RETOUR PERSONNALITES LIEES A LOUIS XV
5 mai 2012
PHILIPPE D’ORLÉANS, Régent de France (1674 – 2 décembre 1723)
Basilique Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
Cœur : Eglise du Val-de-Grâce (Paris)
Lorsque Louis XIV s'éteignit il laissait son trône à son arrière petit fils, Louis XV, âgé de cinq ans. Malgré leurs relations tendues, le roi défunt avait désigné son neveu, Philippe d'Orléans, comme président honorifique du Conseil de Régence. Petit-fils de Louis XIII, Philippe d’Orléans, brillant, fougueux et sensuel fit en sorte d’exercer réellement le pouvoir.
 
L’image de l’ambitieux ayant empoisonné la descendance de Louis XIV pour s’arroger le trône a disparu depuis des lustres.
BOURBON Françoise Marie de, dite la seconde Mademoiselle de Blois (1677- 1er février 1749)
Prieuré des Bénédictines de La Madeleine-du-Traisnel (Paris)
Coeur: Eglise du Val-de-Grâce (Paris)
Née de la relation entre Louis XIV et la marquise de Montespan, elle avait été conçue, ou presque, dans une embrasure de fenêtre.
 
Elle n’était pas aimée de sa mère qui, célèbre pour sa beauté, lui reprochait d’être laide. De plus, elle possédait la défaveur d’ « un parler si lent et embarrassé qu’il en écorchait les oreilles ». Mme de Maintenon, qui s’était dévouée à ses frères et sœurs aînés, n’avait cure de l’enfant.
Sources Régent: Le Régent de Jean-Christian Petitfils -Ed. Fayard (2001)
(*) commentaire(s)
En 1692, Mme de Montespan était déjà retirée au couvent, lorsque l’annonce du mariage de sa fille avec Philippe, duc d’Orléans lui parvint. Le mariage ! Suggéré par Mme de Maintenon et voulu par Louis XIV autant pour rabaisser la branche cadette des Bourbons que pour calmer des esprits surchauffés, il provoqua un vrai scandale auprès des parents du fiancé et particulièrement de sa mère, la Palatine : son fils allait épouser une bâtarde légitimée qu’elle ne pouvait souffrir ! « Son arrogance et sa mauvaise humeur sont insupportables […] elle ressemble comme deux gouttes d’eau à un cul… ». Il est vrai que Mlle de Blois était arrogante, vaniteuse et d’une indolence désespérante. Bref, un beau cadeau en forme de boulet pour un prince brillant qui surnomma bientôt sa femme "Madame Lucifer".
 
On ne sera donc pas surpris le mariage fût un fiasco malgré les huit rejetons qui vinrent agrémenter cette union contre nature. Imbue de sa naissance « royale », elle ne se souciait guère de la vie dissolue de son mari pas plus que de ses enfants. Le fait de devenir la femme du Régent ne lui fit pas davantage bouger son séant vissé  sur son canapé.
 
A la mort de Philippe d’Orléans, elle se retira à Saint-Cloud et mourut en son château de Bagnolet ( ?)
Après ses funérailles, elle aurait pu être inhumée à Saint-Denis. Mais, par testament, elle avait choisi le couvent de la Madeleine-de-Traisnel où elle avait un appartement et où reposait sa fille, Louise Adélaïde d’Orléans (1698 – 1743), abbesse de Chelles. Ce fut un cortège restreint, sans ses enfants et aucun prince que celle qui se voulait royale même sur sa chaise percée, fut menée en sa dernière demeure. Vendu en 1790, il ne reste rien du couvent ni de Mlle de Blois.
 
En revanche, l'urne contenant son coeur déposé en l'église du Val-de-Grâce fut retrouvée en 1845 chez un boutiquier et rachetée par le vicomte de Becdelièvre qui la donna au musée Crozatier du Puy-en-Velay. Elle porte cette inscription :
ICY EST LE COEUR DE TRES
HAUTE TRES PUISSANTE ET
TRES EXCELLENTE PRINCESSE
MARIE FRANÇOISE DE BOURBON
VEUVE DE TRES HAUT TRES
PUISSANT ET TRES EXCELLENT
PRINCE PHILIPPE D'ORLEANS PETIT
FILS DE FRANCE REGENT DU ROYAUME
DECEDE A PARIS AU PALAIS
ROYAL LE 1 DE FEVRIER
1749 AGEE DE 71
ANS 8 MOIS ET
23 JOURS
Plaque de l'urne du cœur.
Merci à M. Beleyme pour cette photo
Plaque de l'urne du cœur.
Merci à M. Beleyme pour cette photo
Cependant, la caricature du libertin veule, blasé de lui-même, se désintéressant des affaires de l’Etat au profit de plaisirs d’une société raffinée mais corrompue, alors que se multipliaient les signes avant-coureurs de la Révolution, reste encore bien accrochée à nos mémoires. Il est vrai qu’un film comme "Que la fête commence" de Bertrand Tavernier (1975) n’arrangea pas le cliché.
 
Vilipendé pour ses débauches notoires, on en oublie sa personnalité complexe et insaisissable autant que sa grande intelligence aux dons aussi surprenants que multiples, et curieux de tout. Brillant soldat, politique habile et travailleur acharné, il eut en plus l’immense mérite de ne pas vouloir être roi à la place du jeune Louis XV, ce que d’autres auraient pu être de faire. D’ailleurs il sut neutraliser les ambitions de ceux qui encombraient les marches du trône.
Plusieurs hommes se succédèrent à ses côtés sans réussir à s’imposer durablement : Law, Argenson et le fameux cardinal Dubois.
 
Malgré sa brièveté (1715-1723), la Régence, fut l'une des périodes de transition de l'histoire de France les plus marquantes par les mesures qui furent prises dans de nombreux domaines, poussant le pays vers la modernité.
A la mort de Louis XIV, la France était à bout de souffle, épuisée par les épreuves qu’elle avait traversées, plongé dans une crise financière sans précédent, prête à plonger dans les luttes de factions. En 1723, elle se retrouvait dans une situation économique, certes encore fragile, mais assainie, en paix avec ses voisins et sans troubles intérieurs.
Tout ne fut pas parfait, loin sans faut,  mais en tant que Régent, il remplit largement le contrat qu’il s’était fixé à la prise de sa fonction.
Il compta parmi les grands Capétiens et, au bout du compte, aurait pu être un grand souverain n’en déplaise à Louis XIV  qui, pour parachever  sa politique d’abaissement des branches cadettes de la maison de Bourbon lui fit épouser, Mademoiselle de Blois, bâtarde légitimée.
 
L’épuisement et ses mauvaises habitudes alimentaires bien arrosées avaient entamée la santé du prince qui déclinait à vue d’œil. Une crise d’apoplexie eut raison de lui.
 
Sur le moment personne ne sembla le regretter, si ce n’est le petit roi. Avec complaisance on rappela sa vie scandaleuse. Les Cours étrangères lui rendirent davantage justice que ses compatriotes qui finirent par le regretter après quelques mois du nouveau gouvernement.
Apportée à Saint-Cloud, sa dépouille embaumée fut menée à Saint-Denis avec la pompe habituelle où ses obsèques n’eurent lieu que 4 février 1724.
A la Révolution, ses restes profanés furent jetés dans une fosse commune avant de retrouver leur place dans la basilique en 1817 dans l’ossuaire voulu par Louis XVIII.
 
Le cœur du Régent
Beau nom pour une pierre précieuse, mais en l’occurrence il s’agit de l’organe vital du prince.
On raconte que son cœur ayant été dévoré en partie durant son embaument par un de ses chiens danois, la partie qui en restait fut déposée en l’église du Val-De-Grâce. On raconte aussi que ce morceau de coeur fut l'un des rares préservés à la Révolution. Il se dit aussi que parmi les urnes de cœurs retrouvées vers 1840 chez un boutiquier figurait la sienne. Rachetée par le vicomte de Becdelièvre, elle aurait été confiée au musée Crozatier du Puy-en-Velay dont il était le fondateur. Bref, il se dit beaucoup de choses...
En revanche une chose est certaine, la chapelle royale de Dreux possède bien une urne avec une plaque précisant qu'il s'agit du coeur du Régent. Néanmoins, même la conservation ne saurait affirmer qu'il s'agit bien de l'urne d'origine, qu'elle contient bien une relique et, si elle correspond à celle du Val-de-Grâce, ignore comment elle est arrivée jusqu'à Dreux.
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par Marie-Christine Pénin
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