RETOUR LITTERATURE
► Ecrivain et avocat français
PATRU Olivier (1604 – 16 janvier 1681)
Eglise ou cimetière Saint-Médard (Paris)
Considéré en son temps, qui se souvient aujourd’hui d’Olivier Patru à l’origine du traditionnel discours de réception à l’Académie française ?
 
Avocat du parlement, ami de Boileau et Racine, Patru était l’auteur estimé de nombreuses traductions, des plaidoyers et quelques écrits, comme un libelle contre la Roxane de Jean Desmarets de Saint-Sorlin, et des Eclaircissements sur l'histoire de L'Astrée.
Sous le protectorat de Richelieu, dont il fut le dernier bénéficiaire, il fut admis à l’Académie française le 3 septembre 1640 en remplacement de François de Porchères d'Arbaud. A cette occasion, il prononça un discours de remerciements si apprécié qu’il fût demandé par la suite à tous les nouveaux reçus d’en faire autant. Pour les personnes intéressées, ce premier discours est reproduit en fin d’article.
 
Ainsi depuis bientôt cinq siècles, cette tradition s’est-elle conservée et reste un grand moment pour les nouveaux académiciens dont certains discours demeurent des morceaux d’anthologie de référence.
 
Dans la ligne de Malherbe, il travailla activement à l'élaboration de règles de la langue et à l'encouragement systématique de la prose, notamment à travers la traduction d'orateurs et d'historiens célèbres, dont les Huit Oraisons de Cicéron, qu'il rassembla avec la collaboration de Perrot d'Ablancourt et de Louis Giry, sont un bon exemple.
 
Selon Voltaire, « Olivier Patru contribua beaucoup à régler, à épurer le langage ; et quoiqu’il ne passât pas pour un avocat profond, on lui doit néanmoins l’ordre, la clarté, la bienséance, l’élégance du discours : mérites absolument inconnus avant lui au barreau. »
 
De plus, il participa activement à l'élaboration du Dictionnaire de l'Académie, dont il voulait voir les jugements et les définitions appuyés sur des citations d'auteurs au talent reconnu. Finalement, les académiciens choisirent les exemples forgés.
Déçu, il s'éloigna de l'Académie, dont il ne supportait plus la vie d'étiquette, et collabora au Dictionnaire français de Richelet.
 
Surnommé le Quintilien français, ennemi de toute forme de luxe, Patru vécut dans le plus grand dépouillement. Ses livres, qui allaient être vendus pour payer certaines de ses dettes, furent rachetés par Boileau, qui lui en laissa la jouissance jusqu'à la fin de sa vie.
Il mourut indigent ne laissant pas de quoi régler ses funérailles ni la mise en place de son épitaphe composée par un de ses amis et Tallemant  des Réaux.
 
Sa sépulture a disparu depuis longtemps. S’il fut inhumé dans le cimetière, ses restes furent transférés aux Catacombes entre 1843 et 1851.
 


DISCOURS PRONONCÉ DANS LA SÉANCE PUBLIQUE
le lundi 3 septembre 1640
PARIS PALAIS DE L’INSTITUT
M. Olivier Patru, ayant été élu à l’Académie française à la place laissée vacante par la mort de M. François de Porchères d’Arbaud, y est venu prendre séance le lundi 3 septembre 1640, et a prononcé le discours suivant :
 

   Messieurs,
 
    Si je prétendais vous rendre ici des remerciements dignes de la grâce que vous me faites, je ne connaîtrais ni mes forces, ni le prix d’une si haute faveur et qui passe de bien loin mes plus hautes espérances. À peine se pourrait-on acquitter d’un devoir si juste, avec toutes vos lumières, avec tous ces dons si précieux, dont le ciel vous a si heureusement partagés. Véritablement, quand je considère qu’on trouve en cette docte assemblée tout ce que Rome et Athènes ont pu produire de plus merveilleux, je comprends combien la place où je suis me doit être chère. Mais pour exprimer ce que je sens en cette rencontre, pour faire voir quel est mon cœur, il faudrait avoir vieilli dans cette école de bien parler et de bien écrire ; dans cette école que toute l’Europe regarde comme un nouvel astre qui vient éclairer le cercle des sciences. Je vis, sans doute, avec joie la naissance et l’établissement de cette illustre compagnie. Il me sembla qu’à ce coup nos muses françaises s’en allaient régner à leur tour et porter dans tout l’univers la gloire et l’amour de notre langue. Mais cette joie, je le confesse, n’était point sans quelque amertume. Si j’admirais ces rares génies, ces grands ouvriers qui travaillent tous les jours à l’exaltation de la France, je désespérais, au même temps, d’entrer jamais dans un lieu si renommé, dans un lieu où quelque part qu’on jette les yeux, on ne voit que des héros. J’apprends pourtant aujourd’hui qu’on peut être confrère, sans avoir votre mérite, et certainement cette obligeante condescendance, si elle n’était de votre bonté, elle serait de votre sagesse. Car, Messieurs, n’espérez pas de trouver à l’avenir des hommes qui vous ressemblent.
 
    C’est bien assez, à notre siècle, de s’être vu une fois quarante personnes d’une suffisance, d’une vertu si éminentes. Un si grand effort n’a pu se faire sans épuiser la nature. Vos successeurs ne seront plus désormais que l’ombre de ce que vous êtes et des enfants qui n’auront que le seul nom de leurs pères. Que je sens de confusion à paraître aux yeux de tant de grands personnages et de n’apporter ici à bien dire que de louables désirs et des inclinations raisonnables ! Aussi Messieurs, mon dessein n’est autre, en ce lieu, que de m’instruire, que de profiter de vos exemples et de vos enseignements. Aujourd’hui que je me trouve en possession d’un bien que j’ai si longtemps et si ardemment désiré, je n’ai plus rien à souhaiter que d’en être digne. Mais comment m’en rendre digne ! Où chercher cette noblesse de génie qu’on en tire que du ciel et qui luit si heureusement et dans tous vos ouvrages. En vain on sue, on se consume sur les livres ; sans ce feu divin, on ne peut vous suivre, on ne peut monter avec vous au faîte de la montagne. Faisons donc ce qui nous reste, et si le ciel, si la nature nous refusent toute autre chose, du moins travaillons à vous comprendre, à bien comprendre les merveilles qui sortent de votre main. Apprenons à vous révérer, à vous admirer avec connaissance. C’est, Messieurs, ce que je ferai toute ma vie, et je le ferai avec tant de soin, avec tant d’ardeur, qu’à voir mon zèle peut-être confesserez-vous que je méritais de naître avec plus de force ou plus de lumière. Je vous laisse toutes les couronnes, toute la gloire du Parnasse. Je me contente de vous applaudir et de semer quelques fleurs sur votre route, aux jours de votre triomphe. C’est ainsi que je prétends justifier votre choix, et faire voir à toute la France que, si d’ailleurs tout me manque, vous ne pouviez pour le moins jeter les yeux sur une personne qui eût plus d’amour pour les lettres ou plus de respect ou de vénération pour cette illustre compagnie.
 





Sources principales: www.academie-francaise.fr/
(*) commentaire(s)
THEMES 
DE A à Z 
ACCUEIL
TOMBES ET SEPULTURES DANS LES CIMETIERES ET AUTRES LIEUX
FACEBOOK
CONTACT
Chercher
par Marie-Christine Pénin
Pour s'abonner à la Newsletter:
l'inscription se fait en cliquant sur "Contact" en précisant bien le sujet et votre adresse E.mail.
NOUVEAUX ARTICLES
LIEUX D'INHUMATIONS
 
-Abbaye royale de Chelles (77)
-Abbaye de Maubuisson (95)
-Abbaye de Montmartre (75)
-Abbaye de Port-Royal (75)
- Abbaye de Port-Royal-des-Champs (78)
-Abbaye et église St-Germain-des-Prés (75)
-Abbaye St-Victor (75) (disparue)
-Abbaye St-Yved de Braine (02)
Abbaye Ste-Geneviève (75)
-Abbaye du Val-de-Grâce (75)
 
-Basilique Saint-Denis (93)
-Basilique St-Pierre de Rome
 
-Catacombes de Paris
-Catacombes de Rome
 
-Cathédrale Notre-Dame (75)
 
-Chapelle Royale de Dreux (28)
-Chapelle de la Sorbonne (75)
-Chapelle des Incurables (75)
-Chapelle St-Aignan (75)
-Chapelle St Peter-ad-Vincula, (Tour de Londres)
 
-Chartreuse de Gaillon-lez-Bourbon (27) (disparue)
 
-Cimetière de Bonsecours (76)
-Cimetière du Calvaire (75)
-Cimetière de Clamart (75)
(disparu)
-Cimetière des chiens d'Asnières (92)
-Cimetière des enfants de Pen-Bron (44)
-Cimetière des Errancis (75)
-Cimetière "des fous" d'Evreux (27)
-Cimetière des Innocents (75) (disparu)
-Cimetière des Invalides (Invalidenfriedhof) Berlin
-Cimetière de la Madeleine
(ancien cimetière révolutionnaire)
-Cimetières parisiens (subtilités)
-Cimetière parisien d'Ivry (94)
-Cimetière parisien de Vaugirard (disparu)
-Cimetière de Picpus (75)
-Cimetières protestants
-Cimetière St-André-des-Arts (75) (disparu)
-Cimetières St-Benoît (75) (disparus)
-Cimetière St-Denis-du-Pas (75) (disparu)
-Cimetière St-Etienne-du-Mont (75) (disparu)
-Cimetières de St-Eustache (75) (disparus)
-Cimetière St-Germain-l'Auxerrois (75) (disparu)
-Cimetière St-Gervais (75)
(disparu)
- Cimetière St-Jacques-du-Pas (75) (disparu)
-Cimetière St-Jean-en-Grève (75) (disparu)
-Cimetière St-Landry (75) (disparu)
-Cimetière St-Laurent (75) (disparu)
-Cimetière St-Marcel (75)
(disparu)
-Cimetière St-Médard (75)
(disparu)
-Cimetière St-Nicolas-du-Chardonnet (75) (disparu)
-Cimetière St-Paul-des-Champs (75) (disparu)
-Cimetières St-Roch (75) (disparus)
-Cimetière St-Sulpice (75)
(disparu)
-Cimetière de Sapanta (Roumanie)
-Cimetière St-Sauveur (75) (disparu)
Cimetière et charniers St-Séverin (75)
Cimetière Ste-Catherine (75)
(disparu)
-Cimetière Ste-Marguerite (75)
 
-Collégiale St-Laurent de Joinville (52) (disparue)
-Colonne de Juillet (75)
 
-Couvent de l'Ave Maria (75) (disparu)
-Couvent des Augustins-Déchaussés (75) (disparu)
-Couvent des Blancs-Manteaux (75) (disparu)
-Couvent des Capucins de la rue St-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des Capucines (75)
(disparu)
-Couvent des Carmélites de la rue St-Jacques (75) (disparu)
-Couvent des Carmes-Billettes (75)
-Couvent des Carmes-Déchaussés (75)
-Couvent des Célestins (75) (disparu)
-Couvent des Cordeliers de Nancy (54)
-Couvent des Cordeliers (75)
(disparu)
-Couvent des Chartreux de Vauvert  (75) (disparu)
-Couvent des Feuillants du Fg St-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des Grands-Augustins (75) (disparu)
-Couvent des Grands Carmes ou Carmes Barrés ou Carmes Maubert (75)  (disparu)
- Couvent des Jacobins réformés de la rue Saint-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des  Jacobins de la rue Saint-Jacques (75) (disparu)
-Couvent des Minimes de Chaillot (75) (disparu)
-Couvent des Minimes de la place Royale (75) (disparu)
-Couvent des Pénitents du Tiers-Ordre de St-François ou Pénitents de Picpus (75)
(disparu)
Couvent des Petits-Augustins (75)
-Couvent des Théatins (Paris) (disparu)
-Couvent de la Visitation Ste-Marie (75)
-Crypte impériale des Capucins de Vienne (Autriche)
 
-Eglise du Dôme des Invalides (75)
-Eglise de La Madeleine (75)
-Eglise La Madeleine-de-la-Cité (75) (disparue)
-Eglise Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux (75)
-Eglise St-Barthélemy (75) (disparue)
-Eglise St-Benoît, la bien tournée (75) (disparue)
-Eglise St-Christophe (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-de-la-Chartre (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-du-Pas (75) (disparue)
-Eglise St-Eloi (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne-du-Mont (75)
-Eglise St-Eustache (75)
-Eglise St-Germain-l'Auxerrois (75)
-Eglise St-Germain-le-Vieux (75) (disparue)
-Eglise St-Gervais-St-Protais (75)
-Eglise St-Hippolyte (75) (disparue)
-Eglise St-Jacques-de-la-Boucherie (75)
- Eglise St-Jacques-du-Haut-Pas (75)
-Eglise St-Jean-en-Grève (75)
(disparue)
-Eglise St-Jean-le-Rond (75) (disparue)
-Eglise St-Julien-le-Pauvre (75)
-Eglise St-Landry (75) (disparue)
-Eglise St-Laurent (75)
-Eglise (cathédrale) St-Louis-des-Invalides (75)
-Eglise St-Louis-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise et cimetière (disparu) St-Louis-en-l'Île (75)
-Eglise St-Marcel (75) (disparue)
-Eglise St-Martial (75) (disparue)
-Eglise St-Médard (75)
-Eglise St-Merry (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Chardonnet (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-des-Champs (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-St-Louis (75)
(ancien couvent des Jésuites)
-Eglise St-Pierre-aux-Arcis (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-aux-Boeufs (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-de-Montmartre
-Eglise St-Roch (75)
-Eglise St-Sauveur (75) disparue
-Eglise St-Séverin (75)
-Eglise St-Sulpice (75)
-Eglise St-Symphorien et St-Luc (75) (disparue)
-Eglise St-Thomas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise Ste-Croix (75) (disparue)
-Eglise Ste-Geneviève-des-Ardents (75) (disparue)
-Eglise Ste-Marine (75) (disparue)
-Eglises et cimetières de l'île de la Cité (75) (disparus)
 
-Grottes vaticanes
 
-Mausolée d'Auguste à Rome
-Mausolée de Mausole à
Halicarnasse (Bodrum) Turquie (disparu)
-Mémorial du Mt-Valérien (92)
 

-Panthéon
-POMPES FUNÈBRES, AUTREFOIS et leurs métiers disparus
-Prieuré Ste-Catherine-du-Val-des-Ecoliers (75) (disparu)
 
-SÉPULTURES DES BOURBONS
-SÉPULTURES DES ROIS D’ANGLETERRE (dynastie Anglo-saxonne)
-SÉPULTURES DES ROIS ET DUCS DE BRETAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS D'ESPAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS DE FRANCE ET DES EMPEREURS (résumé)
-SUPPLICIÉS Lieux d'inhumations
 
-Temple (enclos, église et cimetière du) (75) (disparus)
Dernière mise à jour
au 28 juillet 2017
COPYRIGHT 2010 - 2017 - TOUS DROITS RÉSERVÉS - Ce site est propriétaire exclusif de sa structure, de son contenu textuel et des photos signées MCP.  Sauf accord du propriétaire du site, toute reproduction, même partielle, à titre commercial est interdite. Les reproductions à titre privé sont soumises à l'autorisation du propriétaire du site. A défaut, le nom du site et de son auteur doivent obligatoirement être mentionnés. Tous les droits des auteurs des oeuvres protégées reproduites et communiquées sur ce site sont réservés.