtaient très cher, il économisait sur le thé, sa boisson favorite ».
 
Il travaillait à ses " Carnets " que plus tard, Merleau-Ponty, après un passage au Mexique, fit éditer chez Julliard.
 
Sa mort soudaine dans un taxi laissa supposer un instant qu’il avait été empoisonné.
Mais laissons son fils, le peintre Vlady, nous raconter :
« Sa disparition s’accompagna d’un hasard bouleversant. Isabelle et moi étions chez nous quand, un matin, il vint en taxi pour nous apporter un poème. Nous primes le thé, puis il nous quitta sans vouloir nous donner ce texte. Plus tard, il le glissa à la grande poste de l’Alameda, puis mourut peu après dans le taxi. Fait troublant, alors qu’on prenait son masque mortuaire, j’ai dessiné ses mains, de très belles mains aristocratiques…Le surlendemain, j’ai reçu son poème. Il était intitulé Mains…C’était une évocation de la mort, à propos de mains imaginaires attribuées à Michel-Ange. Bien plus tard, ce poème fut traduit en espagnol par la petite-fille de Trotsky, et nous l’avions édité avec le croquis de ses mains, tiré sur papier Arche… »
 
Victor Serge, écrivain français, Belge de naissance, Russe de cœur et « citadin du monde par option », fut inhumé au cimetière espagnol de Mexico dans une tombe qui resta anonyme jusqu’en 1992, date à laquelle il eut enfin une pierre tombale.
http://www.alicantevivo.org
André Soudy (1892 – 21 avril 1913)
Cimetière parisien d’Ivry (Val-de-Marne)
Victor Hugo aurait pu en faire son « Gavroche ».
A cause de son histoire, les autres l’avaient surnommé « pas de chance ». C’est vrai que Soudy n’en avait pas eu.
Issu d’un milieu très pauvre, abandonné à l’âge de onze ans, il entra en apprentissage en boucherie. Il n’y fit pas carrière puisqu’on le retrouva adolescent fugueur et responsable de quelques larcins.
Condamné à un an de prison en 1910, sa sortie d’incarcération le révèla encore plus révolté qu’auparavant et de surcroît tuberculeux.Sa rencontre avec Bonnot marqua un tournant radical dans sa vie d’errance. Se trouvant peut-être une famille au sein de laquelle il avait enfin une place, il participa avec elle à plusieurs braquages.
Arrêté le 30 mars 1912, il fut englobé dans le grand procès des membres de la bande dont Bonnot et Garnier, déjà morts, étaient absents.
Et comme pour en rajouter encore à sa misère, peu après son arrestation, sa sœur se suicida parce qu’on lui refusait la main de celui qu’elle devait épouser.
Condamné à mort, il fut exécuté en même temps que Callemin et Monier devant la prison de la Santé. Il fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry. Avec la disparition du carré des suppliciés, ses restes furent transférés dans l’ossuaire du cimetière de Thiais.
André Valet  (1890- nuit du 14 au 15 mai 1912)
Fosse commune du cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-Seine)
Dit aussi « poil de carotte » à cause de ses cheveux roux il était, paraît-il, le plus effacé de la bande. Fils d'un entrepreneur de travaux publics, qui connut des revers de fortune, il habitait Paris. Après l'école primaire il fut placé en apprentissage. Ouvrier serrurier, il réussit à monter un petit atelier de serrurerie.
Fréquentant les milieux anarchistes, il fut arrêté le 10 décembre 1910 et condamné à quinze jours de prison pour "outrage à agents" lors d'une manifestation de commémoration de la Commune.
Insoumis au service militaire, il partit en Belgique où il rencontra Garnier. De retour en France, il adhéra au groupe la "Jeunesse Révolutionnaire" et fréquenta la communauté à Romainville, autour du journal L'Anarchie qu'éditaient Victor Serge et Rirette Maitrejean. Il y secondait Callemin à la typographie
Il commença alors à commettre quelques actions illégalistes avec la bande, mais fut bientôt contraint avec les autres compagnons de quitter Romainville surveillée par la police. Il logea alors avec Metge à Garches, mais après l'arrestation de celui-ci le 4 janvier 1912, il se cacha chez Garnier. Le 25 mars 1912, il prit part aux braquages à Montgeron puis à Chantilly.
 
Après le siège et la mise à mort de Bonnot, ils étaient désormais traqués de toutes parts. Réfugiés avec Garnier à Nogent-sur-Marne dans un pavillon qu'ils louaient sous un faux nom, ils furent finalement dénoncés et repérés par la police dans la soirée du 14 mai. Ne se faisant aucune illusion sur le sort qui leur était promis, ils vendirent chèrement leur peau en soutenant un siège héroïque de plusieurs heures contre des forces considérables de polices et de l'armée et cela devant des milliers de badauds accourus pour l'hallali. Ils finirent par succomber le 15 mai 1912 vers les deux heures du matin, après avoir employé, pour les réduire au silence, les mitrailleuses lourdes et la dynamite.
 
Pourtant encore vivant lors de l'assaut de l'armée, Valet aurait été, d'après les révélations de la presse, achevé dans le fourgon de police. Ce serait la raison pour laquelle on aurait refusé à son père de voir le corps.
La mort de Valet et Garnier
Pour les amateurs d'affaires criminelles, un très bon site: www.guillotine.cultureforum.net
(*) commentaire(s)
Capable de toutes les audaces, il devint un cambrioleur redoutable et faux-monnayeur avant de basculer dans des agressions plus violentes.
Plus étonnant, il semble bien avoir été un indicateur de la Sûreté durant le mois d’octobre 1911, avant de disparaître dans la nature.
Reconnu responsable de plusieurs actions criminelles, notamment une agression contre un banquier belge et un couple de vieillards à Thiais, il fut arrêté le 3 avril 1912. Il tenta une première fois de se suicider au cyanure. Condamné aux travaux forcés à perpétuité, il réitéra avec succès sa tentative de suicide dans une cellule de la Conciergerie où, avec ses amis, il était confiné durant son procès.
 
"J'ai eu peu de joie, peu de bonheur ; je vous l'avoue du fond de ma conscience, j'ai peut-être commis des erreurs. Tous mes rêves de bonheur se sont effondrés au moment où je croyais qu'ils allaient devenir réalité. C'est pourquoi, n'ayant pas connu les joies de la vie, je quitterai le royaume des atomes sans regrets."
Lettre de Carouy publiée par Le Temps.
 
Déposé à la morgue de Paris du quartier Saint-Germain-l'Auxerrois, Carouy fut inhumé le 2 mars 1913 dans une fosse commune (division 51) du cimetière parisien de Bagneux où son dossier porte la mention « corps inconnu ou abandonné » (ce jour-là, une série d’inhumations, incluant  plusieurs nouveaux nés et des indigents, avait été demandée  par l’Etat). Selon toutes probabilités, son corps fut exhumé lors de la reprise de la division 51.On ignore la destination ultime de ses restes.  
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-Eglise St-Denis-de-la-Chartre (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-du-Pas (75) (disparue)
-Eglise St-Eloi (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne-du-Mont (75)
-Eglise St-Eustache (75)
-Eglise St-Germain-l'Auxerrois (75)
-Eglise St-Germain-le-Vieux (75) (disparue)
-Eglise St-Gervais-St-Protais (75)
-Eglise St-Hippolyte (75) (disparue)
-Eglise St-Jacques-de-la-Boucherie (75)
- Eglise St-Jacques-du-Haut-Pas (75)
-Eglise St-Jean-en-Grève (75)
(disparue)
-Eglise St-Jean-le-Rond (75) (disparue)
-Eglise St-Julien-le-Pauvre (75)
-Eglise St-Landry (75) (disparue)
-Eglise St-Laurent (75)
-Eglise (cathédrale) St-Louis-des-Invalides (75)
-Eglise St-Louis-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise et cimetière (disparu) St-Louis-en-l'Île (75)
-Eglise St-Marcel (75) (disparue)
-Eglise St-Martial (75) (disparue)
-Eglise St-Médard (75)
-Eglise St-Merry (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Chardonnet (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-des-Champs (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-St-Louis (75)
(ancien couvent des Jésuites)
-Eglise St-Pierre-aux-Arcis (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-aux-Boeufs (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-de-Montmartre
-Eglise St-Roch (75)
-Eglise St-Sauveur (75) disparue
-Eglise St-Séverin (75)
-Eglise St-Sulpice (75)
-Eglise St-Symphorien et St-Luc (75) (disparue)
-Eglise St-Thomas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise Ste-Croix (75) (disparue)
-Eglise Ste-Geneviève-des-Ardents (75) (disparue)
-Eglise Ste-Marine (75) (disparue)
-Eglises et cimetières de l'île de la Cité (75) (disparus)
 
-Grottes vaticanes
 
-Mausolée d'Auguste à Rome
-Mausolée de Mausole à
Halicarnasse (Bodrum) Turquie (disparu)
-Mémorial du Mt-Valérien (92)
 

-Panthéon
-POMPES FUNÈBRES, AUTREFOIS et leurs métiers disparus
-Prieuré Ste-Catherine-du-Val-des-Ecoliers (75) (disparu)
 
-SÉPULTURES DES BOURBONS
-SÉPULTURES DES ROIS D’ANGLETERRE (dynastie Anglo-saxonne)
-SÉPULTURES DES ROIS ET DUCS DE BRETAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS D'ESPAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS DE FRANCE ET DES EMPEREURS (résumé)
-SUPPLICIÉS Lieux d'inhumations
 
-Temple (enclos, église et cimetière du) (75) (disparus)
Dernière mise à jour
au 18 mars 2017
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