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RÉCAMIER Juliette (1777 – 11 mai 1849)
Cimetière de Montmartre, 30ème division (Paris)
Issue d’une famille bourgeoise lyonnaise, Juliette, dite aussi Julie, rejoignit ses parents à Paris en 1787 où, à quinze ans, en pleine Terreur, elle épousa Jacques-Rose Récamier, un riche banquier ami de sa famille, avec lequel elle noua une relation affectueuse et strictement platonique. Il se raconte qu’elle était peut-être sa fille et qu’il trouva ce moyen pour la mettre à l’abri du besoin sans scandale…
Sa vie mondaine, qui allait la fit entrer dans l’histoire, commença sous le Directoire avec l’ouverture de son salon qui devint bientôt le rendez-vous d'une société choisie tant intellectuelle que politique.
Très belle, intelligente, cultivée, raffinée et pleine d’esprit, l’une des « Trois grâces » de l’époque, avec Joséphine de Beauharnais et Madame Tallien, ses admirateurs se bousculaient à ses pieds. Le cadre de l'hôtel particulier racheté à Jacques Necker et richement décoré par l'architecte Louis-Martin Berthault (1770-1823), ajouta à la réputation de ses réceptions. L’une des premières à se meubler en style « étrusque » et à s'habiller « à la grecque », son influence fut importante dans la diffusion du goût pour l'Antique qui prévalut sous l'Empire.
 
Mais, devenu le rendez-vous de l’opposition monarchiste, où elle entretenait une fronde discrète contre Bonaparte, parfaitement informée des complots royalistes, son salon portait ombrage au Premier consul qui en interdit les réceptions, tandis que de ses amis, comme Mme de Staël, étaient exilés de Paris.
Ayant eu l’outrecuidance de refuser une place de dame d’honneur à la cour des Tuileries, Napoléon refusa d’apporter son soutien à la banque de son mari alors en déconfiture. Revers de fortune obligeant le couple Récamier à vendre leur hôtel et à restreindre leur train de vie. Puis ce fut à son tour d’être exilée de Paris. En province puis en Italie, elle ne retrouva la capitale qu’à la chute de Napoléon en 1814, après trois ans d’absence. Retrouvailles avec ses amis bannis comme elle, et de nouveau les réceptions mondaines où se côtoyaient des personnalités françaises ou étrangères de toutes opinions, mais cette fois avec un mot d’ordre : observance d’une stricte neutralité politique.
Elle se lia à Benjamin Constant qui la protégea pendant les Cents-Jours. De plus en plus littéraire, son salon accueillit Chateaubriand qui en devint l’un des hôtes les plus assidus  et qu’il présidait souvent.
Pendant plus de vingt ans, son appartement dans l’ancienne Abbaye-aux-Bois vit défiler les esprits les plus brillants de l'époque : écrivains tels Lamartine, Sainte-Beuve, Balzac, des artistes de tous poils, ou des acteurs comme Talma, Rachel, etc.
 
À partir de 1840, sa santé s’altérant et sa vue déclinant jusqu’à devenir quasiment aveugle, elle mena une vie de plus en plus retirée. Elle vit partir ses plus chers amis. Puis la Merveilleuse des
« Merveilleuses » s’éteignit à son tour laissant derrière elle les portraits et sculptures inspirés par sa beauté dont ils témoignent toujours.
 
Juliette Récamier fut inhumée au cimetière de Montmartre. Dans la même tombe sont réunis les restes de Jacques-Rose Récamier ; de son ami Pierre-Simon Ballanche ; de son père Jean Bernard et de sa mère Marie-Julie Matton.
© MCP
►BALLANCHE Pierre-Simon (1776 – 12 juin 1847)
Cimetière de Montmartre, 30ème division (Paris)
Fils d'un des plus grands imprimeurs lyonnais de l'époque, il publia son premier essai, Du sentiment considéré dans ses rapports avec la littérature et les arts (1801,  marqué à la fois par le déisme de Rousseau et la méthode de Montesquieu dans L’Esprit des lois. Passé inaperçu, cet ouvrage fut suivi d’autres dans lesquels rattachent une seule et même pensée, l'histoire des destinées du genre humain et la rénovation sociale. Vouées, selon lui, à des périodes alternatives de destruction et de régénération, les sociétés accomplissent une sorte d'épopée cyclique, qu'il entreprit de raconter.
Ultraroyaliste, son sentiment religieux, qui intéressa Chateaubriand, se développa jusqu’au mysticisme, alliant un attrait pour l’ésotérisme à une philosophie de l’histoire à la Giambattista Vico (1668-1744). Sa vision totalisatrice de l’homme devait influer l’idéologie romantique qui l’adapta surtout au domaine de l’art.
Membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, il fut reçu à l’Académie française en 1842.A sa mort, il fut inhumé dans le caveau familial des Récamier.
 

BERNARD Jean (v. 1745 – 1827) et MATTON Marie Julie (v.  1755 – 1807), les parents de Juliette Récamier
Cimetière de Montmartre, 30ème division (Paris)
D’origine lyonnaise, notaire royal, nommé receveur des Finances par Calonne, il s'installa à Paris en 1786 puis devint administrateur des Postes. Arrêté et emprisonné sous le Consulat comme suspect de connivence avec les royalistes, sur l'intervention de Julie, le général Bernadotte obtint sa libération mais il perdit son emploi.
Son épouse, également originaire de Lyon,  était issue d'un milieu aisé, et laissa le souvenir d’une femme  coquette et intelligente. Sans aucune certitude, il est possible que le couple, ou au moins Marie Julie Matton, ait reposé dans une autre sépulture avant celle-ci.
►RÉCAMIER Jacques-Rose (1751 – 1830)
Cimetière de Montmartre, 30ème division (Paris)
Portrait présumé
Fils d’un propriétaire de plusieurs fabriques de chapeaux et fondateur d'une maison de banque à Lyon, Jacques-Rose prit la tête de la maison de banque fondée par son père. Devenue la banque Jacques Récamier & Cie, elle noua des liens avec la finance genevoise, l’Angleterre, etc.
En 1796, avec entre autres le banquier genevois Jean-Frédéric Perrégaux, il fonda la Caisse des comptes courants dont il fut l'un des administrateurs avant d’échanger ses actions contre des parts dans la Banque de France, dont il devint régent à sa création (1800) tout en étant négociant.
Alors qu’il avait été l’un principaux financiers de Paris, de mauvaises affaires le menèrent à la ruine (1805) lors des spéculations d’Ouvrard. Par hostilité envers sa femme, Napoléon refusa d’empêcher sa faillite. Il perdit son titre de régent de la Banque de France (1806). Peu à peu, il réussit à se rétablir avant de connaître une seconde faillite (1819) à partir de laquelle il vécut dans l’ombre.
© MCP
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12 septembre 2017
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