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27 janvier 2021
LAMARQUE Jean Maximilien (1770 – 1er juin 1832)
Propriété privée à Eyres-Moncube (Landes)
En 1790, il rejoignit Paris son père, membre de l’Assemblée constituante, pour y parfaire ses études. Se mêlant fiévreusement à la vie politique de la capitale, il s'engagea ensuite comme simple soldat (1792). Au début de 1793, il était au 4e bataillon de volontaires des Landes et grimpa rapidement les échelons : lieutenant, capitaine de grenadiers dans la fameuse colonne infernale de La Tour d'Auvergne à l’armée des Pyrénées occidentales, il s'y distingua particulièrement en investissant le 24 juillet 1794, avec des effectifs réduits, la place de Fontarabie défendue pourtant par 1 700 hommes.
Promu chef de bataillon, puis adjudant-général chef de brigade, il servit l’armée du Rhin et participa avec éclat aux batailles d'Engen (3 mai 1800), de Messkirch (5 juin) , de Höchstädt (19 juin), et enfin de Hohenlinden (3 décembre) où il se couvrit de gloire, ce qui lui valut de recevoir les épaulettes de général de brigade des mains de Bonaparte (1801).
Associé aux campagnes de l'armée impériale, se distinguant notamment à Austerlitz, il quitta ensuite la Grande Armée pour suivre en Italie, avec Masséna, Joseph Bonaparte qui le nomma  son chef d’état-major avec rang de général de division.
En 1808, il prit l'île de Capri dont la garnison anglaise narguait la présence française. L’île réputée imprenable, cette action fut regardée comme l'une des plus belles des guerres impériales, demandant courage, audace et intelligence.
Quittant le royaume de Naples pour rejoindre, avec sa division, l’armée d’Eugène de Beauharnais en Italie du Nord, il continua à se couvrir de gloire, retrouva la Grande Armée et participa brillamment à la bataille de Wagram où, dans le feu de l'action, il eut quatre chevaux tués sous lui.
Promu grand-officier de la Légion d'honneur, créé baron d'Empire, ce fut sans grand enthousiasme qu’il se rallia aux Bourbons avant de suivre l’Empereur durant les Cents-Jours. Chargé de pacifier la Vendée, qui s'était à nouveau insurgée dès l'annonce du retour de l'île d'Elbe, il réussit si bien sa mission que les chefs des rebelles lui proposèrent, par la suite, de servir « sous ses ordres, comme Français, pour empêcher toute tentative des puissances étrangères qui auraient pour but de démembrer la France ».
 
Sa carrière militaire s'arrêta à la chute de l'Empire. Proscrit sous la Seconde Restauration, il ne regagna la France qu'en 1818 et fut mis à la retraite en 1830.Sans commandement depuis 1815 et retiré dans son domaine natal de Saint-Sever (Landes), il s'intéressa à l’agriculture mais aussi à la politique. Républicain, opposant systématique à la branche aînée des Bourbons, après plusieurs échecs, il fut élu député par le collège électoral de Mont-de-Marsan en 1828 et réélu en 1830.
Il mourut à Paris des suites d’une pandémie de choléra. Il avait exigé d’être inhumé dans les Landes auprès de son père. S'il avait accepté un prêtre, il ne souhaitait pas d’enterrement religieux.
 
Et alors que ses faits d’armes lui valaient sans conteste les lauriers de la postérité, au bout du compte, il rentra davantage dans l’histoire et la mémoire collective par ses funérailles que par ceux-ci. D’autant qu’elles furent popularisées par la littérature, inspirant  Stendhal, George Sand, Balzac, Dumas père , et bien sûr Victor Hugo et Les Misérables, avec le célèbre épisode des barricades vers lesquelles convergent, d'une manière ou d'une autre, tous les personnages importants,  et où meurt Gavroche.  
Gravure bois gravure sur bois de Beval, 1870
Les Républicains ne se consolaient pas d'avoir été volés de leur Révolution des « Trois Glorieuses » (1830). Ils n’acceptaient pas que les derniers honneurs soient rendus par des royalistes légitimistes à ce fervent républicain de la « gauche populaire », héros des guerres de la Révolution. Ils appelèrent leurs partisans à manifester à l'occasion de ses funérailles  les 5 et 6 juin 1832. Pour des associations révolutionnaires, l'occasion d'essayer de renverser Louis-Philippe et la monarchie libérale, était trop tentante.
De son côté, le pouvoir, ne voyant dans le défunt qu'un ennemi gênant enfin tombé, avait abandonné à la famille l’organisation des funérailles, n'accordant que le strict minimum du fait de sa position militaire et politique. En vain, le préfet avait proposé un trajet direct vers l'Ouest parisien, voulant ainsi éviter les boulevards extérieurs devenus un lieu de menace socio-politique pour les autorités.
 
Une foule immense se réunit autour du convoi funéraire et bientôt ce fut l’émeute : la Société des amis du peuple, la Société des droits de l'homme, des étudiants en droit et en médecine, des artisans et des ouvriers y jouèrent le rôle principal.  Deux jours d’insurrection qui firent entre 600 et 800 tués ou blessés, selon les sources.
 
Alors que l'insurrection s'accroissait dans la capitale, la voiture de voyage contenant le cercueil de Lamarque quittait Paris pour les Landes, conduite par son neveu, Maximien Ducasse.
Pour éviter que se reproduisent les événements parisiens, le gouvernement prit des mesures de sécurité tout au long du parcours.
 
Quant à la tête du général, elle fut subtilisée au vu et au su de la famille, vraisemblablement par Demoustier, professeur libre d'anatomie, chargé de réaliser le moulage du visage. Elle rejoignit sa collection au musée de la Société phrénologique de Paris. De nos jours, elle se trouve dans la collection phrénologique du musée de l'Homme.
BnF - Département des Estampes et de la photographie.
Ayant donc refusé une tombe au cimetière du Père-Lachise, il  fut inhumé dans la chapelle familiale située sur une propriété privée à Eyres-Moncube, à environ six kilomètres de Saint-Sever, sa commune natale.
© Google Earth
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© Jibi 44
Source principale :
 
-Gonzague Espinosa. Maximien Lamarque : un général en politique (1770-1832). Histoire. Université d’Avignon, 2017. Français.
ffNNT : 2017AVIG1174ff. fftel-01704668f
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par Marie-Christine Pénin
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