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Second tombeau et cénotaphe de Rousseau. Photo P. Poschadel (Wikipedia)
► Ecrivain et philosphe français
Après une enfance négligée, une vie d’errance, durant laquelle il tenta de s’imposer comme compositeur, et une course effrénée à la reconnaissance publique, la renommée se faisait toujours attendre.
 
Maladroit, timide et médiocre parleur, Rousseau était mal à l’aise dans les salons mondains où se tricotaient les notoriétés. N’osant faire sa cour aux grandes dames, se « sentant du peuple », en 1745, ce déshérité s’attacha à une servante d’auberge, Thérèse Levasseur. Cinq enfants seraient nés de leurs relations que Rousseau confia aux Enfants trouvés.
Tombeau provisoire de Rousseau, créé sur les instructions de Mr de Girardin.
Buste par Houdon  d'après le masque mortuaire. Musée du Louvre
Six ans plus tard, le 11 octobre 1794 ans plus tard, la Convention l’exhuma pour le transférer dans la demeure des Dieux d’où Bonaparte faillit le faire sortir pour le remettre à Ermenonville. Et oui, le futur Empereur estimait le lieu un peu ostentatoire pour quelqu’un qui avait préparé la Révolution et qu’il eût mieux valu pour la France qu’il n’eût jamais existé.
Réalisant que sans la Révolution son rôle historique serait un peu différent, il aurait alors eu le bon sens de conclure sa réflexion en ces termes « l’avenir dira s’il n’eût pas mieux valu, pour le repos de la Terre, que ni Rousseau, ni moi, n’eussions existé ». La réponse est toujours en suspens…
 
L'opposition de Voltaire et de Rousseau fut totale et leur conflit terrible. Tous deux ignoraient les hasards post-mortem qui allaient pourtant les unir à jamais : ils moururent à deux mois d’intervalle et leurs tombeaux se font face…
Transfert des restes de Rousseau au Panthéon
Cérémonie d'accueil au Panthéon
Tombeau de Rousseau au Panthéon. Photo MCP
Photo MCP
Louise Marie Madeleine Dupin (1706-1799)
Son époux, le fermier général Dupin, était propriétaire du château de Chenonceau où Mme Dupin tenait un brillant salon y recevant toutes les célébrités de l’époque. Jean-Jacques Rousseau composa à l’usage de Mr Dupin, dont il fut le précepteur, le traité d’éducation Emile. Dans les Confessions, le philosophe rappelle avec chaleur cet heureux temps où
« on s’amusait beaucoup dans ce beau lieu, on y faisait bonne chère, j’y devins gras comme un moine ».
 
C’est entourée de toute l’affection des villageois que « l’amie des lettres » vieillit et qu’elle fut inhumée à l’endroit qu’elle avait choisi : le parc du château. Un cénotaphe en forme de tombeau y fut érigé à sa mémoire sur la rive sud du Cher, dans le domaine forestier du château
Cénotaphe de Mme Dupin. Photo Wikipedia
Thérèse Levasseur (1721 – 17 juillet 1801)
Cimetière du Plessis-Belleville (Oise)
Dessin à la plume et à la gouache de Johan Michael Baader. 1791
Photo: tecfa.unige.ch/
Après la mort de Rousseau, Mr de Girardin, d’une grande bonté, continua à l’héberger et fit en sorte qu’elle bénéficiât des produits de la vente de quelques manuscrits de son mari.  Il lui réserva ainsi une rente qu’elle s’empressa de dilapider avec son amant, un valet d’écurie de son bienfaiteur.
Le 21 décembre 1790, sur les instances de Mirabeau, l’Assemblée nationale, décréta que la veuve de Rousseau jouirait d’une pension de 1 200 francs, qui fut dans la suite portée à 1 500. Cette pension ne fut pas toujours exactement payée, et Thérèse, retirée au Plessis-Belleville, tomba dans la misère, voire l’alcoolisme.
Ignorante et vulgaire mais jeune, douce et affectueuse, Rousseau commença avec elle une relation plus sensuelle que sentimentale. Elle ne se préoccupa guère plus de ses enfants, nés de 1745 à 1757, que ne le fît son compagnon. Peu à peu, par habitude et par besoin d’être soigné, le philosophe se laissa enchaîner à Thérèse et à la tribu « Levasseur ». Il l'épousa en 1768.
Malgré ses diverses amours, Rousseau lui revenait plus amoureux que jamais. Il fallait obtenir un pardon difficilement accordé, s’humilier, demander grâce et promettre de ne plus recommencer : « Elle est méchante, querelleuse, bavarde, mais elle a sur cet homme l’empire d’une nourrice sur son enfant. » Lui servant autant de gouvernante que
d' infirmière, la critique du temps ne fut pas tendre avec elle.
Bien plus tard, exprimant des remords, il allégua l’excuse de la misère. Faut-il l’en absoudre en invoquant les chefs-d’œuvre qu’il n’aurait pu écrire s’il avait eu la charge d’une nombreuse famille ? A chacun sa réponse.
 
Ami de Diderot, il collabora à la rédaction de L’Encyclopédie dans l’espoir d’y gagner la gloire tout en luttant contre la misère.
 
Sa véritable vocation de penseur se révéla en fait sur le tard en 1750, avec la publication du Discours sur les sciences et les arts. Voltaire, qui ne l’aimait pas, attaqua l’ouvrage par un libelle où il dénonçait l’abandon des enfants. La réponse de Rousseau à cette hostilité et à celle des Encyclopédistes,  se fit bien plus tard, dans les Confessions, véritable plaidoyer autobiographiqe, écrites de 1765 à 1770 mais publiées en 1782-1789.
Il écrivit Le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755) qui étonna. Puis il travailla à ses ouvrages fondamentaux en ébauchant  le système de pensée qui lui valut l'immortalité. Chacun à leur manière traite de la difficile socialisation de « l’homme de la nature » : La Nouvelle Héloïse (1762) qui connut un immense succès,  Du contrat social (1762) traité politique et Emile (1762) roman pédagogique.
 
Ecrivain contestant l’écriture, philosophe en guerre contre les philosophes, chantre de la liberté individuelle et théoricien du totalitarisme, Rousseau apparut en son temps comme un marginal. Néanmoins, il donna aux Lumières, dont il assuma largement l’idéologie, une ambigüité qui interdit de les restreindre à la seule protestation bourgeoise contre l’Ancien régime.  
Inspirateur direct de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, puis de Robespierre, initiateur de la confidence et de la révolte romantiques, sa critique du pouvoir et des illusions du progrès en font aussi la référence des temps de crise et de ressourcements.
 
Critiqué,  condamné, sujet à des problèmes sentimentaux autant que de santé, Rousseau connut plusieurs périodes d’errance avant de renoncer à la polémique et s’adonner à des plaisirs simples. Il composa encore Rêverie du promeneur solitaire (1776-1778) publiées à titre posthume en 1782.  
 
C’est avec enthousiasme que le philosophe retrouva la nature dans le parc du château d’Ermenonville (Oise), où un admirateur, Mr de Girardin l’avait invité avec Thérèse Levasseur, son épouse officielle depuis 1768 mais « devant la nature depuis trente-quatre ans ».
 
Mort peu de temps après son arrivée,  il ne profita guère de ce cadre champêtre.  Le lendemain de  son décès, le sculpteur Houdon réalisa un masque mortuaire qui lui servit de modèle pour un buste exposé au musée du Louvre.
Le même jour, à minuit, à la lueur des torches, la dépouille de Jean-Jacques Rousseau, embaumée, fut inhumée dans l’île des Peupliers qui devint très vite un lieu de pèlerinage littéraire. Un petit monument fut improvisé sur les instructions de Mr de Girardin. Ce tombeau provisoire fut remplacé un peu plus tard par un mausolée plus orné dessiné par Hubert Robert.
ROUSSEAU Jean-Jacques (1712-3 juillet 1778)
Le Panthéon, crypte est (Paris)
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par Marie-Christine Pénin
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