RETOUR SECONDE GUERRE MONDIALE
LA CARLINGUE ET AUTRES OFFICINES DE COLLABORATEURS SOUS L'OCCUPATION
93, rue Lauriston © Celette
Procès de Lafont, Bonny et de leurs acolytes en décembre 1944
►ATTIA Joseph
 
►BONNY Pierre
 
►CAZAUBA Charles ( ? - ?)
Lieu ignoré
Dit Charlot le Fébrile ou le Manchot, truand chevronné, négociant en faux titres, et fabricant de fausses pièces d’or, il fut recruté par Lafont qui en fit son lieutenant. Il faisait partie de la « bande des Corses » qui se spécialisa, notamment, dans les extorsions de fonds en exhibant de fausses cartes de policiers lors de perquisitions. Dévoré de tics qui le faisaient battre des paupières en permanence,  il intégra la Légion nord-africaine  (LNA), ou Brigade nord-africaine (BNA), ou Phalange nord-africaine (en Dordogne). Cette unité de collaboration paramilitaire, créée début 1944 par Lafont, était composée de musulmans recrutés parmi la communauté nord-africaine présente en France, en particulier en région parisienne.
Dénoncé par Lafont après son arrestation, le sort de Cazauba reste incertain. Disparu sans laisser de trace  ou, effectivement,  abattu en août 1944 par des maquisards ?
►CLAVIÉ Paul (1915 - 27 décembre 1944)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Beau garçon, qui ne comprenait la vie que par les plaisirs et la facilité, il était gigolo avant de conquérir ses galons dans le milieu. Entré au service de Lafont, dont il était le neveu, il s’acquitta avec un tel zèle de ses missions que son patron le fit nommer Lieutenant SS, et l’emmena avec lui en Afrique du Nord, ce qui lui valut d’être condamné à mort par le tribunal militaire d’Alger pour trahison par contumace en 1942. De retour à Paris, Clavié prit le grade de chef de section dans la Milice nord-africaine mise sur pied par Lafont. Bon vivant, élégant, séducteur, il était aussi un assassin par goût, par vocation. Il exécuta toutes les basses-œuvres de la rue Lauriston.
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►ENGEL (HENGEL) André (1914 - 27 décembre 1944)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
 
►DELEHAYE Edmond (? – 12 août 1944) (inédit)
Cimetière parisien de Pantin (Seine-Saint-Denis)
Truand chevronné, « secrétaire-comptable » de la Carlingue, il se vanta d’avoir établi une liste d’israélites détenteurs d’or. Mort le matin du verdict  d’un coma diabétique à la prison de Fresnes, il échappa à sa sentence. D’abord inhumé au cimetière de Fresnes, en décembre suivant il fut transféré au cimetière parisien de Pantin. Le cimetière étant actuellement fermé pour cause de confinement, je ne peux savoir si sa tombe existe toujours.
 
►DELVAL Charles Louis / Marcel (1901 - 27 décembre 1944) (inédit)
Cimetière d’Orgemont à Argenteuil  (Val-d’Oise)
Curieux antiquaire devenu policier par passion intellectuelle et psychologique …Arrêté par les Allemands sous l’inculpation de gaullisme, ce qu’il n’était pas, il fut relâché peu après sur sa promesse de les servir, ce dont il s’acquitta parfaitement. Il les aidait à procéder à des arrestations de Français appartenant, notamment, au Mouvement clandestin des prisonniers de guerre rapatriés. Dès le lendemain de sa libération, il avait, en effet, accepter d'infiltrer et de dénoncer des patriotes.  Expert en objet d’art, il évaluait le produit des rapines pour le compte de la Gestapo. Il fut également reconnu coupable d’avoir soutiré de l’argent à des Juifs à qui il promettait de faire évader leurs parents ou amis internés à Drancy.
Il se disait responsable de l’arrestation d’un communiste déserteur de la Wehrmacht pour lequel il s’était pris d’amitié, son meilleur ami,... qu’il fit fusiller…  
Dans la Douleur de Marguerite Duras, il est le « Monsieur X » qui fit arrêter  son mari, l’éditeur  Robert Antelme, avec lequel elle entretint une relation ambigüe afin d’obtenir des nouvelles.    Au moins reconnaissait-il avoir été un fervent collaborateur : un honnête homme en somme…Exécuté au fort de Montrouge et inhumé dans la 8ème division du cimetière parisien de Thiais,  il fut transféré à celui d’Orgemont à Argenteuil  (Val-d’Oise) en 1996.
►HARÉ Louis ( ? - 27 décembre 1944)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Partageant avec Lafont l’honneur d’être l’oncle de Clavié, il vivait du marché noir quand il intégra la Carlingue comme gardien du « 93 ». Sous-officier SS, faux policier et tueur accrédité de la bande, sorte de Cerbère, Il assista à l’arrivée dans les cellules de la rue Lauriston des patriotes arrêtés et à leurs interrogatoires. Il savait donc parfaitement que dans les locaux qu’il surveillait, on torturait, on tuait. Avec Clavié et Engel, il était du trio tortionnaire de Mme Derrieux. Exécuté au fort de Montrouge.
 
►LABUSSIÈRE Jacques (1924 ? - ?)
Lieu ignoré
Agé de 20 ans, cadet de la bande avec Lascaux, employé au mouvement social révolutionnaire,  après avoir consenti à faire emprisonner son chef, Eugène Deloncle, pour le compte de Bonny, il fut embauché comme planton  du « 93 ». Il fut aussi chargé d’assurer des filatures et  les opérations de gardiennage aux abords du 3bis de la place des Etats-Unis, hôtel d’agrément mis à la disposition des officiels allemands, avant qu’il ne devienne une prison officieuse de la Gestapo française. Il en fut chassé par Lafont qui l’accusa d’avoir volé un revolver. Sans-grade cherchant un semblant de promotion, garde du corps de Jean Luchaire, il continua à trafiquer. Absent, déluté et peu fiable, son moindre « pedigree » criminel et sa jeunesse lui valurent les circonstances atténuantes qui lui évitèrent la peine capitale.  Condamné aux travaux forcés à perpétuité. Dans les années 1970, Patrick Modiano avait vu un homme faisant le planton devant un  cabaret, mais il ne sut s’il s’agissait de Labussière ou de Lascaux.
 
►LAFONT Henri
 
►LASCAUX Jean-Damien (? - ?)
Lieu ignoré
Neveu de Bonny, ancien membre du C.S.A.R., il avait suivi Eugène Deloncle au M.S.R. et avait la confiance des chefs. Le jour où la Gestapo décida de se débarrasser de Deloncle, Lascaux, aux ordres de son oncle, donna toutes les indications nécessaires à la « perquisition » qui vit la mort de Deloncle. Agé de 22 ans, cadet de la bande avec Labussière, espion mais considéré comme faible, « infirme », et passif moralement, lors du procès son moindre « pedigree » criminel et sa jeunesse lui valurent les circonstances atténuantes qui lui évitèrent la peine capitale. Il fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. Dans les années 1970, Patrick Modiano avait vu un homme faisant le planton devant un  cabaret, mais il ne sut s’il s’agissait de Lascaux ou de Labussière.
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Sauf trois d’entre eux, deux que la jeunesse sauva du peloton d’exécution, et un mort le matin du verdict, tous furent condamnés à mort.
 
Mais ils ne furent pas les seuls. Entre novembre 1944 et mai 1954, soit durant pratiquement dix ans, 114 collaborateurs jugés à Paris furent fusillés dans leur grande majorité au fort de Montrouge, mais aussi aux forts de Châtillon et de Vincennes. A une exception, tous furent inhumés directement dans une division spécifiquement dédiée (8ème) du cimetière parisien de Thiais. Autre cas particulier, celui de Pierre Pucheu qui rejoignit la nécropole plusieurs années après son exécution en Algérie.
Des têtes d’affiches politiques, crapuleuses, etc., aux techniciens des basses-œuvres, tout un panel résumant l’implication dans la collaboration et le collaborationnisme vint partager un même bout de terre avant de connaître des fortunes diverses. Sur les 114 fusillés, 29 furent transférés dans d’autres cimetières, 15 reposent toujours à Thiais mais dans d’autres divisions, et 70 restèrent sur place et/ou déposés dans l’ossuaire.
Enfin, je rappelle que dans la liste non exhaustive ci-après, des individus apparaissent sans qu’on sache ce qu’ils sont devenus, ou information que je n’ai pu trouver.
 
Cette liste s’organise en trois parties :
-Les membres connus de la Carlingue
-Les individus ayant des liens plus ou moins proches avec la Carlingue
-Autres collabos
Elle ne comprend pas les grandes figures du régime de Vichy, type : Pétain, Laval, etc.
 

Les membres de la Carlingue :
8ème division du cimetière parisien de Thiais © MCP
►MAILLEBUAU Paul ( ? - ?)
Lieu ignoré
Dit le gros Paul, ancien inspecteur de police révoqué, en 1940 il purgeait une peine de prison pour trafic d’or quand son ami Lafont le fit délivrer. Reconnaissant, il devint un membre zélé du
« 93 ». Redoutable débusqueur de patriotes, il faisait, entre autres, disparaître des dossiers de police compromettants pour les ténors de la collaboration, et passait des renseignements à Lafont qui les remettait aux Allemands. Promu lieutenant SS, membre, il devint chef d’une des cinq sections de la Légion nord-africaine (LNA), une unité de collaboration paramilitaire opérant pour le compte de l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Dénoncé par Lafont, il était toujours activement recherché en septembre 1944.  Le manque d'informations le concernant, quand elles ne sont pas contradictoires, fait que je n'en sais pas davantage.
►MONANGE Raymond († 14 mars 1952)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Dit la Soubrette, « gouape à fine moustache » et souteneur, il fut incorporé par un Allemand dans la Gestapo de la rue Lauriston. Sous-officier sous l'uniforme allemand encadrant la BNA (Brigade Nord Africaine) de Corrèze, tortionnaire avéré, il participa à des expéditions contre le maquis de la région comme à Tulle, Tarbes, et Périgueux. Pratiquant également l’agression au faux policier, il pilla de nombreux châteaux. Condamné à mort le 17 mai 1949, il fut exécuté au fort de Montrouge.
►PAGNON Louis (1904 - 27 décembre 1944)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Dit Eddy, condamné à des amendes et de la prison pour infraction sur les maisons de jeu et sur la Loterie Nationale, employé dans un garage à Asnières avant guerre, il devint le chauffeur attitré de Lafont auprès duquel il resta jusqu’à la fin. A ce titre, il était parfaitement au courant de toutes les opérations traitées par ce dernier. Sous-officier SS, faux policier, il était aussi trafiquant d’or à ses heures. Patrick Modiano en a fait un personnage central de son œuvre. Exécuté au fort de Montrouge.
►TATE Maurice (?- ?)
Lieu ignoré
Dit Tixier, résistant passé à la Gestapo, il dénonça les membres du mouvement auquel il appartenait. Emprisonné par les Allemands, et délivré par les FFI de la prison de Fresnes, il s’était ensuite conduit bravement lors des combats de la libération Condamné à mort, le général De Gaulle, chef du gouvernement provisoire, le gracia. Sa peine fut transformée en vingt ans de travaux forcés. Pas plus d’informations trouvées à ce jour.
►VILLAPLANA ou VILLAPLANE Alexandre (1905 – 27 décembre 1944)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Ancien footballeur de l'équipe de France, capitaine durant la coupe du monde 1930, amateur assidu de courses de chevaux, il avait déjà été condamné à six mois de prison, pour une affaire de paris hippique truqués, quand il se lança dans le marché noir et le racket au début l’Occupation.
Arrêté par les Allemands en 1941 pour trafic d’or, Lafont le sortit de la prison du Cherche-Midi et l’engagea comme « indicateur ». Au « 93 », il se spécialisa dans le racket notamment des Juifs et des vendeurs d’or. En 1942, il quitta Paris pour rejoindre Toulouse, en vue de se faire oublier des Allemands qu'il tentait d'arnaquer. Revenu à Paris sous une fausse identité, il fut arrêté en 1943 par les SS pour un vol de pierres précieuses et emprisonné au camp de Compiègne.
De nouveau libéré grâce à l’intervention de Lafont qui parvint à le faire libérer, il devint le chauffeur de Bonny. Nommé responsable d'une section de la Brigade nord-africaine (BNA), il endossa le grade et l'uniforme de SS-Untersturmführer, et opéra en Dordogne. Sa section s’y livra à ses nombreux pillages et massacres dont le plus important est celui de Mussidan où, le lendemain du massacre d'Oradour-sur-Glane, il fit fusiller 52 personnes et en assassina dix de ses propres mains, dont un enfant de treize ans. Arrêté à Paris le 24 août 1944, il fut condamné à mort et fusillé au fort de Montrouge avec Bonny et Lafont.
 

Mais aussi, et entre autres,  avec des liens plus ou moins proches :
►CARBONE Paul (1894 - 16 décembre 1943)
Cimetière de Propriano (Corse)
Figure type du milieu marseillais des années 1920 à 1940, il était indissociable de François Spirito qu’il rencontra en Egypte où ils montèrent un petit empire basé sur la prostitution, la traite des Blanches, avant d’être expulsés. Lié à des politiques, il exploita de nombreuses maisons closes, racketta à tour de bras sur toute la côte, et fit de la contrebande entre l'Italie et la France, à l'époque où la France avait décidé un embargo sur les produits italiens pour sanctionner l'État fasciste après l'invasion de l'Éthiopie. Tout aussi connu à Paris qu’à Marseille, il possédait dans la capitale de nombreux intérêts dans plusieurs établissements.
Mêlé à l’affaire Albert Prince, mais remis en liberté, touche à tout en fonction de ses intérêts,afin de pouvoir continuer ses affaires sous l’Occupation, il se rangea du côté du régime de Vichy, s’associa à la Carlingue, et aida la Gestapo pendant l'occupation de la « zone libre ». Toujours avec son acolyte Spirito, il fut l’un des premiers Français à importer de l'opium en France pour le transformer en héroïne et l'envoyer aux États-Unis, trafic à la base de la French Connection.
 
Revanche du sort, sans le savoir, la Résistance lui fit la peau. Installé dans son wagon-lit qui le menait de Marseille à Paris, Carbone ne pouvait imaginer que la Résistance avait dans son collimateur des soldats allemands permissionnaires voyageant dans le même train qu’elle fit dérailler peu après Lyon à Neuville-sur-Saône. Les jambes mutilées, il agonisa des heures avant de mourir d'exsanguination à l’hôpital. Un de ses amis vint chercher son corps pour le rapatrier à Paris où lui furent organisées des funérailles dignes d’un grand officiel. Trois milles personnes se pressèrent en l’église Sainte-Marie-des-Batignolles dont l’ambassadeur allemand Otto Abetz ; Paul Marion, secrétaire d’Etat du gouvernement Pétain ; l’état-major du PPF ; les tenanciers de maisons closes ; les amis corses ; la chanteuse Mistinguett,  D’abord inhumé le 21 décembre au cimetière du Père-Lachaise, où il possédait une  concession, il fut transféré à celui de Propriano, sa ville natale, le 24 avril 1956.
Cimetière de Propriano © Hajotthu
►SPIRITO François (1900 – 6 octobre 1967) (inédit)
Cimetière Saint-Pierre à Marseille (Bouches-du-Rhône)
Sicilien d’origine, indissociable de Paul Carbone, avec lequel il forma un duo régnant sur la pègre marseillaise, sous des dehors d’homme poudré et très maniéré, il était d’une grande brutalité.
Pour son œuvre avant et pendant la guerre : voir Paul Carbone
Après la Libération, bénéficiant de solides complicités, il réussit à s’enfuir en Espagne en compagnie de Simon Sabiani (1888-1956). Trois ans plus tard, il tenta seul sa chance aux Etats-Unis où il joua un rôle important dans le trafic d’héroïne entre New-York et Marseille, la French Connection. Arrêté en 1950, condamné à une peine de deux ans qu’il purgea dans la prison d’Atlanta, une fois libre, il regagna la France où il fut arrêté et jugé pour sa collaboration avec les nazis.
Etonnamment libéré après huit mois d’incarcération, il prit le contrôle d’un restaurant sur la côte, à Sausset-les-Pins, en essayant de se ranger des affaires. Si son pouvoir sur Marseille avait décliné, il n’en conservait pas moins sa notoriété qu’il mettait au service de ceux qui lui demandaient de l’aide. Mais, se limitant à la gestion scrupuleuse de ses acquis, il mena une vie de citoyen respectable jusqu’à sa mort en ayant réussi à éviter toutes les mailles du filet.
Non, non et non, Spirito n’est pas mort à Toulon un 9 octobre , comme indiqué un peu partout, mais bel et bien à Marseille, sa ville natale, et le 6 octobre !! Sa tombe est anonyme. Seule la plaque funéraire permet d’identifier la présence de l’ancien malfrat.
Merci à Olivier Gorse pour ces photos
Et encore, parmi tant d’autres collabos…
 
►ALALOFF Marcel († 16 avril 1946)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent de la Gestapo géorgienne, avec Marcel Miollany il  dénonça le réseau « Bedel » et fit arrêter de nombreux réfractaires au STO à Achères (Yvelines). Condamné à mort le 11 février 1946, il fut exécuté au fort de Châtillon.
►ALESCH Robert (1906 - 25 janvier 1949) (inédit)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Prêtre luxembourgeois, il s'installa en France en 1935 et fut nommé vicaire à La Varenne-Saint-Hilaire en région parisienne. Sous l’Occupation, devenu un agent de l’Abwehr mais se faisant passer pour un opposant aux nazis, il réussit à s’introduire dans les milieux résistants. Il gagna notamment, la confiance de Germaine Tillon qui le mit en relation avec les principaux chefs du réseau Gloria. Le 13 août 1942, Jacques Legrand, chef exécutif du réseau, Germaine Tillion puis les principaux cadres du réseau furent arrêtés. Près de 80 personnes se retrouvèrent incarcérées. Après avoir subi de longs interrogatoires, et la torture pour certaines, la plupart fut déportée vers les camps de concentration.
Poursuivant son activité d’agent double, il encourageait des jeunes à résister pour mieux les donner ensuite à l’occupant.
Grassement payé pour ses services, touchant en plus une prime par tête livrée, il menait une confortable double vie : prêtre le jour et vivant avec ses deux maîtresses la nuit…
Réfugié à Bruxelles, puis livré aux autorités françaises, il fut jugé par la cour de justice de la Seine, procès où vinrent témoigner des survivants du réseau Gloria, dont Germaine Tillon.
Condamné à mort, exécuté au fort de Montrouge, d’abord inhumé avec les autres fusillés, il fut ensuite transféré dans une autre division dont l'état, comme celles des sépultures, rend difficile l'identification de la tombe avec certitude, malgré les précisions de la conservation.
 



OU
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►ANGERET Raymond (†25 juin 1949)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Milicien tortionnaire de la rue Le Peletier, condamné à mort par la cour de Justice le 10 février 1949, exécuté au fort de Montrouge.
►BAILLET André Charles († 17 juillet 1945) (inédit)
Cimetière nord de Saint-Mandé (Val-de-Marne)
Commissaire, puis directeur aux Renseignements généraux à la préfecture de police, avant l’Occupation, il avait déjà été chargé de créer une brigade des propos alarmistes destinée à traquer les membres du Parti communiste. Puis ce fut au tour de toute forme d’opposition à l’occupant avec de nombreuses arrestations à son actif. Lorsqu’ils étaient détenus, sa haine des résistants, dans les procès desquels il déposait contre eux avec acharnement,  se manifestait quotidiennement en leur faisant subir de terribles sévices lors des interrogatoires, notamment en les frappant avec un nerf de bœuf.
Directeur de cabinet de Pierre Laval, dont il était le protégé, directeur général de l’administration pénitentiaire et des services de l’éducation surveillée en février 1944, il fut suspendu de ses fonctions en septembre suivant. Révoqué de toutes ses fonctions, condamné à mort et exécuté, inhumé au cimetière parisien de Thiais, il fut transféré à Saint-Mandé en novembre 1945. Son nom n’apparait pas sur la tombe.
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►BARRACHIN Gaston (1900 - 5 janvier 1946) (inédit)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Inspecteur principal de police de la brigade spéciale n°2, affectée à la lutte contre le terrorisme, il fut à l’origine de nombreuses arrestations, exécutions, déportations, etc. dont l’arrestation du groupe Manouchian. Tortionnaire, il prenait son travail à cœur : coup de poing, de nerf de bœuf, victimes laissées des heures à genoux sur une règle de fer, seins de femmes brûlés, etc. Condamné à mort le 26 octobre 1945 et fusillé à Montrouge, il fut d’abord inhumé avec les fusillés, puis   transféré à une autre place.
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►BASSOMPIERRE-SEWRIN Jean (1914 – 20 avril 1948)
Cimetière d’Auteuil (Paris)
Militaire et militant d'extrême droite, ancien membre de la Cagoule d’Eugène Deloncle, il fut à l’origine du SOL (Service d'ordre légionnaire), organisation politique et paramilitaire de choc du régime de Vichy, qui précéda la Milice française de Joseph Darnand, dont il était l’ami et le soutien. Inspecteur général, il réorganisa la Milice dans la zone nord. Après avoir réprimé avec violence la mutinerie de détenus de droit commun à la prison de la Santé le 14 juillet 1944, il quitta la France pour l’Allemagne où il intégra la division Charlemagne (LVF) en tant que capitaine.
Chargé de défendre Körlin en Pologne, son bataillon ne tint pas le choc face aux forces soviétiques. Contraint au repli, Bassompierre finit par se rendre aux cavaliers polonais qui encerclaient la ferme où il s’était réfugié. Interné dans un camp, il réussit à s’évader lors de son rapatriement en France, et à rejoindre Naples d’où il espérait gagner l’Amérique du Sud. Arrêté le 28 octobre 1945, condamné à mort le 17 janvier 1948 pour trahison et la répression dont il fit preuve lors de la mutinerie de la Santé, à aucun moment il ne tenta d'atténuer ses responsabilités. Exécuté au fort de Montrouge, inhumé au cimetière parisien de Thiais, il fut transféré dans celui d’Auteuil deux mois plus tard.
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►BAY Mario ou Maurice († 5 mai 1950)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Lié à la Gestapo de l’avenue Foch, il participa à la chasse aux résistants, notamment à Cirey dans le maquis de Moisses. Arrêté en 1944, il fut condamné à mort le 19 mai 1949 au terme d’un procès mouvementé. Cependant, Bay avait une volonté : faire don de ses yeux à un aveugle. L’autorisation donnée, lorsque vint son exécution au fort de Châtillon, on fit attention de ne surtout pas viser la tête car il fallait à tout préserver ses yeux. Refusant le traditionnel verre de rhum pour ne pas
« compromettre » l’opération, il mourut une rose à la boutonnière.Restes déposés dans l’ossuaire depuis 1972.
 
►BEAUVAL Henri († 13 novembre 1945) (inédit)
Cimetière de Joncourt (Aisne)
Policier et inspecteur des brigades spéciales de la préfecture de police, responsable de 129 arrestations de patriotes et tortionnaire, il fut condamné à mort et fusillé au fort de Châtillon . Inhumé au cimetière parisien de Thiais, il fut  transféré au cimetière de Joncourt, en 1947, où sa sépulture existe toujours.
© anonymat demandé
►BELLER René († 14 août 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Milicien et interprète à la Gestapo de la rue de la Saussaies à partir de 1943, fusillé au fort de Montronge.  
 
►BOERO Pierre († 28 novembre 1944) (inédit)
Cimetière de Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes)
Marchand de chaussures niçois venu à Paris en mars 1944, il entra à la Milice sous recommandation de Darnand et, trois mois plus tard, était nommé chef du service de sécurité des Forces du maintien de l’ordre. Et c’est en ignorant tout de ce qui se tramait qu’il participa à l’assassinat de Georges Mandel…  Le 6 juillet, au siège de la Milice, Knipping, bras droit de Darnand, prépara, en accord avec un officier allemand, l’expédition consistant à abattre Georges Mandel pour venger la mort de Philippe Henriot.
Le 7 juillet, avec Lambert et Néroni, Boero se rendit  à la prison de la Santé où Knipping signa la levée d’écrou de  Mandel qui monta dans la voiture où se trouvaient les trois hommes et  Knipping, En tête, une autre voiture avec Masuy.
Condamné à mort avec Néroni, le 25 octobre 1944, fusillé au fort de Montrouge en criant « Vive Darnand », inhumé au cimetière parisien de Thiais, il fut transféré au mois d’août 1945 à Beaulieu-sur-Mer où sa tombe serait peut-être en passe d’être relevée au moment de la rédaction de cet article.
 
►BONNET Albert dit Jules Albert (†12 février 1946)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Inspecteur des brigades spéciales de la préfecture de police, condamné à mort pour trahison,  il fut exécuté au fort de Châtillon.
 
►BOSC DE PEYRAN Henry du (1901- 4 août 1948)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Pendant la guerre, il travaillait chez André Bardon, un des dirigeants du PPF de Doriot. Recruté par la Gestapo de Paris, il infiltra divers mouvements de résistants à Amiens, dont le bataillon de la mort et le réseau Arc-en-Ciel, causant ainsi l’arrestation d’une centaine de patriotes le 26 août 1942, dont 55 furent fusillés quelques jours plus tard. A la Libération,  les services français de renseignements trouvèrent son identité dans les archives des services secrets allemands et de la Gestapo. Sa fiche d’agent signalait son recrutement par le capitaine Schäffer du SRA avec un règlement de 10.000 francs par mois. Arrêté, écroué, il fut condamné à mort et fusillé au fort de Montrouge.
 
►BOUILLON Jean et BOUILLON Michel († 10 avril 1945)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
« Anciens » qui travaillaient pour le « docteur » Goetz de l’Amt VI de la Gestapo, en charge du service du piège-radio automobile, recrutés pour œuvrer à la Gestapo de l’avenue Foch, miliciens tortionnaires, ils furent condamnés à mort le 10 mars 1945, et fusillés au fort de Montrouge.
 
►BOUQUET Marcel († 4 août 1948)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Membre du Francisme de Marcel Bucard,  appartenant au groupe de la « Main bleue »  milice privée, présentée comme un groupe d’autodéfense armé et entièrement dévoué à son chef, il traqua des résistants notamment dans la région de Troyes. Fusillé au fort de Montrouge.  
 
►BOUSSELAIRE Marcel († 14 août 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Milicien à la rue des Saussaies. Exécuté au fort de Montrouge.
 
►BREUX Louis († 20 mars 1948 )
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Concierge du 93 rue Lauriston, bien qu’homme de confiance des Allemands, à la suite d'affaires de marché noir, il fut déporté à Mauthausen où, « Kapo » et tortionnaire, il volait les rations de ses co-détenus qu’il dénonçait souvent aux SS. Condamné à mort le 16 décembre 1947.
►BUCARD Marcel (1895 – 19 mars 1946)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Resté profondément marqué par la Grande Guerre où il se distingua par son courage, après avoir un temps milité à la Fédération nationale catholique (FNC), il prit part à l'agitation menée dans tout le pays par des mouvements d'anciens combattants, et fut l’un des premiers à adhérer au Faisceau de Georges Valois (1878-1945), premier parti à se revendiquer ouvertement du fascisme, dont il prit la direction de la propagande (1926). Après divers rapprochements, il fonda, en 1933, son propre parti, le Mouvement franciste s'inspirant du fascisme italien. Reconnu par Mussolini comme l’expression française du fascisme, le mouvement franciste reçut l’appui politique et financier de l’Italie.
A l’origine, le francisme n’avait rien d’antisémite, mais après avoir été arrêté, et vu son mouvement interdit par le Front populaire (fin 1935), Bucard bascula dans l'antisémitisme radical en attribuant alors aux Juifs « une fonction de désagrégation sociale » et « un goût presque inné de la dépravation ».
Bien que partisan acharné de la paix en Europe, il appela ses militants à rejoindre leurs unités et à combattre. Puis, rallié au Régime de Vichy, il réforma son mouvement sous le nom de Parti franciste, et fut l’un des fondateurs de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF). Arrêté, puis libéré après un avoir commit un vol,  il eut juste le temps de fuir en Allemagne avec d’autres francistes. De là, il participa à l'organisation de commandos de saboteurs, parachutés en France par l'aviation allemande. Arrêté en juin 1945 à Merano, alors qu'il cherchait à gagner l’Espagne, il fut extradé en France, jugé, condamné à mort le 21 février 1946, et fusillé au fort de Châtillon.
Inhumé avec les autres fusillés, en novembre 1949, il fut transféré dans une nouvelle sépulture dans le même cimetière. Avec lui repose sa femme, Thérèse Bucard (1903-1974), qui s'était investie dans le Francisme et présidait les sections féminines du parti, dont les actions concernaient principalement les domaines sanitaires et sociaux.
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►CALAME Roger (1912 - 8 juin 1944) et DANELE Geneviève († 8 juin 1944)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agents de la Gestapo, moyennant rétribution, le couple d’amants aussi diaboliques que sadiques infiltra des groupes résistants à Blois, puis à Paris. Rivalisant de brutalité et de grossièreté, ils torturèrent et firent déporter plus de cent Français dont plusieurs membres du groupe « Combat », parmi lesquels Jean-Guy Bernard (1917-1944), mort en déportation, et sa femme, Yvette, qui perdit l’enfant qu’elle attendait. Condamné à mort 6 mars 1948, le couple fut exécuté le 8 juin jour au fort de Montrouge.
►CANIOLE Roger († 28 mai 1946)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Fils d’un inspecteur principal de police, étudiant de 21 ans, il dénonça le réseau de résistants dans lequel il était entré à Garges-Lès-Gonesse. Fusillé au fort de Montrouge.
 
►CAVAILHÉ André († 2 mars 1948) (inédit)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Alors qu’en 1940 il était prisonnier dans un oflag, il fit connaître ses sentiments collaborationnistes au commandant du camp. Libéré, devenu un  agent de l’Abwehr, il se spécialisa dans l’arrestation de gaullistes, dont des membres  du réseau « Alliance ». Condamné à mort et incarcéré à Fresnes, il y avait installé une officine de faux papiers…   Exécuté au fort de Montrouge, inhumé avec les fusillés, il fut transféré dans autre division  le 1er juin suivant. Sa tombe a disparu dévorée par un arbre.
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►CHACK Paul
 
►CHARBONNIER Pierre († 1er octobre 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent de la Gestapo de l'avenue Henri-Martin, condamné à mort le 24 juillet 1947, refusant de se lever le matin fatidique,  il fut mené au supplice sur une civière et exécuté attaché sur une chaise au fort de Montrouge.
 
►CHAVE Marcel (†3 mai 1945)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Marchand forain, déjà condamné plusieurs fois pour vol, agent de la Gestapo plutôt lié à la rue Lauriston, coupable notamment d'opérations contre le maquis, il fut  condamné à mort le 20 avril 1945, et exécuté au fort de Châtillon.
 
►CHEKKAT Fellah ben Mohamed  (†23 mai 1950)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent de la Gestapo de l’avenue Foch, qui se faisait appeler Perreti della Rocca, condamné à mort le 1er décembre 1949 et exécuté au fort de Montrouge.
 
►COËTLOGON Guy Vissaux de (1921 - 24 avril 1945)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Authentique descendant de Robert Surcouf, mais aussi véritable commis de l’extrême droite, militant de l’Action française, dès le début de la guerre, comme membre du Parti national breton, il participa au débarquement d'armes de Locquirec fournies par l'Allemagne dans la nuit du 8 au 9 août 1939.  L’Occupation lui donna toute sa mesure en en faisant une sorte de « despérado breton au service de l’Allemagne ». Collaborateur notoire, agent de la Gestapo, après avoir fréquenté l'école d'espionnage nazi de Cologne, puis celle du château de Vaucelles à Taverny, membre de la Waffen SS, il eut d’abord des missions en Allemagne, en Russie et en Pologne. Puis, il intégra un groupe chargé de sillonner la Bretagne pour  recruter des volontaires, mais également pour opérer contre le maquis et le débarquement Allié. Des agents de sa milice, connue sous le nom de « groupe Vissault de Coëtlogon », parvinrent à infiltrer des réseaux de résistance, tel Bordeaux-Loupiac à Rennes, ou plusieurs maquis, et provoquèrent l’arrestation de nombreux résistants.Outre le maquis breton, il œuvra en Corrèze et en Savoie. « Il s’imaginait pouvoir ainsi s’inscrire dans la lignée des hobereaux bretons qui, de toute éternité, s’étaient dressés contre l’État français »… Condamné à mort le 4 avril 1945 pour intelligence avec l’ennemi, exécuté au fort de Montrouge, il fut inhumé avec les fusillés avant d’être transféré  à une autre place en mars 1946.
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►COINTOT Georges (†4 août 1948)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Membre du Francisme de Marcel Bucard, appartenant au groupe de la « Main bleue », milice privée présentée comme un groupe d’autodéfense armé et entièrement dévoué à son chef, il traqua des résistants notamment dans la région de Troyes. Fusillé au fort de Montrouge..
 
►COLLIGNON Georges  († 11 octobre 1945) (inédit)
Membre de la Gestapo géorgienne. Probablement  parce que dirigé par un Géorgien, Chalva Odicharia, réfugié en France dans  les années 1920, les membres de son groupe, à la solde des Allemands, formèrent ce qu’on s’appela la Gestapo géorgienne. Située à Paris, rue de Londres, puis rue de Varennes, elle se composait d’une bande de malfrats collaborateurs qui traqua les résistants, s’adonna à des exactions et violences, et à des trafics en tous genres. Exécuté au fort de Châtillon, inhumé avec les fusillés puis transféré à une autre place en  mars 1946.
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►COMBIER Kléber (1915 - 14 août 1947) (inédit)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Représentant en produits chimiques, au début de l’Occupation il fut recruté par Krabbe, directeur des entrepôts de la Kriegsmarine, dont il devint l’homme de confiance et le chauffeur jusqu’en juillet 1943. Responsable d’un accident de voiture, qui tua un soldat allemand, grâce à l’intervention de Krabbe, l’affaire fut classée et, pour faire oublier celle-ci, il s’engagea dans le KSD de la rue des Saussaies. D’abord au bureau économique, il passa à celui spécialisé dans la répression contre les résistants. Officiellement agent de la Gestapo, il avait sous ses ordres une équipe composée, notamment,  de Bousselaire, Beller, Jouaire, Duquesnoy qui lui servait de chauffeur. Selon diverses sources, on attribue à cette bande de gestapistes la mort de 300 à 2000 résistants. Réfugié ensuite en Allemagne, il améliora sa formation comme « radio ». Parachuté le 19 février 1945, aux environs de Salbris, avec deux postes et un million de francs afin d’espionner les Alliés, il fut découvert et arrêté. Condamné à mort le 3 mars 1947, exécuté au fort de Montrouge, inhumé avec les fusillés, il fut transféré dans une autre division en août 1978.
►CORNET Adolphe († 3 mars 1950)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Dit « Frédo la Terreur », en 1944, ce chef de brigade de la Milice, rue Le Peletier (Paris), fit déporter des patriotes et en martyrisa à l’aide de la « moulinette » une dynamo qui envoyait de l’électricité dans le corps du supplicié. Condamné à mort le 15 novembre 1949 et exécuté au fort de Montrouge.
►DELFANNE Georges (1913 - 1er octobre 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Plus connu sous le pseudonyme de Christian Masuy, ce Belge militant du rexisme, mouvement politique d'extrême-droite, fut recruté par Hermann « Otto » Brandl, créateur à Paris du bureau
« Otto », le plus important des bureaux d'achats allemands, couverture et organisme de financement d'agents de renseignements. Outre approvisionner le service « Otto », il monta trois bureaux d'achats, et fut surtout patron de la Gestapo de l'avenue Henri-Martin.Responsable du démantèlement de plusieurs réseaux,  et auteur de nombreuses tortures, quand sa victime était au bord de l’évanouissement complet, il avait pour habitude de faire apporter du thé, du café ou du cognac et de recommencer avec la même cruauté dès que « client » était réconforté.
Arrêté en Allemagne, transféré en France, il fut condamné à mort le 24 juillet 1947 et fusillé au fort de Montrouge en compagnie d'anciens complices : Raymond Fresnoy, Bernard Fallot et Paul Charbonnier.
Officier des chasseurs alpins lors de la bataille de Narvik en 1940, commandant dans la LVF, il combattit sur le front de l’est après avoir prêté serment de fidélité à Hitler et décoré de la Croix de Fer. Puis, directeur à la propagande au cabinet de Fernand de Brinon, il fut condamné à mort le 21 février 1945, et exécuté au fort de Montrouge en faisant le salut hitlérien d’une main, et serrant le bouquet de fleurs envoyé par son amie, dans l’autre. Transféré à une autre place en mars 1946.
►DESOUBRIE Jacques (1920 - 20 décembre 1949) (inédit)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Se mettant au service de la Gestapo de la rue des Saussaies en 1942, n’ayant pas son pareil pour infiltrer des réseaux en se faisant passer pour un patriote sincère, il fut l’un des dénonciateurs qui firent le plus de ravage dans la Résistance puisqu’on lui attribua la dénonciation d’un millier de personnes dont 168 aviateurs anglais…Parmi les réseaux qu’il fit tomber ou souffrir, on notera : « Turma-Vengeance », « Comète », « O.C.M. », « O.R.A. », …Déjà condamné à mort par contumace par la cour de justice de Lille en 1947, il fut arrêté en Allemagne en mars 1947. A l’issue de son procès à Paris en juillet 1949, il fut condamné à mort et exécuté au fort de Montrouge le 20 décembre suivant en criant
« Heil Hitler ».Inhumé avec les fusillés puis transféré dans une autre division  où sa tombe, dévorée par la terre et les herbes, est dorénavant introuvable.
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►DEMESSINE André (1908 - 15 mars 1945)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
►DETMAR CHARLES (1904 - 19 août 1946) (inédit)
Cimetière du Père-Lachaise (Paris)
Militant politique d'extrême-droite, nommé commissaire de police par le gouvernement de Vichy, à l'automne 1941, Pierre Pucheu, secrétaire d’État à l’Intérieur, le chargea de diriger une nouvelle police, le SPAC (Service de Police Anticommuniste) qui, à l'été 1942, devint le S.R.M.A.N. (Service de répression des menées antinationales). A la tête de sa bande, Detmar, qui avait les pleins pouvoirs, participa au printemps 1944 à la répression des résistants haut-savoyards et, notamment, des maquisards des Glières capturés. Plus encore que certains miliciens, les membres de cette police se  livrèrent aux pires raffinements de cruauté dans la torture.
Condamné à mort le 13 juillet 1946, il fut exécuté au fort de Montrouge avec six  de ses sbires : André Fourcade, Pierre Larrieux, Jacques Dubuc, Albert Thomassaint, Georges Dumontel et Alexandre Miller. Inhumé avec les fusillés, il fut transféré dans une sépulture familiale au Père-Lachaise en octobre 1946.
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►DUBUC Jacques († 19 août 1946)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Policier au S.P.A.C. (Service de Police Anticommuniste), sous la direction de Charles Detmar, il fut de ceux qui commirent sur des patriotes détenus des atrocités d’un rare raffinement. Condamné à mort le 13 juillet 1946, il fut exécuté avec son chef et cinq membres de cette bande de tortionnaires.
 
►DUMONTEL Georges (1919 - 19 août 1946) (inédit)
Cimetière de la Villette (Paris) transfert en mai 1947
Commissaire au S.P.A.C. (Service de Police Anticommuniste), sous la direction de Charles Detmar, il fut de ceux qui commirent sur des patriotes détenus des atrocités d’un rare raffinement. Condamné à mort le 13 juillet 1946, il fut exécuté avec son chef et cinq membres de cette bande de tortionnaires. Inhumé avec les autres fusillés, il fut transféré au cimetière de La Villette en mai 1947.
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►DUQUESNOY Auguste († 14 août 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Milicien à la rue des Saussaies, chauffeur de Kléber Combier, sous la direction de ce dernier, directement ou indirectement, il participa à la disparition de centaines de résistants. Condamné à mort le 3 mars 1947 et exécuté au fort de Montrouge.
 
►DUTRY Roger († 22 juillet 1948) (inédit)
Garçon de café, enrôlé  dans la Gestapo de Saint-Quentin en juillet 1944, dès le mois suivant, il participa à de sanglantes opération contre la maquis à Blond et à Bella dans la région de Limoges. Condamné à mort le 23 mars 1948, exécuté au fort de Montrouge, inhumé avec les autres fusillés puis transféré dans une nouvelle sépulture en 1950.
►FALLOT Bernard (1920 - 1er octobre 1947)
Cimetière de Saint-Hilarion (Yvelines) (inédit)
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►FAVRIOT Georges († 22 mai 1954)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent de la Gestapo de la rue de la Pompe et tortionnaire. Fusillé au fort de Vincennes.
►FERDONNET Paul (1901 - 4 août 1945)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Journaliste et militant d'extrême droite, antisémite, après une carrière incolore à Paris, il rejoignit Berlin en 1928 d’où il envoyait quelques piges. Il dut sa notoriété aux événements de 1933 et, en 1934, à sa publication de Face à Hitler, un récit hagiographique de onze mois de régime nazi. La même année, il créa l'Agence Prima presse, déjà officine de propagande nazie, qui possédait des bureaux à Paris et à Berlin. Installé en Allemagne, fin 1939, il se mit à faire la promotion de la Wehmarcht depuis une radio de Stuttgart. S’il ne s’agissait pas de sa voix au travers les ondes, il rédigeait ou traduisait les textes de propagande fournis par les Allemands, et gérait l'équipe des émissions en langue française. Ses « infox »,quotidiennement commentées, firent de lui le « traitre de Stuttgart ».  
En congé pour longue maladie à la fin 1940, les services allemands de propagande se dispensèrent de ses services. Il passa le reste de la guerre à vivoter en Allemagne et n'occupa plus aucune fonction importante. Après la défaite de l'Allemagne, il se fit passer auprès des Alliés pour un citoyen belge, et se retrouva employé comme responsable d'une cantine des troupes d'occupation à Tuttlingen.Identifié et  arrêté le 4 juin 1945 par des troupes françaises,  le grand public français se vit alors rappeler son existence bien oubliée. Condamné à mort le 11 juillet pour intelligence avec l’ennemi, il fut exécuté au fort de Montrouge.
 
►FERNAND David (1908 - 5 mai 1945)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Entré à la police de Paris comme secrétaire de commissariat en 1932, commissaire divisionnaire, en 1941, Lucien Rottée le nomma chef de la BS1, brigade spéciale anti-communiste qu’il organisa. Tenu responsable de centaines d’arrestations de résistants, dont au moins 128 fusillés, érigeant la bastonnade en raison d’Etat, il était renommé pour son insensibilité devant les souffrances de ceux qu’il martyrisait.  Condamné à mort le 14 avril 1945, exécuté au fort de Châtillon, il fut inhumé avec les autres fusillés avant d’être, semble-t-il, transféré dans un autre emplacement ou cimetière sans plus de précision.
 
►FISSIER Robert († 7 juin 1947) (inédit)
Cimetière de Monthurel (Aisne)
Comptable, administrateur de sociétés, devenu agent de l’Abwehr, il fut placé à la tête d’un bureau d’achats (service de contre-espionnage allemand) qui lui assura un revenu certain comme « seigneur du marché noir ». Il aurait peut-être pu passer au travers les mailles du filet si, en mars 1946, les services de Sécurité militaire n’avaient pas découvert en Allemagne une fiche qui ne laissait aucun doute sur son activité. Traître,  condamné à mort le 18 octobre 1946, exécuté au fort de Montrouge, il fut inhumé à Thiais, puis transféré au Cimetière de Meaux en 1957, puis à celui de Monthurel en 2015.
Dit Raymond, dit Renouard, agent de la Gestapo et tortionnaire de l’avenue Henri-Martin, lieutenant de Masuy, condamné à mort le 24 juillet 1947, il fut exécuté au fort de Montrouge.
►FOURCADE André († 19 août 1946) (inédit)
Cimetière Saint-Roch à Pontarlier (Doubs)
Commissaire au S.P.A.C. (Service de Police Anticommuniste) sous la direction de Detmar, dont il fut l'un des adjoints, il dirigea des opérations à Nantes, Nevers et Saint-Brieuc. Condamné à mort, exécuté au fort de Montrouge, il fut inhumé au cimetière parisien de Thiais, puis transféré au cimetière Saint-Roch de Pontarlier (Doubs) en 1952, d’où il partit pour l’ossuaire de ce cimetière en 2000.
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►GANGEY Pierre († 25 juin 1949)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Milicien tortionnaire de la rue Le Peletier, condamné à mort le 10 février 1949, et exécuté au fort de Montrouge.
 
►GANGLOFF Emile († 13 juin 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Membre de la L.V.F., spécialiste de la dénonciation de Juifs, condamné à mort, le jour de son exécution, il refusa de s’habiller pour ne pas tacher ses vêtements. Ce fut donc, en slip et le torse nu couvert de tatouages que cet  unijambiste se présenta devant le peloton au fort de Montrouge.
 
►GUILLAUME René (1918 - 7 mars 1946)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Inspecteur à  la brigade spéciale des Renseignements Généraux (BS), renommé pour les mauvais traitements qu’il faisait endurer à ses victimes, il fit arrêter au moins 64 patriotes, dont six furent exécutés et vingt déportés.  Condamné à mort le 21 décembre 1945, exécuté au fort de Châtillon, inhumé avec les autres fusillés, puis transféré à une autre place un mois plus tard.
 
►GUILLEMIN Bernard († 22 novembre 1949)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent de l’Abwehr, condamné à mort le 17 mai 1949 et exécuté au fort de Montrouge.
►HÉROLD-PAQUIS Jean (1912 – 11 octobre 1945)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Journaliste d'extrême droite, chroniqueur radiophonique dans le quotidien catholique Choisir, il s'engagea dans la Bandera Jeanne d'Arc aux côtés des Nationalistes pendant la guerre d'Espagne. Mais, à partir de janvier 1942, il dut surtout sa célébrité par la chronique militaire de Radio-Paris, dans laquelle il acclamait les succès de l'Axe et ridiculisait l'action des Alliés, avec ce célèbre leitmotiv : « L'Angleterre, comme Carthage, doit-être détruite ! ». Très critique à l'égard du régime de Vichy, jugé « trop mou » dans sa politique de collaboration, à la Libération de Paris, il se réfugia en Allemagne d’où il poursuivit ses chroniques à l'antenne de Radio Patrie. Arrêté le 8 juillet 1945, condamné à mort le 17 septembre, il fut exécuté au fort de Châtillon avec sa chemise bleue des doriotistes. Inhumé avec les autres fusillés, il fut ensuite transféré dans une sépulture sur laquelle on peut lire cette épitaphe : « Ce n’est qu’un au revoir mes frères »
►FRESNOY Raymond († 1er octobre 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
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►JACQUOT Noël († 22 juillet 1948) (inédit)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent actif de la Gestapo, sous la direction de Raymond Richard, chef de « l’Equipe Médéric »  il travailla surtout contre les communistes. Condamné à mort le 23 mars 1948, exécuté au fort de Montrouge, inhumé avec les autres fusillés, puis transféré dans une nouvelle sépulture en 1961. Son nom se devine plus qu'il ne se lit vraiment.
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►JOUAIRE Fernand († 14 août 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent de la Gestapo rattaché à la rue des Saussaies, condamné à mort le 6 mars 1947, il fut exécuté au fort de Montrouge. Inhumé avec les autres fusillés, il fut exhumé en mai 1948 pour une destination inconnue.
 
►JOURDAN Pierre († 13 juillet 1946) (inédit)
Cimetière de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)
Inspecteur à la brigade spéciale n°2 (BS2), dirigée par Gaston  Barrachin et Bouton, un doriotiste enragé, son zèle à la torture de nombreux patriotes, y compris des femmes, lui permis d’encaisser des primes rondelettes. Condamné à mort le 13 avril, exécuté au fort de Montrouge, inhumé avec les autres fusillés, il changea une fois de place avant d’être transféré à d’Arcueil, puis à  Rosny-sous-Bois en 1982.  
►KNIPPING Max (1892 - 18 juin 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Pilote héros de la Grande Guerre, il fut ensuite embauché par Pierre-Georges Latécoère (1883-1943), fondateur, à Toulouse, de la Compagnie générale aéropostale. Également pilote d’essai, il battit plusieurs records mondiaux puis mit fin à sa carrière d’aviateur et créa une usine d'accumulateurs électriques à Reims, sa ville natale. Après avoir participé avec brio comme capitaine aviateur à la bataille de France, son usine de rémoise ayant été détruite, il s’installa à Avignon où il ouvrit une boutique de photographe. En avril 1941, il commença sa carrière politique par une adhésion à la ligue française des combattants, dont il présida la section départementale du Vaucluse.
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►LOPATKA Maurice (Moszek) (1883 - 16 janvier 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Né à Varsovie, il fit partie des juifs qui dénoncèrent leurs coreligionnaires. Exempté d’étoile, très impliqué dans son activité de traitre, il fut considéré comme le « plus terrible des informateurs juifs, employé par les services anti-juifs tant allemands que français ».. Responsable de l’arrestation de centaines de juifs, qu’il faisait chanter avant de les dénoncer pour toucher des deux côtés, il fut arrêté à la Libération par les FFI. Condamné à mort, il fut exécuté au fort de Châtillon.
►MAMY Jean, dit Paul Riche (1902 - 29 mars 1949)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Régisseur et acteur au théâtre de l'Atelier chez Dullin de 1920 à 1931, il créa plusieurs pièces dont Knock et Six personnages en quête d'auteur. En 1931, sur un scénario de Jacques Prévert, il réalisa son premier film, Baleydier, avec Michel Simon comme acteur principal. Plutôt marqué à gauche, franc-maçon, mais écœuré par la débâcle de 1940, il se jeta ensuite dans les bras du journalisme de collaboration. Il fut rédacteur en chef de L'Appel, revue collaborationniste de Pierre Costantini, (1889-1986), qui notamment rendait responsable la franc-maçonnerie de tous les maux dont souffrait la France. Il fit aussi paraître des textes violemment antisémites avec appels au meurtre, tel en mars 1941 dans l'hebdomadaire Au Pilori. Agent de l’Abwehr, il participa à l’arrestation de dizaines de  résistants dont il fut souvent  le tortionnaire.  
Comme réalisateur, son dernier film, Forces occultes (1943), œuvre de propagande, résumait tout à fait son état d’esprit : dénonçant un prétendu complot judéo-maçonnique, ce moyen métrage attaquait de façon virulente la franc-maçonnerie, le parlementarisme et les juifs. En août 1944, les F.F.I. ayant arrêté sa mère, il se constitua prisonnier. Condamné à mort le 24 décembre 1948, il fut exécuté au fort de Montrouge.
►MARCHERET Jacques Glèbe d’Eu, comte de (1914 – 20 décembre 1949)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Est-ce bien lui ? Un doute avec Ledanseurs.
Alias capitaine "Jack" ou "Jacques" Guy de Montreuil ou encore Gérard Beaucourt, Jean Decan, il entra par relations au Service de renseignements allemands (S.R.A) dès sa libération d'un camp de prisonniers après la campagne de juin 1940. Parlant couramment le français, l'anglais, l'italien et l'allemand, il se révéla rapidement efficace dans le recrutement d’agents qui croyaient travailler pour la cause alliée. Chef de groupe de la Gestapo de la rue des Saussaies, puis de la rue Mallet Stevens, grâce à son système d’infiltration et de pièges tendus bien rodé, il parvint à faire arrêter une bonne centaine de personnes, résistants, aviateurs parachutés, etc., dont beaucoup disparurent. Il fut notamment responsable du guet-apens et massacre de la Cascade du Bois de Boulogne (16 août 1944). Arrêté au Danemark par les Services américains et remis aux Français le 25 octobre 1945, il fut condamné à mort  le 2 avril 1949, et fusillé au fort de Montrouge.  
►MARONGIN Emile  († 24 décembre 1946)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Dénonciateur de réseaux dont « Défense de la France », auquel il avait adhéré en 1942, on évalua à environ sept cents le nombre de patriotes qui tombèrent par son activité gestapiste. Condamné à mort le 30 octobre 1946, exécuté au fort de Châtillon, il fut l’un des très rares à exprimer ses regrets sur son lieu d’expiation.
 
►MÉNIGAUT André († 31 mai 1945) (inédit)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Tourneur de profession, agent de la Gestapo plutôt lié à la rue Lauriston, coupable notamment d'opérations contre le maquis, il fut condamné à mort le 20 avril 1945, et exécuté au fort de Châtillon. Inhumé avec les autres fusiléls, il fut transféré dans une nouvelle sépulture le 24 juillet suivant.
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►MORIN André († 19 février 1952)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Déjà condamné pour vol, recel, et autres forfaits, agent de la Gestapo, il participa à de nombreuses opérations d’envergure contre les chefs de la Résistance. Entre autres, avec Saumande, dont il était le chauffeur, il fut du piège tendu à Delestraint,  prit aussi part au coup de main de Caluire qui mena à l’arrestation de Jean Moulin, participa à l’arrestation du commandant Faye (1899-1945) du réseau « Alliance », de Bertie Albrecht, etc. Outre être responsable de ces arrestations et de pillage, il frappa à mort plusieurs patriotes. Condamné à mort le 6 juillet 1951, il fut exécuté au fort de Montrouge.
►MULLEMANN John-Gérard († 28 mai 1946)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Belge naturalisé français, après s’être introduit dans des réseaux de résistance il en dénonça les membres. Condamné deux fois à mort par la cour de justice de la Seine, le 13 février 1946, après cassation le 20 mars, il fut exécuté au fort de Montrouge.
 
►MULTON Jean (1908 - 10 septembre 1946) (inédit)
Cimetière de Preuilly-sur-Claise (Indre-et-Loire)
Agent d'assurances à Civray (Vienne), mobilisé, à son retour de la campagne de France, il rejoignit le groupe de résistance de l’avoué Renard, réseau démantelé par la Gestapo de Poitiers en août 1942. Les arrestations furent nombreuses. Multon affirma avoir échappé de peu à la capture, ce que contredit une fiche de police de Vichy... Quoi qu’il en soit, on le retrouva libre à Marseille accueilli par la résistance locale .A partir de là, il rencontra presque tous les chefs régionaux et nationaux de la résistance du sud-est de la France. A la suite de son arrestation le 28 avril 1943, plusieurs chefs locaux tombèrent : Multon avait accepté de travaillé pour la Gestapo et livré de nombreux noms. Envoyé à Lyon, félicité par Klaus Barbie pour  ses actions dévastatrices contre les « terroristes » , ses informations permirent  l’arrestation de nombreux patriotes. Puis, se faisant passer pour résistant, il parvint jusqu’au Maroc où il fut incorporé dans l’armée de Lattre de Tassigny. Démobilisé, il tenta alors de blanchir son passé en faisant croire à une infiltration au bénéfice de la Résistance. Reconnu,  arrêté le 7 février 1945, il fut condamné à mort et exécuté au fort de Montrouge. Peu avant de tomber sous les balles du peloton, il avoua que René Hardy avait livré la réunion de Caluire. Inhumé avec les fusillés, exhumé une première fois, il le fut de nouveau  en février 1984 pour rejoindre sa ville natale.
►NAEGELE Maurice († 24 juin 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Ouvrier chez Citroën, il avait été plusieurs fois condamné pour vol et escroquerie quand il fréquenta la Gestapo dès 1940.L’arrestation de vingt-cinq résistants l’ayant mis en vedette, ses chefs lui donnèrent pleins pouvoirs et une belle rémunération. Déchainé, il livra de nombreux patriotes notamment en Indre-et-Loire. Non content de perquisitionner, torturer et rançonner ses victimes, il pratiqua l’escroquerie aux faux papiers. Devenu dangereux, les Allemands l’emprisonnèrent au Cherche-Midi où il servit de « mouton » à ses geôliers. Envoyé au camp de concentration de Dora, pour espionner et dénoncer les prisonniers qui travaillaient à la fabrication des V1 et V2, nommé Kapo, il sut à merveille capter leur confiance pour mieux désigner ceux qui s’adonnaient au sabotage. Démasqué, arrêté, condamné à mort le 29 janvier 1947, il fut exécuté au fort de Montrouge
►NERONI Georges († 28 novembre 1944) (inédit)
Cimetière des Batignolles (Paris)
Barman niçois entré à la Milice au service documentation vers mars 1944, mis au service de Boero, tueur à gages à la solde de Darnand, il fit partie des assassins de Georges Mandel. Et pourtant ce n’est pas ce crime qui le condamna à mort le 25 octobre 1944, mais l’intelligence avec l’ennemi. Fusillé au fort de Montrouge, il pleurait au moment de son exécution. Inhumé avec les autres fusillés au cimetière parisien de Thiais, il fut transféré, en juin 1945, à celui des Batignolles où sa tombe est totalement anonyme.
© MCP
►NICOLAS Henri († 5 mai 1950)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent de la Gestapo de l’avenue Foch, condamné à mort 19 mai 1949, exécuté au fort de Châtillon. Inhumé avec les fusillés puis transféré, semble-t-il,  à une autre place en juillet 1950.
 
►OBESCHMUCKLER  Henri  († 11 octobre 1945)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent de la Gestapo géorgienne (voir Collignon), exécuté au fort de Châtillon, il fut inhumé avec les fusillés avant d’être, semble-t-il, transféré à une autre place en mars 1946.
 
►PETIT Jean († 5 novembre 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Sous-officier d'aviation, il intégra le Service de Renseignement secret allemand, situé square Rapp, officine auxiliaire de la Gestapo, sorte de 5ème colonne  notamment chargée de la surveillance des associations secrètes  en principe dissoutes. Condamné à mort le 21 juin 1947, il fut  exécuté au fort de Montrouge.  
 
►PEYRAN Henry du Bosc de (1901 - 4 août 1948) (inédit)
Cimetière du Père-Lachaise (Paris)
Durant la guerre, il travailla chez  André Bardon, un des dirigeants du P.P.F. de Doriot. Recruté par la Gestapo de Paris, il infiltra divers mouvements de résistance à Amiens, dont le Bataillon de la mort et le réseau Arc-en-ciel, causant ainsi l’arrestation d’une centaine de patriotes le 26 août 1942 : 55 furent fusillés quelques jours plus tard. Arrêté à son domicile parisien le 3 octobre 1945, écroué à Fresnes, condamné à mort, il fut exécuté au fort de Montrouge. Inhumé avec les autres fusillés, il fut transféré au cimetière du Père-Lachaise le 7 janvier 1949.
►PEYRONNET Marcel († 8 août 1947)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Chef de service commercial d’une maison d’édition sous l’Occupation, condamné à mort le 16 avril 1947 pour dénonciation, il fut exécuté au fort de Montrouge.
 
►PIERRET Philibert († 22 novembre 1949) (inédit)
Cimetière d’Orsay (Essonne)
Agent de l’Abwehr, condamné à mort le 17 mai 1949, exécuté au fort de Montrouge, inhumé à Thiais, il fut transféré à Orsay en mai 1950.
 
►PONCHELET Henri († 22 juillet 1948) (inédit)
Cimetière de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine)
Sous la direction de Raymond Richard, à la tête de « l’Equipe Médéric »,  il travailla surtout contre les communistes. Condamné à mort le 23 mars 1948, exécuté au fort de Montrouge, inhumé à Thiais puis transféré au cimetière de Saint-Cloud en 1964.
PHOTO A VENIR
►POUPET Ferdinand († 22 mai 1954)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent de la Gestapo de la rue de la Pompe et tortionnaire, exécuté au fort de Vincennes, inhumé avec les autres fusillés, il fut transféré dans une nouvelle sépulture en 1954, démolie depuis. Cendres dans l’ossuaire du cimetière.
 
►RADICI Georges (1918 -  24 juillet 1947) (inédit)
Cimetière de Nogent-en-Bassigny (Haute-Marne)
Après avoir participé à la campagne de 1939-1940 dans les blindés, où il gagna la Croix de guerre avec palme, il intégra la Milice française au maintien de l’ordre en zone nord,  comme chef de cabinet de Max Knipping. Suite à la mutinerie à la prison de la Santé du 14 juillet 1944, il fit partie de la cour martiale choisissant  les otages  devant  être fusillés en représailles, mais aurait réussi à en faire baisser le nombre de façon significative. Transféré à la Waffen-SS (division Charlemagne), nommé adjoint du commandeur Jean Boudet-Gheusi, il fut décoré de la Croix de fer IIème classe, et promu Untersturmführer (sous-lieutenant) pour sa conduite en Poméranie. Capturé par les Américains en avril 1947, il fut condamné à mort le 16 janvier 1947, et fusillé au fort de Montrouge. Inhumé au cimetière parisien de Thiais, il fut transféré au cimetière de Nogent-en-Bassigny (Haute-Marne), sa ville natale,  en 1976.
 
►RASTELLI Jean († 13 juin 1945) (inédit)
Cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-Seine)
Indicateur de police rétribué par André Baillet, il livra notamment, en octobre 1941, plusieurs membres du groupe " France libre ", dont cinq furent fusillés. Inhumé au cimetière parisien de Thiais, il fut transféré à Bagneux au mois de novembre suivant.
Merci à M. Pietri pour cette photo
►RAUCH Ignace († 5 janvier 1946)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Seul personnage de cet article sur lequel je n’ai trouvé d’information, hors mis son exécution au fort de Châtillon, et sa date d’exécution certaine,il est possible que l’orthographe du patronyme soit à l’origine de ce manque de résultat quel que soient les essais et divers  mots clés dans les sites d'archives de référence.
 
►REICH Oskar (1914 - 5 juillet 1949)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Juif autrichien et ancien international de football, chargé par Aloïs Brunner de repérer les juifs clandestins à Paris et sur la Côte d'Azur, il dirigea le camp de Drancy dont il devint un tortionnaire. Condamné à mort par le tribunal militaire de Paris le 8 février 1949, il fut exécuté au fort de Montrouge.
 
►RICHARD Raymond († 22 juillet 1948)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Commissaire de police, maire de Marcigny (Saône-et-Loire), agent actif de la collaboration dès le début de l’Occupation, en 1943 il mit en place une équipe, dite « Equipe Médéric » qui,  recevant instructions et subsides des Allemands, fit des ravages dans les rangs de la Résistance. Avec Ponchelet, Jacquot et autres sbires, cette « équipe » décima les mouvements Alliance,  Vengeance, Libération et ORA. Elle disposait d’une villa rue Mallet-Stevens où elle pouvait interroger les résistants arrêtés. Condamné à mort le 23 mars 1948, exécuté au fort de Montrouge, il fut inhumé avec les autres fusillés, puis transféré à une autre place en 1955.
 
►ROLLAND Raymond (†3 mai 1945)
Cimetière de Clichy (Hauts-de-Seine)
Agent technique, dit Roger, déjà condamné, agent de la Gestapo plutôt lié à la rue Lauriston, coupable notamment d'opérations contre le maquis, il fut condamné à mort le 20 avril 1945, et exécuté au fort de Châtillon. Inhumé avec les autres fusillés, il fut transféré à Clichy en juin 1946.
►ROTTÉE  Lucien (1893 - 5 mai 1945) (inédit)
Cimetière de Verberie (Oise)
Commissaire de police, directeur de la Police municipale de Paris, méticuleux, partisan de l'ordre et de l'obéissance, et surtout anti-communiste patenté, il trouva toute sa mesure en 1941 en tant que directeur général des Renseignements généraux de la Préfecture de Police. Il mit en place et organisa les fameuses Brigades spéciales (BS) qui, en collaboration avec les Allemands, réprimèrent juifs, communistes, francs-maçons et résistants, usant de la torture sans limite. Pourvoyeur zélé des geôles allemandes, à son procès on évaluait à plus de cinq mille les arrestations opérées par les brigades placées sous ses ordres. Des centaines de patriotes furent torturés, exécutés ou déportés.
En fuite à partir du 18 août 1944, arrêté en Gironde le 15 décembre 1944 porteur de faux papiers et d'une fausse attestation de résistance, condamné à mort le 11 avril 1945, il fut exécuté au fort de Châtillon. Inhumé avec les fusillés, transféré dans une autre division cinq mois plus tard, puis dans son fief familial de Verberie, en décembre 1951.
 
►SABLÉ-TEYCHÊNE Jean († 22 février 1946) (inédit)
Cimetière de Massat (Ariège)
Inspecteur des Renseignements généraux, coupable d’avoir torturé de nombreux patriotes, condamné à mort pour trahison le 18 décembre 1945, exécuté au fort de Châtillon, il fut transféré en septembre 1960 en Ariège.
►SAUMANDE René († 19 février 1952)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Recruté à Lyon au début 1943, il œuvra pour les Allemands un peu partout dans toute la France et fut notamment responsable du piège tendu à Delestraint. Comme pour son chauffeur, Morin, à son actif on peut noter : la lutte contre le maquis dans l’Ain, l’arrestations de patriotes et violences, de multiples opérations et vols grâce à de faux papiers, l’extermination du réseau « Alliance », et autres innombrables forfaits. Condamné à mort le 6 juillet 1951, il fut exécuté au fort de Montrouge. Inhumé avec les fusillés puis transféré dans une autre division en 1984.
►SCHMITT Louis († 22 novembre 1949)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent de l’Abwehr, condamné à mort le 17 mai 1949 et exécuté au fort de Montrouge en criant « Vive l’Allemagne ».
 
►SION Maurice (1910 - 5 mai 1950) (inédit)
Cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-Seine)
« Ancien » du service IV E, qui avait en charge le  service du piège-radio automobile, recruté comme agent de la Gestapo de l’avenue Foch, notamment spécialiste des opérations de faux policiers, il fut condamné à mort le 19 mai 1949. Exécuté au fort de Châtillon, inhumé avec les autres fusillés, il fut  transféré à Bagneux en décembre 1950.
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22 avril 2020
►MILLER Alexandre († 19 août 1946)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Membre du  S.P.A.C. (Service de Police Anticommuniste) il œuvra sous la direction de Detmar. Condamné à mort le 13 juillet 1946, il fut exécuté au fort de Montrouge. Inhumé avec les autres fusillés, il fut apparemment transféré dans une autre sépulture en juin 1947.
 
►MIOLLANY Marcel († 16 avril 1946)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent de la Gestapo géorgienne (voir Collignon), il dénonça, avec Alaloff, le réseau « Bedel » et fit arrêter de nombreux réfractaires au S.T.O. à Achères. Condamné à mort le 11 février 1946, il fut exécuté au fort de Châtillon.
Tortionnaires, truands et collabos : les poubelles de l’histoire…
 
14 juin 1940. Déclarée « ville ouverte », Paris voyait défiler les troupes allemandes victorieuses, les drapeaux à croix gammées commençaient à flotter, on avançait les horloges d’une heure : l’Occupation venait de commencer. Immédiatement, l’Occupant procéda à une mainmise sur tout l’appareil administratif des villes occupées. La Préfecture de Police de Paris, l’un de ses principaux objectifs, dut livrer ses archives. Ainsi fut-il rapidement possible de mettre en place un vaste système de pillage et de répression en faisant de la «participation indigène» la pierre angulaire de leur politique, en s’appuyant notamment sur la pègre pour obtenir des renseignements.
En libérant des voyous de droit commun, qu’ils dotèrent de cartes de police et d’armes leur permettant  d’agir en toute impunité, les nazis s'assuraient ainsi du concours de mercenaires recrutés dans les rangs du grand banditisme.
Ce fut  le début d'une longue idylle entre la pègre et les autorités d'occupation. Quatre années d'échanges de bons procédés entre les Allemands et le «Milieu» français : pillage des biens juifs, exécutions des gêneurs.L’astuce allemande fut  de créer de nombreux bureaux d’achat qui, outre leur rôle avoué, masquaient celui plus actif de police chargée de découvrir et de livrer ceux qui résistaient à l’occupant.
 
Dans la capitale, par leur infamie,  plusieurs adresses, aux façades des plus respectables,  marquèrent les mémoires et l’histoire, parmi lesquelles : le 93 rue Lauriston, QG de la Gestapo française où sévissait la Carlingue, et le 11 rue des Saussaies, un des sièges de la Gestapo parisienne avec le 84, avenue Foch.
►LEDANSEURS Georges (1915 - 10 avril 1945) (inédit)
Cimetière du Montparnasse (Paris)
Inspecteur radiotélégraphiste de la police nationale, renvoyé de la police en octobre 1942, pour trafic de titres de circulation d’étrangers, il fut arrêté en décembre pour association de malfaiteurs, tentative d’agression, trafic d’or. Agent de l’Amt VI de la Gestapo, qui avait en charge le service du piège-radio automobile, il infiltra à Rennes le réseau de renseignements militaires « Mithridate », qu’il trahit en 1943. Recruté comme agent de la Gestapo de l’avenue Foch, aidé de son frère Claude et des frères Bouillon, il se montra efficace dans ses activités y compris celle de tortionnaire. Condamné à mort le 10 mars 1945, exécuté au fort de Montrouge, il fut inhumé à Thiais avant d’être transféré dans une sépulture familiale au cimetière du Montparnasse en mai 1955.
(*) commentaire(s)
Ouvrier imprimeur, dit Bernard, dit Henri Moreau,  au mois d’août 1939, peut-être pour éviter de partir au front, il contracta un engagement volontaire de trois ans au régiment de sapeurs-pompiers de Paris. Recruté par Masuy en septembre 1941, il devint agent de la Gestapo de l'avenue Henri-Martin grassement payé pour renseigner sur l’activité de résistants. Ainsi participa-t-il à l’arrestation de membres des réseaux Parsifal, Jade et Roy du War Office, etc. Malgré toutes les précisions qu’il donna, pour tenter de sauver sa peau,  sur l’organisation d’espionnage et de contre-espionnage de l’Abwehr qui permirent l’arrestation de nombreux espions et traitres à la solde de l’Allemagne en France, il fut condamné à mort le 24 juillet 1947, fusillé au fort de Montroug et inhumé au cimetière parisien de Thiais, avant son transfert dans une sépulture familiale en avril 1950.
Sous couvert d’un service auxiliaire de police, la Carlingue fonctionna comme une tentaculaire mutuelle du crime, couvrant ses membres et redistribuant les fantastiques gains engrangés.
Dirigée par Henri Lafont, et du non moins sympathique Pierre Bonny, tout un groupe, composé d’auxiliaires recrutés en majorité dans le monde des malfrats, anciens détenus, policiers véreux ou révoqués, s’adonna aux pires exactions en effectuant les basses besognes des S.S. Ces hommes s’illustrèrent dans le commerce du marché noir institutionnalisé par l’Occupant, et par la recherche de renseignements utilisant des méthodes parfois pires que celles pratiqués par les nazis.
Dans leurs bureaux défilait toute une faune d’individus venant proposer ses services ou quémandant une faveur : recevoir un ausweis, demander une libération, etc. Grâce à la constitution d’un réseau efficace, composé de toute une fange de la population, il devint facile de dénicher les marchandises cachées, les résistants, les juifs.
On torturait en sous-sol, on festoyait au rez-de-chaussée et on déshabillait au premier quelques unes des plus belles femmes de Paris. Mais, à tous les étages, l’Occupant était gagnant, et c’est bien ce qui lui importait. Souvent davantage mue par l’appât du gain que par une stricte obédience envers l’idéologie nazie, la plupart de ses hommes formaient un cocktail de crapuleries où l’on retrouvait aussi des hommes d’Etat, de la noblesse, des stars de cinéma, etc.
A côté des grandes figures, des hommes de main prêts à toutes les besognes. Plus tard, sur ordre des SS, la Carlingue s'élargit et intégra plusieurs factions, dont La Légion Nord-africaine.
 
Mais, en juin 1944, l’imminence de la défaite allemande devenant évidente, les rats quittèrent le navire de la rue Lauriston après avoir détruit les dossiers compromettants. La Division Leclerc, qui investit les lieux à la Libération, ne trouva plus rien. Qu’importe. Brûler les dossiers accablants était bien dérisoire et ne changea rien au sort qui attendait les principaux protagonistes de la Carlingue : une condamnation à mort. Fallait-il encore les retrouver, car la bande s’était dispersée et était retournée dans la clandestinité, mode de vie courant pour la grande délinquance.
 
A des dates diverses, souvent suite à des dénonciations par ceux qui espéraient ainsi sauver leur peau, nombre d’entre eux fut arrêté et jugé mais tous ne connurent pas le même sort. Si les principales têtes d’affiches furent condamnées à mort et exécutées, tandis que certains réussirent à s’évanouir dans la nature, d’autres, ayant parfois tenté de se refaire une « virginité » auprès de la Résistance, furent condamnés à des peines d’emprisonnement. Beaucoup de ceux-là retournèrent ensuite à leurs activités criminelles traditionnelles, comme les membres du gang des Tractions Avant. Certains, aguerris et ayant étoffé leur réseau relationnel durant les années d’occupation, devinrent des figures du milieu parisien jusque dans les années 70, tels Carbone et Spirito.
 
Le 1er décembre 1944 commença, à la Cour de Justice de la Seine, le procès de douze protagonistes de l'officine : Lafont, Bonny et dix de leurs lieutenants. Il va durer douze jours à l'issue desquels diverses peines furent pronconcées : peines de mort, travaux forcés à perpétuités et une relaxe.
Pour ceux qui furent fusillés, le peloton d’exécution se composait de F.F.I. commandés par un sous-officier porteur de nombreuses médailles.
 
Malgré les progrès pour soulever  la chape de plomb qui couvre toujours cette période, si les lieux de sépultures des plus célèbres collabos sont pour beaucoup localisés, il en reste encore une grande quantité à découvrir, au moins pour de nombreux « seconds couteaux ».  
© Anonymat demandé
Son activité resta assez obscure jusqu'au moment où, en 1942, fut organisé le S.O.L. (service d'ordre légionnaire). D'abord chef départemental puis inspecteur général, il fut l'un des promoteurs de la transformation en milice de cette organisation. Nommé chef départemental de la Milice à Marseille en 1943, puis directeur du cabinet de Darnand et délégué général du maintien de l'ordre en Zone Nord pour la Milice française, il eut notamment une responsabilité dans l’assassinat de Georges Mandel. A son actif, on notera encore des opérations contre le maquis, qu'il dirigea en Bretagne, en Haute-Savoie et au plateau des Glières, et sa participation lors de la répression de la mutinerie de la prison de la Santé en juillet 1944. Condamné à mort le 6 février 1947, il fut exécuté au fort de Montrouge.
 
►LAMBERT Pierre († 25 juin 1949)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Milicien tortionnaire de la rue Le Peletier, condamné à mort le 10 février 1949, exécuté au fort de Montrouge.
 
►LARRIEUX Pierre († 19 août 1946) (inédit)
Cimetière du Sabaou à Biarritz  (Pyrénées-Atlantiques)
Policier au S.P.A.C. (Service de Police Anticommuniste), sous la direction de Charles Detmar, il fut de ceux qui commirent sur des patriotes détenus des atrocités d’un rare raffinement. Condamné à mort le 13 juillet 1946, il fut exécuté avec son chef et cinq membres de cette bande de tortionnaires. Inhumé à Thiais il fut transféré en septembre 1951 au cimetière du Sabaou de Biarritz où sa tombe existe toujours au moment de l'édition de cet article.
 
►LECLERC Théodore († 22 mai 1954) (inédit)
Cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne)
Agent de la Gestapo de la rue de la Pompe et tortionnaire, exécuté au fort de Vincennes, il fut inhumé avec les autres fusillés, puis transféré dans une nouvelle sépulture en 1955.
Vivant du marché noir, sous-officier SS, faux policier, voleur et tueur accrédité de la bande, avec Clavié et Haré, il fit notamment partie des tortionnaires de Mme Derrieux
Condamné à mort et exécuté au fort de Montrouge.
Sadique ? Certainement. Fou ? Peut-être. Sinon comment expliquer, en juillet 1944, l’assassinat de Mlle Thomieux, dite Gisèle de Ryeux, une rentière, et de sa gouvernante pour faire avouer la combinaison de son coffre? Battue, pendue à un lustre, plantes de pieds brulées, viol de la gouvernante avant de tuer les deux femmes à coups de massue, les découper en morceaux qu’il fit bouillir plusieurs heures dans une lessiveuse pour « mieux désosser » selon ses aveux. L’accompagnaient Haré et Engel.
Arrêté aux premiers jours de la Libération, il réussit à s’évader de Drancy grâce à un brassard de FFI. En liberté, il tenta de réunir une trentaine de tueurs pour tenter de libérer Lafont et Bonny. Plan qui échoua. Il fut retrouvé à Joinville et de nouveau arrêté. Condamné à mort à l’issue du procès, il fut exécuté au fort de Montrouge. Inhumé dans la 8ème division du cimetière parisien de Thiais, il fut transféré dans la tombe de ses parents en 1977.
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-Eglise St-Christophe (75) (disparue)
-Eglise et cimetière St-Côme-et-St-Damien (75) (disparus)
-Eglise St-Denis-de-la-Chartre (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-du-Pas (75) (disparue)
-Eglise St-Eloi (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne-du-Mont (75)
-Eglise St-Eustache (75)
-Eglise St-Germain-l'Auxerrois (75)
-Eglise St-Germain-le-Vieux (75) (disparue)
-Eglise St-Gervais-St-Protais (75)
-Eglise St-Hippolyte (75) (disparue)
-Eglise St-Jacques-de-la-Boucherie (75)
- Eglise St-Jacques-du-Haut-Pas (75)
-Eglise St-Jean-en-Grève (75)
(disparue)
-Eglise St-Jean-le-Rond (75) (disparue)
-Eglise St-Julien-des-Ménétriers (75) (disparue)
-Eglise St-Julien-le-Pauvre (75)
-Eglise St-Landry (75) (disparue)
-Eglise St-Laurent (75)
-Eglise St-Leu-St-Gilles (75)
-Eglise (cathédrale) St-Louis-des-Invalides (75)
-Eglise St-Louis-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise et cimetière (disparu) St-Louis-en-l'Île (75)
-Eglise St-Marcel (75) (disparue)
-Eglise St-Martial (75) (disparue)
-Eglise St-Médard (75)
-Eglise St-Merry (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Chardonnet (75)
-Eglise St-Nicolas-des-Champs (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-des-Champs (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-St-Louis (75)
(ancien couvent des Jésuites)
-Eglise St-Pierre-aux-Arcis (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-aux-Boeufs (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-de-Montmartre
-Eglise St-Roch (75)
-Eglise St-Sauveur (75) disparue
-Eglise St-Séverin (75)
-Eglise St-Sulpice (75)
-Eglise St-Symphorien et St-Luc (75) (disparue)
-Eglise St-Thomas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise Ste-Croix (75) (disparue)
-Eglise Ste-Geneviève-des-Ardents (75) (disparue)
-Eglise Ste-Marine (75) (disparue)
-Eglises et cimetières de l'île de la Cité (75) (disparus)
 
-Grottes vaticanes
 
-Hospice des Enfants-Rouges (75) (disparu)
-Hospice des Enfants-Trouvés (75) (disparu)
-Hospice des Quinze-Vingts St-Honoré (75) (disparu)
 
-Mausolée d'Auguste à Rome
-Mausolée d'Hadrien à Rome
-Mausolée de Mausole à
Halicarnasse (Bodrum) Turquie (disparu)
-Mémorial du Mt-Valérien (92)
 
-Noviciat de l'Oratoire (75)
 
-Oratoire St-Honoré ou du Louvre (75)
 
-Panthéon de Paris
-Panthéon de Rome (Italie)
-POMPES FUNÈBRES, AUTREFOIS et leurs métiers disparus
-Prieuré St-Martin-des-Champs (actuel CNAM) (75)
-Prieuré Ste-Catherine-du-Val-des-Ecoliers (75) (disparu)
-Prieuré Ste-Croix-de-la-Bretonnerie (75) (disparu)
 
-SAINTE-CHAPELLE DU PALAIS (75)
 
-SÉPULTURES DES BOURBONS
-SÉPULTURES DES ROIS D’ANGLETERRE (dynastie Anglo-saxonne)
-SÉPULTURES DES ROIS ET DUCS DE BRETAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS D'ESPAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS DE FRANCE ET DES EMPEREURS (résumé)
-SUPPLICIÉS Lieux d'inhumations
 
-Temple (enclos, église et cimetière du) (75) (disparus)
Dernière mise à jour
au 24 octobre 2020
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